Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Twilight Zone, The (The Definitive Edition Season 2)

Critique
Synopsis/présentation
Ce deuxieme coffret est l’occasion de constater à quel point l’inspiration, le sens dramatique et la sensibilite de Rod Serling sont grandes.
Il réussit la gageure d’offrir au téléspectateurs de l’époque une série de courtes histoires a l’intérêt toujours renouvelé. Les dilemmes moraux, les idées les plus originales sont traitées à égalité et jamais Serling ne céde à la facilité, prenant bien soin de toujours avoir le même sérieux dans sa démarche aussi farfelues que puisse sembler son idée de départ.
L’être humain, sa sensibilité, ses questionnements incessants et sans réponses sont toujours au cœur de chaque épisode.

Comme sans doute beaucoup de spectateurs nous avions le souvenir d’une série majoritairement orientée vers la science-fiction classique alors qu’en fait la série est beaucoup plus universelle que cela. Elle travaille en effet dans le domaine de l’imaginaire, du possible et essaie toujous de ramener les questions soulevées par les intrigues dans le « quotidien » , de les traiter comme des hypothéses certes peu vraisemblables mais toujours du point de vue humain, de la réaction de la personne qui est confrontée aux rêgles étranges de la Twilight Zone.

En effet le centre principal de chaque épisode en reste toujours le héros ou l’anti-héros et nous nous devons de signaler en cela l’immense talent de Serling en tant que scénariste.
Il a su puiser son inspiration dans les légendes et mythes, les grands romans ou nouvelles sans pour autant ne jamais céder au plagiat offrant toujours un angle d’attaque original et amenant toujours sa touche personnelle.
Son profond humanisme transpire de chaque épisode et son contrôle total de ce concept était sa meilleure arme pour en faire une des séries les plus passionnantes jamais produites.

La qualité technique générale de la série est absolument remarquable et ce malgré les moyens évidemment limités. Que ce soit dans les situations de huis clos ou autres, la mise en scène, la photographie, les décors, les costumes et la bande-son sont remarquablement travaillées et le résultat ressemble beaucoup a un court-métrage travaillé qu’aux innombrables séries à la platitude visuelle et scénaristiques intenses à laquelle la plupart des productions télévisuelles nous ont habituées depuis.

Les divers réalisateurs de la séries ont toujours su tirer parti de l’ambiance « fantastique » inhérente à la série et souvent renforcer l’étrangeté du climat sans jamais céder à la facilité de l’étrange pour l’étrange. Comme nous le disions la mise en scène est très loin de l’immobilisme et de la grande simplicité d’un série télévisuelle lambda, ce qui a sans doute grandement contribué à son succés et fait que plus de 40 ans plus tard chaque épisode offre un spectracle qui n’a pas vieilli.

De même la qualité générale de l’interprétation est absolument sidérante puisqu’a de très rares exceptions tous les acteurs (du premier rôle au plus petit intervenant) offrent des performances remarquables.
A noter que dans cette deuxième saison, le succés semble avoir permis à Serling d’attirer des acteurs plus renommés qui offrent tous des prestations dignes de la qualité d’un long métrage.

Cette combinaison réussie de scénarios intelligents et sensibles, de réalisation qui souhaite dépasser le simple cadre télévisuel, d’acteurs très impliqués dans leurs rôles, et de techniciens dévoués à leur travail a permis à Serling d’offrir ce que la télévision américaine à produit de plus passionnant et ce avec des moyens très limités en comparaison des excellentes séries actuelles (qui bénéficient souvent de moyens dignes d’un long métrage).

Nous avons bien conscience d’être dans le superlatif depuis le début de notre critique (ainsi que dans celle du premier volume), mais force est de reconnaître qu’il faudrait être vraiment bien blasé et de mauvaise foi pour trouver autre chose que des qualités à cette série.
Serling à su rester a sa place de scénariste et créateur en contrôle de son « bébé », profiter de la liberté artistique qu’il avait réussi à se ménager (voir l’interview sur la censure dans les suppléments) et faire confiance aux artistes et techiniciens qu’il avait choisi pour l’accompagner dans cette aventure unique.

