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DVDEF

I, Robot (Collector’s Edition)

Critique
Synopsis/présentation
I Robot est un réel mystère pour les amateurs de Science Fiction. En effet, comment quelqu’un, quelque part a pu un jour se réveiller en pensant adapter un des livres fondateurs de la science fiction dite « scientifique », et de la science fiction en général, en film de Will Smith. La créativité hollywoodienne, plutôt sclérosée dans le choix maladroit d’une reprise d’un film ancien ou étranger sait quand même sortir des concepts aussi peu probables que porteur de chance de réussir. On attend d’ailleurs du même producteur l’ouverture prochaine d’une discothèque fromagerie ou l’on pourra acheter son triple crème au rythme syncopé d’une musique énervante.

Si le concept même de faire une adaptation d’Asimov sous forme d’un blockbuster est étrange, le résultat est quant à lui peu étranger à la médiocrité. Dès que l’on dépasse le stade pré-pubert du policier noir mal dans sa peau qui n’aime pas les robots, on arrive immanquablement aux poursuites en auto du futur, aux explosions, aux effets CGI appuyés, et à tous les poncifs du genre (incluant la scientifique belle mais froide, rationnelle mais passionnelle qui naturellement sauvera son héro).

La meilleure manière de décrire ce film est la suivante : Audi, Converse, Dos Equis, Fed Ex, JVC, MV Agusta, Panasonic, Prudential, US Robotics.
I Robot reste la publicité filmée la plus longue et la plus ennuyeuse de l’histoire. Les placements produits sont d’une vulgarité telle que l’idée de devoir payer pour voir ce film est en complète inadéquation avec le concept d’économie de marché.
Le prétexte pour aller voir cette immense publicité tourne autour des trois lois de la Robotique de Asimov, et comment un robot réussit à les détourner afin de déjouer une méchante corporation. En 2035, les robots ont envahi le monde comme travailleurs suppléants. Au milieu de cette cohabitation à priori harmonieuse, un jeune policier appelé Spooner qui déteste les robots et aime les « vieux » produits des années 2000 (d’où la débauche de placement marketing) va enquéter sur un meurtre d’un scientifique par un robot le suspect s’appelant « Sonny ».
Ce préambule, sous des couverts quasi intellectuels, n’est qu’un banal prétexte pour nous servir les archétypes de la Science Fiction, les robots avec effets CGI métallisés et les explosions nombreuses et constantes. Dans ce domaine particulier il convient de noter que les effets, décors et la mise en scène sont d’une bonne facture. Et c’est probablement ici que le bas blesse. I Roobot est un film qui se cherche, entre le film intelligent et le blockbuster, sans jamais verser dans l’un ou dans l’autre, il finit par ennuyer solidement.

Alex Proyas est pourtant un réalisateur qui a su par deux fois faire de très bons films fantastiques qui ont obtenu autant de succès d’estimes qu’une légion de fan. On pense immédiatement au film « The Crow » qu’il a réalisé en 1994, ainsi que le succès d’estime « Dark City » qui plaçait ce jeune réalisateur Australien sur la carte des producteurs Hollywoodiens. Malheureusement, I Robot ne transpire pas de l’univers de Proyas, un univers sombre et gothique, souvent schyzophrénique. C’est plutôt une espèce de redite, tentant de reprendre des éléments de « Minority Report » de Spielberg ou bien de AI. Par contre on retrouve sa touche concernant les décors. Les scènes de survol des villes et de certains intérieurs sont d’une beauté noire très originale.

Le choix des acteurs est lui aussi problématique. En effet, Will Smith est capable de bien jouer, il est capable même de combler les faiblesses d’un film (Men In Black par exemple). Mais il est surtout fort car son côté comique est toujours à la limite de sortir dans n’importe quelle situation. I Robot aurait bien plus nécessité un genre de Deckard dans Blade Runner, un policier seul dans un monde qui ne lui convient pas, et non pas un presque fanfaron habillé en converses qui se pose des questions métaphysiques sur l’existence humaine. De la même manière, Bridget Moynahan qui joue le role de la scientifique a autant de charisme qu’une poignée de porte, et un jeu qui semble très largement inspiré de Keanu Reeves.

On est très loin d’un Blade Runner, ou même du bien inférieur Minority Report, le mélange d’action et de pseudo réflexion rappellerait plus un Matrix Revolution, une volonté de mettre de la substance dans un film d’action, sans jamais réussir a réellement lier le tout.

Cette édition spéciale de I Robot est quant à elle à l’opposé de la médiocrité du film. Tout dans cette édition se tient merveilleusement bien, allant même jusqu’à rivaliser avec les meilleures éditions du moment. Tant l’image que le son, et des suppléments riches et intéressants, en font une édition très complète et d’un niveau technique impeccable. Dans un pied de nez à l’expression « peu importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse » la Fox nous livre ici une édition parfaite d’un film qui l’est beaucoup moins.


Image
Cette édition spéciale de I Robot est offerte au format respecté de 2.35 :1 dans un transfert 16 :9.

