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DVDEF

Boyhood

Critique
Synopsis/présentation
Projeté en première mondiale au Festival du Film de Sundance au printemps 2014, Boyhood a depuis connu une carrière exceptionnelle : accueil critique unanime et dithyrambique ainsi qu’un succès en salles considérable pour une distribution indépendante. Cet engouement est principalement lié au concept même du film. Le réalisateur Richard Linklater a choisi de filmer ses acteurs pendant quelques jours sur une période 12 ans. Si cet intérêt lui est familier (la trilogie composée de Before Sunrise (1995), Before Sunset (2004) et Before Midnight (2013)), son film propose ici une trame unique où l’on suit le jeune Mason (Ellar Coltrane) de sa tendre enfance jusqu’à son départ du nid familial où il quitte sa mère (Patricia Arquette).

Outre l’évidente réflexion que le long métrage propose sur le passage du temps – non seulement son jeune acteur grandit, mais ses acteurs plus chevronnés, Arquette et Ethan Hawke en tête, laissent paraitre les années qui passent sur leur corps – Boyhood est d’abord et avant tout un vibrant hommage à la vie. La caméra s’intéresse à ces moments banals qui composent une existence; un weekend avec un père (Hawke) plus absent ou encore un après-midi après la classe. Linklater filme aussi ces passages obligés : ce déménagement qui force à reconstruire un réseau social, cette nouvelle famille recomposée, la graduation et finalement l’indépendance acquise par un départ vers le lycée. Le réalisateur nous offre ici un véritable « coming-of age movie » revu et corrigé.

Le souci de réalisme de Boyhood est palpable jusque dans les subtiles touches de nuances des personnages. Par exemple, l’obstination de la mère à trouver une figure paternelle digne à ses deux enfants met aussi en lumière sa tendance à s’amouracher d’hommes violents ou encore la présence de Mason en jeune adulte critique sur sa génération et son utilisation des médias sociaux alors qu’il communique avec son père grâce à Facetime. Ces particularités rendent le long métrage tout aussi concret que les changements physiques des acteurs dont le spectateur est témoin.

Boyhood est bien évidemment une expérience cinématographique hors du commun. C’est sans doute pourquoi elle se décrit davantage qu’elle se commente. C’est un film qui se vit et qui bouleverse à chaque instant, du petit Mason qui est éclipsé par les réussites de sa sœur aînée (Lorelei Linklater) alors qu’il tente d’épater son paternel jusqu’au Mason adulte qui laisse sa mère impuissante devant son départ. Linklater n’a certainement pas négligé ce dur vide parental, celui, cruel mais nécessaire, de laisser aller son enfant au monde.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1:85:1 à une résolution de 1080p.

La définition générale de l’image est ici d'un très bon niveau. Même si Richard Linklater n’est pas un cinéaste qui offre un visuel léché, le transfert ici rend pleinement justice au travail du réalisateur grâce à une image nette, des détails précis et des textures reproduites avec finesse. Le même matériel (caméras Panavision) a été employé tout au long du tournage ce qui permet une fluidité parfaite au fil des différentes années. Seul un léger grain cinématographique est perceptible, principalement dans les plans plus sombres. Le rendu des couleurs demeure riche et précis alors que les tons de peaux sont naturels. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes parfaitement gérés. Quant aux parties sombres, elles font preuve de justesse grâce à des dégradés fluides et précis ainsi que des noirs purs et profonds.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Nous retrouvons deux bandes-son au format DTS-HD Master Audio 5.1 en versions originale anglaise et française.

Dès les premières secondes, nous entendons Yellow de Coldplay. Dès la nous savons que la trame sonore s’intègre parfaitement au mixage en plus de faire gronder les basses fréquences. Rapidement, les dialogues se font entendre et se présentent comme l’élément prédominant de ce mixage. Ils sont constamment intelligibles grâce à des ouvertures frontale et latérale nettes. Quant aux enceintes arrière, elles agissent pour mieux appuyer les ambiances. Les quelques subtils effets d’ambiophonie permettent néanmoins d’apporter une certaine profondeur à l’ensemble. La sollicitations du canal d’extrêmes graves est tout à fait négligeable pour cette bande-son évoluant plutôt en retrait.

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.


Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord le documentaire « The 12 Year Project – The Making of Boyhood (15:51) » qui offre quelques extraits du tournage au fil des années et des extraits d'entrevues. Les interventions comprennent celles du cinéaste et quatre principaux acteurs Patricia Arquette, Ellar Coltrane, Lorelei Linklater et Ethan Hawke. Ils discutent surtout de la vision du réalisateur et de l’impact de cette production sur leur vie.

Nous retrouvons également cinq entretiens avec Linklater (13:51), Hawke (7:29), Arquette (10:23), Coltrane (14:34) et Linklater, fille (7:22) présentés sous forme de question/réponse. Ils reprennent sensiblement les interventions du précédent documentaire et les approfondissent quelque peu.

Enfin, nous retrouvons « Ethan Hawke Discusses Boyhood (8:25) » une entrevue offerte comme exclusivement canadienne et réalisée par Mongrel Media le 10 septembre 2014 avec l’acteur. Il y relate notamment son approche au rôle et sa vision du travail de Linklater et du film.



Conclusion
Œuvre singulière, mais aussi expérience cinématographique hors de l’ordinaire, Boyhood propose un bouleversant passage de l’enfance vers la vie d’adulte à travers les yeux du jeune Mason qui grandit et se transforme sous nos yeux. Le long métrage de Richard Linklater est un vibrant hommage à la famille, au temps qui passe et à la vie.

Même si les rumeurs d’une édition Criterion se font entendre depuis plusieurs mois, cette édition de Mongrel Media est parfaitement recommandable. D’abord, pour son transfert fidèle et élégant et ensuite pour son mixage DTS-HD qui répond adéquatement à l’univers sonore subtil du film. Puis, pour les suppléments intéressants, même si quelque peu répétitifs. On saluera évidemment l’apparition exclusive d’une entrevue avec l’acteur Ethan Hawke.


Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2015-01-07

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Boyhood

Année de sortie:
2014

Pays:

Genre:

Durée:
165 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Mongrel Media

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Documentaire ''making-of'', entrevues

Date de parution:
2015-01-06

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