Son intervention au début de chauqe épisode en fait un personnage de la série à part entière en même temps qu’elle replace le spectateur devant la nature fictionnelle de ce qui lui sera montré.
Sa tenue, son allure et sa diction uniques ont certainement marqués des générations de spectateurs et le didactisme parfait de ses interventions n’est jamais redondant. Nous sommes persuadés qu’il prévoyait le texte de ses interventions au sein même du scénario de chaque épisode tant, contrairement a beaucoup d’autre productions télévisuelle ou cinématographiques typiquement américaines, il ne surexplique pas de façon à ne pas dérouter mais au contraire prend bien soin de détailler le problème moral qu’il se propose d’examiner dans chauqe épisode.
Avec un talent certain pour la promotion il réussit donc un mélange assez improbable entre aspect didactique en direction du spectateur dans son intervention en début d ‘épisode et l’aspect beaucoup plus promotionnel mais pourtant fort efficace et jamais facile de ses présentations de l’épisode à la fin de chaque histoire.

Serling à crée le concept de la Twilight Zone et il en est clairement le seul dépositaire auprés des spectateurs comme le montre bien (et de façon très amusante) son petit sketche dans le Jack Benny Show ou il incarne Mr Zone, Twilight Zone qui acceuille un Jack Beny totalement perdu dans cet univers.

Serling est le créateur d’une œuvre beaucoup plus large que celui de cette série qui reste néanmoins ce qu’il a réussi de plus impressionnant. A l’instar de Patrick Mc Goohan sur la série Le Prisonnier dont il etait le maitre d’oeuvre, acteur principal et parfois même réalisateur, il a su avoir le talent et la volonté nécessaire à garder le contrôle de sa création si originale.
A tel point d’ailleurs que dans le cas des deux séries, la première image qui vient à l’esprit des spectateurs est immanquablement leur créateur propre et cela malgré les années.
Ces deux hommes ont su utiliser intelligemment et à force de travail acharné les possibilités créatrices de l’univers télévisuel afin de s’exprimer quasiment sans entraves et surtout afin de délivrer un message personnel une philosophie de la vie qui leur appartenait totalement.

Ainsi à nos yeux, Twilight Zone comme Le Prisonnier sont deux véritables œuvres d’art à part entière exprimant le point de vue de leurs créateurs avant d’être des séries avec tout ce que cela entraine plus mercantile. Des cas malheureusement trop rares dans l’univers télévisuel mondial dont la dérive vers l’abrutissement et la satisfaction des plus bas instincts du spectateur va à l’encontre même des principes et motivations ayant poussé Serling a fabriquer sa Twilight Zone : le divertissement du spectateur capable de le questionner, de le faire réflechir mais aussi rêver.



Image
L’image est proposée au format respecté de 1.33:1 d’aprés un transfert 4:3.

La définition générale est en permanence sidérante de qualité, même si l’age fait que certains passages restent moins bon sans pour autant que jamais cela soit dérangeant.
Les interpositifs sont d’excellente qualité montrant seulement quelques rares points et traits et s’avèrent encore légèrement meilleurs que ceux de la première saison déjà remarquables.
Le constraste est impeccablement géré, évitant les brillances, alors que ce point précis n’était pas forcément évident a gérer vu le style général de la photographie de la série.
Les scènes sombres sont superbement rendues grace à des noirs purs et profonds même si sur certains rares passages du grain se fait visible.
Le rendu de l’échelle des gris est de très haute tenue et respecte à la perfection le travail complexe des différents chefs opérateurs ayant travaillés sur la série.
La partie numérique est totalement exempte de reproches quels qu’ils soient et ne ne pouvons qu’en féliciter Image.
Nous nous devons de signaler le fait que certains épisodes semblent directement tirés d’enregistrement vidéos et non des négatifs originaux. Par conséquent leur rendu ressemble a celui d’une émission en direct de l’époque, remasterisé bien entendu. Nous n’avons pas trouvé dans le coffret d’explication a ce sujet et ce rendu si il est certes moins plaisant à l’œil que celui des autres épisodes (notamment a cause d’un rendu de la photographie beaucoup moins performant) ne gêne jamais le plaisir du visionnement (une fois la premiere surprise passée).

Des transferts de toute beauté qui permettent de littéralement redécouvrir cette série remarquable et qui sont la preuve que si un éditeur s’en donne la peine il peut arriver à un résultat remaequable quel que soit l’age du matériau.