Avant d’aller plus loin, il convient de dire que depuis les éditions spéciales du Seigneur des Anneaux ou bien depuis Shrek, rare sont les éditions qui nous ont semblé offir une telle qualité au niveau du transfert vers le format DVD.
Film de 2004, le transfert est naturellement exempt de tout défaut visible, et offre une image d’une définition et d’une profondeur de très grande qualité. Le niveau de détails est tout simplement stupéfiant, et bien qu’on parle ici de textures « artificielles » le réalisme est clairement au rendez-vous.
Les couleurs sont d’une saturation exemplaire tout en restant très réalistes pour les teints de peau, on est loin d’ailleurs des images filtrées de Dark City ou de The Crow, ici tout semble « brut » comme une volonté de filmer un genre de documentaire. Ces couleurs sont constantes sur toute la durée du programme preuve d’un étalonnage maitrisé.
C’est dans la gestion de la brillance et des contrastes que cette édition se démarque, on passe de scènes de plein soleil à des scènes sombres sans jamais constater de problème. Les noirs sont riches de nombreux détails tout en sachant se faire profonds quand cela est nécessaire.
Di côté du transfert, aucun défaut n’est apparu clairement, hormis quelques micros artefacts à différents moments, mais rien de nuisible au bon visionnement de ce film. Les scènes de mélange CGI/action sont très bien rendues sans aucun défaut de sur-définition comme il est souvent le cas pour ce genre de plans.

Cette édition spéciale brille par la qualité de son transfert qui nous a semblé de qualité « référence » dans tous les critères observés, il en est de même pour la bande sonore.



Son
Cette édition offre quatre bandes sonores. La version anglaise est offerte en deux formats multicanaux (DTS et Dolby Surround 5.1) alors que les versions Françaises et Espagnoles sont en Dolby 2.0 Surround.

Cette critique est basée sur le mixage DTS qui nous a semblé comme à l’habitude un peu plus dynamique dans les passages les plus exigeant.
C’est une très belle bande sonore qui nous est offerte ici, son dynamisme convient parfaitement au style « Action », capable de passer d’un dialogue relativement calme à un déluge de décibels de manière très transparente. Le champ sonore est ample, tant à l’avant que dans le support apporté par les canaux ambiophoniques.
Le mixage est de toute première qualité permettant à tous les éléments sonores de trouver leur juste place, tant d’un point de vu du volume que de la spatialisation. Les ''Foleys'' sont rendus de manière très convaincante et parfois même percutante, prouvant ainsi une séparation optimale des canaux. La trame sonore, d’une qualité plutôt moyenne d’ailleurs, est quant à elle adéquatement rendue sur toute la hauteur du spectre et est toujours bien intégrée. Les dialogues sont bien intégrés et restent naturels en tous temps.
Les enceintes arrières sont utilisées de manière judicieuse, sans jamais forcer le trait de l’ambiophonie dans ses travers artificiels, tendance trop souvent constatée dans ce genre de film. Si la majorité du message sonore se trouve en avant, les enceintes arrières savent se faire entendre afin de marquer des effets ou des ambiances, tout en supportant adéquatement quelques transitions intéressantes.
Les basses sont d’une propreté et d’une rondeur sans faille, tout en sachant se montrer très percussive quand cela est nécessaire. Le canal d’infrabasse est sollicité de manière adéquate et efficace.

On est là en présence d’une bande sonore qui saura faire plaisir aux aficionados du son, capable de certains déluges sonores dignes des meilleures productions actuelles (destruction de la maison par exemple). Cette édition Spéciale du film I, Robot nous offre donc une bande son presque parfaite. Sa perfectibilité vient une fois de plus de l’absence remarquée d’une bande sonore Francophone dans un format multicanal.
Il convient de noter la présence de sous titres en Anglais et en Espagnol.



Suppléments/menus
Cette Édition spéciale se compose de deux disques DVD-9, le premier contenant le programme principal, et le second se concentrant sur les suppléments.

Sur le premier disque, on trouve comme à l’habitude des pistes audio de commentaires, qui sont ici au nombre de trois. La première est composée des commentaires du réalisateur, Alex Proyas et de l’auteur Akiva Goldsman. Ces commentaires sont d’un intérêt limité pour les non-fans de ce film qui restent nous l’espérons la majorité. La seconde piste est un peu plus intéressante, car composée des vues et anecdotes de l’équipe technique (et d’une grande partie de cette équipe vu le nombre d’intervenant). Cette piste technique est assez intéressante puisqu’elle met en avant les artisans, et les solutions et choix qui ont été fait durant la production, problématiques valables pour tous films, et non pas précisemment sur celui là. La troisième piste, et ceci est assez rare pour être mit de l’avant est celle du compositeur de la trame sonore, Marco Beltrami. Cette piste ressemble plus a une autobiographie romancée syncopée d’élément relatif à la trame du film, mais c’est une idée originale qui nous l’espérons se verra réutilisée dans d’autres productions. Il est à noter que sur cette piste de commentaire, les éléments de la trame sonore ont été augmentés de volume, permettant de mieux les isoler sur les canaux stéréos avant.
On trouve aussi sur ce premier disque un making off promotionnel de la télévision d’une durée d’environ 12 minutes. Comme à l’habitude pour ce genre de segment, les informations sont rares mais les effets appuyés.

