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DVDEF

Assault on Precinct 13 (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Pourquoi faire des scénarios originaux lorsque vous pouvez piller à loisir les vieilles séries, les comics ou les vieux classiques ? Cette question est certainement le fil conducteur de l'industrie cinématographique depuis quelques années. Aucune niche ne semble à l'abri même pas les séries B, après le gore avec « Texas Chainsaw Massacre » c'est au tour de « Assault on Precinct 13 » de John Carpenter d'être mis à jours(...) par le réalisateur français Jean-françois Richet.

Le film s'ouvre sur une intervention policière anti-drogue qui tourne mal. La perte de son équipe laissera le policier Jake Roenick traumatisé. Quelques années plus tard, ce dernier s'apprête à passer la nuit du réveillon de fin d'année au poste de police 13 de Detroit qui doit fermer définitivement le lendemain. Ses compagnons sont un vieux policier, Jasper O'Shea (Brian Dennehy) et Iris Ferry (Drea de Matteo), une pimpante secrétaire qui raffole des mauvais garçons.
Plus tôt, la même journée Marion Bishop (Laurence Fishburne), ennemi public numéro un, est capturé après l'assassinat d'un policier dans une église. Une forte tempête de neige et la tombée de la nuit forcera le bus par lequel Bishop et un trio d'autres criminels devaient être transférés à faire un arrêt au poste 13 pour attendre des conditions de route plus favorables. Anna (Aisha Hinds), Smiley (Ja Rule), Beck (John Leguizamo) et Bishop sont mis en cellule au sous-sol du poste. C'est ce moment que choisit la voiture de Alex Sabian (Maria Bello), la psychologue qui assure le suivi de Jake, pour tomber en panne et obliger cette dernière à revenir au poste 13 pour s'y réfugier. Tout ce petit monde se prépare à fêter la nouvelle année lorsque deux hommes armés s'introduisent dans le poste par la porte arrière du sous-sol (on en trouve, avec vue sur les cellules, dans toutes les bonnes prisons...) et sont stoppés de justesse après avoir tué un des gardes. Il deviendra vite évident que les deux commandos ne sont pas seuls et que le but de leur comparses est d'éliminer Bishop et tous les témoins présents. Criminels et représentants de la loi vont devoir coopérer pour survivre, le siège du poste 13 a débuté.

Jean-françois Richet est un réalisateur qui jouit d'une certaine réputation franco-française après trois films traitant de sujet sociaux d'actualité en France qui furent bien accueillis par la critique. Le film original de 1976, que Jean-françois Richet s'est donné pour tâche de refaire est une des oeuvres majeures du réalisateur prodige John Carpenter. Avec un budget très faible (100,000 USD) et un scénario des plus simples, J. Carpenter a réussi à créer une oeuvre très marquante pour son époque dont l'ambiance est lancinante. « Assault on Precinct 13 » est une oeuvre clef de la carrière de J. Carpenter qui restera LE réalisateur phare de films de qualité à budget minuscule.

La nouvelle version de ce film n'aura pas la même chance. Ce que nous avons ici est un simple et bête film d'action indigne de son prédécesseur. Comme beaucoup de produits cinématographiques modernes, ce film se veut très réaliste afin de plaire à un public qui semblerait-il devient de plus en plus sophistiqué... Ce pari aurait pu être une réussite si le scénario n'était pas rempli d'invraisemblances qui détruisent complètement le principe de réalisme qui est à la base de cette nouvelle version. La frustration sera grande pour le spectateur qui ne prendra pas la précaution de laisser son cerveau à l'entrée.
Au niveau cinématographique il y a cependant rien à reprocher, l'image est belle, bien maîtrisée, le rythme est généralement bon, quoi que certaines longueurs se font sentir. La musique est très loin d'être aussi efficace que celle écrite pour l'original mais reste toutefois adéquate. Le problème ne vient pas d'un manquement technique mais plutôt du fait que le film n'est qu'un tas de recettes à succès, une copie sans âme ni originalité. Même la présence d'un nombre impressionnant de très bons acteurs ne suffira pas à donner le moindre zeste à ce film monotone. On ne s'ennuie pas, les divers gros fusils, mini-jupes et décolletés vertigineux font parfaitement leur travail sur le spectateur mâle moyen, mais on reste froid et distant par rapport à une oeuvre qui sera oubliée dès le début du générique de fin.


Image
L'image est au format respecté de 2.40:1 dans un transfert 16:9.

L'interpositif est d'excellente qualité, ce qui est attendu pour une production aussi récente, les transferts ratés deviennent l'exception et non plus la règle comme à une certaine époque pas si lointaine. L'image est nette tout au long du film et présente un niveau de détails tout à fait adéquat. Les couleurs sont bien saturées, sans débordement et les tons de peaux apparaissent naturels. Aucun blocage n'a été constaté dans les dégradés.
Les niveaux de contraste et de luminosité sont très bien réglés et reste constants pendant l'intégralité du film. Le niveau de détails dans les parties sombres est élevé et les noirs sont profonds et bien contrastés ce qui est essentiel pour cette oeuvre dont l'action est majoritairement nocturne.

Il est à noter qu'un peu de fourmillement est notable dans quelques rares scènes ainsi qu'une surdéfinition des contours qui est étonnement distrayante malgré son faible niveau. Cela reste cependant un très bon transfert et une très bonne compression.


