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DVDEF

Giver, The

Critique
Synopsis/présentation
Adaptation du roman de Lois Lowry, The Giver est arrivé en salles à la fin de la saison estivale et a reçu un accueil relativement tiède de la part du public et de la critique. Alors que l’engouement pour les adaptations de romans de science-fiction pour adolescents est à son comble (Hunger Games, Divergent, The Host), le film a, sans doute afin de rejoindre cedit public, épuré son récit de plusieurs éléments afin de proposer un traitement plus accessible et plus juvénile. Malheureusement The Giver se retrouve dilué dans cette mer de productions pour adolescents.

Pourtant, tous les ingrédients y sont : un héros, Jonas (Brenton Twaites, à la plastique parfaite, mais charismatique et nuancé) et un univers futuriste, un monde où la différence n’existe pas, où la douleur et l’amour sont des émotions inconnues, et où chaque jeune adulte se voit attribuer un rôle au bon fonctionnement de cette microsociété. La cérémonie pour cette attribution voit Jonas se faire donner le rôle de receveur. Il succédera au passeur (Jeff Bridges) qui est le seul de cette communauté à connaître le passé des humains (lire : ce sentiment de douleur et cette fameuse sensation qu’est l’amour). Ajoutons à tout cela une pseudo-romance et vous avez la prémisse idéale pour attirer le jeune public.

Or, The Giver n’a pas répondu à l’appel pour plusieurs raisons. D’abord, son intrigue simple, mais très prometteuse manque cruellement d’envergure. Les enjeux demeurent relativement superficiels et les questionnements plutôt primaires. Le cinéaste Phillip Noyce, qui n’en est pas à ses premières armes tout de même, esquisse quelques pistes intrigantes (l’être humain est-il plus heureux en étant incapable de ressentir?) sans jamais véritablement les approfondir.

En revanche, le film est visuellement impeccable. Pour illustrer son univers droit et sans faille (ainsi que son parti-pris), Noyce propose des images en noir et blanc qui se colorent au fur et à mesure que Jonas découvre la palette de sensations et d’émotions humaines. Certains choix cinématographiques qui diffèrent du roman intriguent, notamment la présence d’une société matriarcale qui est curieusement très critiquée ici. La grande sage (Meryl Streep), la mère de Jonas (Katie Holmes) et Fiona (Odeya Rush) sont toutes des figures de pouvoir ou encore maternelles puissantes qui représentent ce monde mécanique de manière plutôt appuyée. On va même jusqu’à suggérer que la révolution ne peut passer par le sexe féminin lorsque l’on nous révèle que la fille du receveur (Taylor Swift) a échoué à sa tâche d’apprentie receveuse. Maladresse ou choix délibéré ? Si le film proposait une certaine ambiguïté par rapport à l’idée d’humanité, comme c’était le cas dans le roman, si seulement il remettait en question cette nécessité de se remémorer et de connaître l’éventail des émotions humaines, il ferait preuve de nuance. Ici, le problème vient du fait que jamais le choix de Jonas n’est jamais remis en perspective. Et c’est bien dommage.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2:40:1 à une résolution de 1080p.

Voilà un magnifique transfert. Alors que le film passe de noir et blanc, du noir et blanc teinté de couleurs, puis à la couleur, l’étalonnement est ici irréprochable. L’échelle de gris est nuancée lors des parties en noir et blanc et les couleurs sont d’une richesse et d’une précision exemplaires lors des parties en couleurs. Les détails et les textures sont aussi reproduits avec finesse. Les dégradés sont fluides et précis tandis que les noirs sont purs et profonds. Ils contribuent à offrir de superbes parties sombres. Quant aux effets de surbrillance, ils sont généralement évités grâce à des contrastes bien gérés.

Il n’y a aucun défaut majeur à signaler pour la partie numérique.


Son
Deux bandes sons au format DTS-HD Master Audio 5.1 sont disponibles en version originale anglaise ainsi qu’en version française.

Le mixage anglais est efficace. Dynamique sans prêcher par excès, la bande son est immersive. Les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la majorité des éléments sonores tandis que les enceintes arrière appuient subtilement les ambiances en plus de permettre, lors de séquences plus mouvementées, des effets d’ambiophonie très réussis. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles tandis que la trame sonore s’intègre superbement au mixage. Les basses fréquences grondent avec profondeur lors des séquences d’action. Il en va de même pour les extrêmes graves qui se manifestent à quelques occasions, mais avec efficacité.

Il y a option de sous-titrage en anglais et en espagnol.


Suppléments/menus
Nous retrouvons une série de segments dont « Highlights from the Original Script Reading Featuring Lloyd Bridges (39:47) » qui comprend quelques extraits d’une lecture du roman The Giver par les membres de la famille Bridges il y a de cela vingt ans.

« Making The Giver : From Page to Screen (21:39)» est le typique documentaire sur les coulisses du tournage. Les interventions comprennent celles du cinéaste, des producteurs et des acteurs. Ils y discutent des enjeux de l’adaptation principalement, des défis cinématographiques et des personnages.

« Press Conference wih Filmakers & Cast (35:31) » a été filmé à New York le 12 août 2014. La conférence réunit l’auteure Lois Lowry, les acteurs Jeff Bridges, Taylor Swift, Meryl Streep, Katie Holmes, Brenton Twaites et Odeya Rush, la productrice Nikki Silver, le co-scénariste Michael Mitnick et le réalisateur Phillip Noyce. Ils répondent avec beaucoup de conviction à plusieurs questions assez intéressantes, notamment sur la question de l’adaptation.

Le membre du groupe OneRepublic précise sa contribution à la trame sonore dans le segment « Ordinary Human Feature with OneRepublic’s Ryan Tedder (2:43) ».

« Author Lois Lowry on The Giver (3:35) » offre les interventions de l’auteure sur son appréciation du film. Beaucoup trop auto congratulatoire et sans véritable nuance, on se demande si l’écrivaine a vu le même film que nous !

Une scène allongée est aussi offerte en plus d’un guide interactif qui compare les moments du film avec ceux du livre et qui devrait intéresser ceux qui s’intéressent aux enjeux de l’adaptation.



Conclusion
Malgré une prémisse prometteuse et une caméra visuellement épatante, The Giver n’arrive pas à transcender. Son traitement adolescent aseptise les réflexions et les nuances ironiquement au même titre que l’univers dans lequel les personnages évoluent.

Par contre, l’édition est techniquement splendide. Le transfert vidéo reproduit avec élégance et fidélité l’univers visuel du film. Le mixage DTS-HD est dynamique sans trop en faire alors que les suppléments, bien que de facture ultra promotionnelle, se laissent regarder, particulièrement la conférence animée par les acteurs, les producteurs et le réalisateur.


Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2014-12-11

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Giver, The

Année de sortie:
2014

Pays:

Genre:

Durée:
97 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Séquence allongée (Jonas Harrowing Journey - Extended Scene), segments (Highlights from the Original Script Reading Featuring Lloyd Bridges / Making The Giver: From Page to Screen / Press Conference with Filmmakers & Cast / "Ordinary Human" Featurette with OneRepublic's Ryan Tedder / Author Lois Lowry on The Giver / Bonus Study Guide)

Date de parution:
2014-11-25

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