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DVDEF

Ocean's Twelve (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Lorsque le Ocean’s Eleven de Steven Soderbergh est apparu sur les écrans nord-américains en décembre 2004, il prit beaucoup de monde par surprise. Non seulement ce remake d’un pseudo-classique des années ‘60 s’avérait bien supérieur à son modèle, mais le succès commercial du film fut retentissant. Évidemment, il n’en fallait pas plus pour que la Warner propose au cinéaste de tourner une suite aussi inattendue qu’indésirée. Au plus grand étonnement des cinéphiles, Soderbergh accepta… Ce dernier aurait semble-t-il tellement apprécier l’ambiance du plateau de Ocean’s Eleven (une ambiance qui transparaît dans le film) qu’il souhaitait récidiver ne serait-ce que pour renouer avec l’esprit de camaraderie qui animait ce tournage. Que voilà un bien mince prétexte pour tourner un film, prétexte insuffisant pour créer une œuvre digne d’intérêt. Aussi ne faut-il pas se surprendre que Ocean’s Twelve, sans être un ratage complet, n’est pas du tout à la hauteur de son prédécesseur.

Question de se payer du bon temps avec ses amis comédiens et par le fait même de situer ses personnages dans un climat un peu plus « vacancier », Soderbergh souhaitait tourner cette suite en Europe. Pour satisfaire à cette demande, les dirigeants de la Warner ont récupéré un scénario (écrit par George Nolfi, à qui l’on doit l’infâme Timeline) qui traînait sur leurs tablettes depuis un certain temps et qui n’avaient strictement rien à voir avec les personnages de Ocean’s Eleven pour l’adapter aux personnages du film de Soderbergh. À l’origine, ce scénario racontait une compétition entre un voleur français et un rival américain. Pour les besoins de la chose, le scénariste a été mandaté pour y greffer les personnages du premier film. Il en résulte, et c’est bien malheureux, un fouilli confus et improbable.

Dans Ocean’s Eleven, chacun des personnage avait sa raison d’être. Ils étaient tous assez bien approfondis et chacun avait son rôle à jouer dans le vol du casino. Dans Ocean’s Twelve, c’est tout le contraire. Exception faites des personnages de George Clooney, Brad Pitt et Matt Damon, tout le reste de la bande est relégué au second plan et fait presque office de figurant. Leur présence dans le film est à peine justifiée. Prenez par exemple le personnage de Bernie Mac qui se retrouve en prison après le premier tiers du film et qui ne fait que deux ou trois apparitions de quelques secondes par la suite… En fait, son sort est peut-être meilleur que celui des autres membres de l’équipe puisque la plupart d’entre eux ne font qu’errer de scène en scène sans rien à dire ou à faire, l’air confus. Il apparaît évident que le scénario n’ait pas été conçu en fonction de ces personnages. En fait, considérant que la trame principale du récit (celle de la compétition entre le voleur français et Danny Ocean) est elle-même confuse, particulièrement en ce qui concerne l’élaboration du vol final, on se demande ce qui a attiré les producteurs du film vers cette histoire. Franchement, on s’ennuit du scénariste du premier opus, Ted Griffin, qui avait signé une histoire rythmée et cohérente, ponctuée de dialogues mordants. Toutes des qualités qui font défaut à cette suite…

Heureusement, grâce au savoir faire de Steven Soderbergh à la réalisation (et la direction photo par ailleurs), Ocean’s Twelve se veut un film fort agréable à regarder. Raconteur de talent et réalisateur inventif, Soderbergh parvient à faire de ce scénario sans queue ni tête un film divertissant. Très léchée et ponctuée de très bonnes idées, la mise en scène réussit presque l’exploit de nous faire oublier que l’histoire ne mène nulle part. Mais si le film se veut aussi divertissant malgré ses défauts, c’est aussi beaucoup grâce à la présence des acteurs. Etonnamment, malgré le fait que l’histoire les fassent faire n’importe quoi, les acteurs semblent prendre un malin plaisir à se retrouver tous ensemble sur le même plateau. Force est d’admettre que la camaraderie qui les unis est contagieuse pour le spectateur.


Image
Ocean’s Twelve est présenté au format respecté de 2.35:1 et d’après un transfert 16:9. Dans l’ensemble, il s’agit d’un transfert d'un très bon niveau.