Son
Ce n'est pas moins de 3 bandes sonores digitales qui nous sont proposées ici. Deux bandes son Dolby Digital 5.1, l'une en anglais l'autre en français et une piste DTS 5.1 en anglais. Les sous-titres sont disponibles en espagnol et en français. Le sous-titrage en anglais pour sourds et malentendants est, bien sur, présent. La bande son analysée ici sera la piste principale anglaise DTS qui est, légèrement, de meilleure qualité que les mixages Dolby Digital.

La bande sonore est aussi subtile que le film qu'elle accompagne. Très dynamique elle prend d'assaut la pièce d'écoute avec une forte présence et un champ sonore bien étendu. Les différents détails sont bien intégrés et généralement assez bien localisés. La musique est très peu présente et se fait souvent oublier lors du visionnement. Les dialogues sont tout à fait nets et audibles, les voix sont naturelles, sans compression dynamique inutile.
Il sera essentiel d'avoir des enceintes ambiophoniques bien accrochées car elles vont connaître le choc de leur vie, il ne se passe pas un instant sans qu'un effet ou un autre ne soit reproduit sur les canaux d'ambiance. Ce que le film manque en réalisation, la bande sonore tente de le compenser avec une ambiance sonore extrêmement touffue.
La réponse en fréquence est excellente, les basses sont puissantes et bien définies, les aigus sont clairs sans être criards. Bien entendu les fréquences extrêmes graves sont très utilisées et votre caisson ne s'ennuiera pas.

Efficace et puissante la bande sonore est peut-être la seule amélioration par rapport au film original, si on ne prend pas en compte la musique, qui est loin du niveau de celle écrite par J. Carpenter.


Suppléments/menus
Le film est accompagné du complément standard de suppléments. On y trouve un commentaire audio, 5 documentaires et quelques scènes coupées avec commentaires du réalisateur.

- Commentaire audio par JF Richet (Réalisateur), James DeMonaco (scénariste) et Jeffrey Silver (Producteur) : Les protagonistes passent beaucoup de temps à justifier le film et à essayer de pointer l'affiliation avec la version originale. Il y a peu à dire et peu est dit pendant le commentaire. Quelques informations sont à glaner ici ou là mais rapidement l'ennui s'empare de l'auditeur. Seul coté intéressant : l'accent atroce de JF Richet lorsqu'il s'exprime en anglais, presqu'aussi sévère que celui de John Woo, qui enlèvera bien des complexes à plus d'un francophone.
- « Armed and Dangerous » : Charles Taylor, spécialiste des armes sur le tournage, nous montre sa collection de gros fusils et parle rapidement de la direction des cascades sur le tournage. Soporifique et sans intérêt.
- « Behind Precinct Walls » : Un tour guidé du décors... Inutile et inintérréssant, même le guide semble s'ennuyer.
- « Plan of Attack » : Encore un documentaire où l'on essaye de nous faire croire que les acteurs sont des super héros capables des actions les plus extraordinaires et qu'ils ont fait leurs cascades eux-même. Comme-ci les assurances laissaient faire...
- « The Assault Team » : Ici JF Richet nous explique les buts qu'il s'était donnés. Beaucoup de tentatives de créer l'événement sans réellement de fond.
- « Caught in the Crosshairs » : Certainement le plus inutile des documentaires de cette édition. Ce n'est qu'un montage promotionnel de scènes spectaculaires du film et de phrases chocs des acteurs. Ne perdez pas votre temps.
- Scènes coupées : accompagnées d'un commentaire optionnel de JF Richet. Si on voit facilement pourquoi la plupart de ces scènes ont été laissées de coté, il y en a une qui aurait été la bienvenue dans le film car elle donne un peu plus de dimension au personnage du méchant.

Tout cela reste dans l'ensemble plutôt sans intérêt, ces suppléments ne sont qu'un apport marginal à l'édition. Au bout d'un moment les tentative répétées de faire de ce film un événement ne font que renforcer le sentiment de s'être, une fois de plus, fait prendre à troquer du bon argent contre de la verroterie de seconde main.



Conclusion
Les motivations qui peuvent pousser à refaire une oeuvre aussi remarquable que celle de Carpenter sont déjà en soit obscures mais en faire un pur film d'action relève de l'extravagance la plus incompréhensible. C'est pourtant bien ce que Jean-françois Richet a fait lors du tournage de la nouvelle version de « Assault on Precinct 13 ». L'oeuvre irréelle, à la limite du fantastique par moment, de J. Carpenter est remplacée par un film d'action des plus classiques qui laisse une sensation d'avoir été roulé par une machine Hollywoodienne dont la seule spécialité actuelle semble être de réchauffer de vieux plats qui traînaient dans leur réfrigérateur. C'est rarement bon...
L'édition qui nous en est proposé est à la hauteur du film, elle n'est pas mauvaise mais reste sans grand intérêt.
N'achetez que si vous aimez les film d'actions qui ne nécessitent aucune capacité cognitive, pour les autres il reste toujours l'original...


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Pascal Cauden

Date de publication: 2005-07-06

Système utilisé pour cette critique: TéléviseurToshiba 50HX70, Amplificateur Denon 3801, Enceinte Energy XL-26(x2), XL-C, XL-R (x4), caisson d'extrêmes graves Klipsch KSW 12, HTPC (composantes 540p. Lecteur: Media Portal/decodeur mpeg2 et audio : Dscaler 5)

Le film

Titre original:
Assault on Precinct 13

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
109 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol
Français

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires, scènes coupées.

Date de parution:
2005-05-10

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