Son
La seule bande-son disponible pour chaque épisode est en Anglais (Dolby 1.0 mono).

La dynamique générale est meilleure que pour la première saison mais reste assez limitée du fait des techniques d’enregistrement de l’époque dont le meilleur semble avoir été tiré.
La musique est généralement bien rendue même si a quelques reprises on peut clairement entendre des limitations dans le haut du spectre sans qu’elles ne deviennent pour autants jamais vraiment génantes.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et si le souffle est moins présent que sur la saison 1, il reste audible a volume assez élevé mais reste totalement compréhensible au vu de l’age de la série.
Les basses fréquences sont logiquement absentes des bandes-son, ce qui semble totalement logique et jamais gênant si l’on prend en compte le format d’enregistrement.

Aucune option de sous-tires n’est malheureusement disponible, mais il s’agit d’une habitude de l’éditeur même si nous ne pouvons que le regretter.

La qualité du son reste moins impressionnante que celle de l’image mais montre une amélioration audible par rapport à la première saison et rend tout à fait honneur à la série.




Suppléments/menus
Un ensemble intéressant mais qui manque de recul critique sur la série pour intéresser un maximum de spectateurs.
Sont donc offerts 6 commentaires audio par divers intervenants (Donna Douglas, Don Rickles, Cliff Robertson, William Idelson et Bill Munny, Dennis Weaver, Shelley Berman), 11 interview de Marc Zicree (avec différents intervenants), 21 pistes musicales isolées (sur les 29 épisodes proposés dans ce coffret), ainsi que quelques versions radio des épisodes.

Les commentaires sont dans l’ensemble passionnants et bien documentés, le tout sur un ton généralement agréable et passionné. Par contre il faut reconnaître que si Marc Zicree est un interviewer performant et connaissant à la perfection son sujet mais qui par ses « mmhhh » quasi permanents qui viennent constamment souligner les réponses de ses interlocuteurs peuvent vraiment devenor totalement insupportables à certains moments.

Sont également proposés un ensemble de segments divers et variés la pupart étant centrés sur Rod Serling lui même (The Mike Wallace interview, Tell it to Groucho, The Jack Benny Show, ainsi que les publicités sponsorisant la série). Il s’y montre toujours passionné et très concerné par son métier et les effets néfastes qu’a pu avoir la censure sur sa carrière.

Enfin sont disponibles les bandes-dessinées tirées de la série au format PDF dans la partie DVDrom des suppléments.

Un documentaire retraçant l’histoire de la série et analysant son influence déterminante sur la culture populaire aurait été un plus vraiment appréciable et permettant de vraiment replacer la série a sa véritable valeur.
Mais en l’état les suppléments offerts sont tout de même valables mais comme nous le disions spécifiquement liés a chaque épisode et sa création plus qu’a la série de façon plus générale, ce qui les rend moins accessibles et a réserver aux passionnés de la série.








Conclusion
Un coffret aux qualités audio et vidéo de tout premier ordre qui rendent totalement justice a l’incroyable travail et talent de Rod Serling et de ses collaborateurs. Les suppléments sont de qualité même si très « spécifiques » et seul l’absence de sous-titres quels qu’ils soient pourraient être un frein a cet achat que nous vous recommandons chaudement et ce en dépit de son prix de vente qui n’est pas parmis les plus abordables qui soient.

La seconde saison de Twilight Zone réussit l’exploit de ne pas baisser en qualité par rapport à la première, ce qui est résolument exceptionnel. Rod Serling y démontre, s’il en etait encore besoin , l’étendue de son talent de scénariste et de concepteur de la série, étant constamment préoccupé de dilemmes moraux, de situations psychologiquement complexes et de personnages remarquablement développés.

Un coffret qui a valeur historique tant Twilight Zone représente ce que la télévision américaine a pu produire de meilleur et vaut largement l’investissement non négligeable qu’il représente.



Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,3/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-11-02

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Twilight Zone, The

Année de sortie:
1961

Pays:

Genre:

Durée:
750 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Image Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
5 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
-

Suppéments:
Commentaires audio, interviews, galerie de photos, scores isolés, extraits d'émissions tv avec Rod Serling, comics tiré de la série au format PDF

Date de parution:
2005-03-29

Si vous avez aimé...