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DVDEF

Selma

Critique
Synopsis/présentation
Même si le film a récolté une nomination à titre de meilleur film en plus de remporter le prix de la meilleure chanson originale, interprétée par John Legend et Common, on se souviendra malheureusement de Selma pour les vives réactions de la communauté virtuelle face au snobisme de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lors de l’annonce des dernières nominations pour les Oscars. Alors que l’absence de l’acteur David Oyelowo – joue le rôle de Martin Luther King Jr – soulevait le cruel manque de diversité à Hollywood, celle d’Ana DuVernay en lice pour la meilleure réalisatrice – que plusieurs voyaient d’ailleurs comme une évidence - révélait le machisme des votants.

Le long métrage s’intéresse à la période qui suit la remise du prix Nobel à King en 1964. Quatre fillettes sont tuées lors d’une explosion dans une église à Selma (Alabama) et Annie Lee Cooper (Oprah Winfrey) se voit refuser son droit de vote. Suite à ces évènements, King rencontre le président Lyndon B. Johnson afin qu’il adopte une loi fédérale qui redonne le droit constitutionnel aux Noirs de voter. Ce dernier refuse, prétextant que des projets plus importants sont à prioriser. King se rend alors avec plusieurs autres militants à Selma pour inciter les gens à des marches de protestation dans le but de revendiquer leurs droits.

Le film effectue un travail remarquable de reconstitution historique. Les faits marquants, les personnages déterminants, les discours rassembleurs de King, l’obstination de Johnson, la xénophobie profonde et terrifiante de certains Américains, la cruauté et la haine martelés sur le corps des revendicateurs pacifiques, tout est mis en scène afin de recréer ce contexte historique. DuVernay insuffle à son long métrage une dose d’humanité qui demeure en retenue réussissant à émouvoir le spectateur dans la nuance et la subtilité plutôt qu’à travers la manipulation primaire de sentiments. Malgré quelques élans plus poétiques (quelques ralentis et effets sonores ici et là), la caméra de la cinéaste demeure assez sobre laissant toute la place à l’Histoire et aux acteurs, tous irréprochables.

En revanche, le style de la réalisatrice ne réussit pas à tous les niveaux. Les multiples personnages et la richesse du contexte font en sorte que certains éléments scénaristiques, la relation entre King et sa femme Coretta Scott King (Carmen Ejogo) par exemple, ne résonnent pas toujours aussi fort qu’ils le devraient. Néanmoins, Selma, comme bien d’autres titres qui font dans la biographie ou dans la chronique historique demeure un incontournable ne serait-ce que pour le devoir de mémoire qu’il nécessite.


Image
L’image est offerte au format d’image respectée de 2:40:1 à une résolution de 1080p.

Il est important de mentionner d’abord et avant tout que le travail de direction photo de Bradford Young favorise la lumière naturelle et une désaturation des couleurs qui répond aux intentions de la réalisatrice Ana Duvernay. Par conséquent, le transfert vidéo reproduit adéquatement cette facture visuelle d’un film tourné en numérique. Les détails et les textures font preuve de précision tandis que le rendu des couleurs, même s’il peut paraître un peu terne, correspond aux intentions de la cinéaste. De plus, les parties sombres sont généralement optimales. Les noirs font preuve de pureté et d’intensité alors que les dégradés sont fluides et précis.

Il n’y a aucun défaut majeur à signaler en ce qui concerne la partie numérique.


Son
Deux bandes-son sont offertes, la première en version originale anglaise au format DTS-HD Master Audio 5.1 et la deuxième en version française au format Dolby Digital 5.1.

Sans surprise, le mixage anglais ne réserve aucun moment agressif et se déploie surtout en retrait. La sollicitation des basses fréquences et du canal d’extrêmes graves se limite à une explosion au tout début du film. Autrement, il s’agit d’un mixage qui remplit fidèlement sa tâche. Composée principalement de dialogues, la bande-son reproduit parfaitement ces derniers tandis que la trame sonore s’intègre subtilement au tout. Le déploiement du champ sonore se limite alors surtout aux ouvertures frontale et latérale. Les enceintes arrière appuient discrètement certaines ambiances, notamment des bruits des foules, ajoutant une profondeur certaine au mixage.

Des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles.


Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord deux pistes de commentaires audio, la première animée par la réalisatrice Ana DuVernay et l’acteur David Oyelowo et la deuxième partagée entre la cinéaste, le directeur photo Bradford Young et le monteur Spencer Averick. La première piste s’attarde surtout aux intentions de la créatrice, à la distribution et au traitement du personnage tandis que la deuxième s’intéresse aux éléments plus techniques. Dans les deux cas, la conversation est fluide et l’esprit de camaraderie transparaît.

Nous retrouvons ensuite deux documentaires. « The Road to Selma (13 :16) » se concentre sur la préproduction. On y apprend comment Oyelowo a été approché pour le rôle et on comprend l’influence d’Oprah Winfrey par rapport au projet, entre autres. « Recreating Selma (26 :29) » s’attarde à l’entourage de Martin Luther King, donc aux autres personnages, au tournage, au style visuel favorisé par DuVernay, etc.

Un montage de scènes supprimées (29:43) est aussi offert. Il comprend à la fois des scènes inédites intéressantes, mais aussi des séquences allongées de scènes déjà présentes dans le montage final.
Nous retrouvons aussi le vidéoclip « Glory (3 :10) » de John Legend et Common et une galerie d’images intitulée « Historial ».

Enfin, se retrouvent les segments « Selma Student Tickets : Donor Appeciation (2:57) », qui fait la liste des noms qui contribuent au Selma Student Ticket, et « National Voting Rights Museum and Institute (7:50), qui jette un regard sur ledit musée.



Conclusion
Reconstitution historique impeccable et récit à la fois sobre et émouvant, Selma est une œuvre qui mérite notre attention pour ses qualités bien avant toute la controverse entourant la dernière cérémonie des Oscars.

L’édition est techniquement très bien. Le transfert vidéo souffre du choix artistique de la réalisatrice et d’une photographie délavée qui sont, somme toute, convenablement reproduits. Le mixage DTS-HD reproduit aussi fidèlement plutôt qu’agressivement un univers sonore subtil et en retrait. Quant aux suppléments, ils sont nombreux et très informatifs. La présence de deux pistes de commentaires audio mérite à elle seule le détour.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2015-06-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Selma

Année de sortie:
2014

Pays:

Genre:

Durée:
128 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
Blu-ray + DVD

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Deux pistes de commentaires audio, séquences rejetées au montage, segments (5), galerie d'images et vidéoclip

Date de parution:
2015-05-05

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