Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

It Follows

Critique
Synopsis/présentation
Projeté en première mondiale au Festival de Cannes de 2014 et au Festival du Nouveau Cinema It Follows a connu un franc succès en plus de remporté quelques prix. Cette oeuvre a pris l’affiche au mois de mars dernier; des recettes de plus de 14 millions pour un budget de 2 millions de dollars. Ajoutons à cela un accueil critique extrêmement favorable.

Le film évoque l’histoire de Jay (Maika Monroe), une adolescente tout ce qu’il a de plus normale qui habite en banlieue de Détroit et qui, après un rapport sexuel avec un jeune homme, est poursuivie par une entité maléfique et indestructible qui veut la tuer.

Le cinéma d’épouvante connaît en ce début d’année un regain de vitalité particulièrement senti ralliant succès public et critique, phénomène plutôt rare pour le genre. Le deuxième long métrage de David Robert Mitchell a précisément contribué à cette récente nouvelle vague du cinéma d’horreur. It Follows conjugue nostalgie et une étonnante modernité dans une vision unique. La caméra du réalisateur, chargée de longs plans fixes, de travellings latéraux et, surtout, de panoramiques, rappelle celle de John Carpenter. Son montage, lent, instaure un rythme et un climat d’angoisse où le cadre est travaillé méticuleusement. La menace que représente la mystérieuse entité – qui prend la forme d’inconnus ou de gens chers – évolue ainsi à l’intérieur de l’image dans le même espace que les autres personnages et cela crée une puissante tension et un jeu sur les attentes particulièrement saisissant. Plutôt que d’offrir des effets-chocs, le long métrage crée une terreur plus insidieuse, plus subtile et ainsi, plus intense.

Le film se distingue également dans son traitement de la thématique sexuelle. La prémisse qui découle du ‘’slasher’’, sous-genre mal-aimé du cinéma d’horreur américain, propose en surface de reproduire le mythe de la punition contre l’acte sexuel et le symbole de la jeune fille dépravée. Or, la dimension judéo-chrétienne du récit est rapidement évacuée pour épouser une métaphore un peu maladroite des ITS… Mais ce serait mal juger une œuvre obsédée par le passé (tant dans la forme que dans le fond) et qui veut certainement plus exprimer quelque chose de plus profond, de plus mélancolique par exemple l’implication du passé sexuel de l’autre partenaire qui nous hante. Les lectures sont multiples et le plaisir du spectateur se trouve aussi dans ces possibles analyses.

Pourtant, lorsque le film s’achève, la caméra se tourne vers l’avenir. Derrière ce pessimisme (le film dépeint un Détroit rarement aussi malade économiquement; les banlieues y sont abandonnées) se cache un cinéaste cynique, désillusionné, mais surtout incroyablement romantique, tant dans son rapport avec le genre que dans le destin de son héroïne, incarnée par Maika Monroe, une jeune actrice qui, depuis The Guest d’Adam Wingard (You’re Next) – une autre mise en scène qui rendait hommage au cinéma de genre des années 80 -, se définit lentement comme une figure féminine forte du cinéma d’épouvante.


Image
L’image est offerte au format respecté de 2:40:1 à une résolution de 1080p.

Le transfert est magnifique et sert admirablement le film présenté. Un très subtil grain cinématographique est perceptible, sinon détails et textures sont reproduits avec finesse alors que le rendu des couleurs est irréprochable. Ces dernières demeurent riches et précises rendant superbement le rendu visuel du film. Les séquences de banlieue de Détroit et celles à la piscine vers la fin du film, par exemple, profitent de ce rendu. Les tons de peaux demeurent naturels tandis que les contrastes sont parfaitement gérés. Les parties sombres sont aussi finement reproduites, ces dernières constituant une bonne partie du long métrage. Elles profitent de la nuance des dégradés ainsi que de la profondeur et de l’intensité des noirs.

Il n’y a aucun défaut majeur en ce qui concerne la partie numérique.


Son
Deux bandes sons sont offertes au format DTS-HD Master Audio 5.1, la première en version originale anglaise, la deuxième en version française.

Le mixage anglophone est aussi solide que le transfert vidéo. Reproduisant l’univers sonore du film à la fois dans la subtilité de certains effets (les effets d’ambiophonie qui rendent plus immersive l’expérience) et dans leur dynamisme (la fameuse séquence dans la maison de Greg), la bande son se déploie avec clarté à partir des ouvertures frontale et latérale. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles tandis que l’intense trame sonore du film s’intègre avec une redoutable efficacité au tout. Les basses fréquences grondent à plusieurs occasions avec une belle et grande profondeur, particulièrement dans les séquences plus mouvementées ou pour appuyer cette trame sonore. Quant aux extrêmes graves, elles se manifestent aussi efficacement lors de certaines scènes plus intenses.

Il y a option de sous-titrage en anglais et en français


Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord une piste de commentaires audio animée par les critiques de cinéma Eric D. Snider, Britt Hayes, Samuel D. Zimmerman, Alison Nastasi et Eric Vespe. Le tout est modéré par Scott Weinberg qui est contacté par les différents commentateurs. Si le tout déstabilise un peu aux premiers abords, les différentes interventions se révèlent particulièrement fascinantes. Il s’agit plus d’une analyse de l’œuvre d’un point de vue extérieur, chose de plus en plus rare dans l’angle des commentaires audio et qui demeure toujours très appréciable comme initiative.

Nous retrouvons ensuite un court segment « A Conversation with Film Composer Disasterpeace (4:56) » qui propose une rencontre avec Rich Vreeland (qui a travaillé sous le nom de Disasterpeace) qui précise sa démarche pour la composition de la trame sonore du film.

Une galerie de photos ainsi que la bande annonce du film complètent cette section.

À noter qu’il est également possible de télécharger une version numérique de la trame sonore signée Disasterpeace grâce à un lien et à un code unique.



Conclusion
Bien plus qu’un vibrant hommage aux films de John Carpenter (l’introduction ramène directement à celle d’Halloween), It Follows transcende ses références pour offrir une écriture unique signée par David Robert Mitchell où la terreur s’infiltre en nuances et en subtilités plutôt qu’à coups d’effets chocs et où la thématique sexuelle prend un nouveau détour assez déstabilisant.

Magnifique, l’édition reproduit parfaitement les intentions du cinéaste. Le transfert vidéo est de toute beauté, reproduisant avec finesse les nombreuses parties sombres du film, alors que le mixage est plutôt saisissant. Les suppléments sont fort intéressants, à défaut d’être particulièrement nombreux, principalement la piste de commentaires audio animée par les différents critiques.


Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,6/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2015-07-26

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
It Follows

Année de sortie:
2014

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Mongrel Media

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:

Format d'image:

Transfert 16:9:
-

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, entretien, galerie de photo, bande-annonce

Date de parution:
2015-07-14

Si vous avez aimé...