Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Million Dollar Baby (2-disc Widescreen Edition)

Critique
Synopsis/présentation
En 2003, Clint Eastwood a fait très bonne figure avec son Mystic River lors de festivals et remises de prix (il fut entre autre nominé à titre de meilleur réalisateur aux Oscar tandis que le film était finaliste à titre de meilleur long-métrage). Pourtant, avec du recul et surtout lorsqu’on compare ce film avec la dernière œuvre de Eastwood, Million Dollar Baby, on en vient à se demander si la réputation de Mystic River n’est pas un peu surfaite. À l’époque, la plupart des critiques ont vanté la mise en scène sobre et classique de Eastwood. Pourtant, la réalisation de Mystic River, si elle est techniquement sans faille, s’avère particulièrement terne et parfois même lourdaude. Eastwood n’y est allé d’aucune subtilité, tant dans la direction d’acteur (le jeu frôle parfois la caricature) que dans l’utilisation de musique un peu pompeuse. Qui plus est, la moralité douteuse du film rend bien difficile l’identification du spectateur aux personnages antipathiques du film. Par contre, lorsqu’on s’attarde à Million Dollar Baby, on y reconnaît là le Clint Eastwood inspiré et capable de raconter une histoire avec tact, subtilité et sensibilité. Les éloges récoltées par ce film sont bien plus mérité que pour Mystic River, dont les louanges semblent avoir été motivés uniquement pour rendre hommage à la carrière de Eastwood…

Million Dollar Baby raconte l’histoire de Frankie Dunn (Eastwood), un entraîneur de renom un peu macho et misogyne, qui accepte non sans hésiter de prendre son son aile une pugiliste déterminée issue d’un milieu très modeste. Les deux personnages que tout oppose finiront par se rapprocher au gré des combats que la jeune boxeuse remporte avec une férocité peu commune. Cependant, un tragique événement viendra mettre un frein à leur ascension tout en leur faisant vivre leur combat le plus difficile.

Là où la mise en scène Mystic River paraissait maladroite et même un peu grossière par moment, Million Dollar Baby s’avère d’une grande finesse et d’une sensibilité dans la réalisation. Manifestement plus inspiré (on ne l’avait jamais vu aussi inspiré depuis Unforgiven en fait…), Eastwood y va d’une observation humaine et très nuancée du milieu de la boxe puisqu’il s’attarde bien plus aux tribulations des personnages plutôt qu’à l’aspect glamour et artificiel du sport. Fidèle à lui-même, le cinéaste signe une réalisation toute en retenue mais surtout très attentive aux personnages. Les décors minimalistes, souvent éclairés tels des clairs-obscurs, mettent l’emphase sur les comédiens et sur leur présence.

Tandis que la trame-sonore de Mystic River, composée par Eastwood, finissait par agacer tant elle était pompeuse et présente, la trame-sonore de Million Dollar Baby (aussi composée par le cinéaste) est un modèle de subtilité. Quelques notes de piano suffisent pour donner le ton à une scène sans jamais forcer l’émotion et sans jamais déconcentrer du jeu nuancé des interprètes. En ce sens, Eastwood lui-même n’a peut-être jamais été aussi convaincant. Il dose à merveille le machisme qui le caractérise si bien et une sensibilité qui lui semble nouvelle. Hilary Swank, manifestement fort bien dirigé et inspiré par son mentor, insuffle à son personnage toute la férocité voulue mais en ne sacrifiant jamais la vulnérabilité qui la ronge. Million Dollar Baby est un film superbe porté par des acteurs superbes, une œuvre qui nous démontre clairement l’étendu du talent de Eastwood comme homme orchestre.


Image
Le film est présenté au format respecté de 2.35:1 et d’après un transfert 16:9 de très haut niveau.

Évidemment, l’interpositif employé pour le téléciné ne trahi absolument aucun parasite quel qu’il soit. L’image est toujours d’une netteté irréprochable. La définition générale, excellente, présente des détails précis et subtils ainsi que des textures naturelles et nuancées. Les couleurs sont très bien restituées. Celles-ci sont naturelles et le niveau de saturation a été correctement ajusté dans les circonstances (la facture visuelle étant volontairement terne). On ne remarque aucun débordement dans le cercle chromatique, et les gains (blancs) tout comme les noirs sont exempts de toute dominante involontaire.

L’image apparaît fort bien contrastée, la différence de luminosité entre les plages est parfaitement bien ajustée et ne fluctue jamais. La brillance (niveau des noirs) est également de bon niveau et reste constant aux alentours des 7.5 IRE pour toute la durée du programme. Il en résulte des noirs profonds et bien contrastés, qui ne trahissent que très rarement la présence d’un fourmillement très subtil et pardonnable. Les parties denses, qui sont très nombreuses dans le film, présentent des dégradés qui sont dans l’ensemble très précis. Il arrive à l’occasion que certains d’entre eux bloquent un peu trop rapidement, mais dans les circonstances le résultat est très satisfaisant.