La définition générale est excellente. L’image est toujours nette et précise, ce qui laisse entrevoir les détails et textures dans leurs moindres subtilités. Aucun manque de piqué n’est à déplorer. Les couleurs, souvent stylisées de par l’utilisation évidente de filtres, sont fort bien restituées. L’étalonnage, qui aurait pu s’avérer problématique dans les circonstances, est constant et conforme d’un plan à l’autre. Les couleurs sont vives et parfaitement saturées. Les teintes de peau ont une apparence naturelle en tout temps. Il n’y a aucun débordement à déplorer. L’image est bien contrastée. Les degrés de luminosité entre les diverses plages sont parfaitement bien gérées. Le niveau des noirs est ajusté avec constance aux alentours des 7.5 IRE, comme il se doit. On n’y remarque aucune fluctuation involontaire. Il en résulte des noirs profonds et très denses, ce qui confère une belle profondeur à l’image. Les noirs sont également purs et nets, c’est à dire exempts de fourmillement ou de toute dominante chromatique. Les parties sombres présentent des dégradés précis et bien nuancées qui bloquent très, très rarement.

L’interpositif employé pour le transfert était dans un état honorable, mais imparfait. Vous remarquerez sans aucun doute la présence de grain dans certaines scènes. Il s’agit à l’occasion d’un effet stylistique intentionnel, mais à d’autres moments il s’agit bel et bien d’un défaut involontaire (la différence entre les deux est évident lorsque comparée). La partie numérique du transfert est impeccable et ne trahi aucune anomalie.


Son
Cette édition offre un choix de trois bandes-son : deux anglaises (Dolby Digital 5.1 / 2.0 Surround) et une française (Dolby Digital 5.1). Des sous-titres anglais, français et espagnols sont également disponibles. Pour les besoins de cette critique, nous avons choisi d’analyser le mixage anglais Dolby Digital 5.1.

Ce mixage multi-canal présente une dynamique tout à fait honnête à défaut d’être à couper le souffle. Les niveaux sonores dans le spectre son bien gérés et cette bande-son passe de la subtilité à la tonitruance de façon très fluide. On regrette quelque peu le manque de présence du mixage, mais la profondeur est certainement au rendez-vous. Le déploiement du champ-sonore profite de tous les canaux disponibles pour créer un environnement vaste et immersif. Comme le film repose d’abord et avant tout sur les relations entre les personnages, il va sans dire que les enceintes avants ont prépondérance. La stéréophonie y est d’ailleurs bien exploitées. Le positionnement des éléments sonores précis et sans bavure, et les transitions sonores sont fluides. Les canaux arrières sont sollicités judicieusement, sans excès, principalement pour créer l’ambiance et pour intégrer la trame-sonore. Cette dernière, particulièrement entraînante, profite de tous les canaux pour se déployer avec profondeur et agressivité. En fait, il s’agit de l’élément le plus agressif de ce mixage. Les dialogues sont toujours naturels et intelligibles. Les basses sont rondes et ponctuent les effets sonores aux moments opportuns. Le canal .1 (LFE) est employé parcimonieusement mais suffisamment pour insuffler un peu de mordant à l’ensemble.


Suppléments/menus
Seule une bande-annonce est incluse. Rien d’autre… Étrange, considérant qu’il s’agit d’un blockbuster qui engendré plus de 100 Millions de dollars US de recettes au box-office nord-américain. Étrange aussi lorsqu’on pense que Steven Soderbergh a enregistré une piste de commentaires audio pour pratiquement tous ses films, en plus d’avoir participé à des pistes pour des long-métrages sur lesquels il n’avait même pas travaillé (voir Catch-22). Serait-ce que Soderbergh, qui n’a pourtant pas à avoir honte de la réalisation de Ocean’s Twelve, éprouve des réserves envers ce film ?



Conclusion
Ocean’s Twelve est une de ces suite dont on saurait se passer. Le film n’est pas nécessairement ennuyant, au contraire, mais il n’est certainement pas à la hauteur de son prédécesseur. La qualité d’image et du son font de cette édition une réussite sur le plan technique, mais l’absence de suppléments va à l’encontre des exigences du marché actuel. À louer d’abord et avant tout.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,1/5

Note finale:
2,9/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2005-04-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Ocean's Twelve

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
125 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2005-04-12

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