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DVDEF

Girl Walks Home Alone at Night, A (Special Collector's Edition Blu-ray)

Critique
Synopsis/présentation
Bad City, Iran. Dès les premiers instants, la caméra nous plonge dans cette ville fantôme où les trafiquants de drogue exploitent leur marché aisément, où les prostituées sont sollicitées sans être payées, et où les vampires tapissent leurs murs d’affiche d’Elvis Presley et de Madonna. Ce premier long métrage de fiction de la réalisatrice Ana Lily Amirpour, projeté en première mondiale au Festival de Film de Sundance, frappe fort, dans plusieurs directions, mais avec une maîtrise exemplaire.

A Girl Walks Home Alone At Night s’intéresse à Arash (Arash Marandi) qui vit avec son père alcoolique. Sorte d’émule de James Dean, le jeune homme est un peu comme tous les autres, il rêve d’une fille. Mais Arash veut plus. Un soir, après avoir subi le rejet d’une autre jeune fille, il rencontre une mystérieuse jeune femme (Sheila Vand). Vêtue d’une sorte de hijab, l’inconnue erre dans la petite fille dans l’espoir de piéger sa nouvelle victime : elle est une vampire.

Ouvertement auto défini comme le « premier western de vampire iranien » et se révélant comme un brulant pamphlet féministe, le film de Amirpour est un savoureux mélange de genres. Empruntant la musique des plus épiques épopées du Far West et développant une mise en scène – grâce à la sublime maîtrise du noir et blanc – digne des plus grandes productions d’épouvante du cinéma classique hollywoodien, la cinéaste prouve son flair visuel souvent hallucinant, mais aussi son amour sincère pour le genre. Avec en plus de nombreuses autres références populaires (les affiches sur le mur de la « jeune » vampire, la trame sonore composée de tubes classiques et contemporains, etc.), le long métrage juxtapose habilement la mélancolie de ses personnages, cette jeunesse déjà désabusée aux ruines d’une ville fantôme.

Mais A Girl Walks Home Alone At Night est aussi et avant tout une romance improbable entre un garçon et une femme vampire. La cinéaste met en scène cette histoire d’amour grâce à des non-dits, de longs silences et une tension subtilement construite. Une séquence d’anthologie où la jeune femme ramène Arash chez elle sur une musique du groupe White Lies est parfaitement empreinte de cette cinématographie développée toute en finesse, en pudeur. La caméra n’a d’yeux que pour ces deux protagonistes terriblement attachants, même « s’ils ont fait des choses terribles ». Oubliez Catherine Hardwricke et Alan Ball, Ana Lily Amirpour offre une enivrante leçon sur comment réaliser un excellent film de vampires romantique.


Image
L’image est offerte au format d’image respectée de 2.35:1 à une résolution de 1080p.

Puisque le film a été tourné en numérique, il n’est pas étonnant de constater une qualité d’image de haut niveau. Détails et textures sont ainsi reproduits avec finesse et précision tandis que la photographie, qui mise majoritairement sur des effets d’ombres et de lumières, est superbement rendue par la précision de l’échelle des gris. Ceux-ci demeurent nuancés. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes parfaitement gérés tandis que les parties sombres sont reproduites avec précision. Ce sont des noirs purs et intenses ainsi que des dégradés fluides qui complètent ce fidèle transfert.

Seul ombre au tableau : un très subtil fourmillement lors de certains plans qui laissent sous-entendre des signes de compression, mais rien de bien désastreux.


Son
Deux bandes sons en version originale perse sont disponibles, l’une au format DTS-HD Master Audio 5.1 et l’autre au format DTS-HD Master Audio 2.0.

Tout comme le transfert vidéo, le mixage DTS-HD 5.1 est déployé pour envoûter le spectateur. Les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la grande majorité des éléments sonores, mais les enceintes arrière appuient subtilement et solidement les ambiances pour conférer au son un aspect mystifiant. Les effets d’ambiophonie contribuent à l’immersion du spectateur en plus d’apporter dynamisme au mixage. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles tandis que la trame sonore (composée de divers morceaux de musique) est superbement intégrée au tout. Cette dernière profite notamment de l’usage des basses fréquences qui se manifestent à quelques occasions (pour mieux appuyer les bruits de machinerie, par exemple) avec beaucoup d’efficacité. Il en va de même pour les extrêmes graves qui grondent avec la profondeur appropriée lors de quelques moments clés.

Il y a option de sous-titrage en anglais.


Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord un segment « Behind the Scenes (20:32) » où quelques dessous de certaines scènes sont explorées : les dents créées pour l’actrice Sheila Vand, la séquence de la fête costumée, etc.
Un montage de scènes supprimées (22:08) est aussi disponible. La plupart des scènes sont oubliables, tandis que d’autres sont des versions alternées de séquences déjà présentes dans le film (la séquence de la danse avec le ballon, par exemple). Autrement, une séquence entre Arash et la jeune femme vampire où les deux partagent leur passion pour la musique mérite un coup d’œil.

« Q&A Hosted by Roger Corman (44:18) » est un excellent entretien sous forme de question/réponse organisé dans le cadre des « MoMa Contenders Series » en janvier 2015. L’animateur et réalisateur demeure enthousiasme pendant l’entrevue avec la réalisatrice Ana Lily Amirpour, pertinente à tout moment.

« VICE Behind the Scenes Documentary (19:13) » est un segment où l’on discute de la production du film ainsi que de son tournage et où les interventions de la réalisatrice, de l’actrice Sheila Vand et du co-producteur Elijah Wood permettent un survol des intentions et des choix effectués pour le film.

« VICE Meets Ana Lily Amirpour ans Sheila Vand (31:06) » est plus pointu et se consacre à l’évolution du projet avec plus de détails. Les interventions de la cinéaste et de l’actrice sont particulièrement intéressantes.

Une galerie de photos et la bande-annonce complètent cette section.

À noter que l’édition comprend également un superbe livret où l’on retrouve une bande dessinée et un texte signé par Eric Kohn.



Conclusion
Œuvre enivrante et envoûtante, A Girl Walks Home Alone At Night est à la fois un hommage au cinéma classique hollywoodien, un pamphlet féministe et une romantique histoire d’amour entre un jeune homme et une vampire. Tourbillonnant à travers une trame sonore des plus éclectiques, ce premier film de la réalisatrice iranienne Ana Lily Amirpour est une impressionnante porte d’entrée dans le monde du septième art.

L’édition reproduit élégamment la facture visuelle du film axée sur les jeux d’ombres et de lumières tandis que le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 enveloppe par son dynamisme captivant. L’édition se distingue également pour son lot de suppléments et leur contenu pertinent. Le magnifique livret contenant une bande dessinée est la cerise sur le gâteau que représente cette superbe édition.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,1/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2015-05-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Girl Walks Home Alone at Night, A

Année de sortie:
2014

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
VSC

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Anglaise DTS HD Master Audio 2.0

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Segments sur les coulisses du tournage, montage de scènes supprimées, Q&A (question/réponse), documentaires (2), galerie de photos, bande-annonce

Date de parution:
2015-04-21

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