La partie numérique du transfert est optimale. Nous n’avons remarqué aucun parasite de compression, ni de sur-acccentuation des contours. La numérisation ne trahie quant à elle aucune perte numérique (drop).


Son
Cette édition nous propose un choix de deux bandes-son, toutes deux de format Dolby Digital 5.1. L’une est en anglais, et l’autre en français. Des sous-titrages optionnels en anglais, français et espagnols sont également offerts.

Ce mixage multicanal n’a rien pour jeter par terre, mais il n’en est pas moins un mixage très réussis considérant la nature du film. La dynamique est bien exploitée et ce, sans excès. La spatialité s’avère particulièrement réussis. Le champ-sonore se déploie avec une profondeur remarquable depuis toutes les enceintes pour créer un environnement cohérent et immersif. Évidemment, les canaux avants ont prépondérance considérant que le film mise beaucoup sur les dialogues, mais les scènes de boxes vous prouveront que ce mixage est capable de beaucoup de vigueur lorsque nécessaire. Dans ce cas, les canaux d'ambiophonies sont intelligemment sollicités pour intégrer des effets localisés et directionnels qui nous placent de façon très efficace au cœur du ring. Dans les séquences plus intimistes, les enceintes arrières sont mis au service de l’ambiance en intégrant de subtils effets qui donnent vie de façon naturelle aux environnements du film.

Les dialogues du film sont toujours naturels et intelligibles. On remarque qu’un grand soin a été apporté à l’intégration de la voix hors champ de Morgan Freeman, qui agit à titre de narrateur. Sa voix douce, très à l’avant, témoigne d’une belle naturalité mais surtout d’une belle présence. Les basses y sont pour quelque chose puisqu’elles appuient très subtilement la voix de l’acteur pour lui donner la rondeur nécessaire pour la démarquer. La trame-sonore, minimaliste à souhait, a été intégrée en considération de sa nature, c’est à dire toute en subtilité. Elle s’intègre merveilleusement bien à l’ensemble des canaux pour créer une ambiance immersive mais jamais insistante.

Dans l’ensemble, les basses fréquences se font assez discrètes mais elles sont toujours employées à bon escient. Aussi ne faut-il pas se surprendre de remarquer l’utilisation de basses un tant soi peu agressives uniquement dans les scènes de boxes.  Le tout est supporté de façon adéquate et cohérente par le canal .1 (LFE), dont l’utilisation sporadique est tout à fait justifié dans les circonstances.


Suppléments/menus
Contrairement à ce que l’on pourrait le croire, cette édition double-disque n’est pas particulièrement généreuse en ce qui concerne la quantité de suppléments offerts.

À l’exception de la bande-annonce du film, tous les suppléments sont regroupés sur le deuxième disque de l’édition. Vous retrouverez tout d’abord un documentaire de 20 minutes intitulé Born To Fight. De façon générale, ce documentaire traite (sans grande cohérence malheureusement) de la boxe. On y parle tout d’abord de façon bien vague des motivations des boxeurs professionnels, avant d’aborder la façon dont les séquences de boxes ont été filmées, et sans oublier bien sûr l’entraînement d’Hilary Swank. Finalement, les comédiens analysent les relations qu’entretiennent leur personnage dans le film avec le monde de la boxe. Les entrevues avec les multiples intervenants sont généralement intéressantes et pertinentes, mais le manque de cohérence dans la structure du documentaire devient rapidement lassant.

S’ensuit Producers Round 15, un segment de 15 minutes qui explique en long et en large la genèse du projet. Les producteurs ainsi que le scénariste explique de façon concise comment le projet à vu le jour et comment Clint Eastwood a abordé la réalisation du film. Très intéressant.

Finalement, James Lipton Takes on Three (25 minutes) est une table ronde avec Clint Eastwood, Morgan Freeman et Hilary Swank au lendemain de leurs gains respectifs à la cérémonie des oscars. Animée par James Lipton, cette table ronde nous permet d’avoir les impressions des trois artistes à propos de leur expérience sur le film et ce, avec un certain recul. Le problème, c’est que Lipton (l’animateur de l’Actor’s Studio) est si complaisant avec les trois vedettes que c’en est rapidement agaçant. On croirait être témoin d’une séance de… flattage de nombril collectif, pour être polie.

Il est à noter que des sous-titres français sont offerts pour la totalité des suppléments.



Conclusion
Million Dollar Baby est un superbe long-métrage, un film raconté d’une main de maître qui se révèle au sommet de son art. Techniquement, cette édition rend parfaitement justice aux nombreuses qualité du film en ce sens que le transfert vidéo est presque irréprochable et le mixage, raffiné, est entièrement au service du film. Seuls les suppléments déçoivent quelque peu de par leur petit nombre.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2005-09-12

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Million Dollar Baby

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
132 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Table ronde + 2 documentaires, bande-annoce

Date de parution:
2005-07-12

Si vous avez aimé...