La pièce de résistance se trouve sur le second disque.
Avant d’aller plus loin, il convient de noter que l’interface est assez bancale, et même après avoir fouillé ce disque, nous ne sommes toujours pas sur d’avoir tout vu. Le nombre de segment est impressionnant (surtout lorsque consultés séparemment) et les branchements entre séquences sont nombreux).

La première surprise vient immédiatement lorsque qu’après dix minutes après avoir choisis de jouer « tous » les suppléments, on se retrouve à une page de menu après avoir vu un segment qui aurait pu être n’importe ou… aussi surprenant que désorientant.
Le reste est quant à lui de grande qualité. Les suppléments se détaillent en cinq grandes sections comprenant de très nombreux segments.

La première de ces sections s’intitule « Day Out of Days : The I,Robot Productions diaries ». On découvre ici que les dix premières minutes étaient tiré de cette section, et on assiste via l’arrière de la caméra au tournage de nombreuses scènes. Le choix de ces scènes est plutôt satisfaisant, néanmoins, l’absence quasi totale de commentaires et une bande sonore qui se compose du bruit de fond du plateau donne à l’ensemble un côté un peu baclé. Malgré cela, il est toujours intéressant d’avoir accès à ces images qui donnent un aperçu réaliste de l’ambiance du plateau, et permet par certaines actions et réactions de découvrir un peu mieux les artisans et les acteurs.

La seconde section ne porte pas réellement de nom, sinon « CGI and Design Section ». Cette section est naturellement technique, mais contrairement aux efforts habituels afin de vulgariser les côtés les plus pointus des techniques utilisés, on se trouve parfois en présence d’information très compliquée et précise. Cette précision est très agréable car s’il est vrai que les prouesses techniques afin de créer les décors et les robots, de faire de Alan Tudyk un Andy Serkus et donc de Sonny un Golum, sont toujours aussi fascinantes, elles ont néanmoins un gout de déjà vu. L’ajout d’un niveau plus granulaire est très bienvenu et permet d’apporter une information jamais obtenue avant.

La troisième section, et en quelque sorte le suivant, semblent être là afin d’apporter et consolidé l’approche « intellectualisante » du film. « Sentient Machines » est en fait un long documentaire sur l’histoire de la robotique, aussi bien domestique qu’industrielle. Ce documentaire est réellement fascinant et très bien documenté, un plaisir pour les amateurs de Science Fiction et de Science plus généralement, mais certainement une immense interrogation pour les autres.
La quatrième section intitulée « Three Laws Safe : Conversations About Science Fiction & Robots » est très intéressante quoi que totalement étrange. En effet, on se retrouve dans une discussion d’un très bon niveau avec des auteurs tels Jeff Vintar, Jennifer Brehl (l’éditrice de Asimov) dans un environnement hollywoodien très peu propice à l’intelligence et la réflexion. Ce segment est très intriguant car il nous semble avoir deux effets contradictoires directs. Soit il est perçu comme une réelle valeur ajoutée au film, soit il est perçu comme la preuve de la faiblesse du film et de l’incongruité d’avoir tenté de récupérer l’œuvre de Asimov pour en faire un vulgaire film d’action. Chacun y trouvera ce qu’il y cherche, mais le contenu est somme toute assez intéressant.

La dernière section s’intitule « Filmmaker’s toolbox », et nous offre en plus de 4 scènes retirées du montage final certaines scènes intitulées « how to » qui présentent les montage CGI fait en mode « pelure d’oignons » rajoutant les calques les uns par dessus les autres. On trouve aussi deux fins alternatives qui hormis certains détails, n’auraient pas eu d’impact majeur sur la fin de ce film. Cette section sans être la plus intéressante est ni plus ni moins que ce que l’on trouve habituellement en guise de supplément sur les éditions simples, un beau tour de force pour cette édition spéciale donc, qui en plus de fournir du volume nous offre aussi une belle qualité de suppléments.




Conclusion
Cette édition spéciale est la preuve absolue qu’une édition DVD est capable de faire d’un film très moyen au cinéma un bon achat dans son format domestique. En effet, la qualité du transfert et des suppléments si elle n’est pas capable de faire de ce film un bon moment de cinéma, est néanmoins très capable d’en faire une bonne expérience DVD.
Le tout reste évidemment de savoir si l’on prend une édition DVD pour le film qu’elle véhicule, ou si on la prend comme telle. Dans les deux cas, vous voici éclairés.



Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
4,5/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,5/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2005-10-28

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
I, Robot

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
114 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Journal de bord de la production, discussions sur la robotique, segments sur la technique et le CGI, Scènes supprimées et fin alternatives, Commentaires audios du réalisateur, du scénariste, de l'équipe technique et du compositeur

Date de parution:
2005-05-24

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