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DVDEF

Philadelphia Story (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
The Philadelphia Story est une comédie romantique qui nous semble "idéale", même si nous avons bien conscience du fait de la totale subjectivité de cette déclaration. Idéale au sens où aucun des éléments de l'oeuvre n'est plus faible que les autres et que Cukor a su adapter très brillamment, en véritable maître du tempo et de la direction d'acteur, une pièce à succès de Broadway. On y suit l'histoire très simple de Tracy Lord (Katharine Hepburn), fille d'une des riches familles les plus influentes de Philadelphie, qui se sépare de son playboy de mari, C.K. Dexter Haven (Cary Grant), peu de temps après leur mariage. Deux ans plus tard alors qu'elle doit se remarier, CK Dexter qui travaille en dilettante pour un magazine à potins refait son apparition chez les Lord accompagné de Mike Connor (James Stewart) et Liz Imbrie (Ruth Hussey), sa petite amie. Le patron du journal a chargé CK Dexter "d'incruster" ce journaliste et cette photographe au mariage afin d'en ramener les meilleurs ragots possibles. CK Dexter va imposer la présence de ces journalistes à Tracy sous peine d'un chantage apparaissant vraiment odieux mais qui ne s'avère finalement qu'un stratagème d'amoureux éconduit. Et bien évidemment la plus folle des préparations de mariage va s'ensuivre jusqu'à un final attendrissant et surprenant.

Cukor a réussi à transformer cette pièce à succès en un vrai film de cinéma avec tout ce que cela comprend de gestion de l'espace et du rythme par rapport à une pièce théâtre. Il a su se détacher de trop d'influence théâtrale donc, même si bien évidemment ce sont les dialogues et les acteurs qui portent le film sur leurs épaules. Tout le talent du cinéaste est à notre avis d'avoir fait confiance à son formidable trio d'acteurs et à son scénariste, qui a brillament adapté la pièce en un scénario parfait pour une exploitation cinématographique de l'histoire.

Katharine Hepburn souhaitait, en tant que coproductrice du film, la présence de Spencer Tracy et Clark Gable pour jouer à ses côtés mais ceux-ci étant déja pris par leurs engagements respectifs, la production a du se rabattre sur Cary Grant et James Stewart et force est d'avouer que des producteurs ont du connaître des décisions plus difficiles à prendre. Leur trio est absolument formidable et l'alchimie incroyable entre Hepburn et Grant, que nous avions longuement évoquée lors de notre critique de Bringin up Baby, est toujours aussi effective même si sur un registre assez différent de celui proposé dans le film de Hawks. James Stewart nous offre une prestation réellement surprenante où il montre toute l'étendue de son talent, passant avec une aisance confondante de son personnage de journaliste blasé et "vulgaire" à celui d'amoureux transi. La scène où il joue le héros ivre est un immense moment de comédie où il est totalement crédible, ne sachant jamais caricaturer l'ébriété mais au contraire la rendre totalement convaincante. Grant a, quant à lui, un rôle assez ambigu au début du film où son port de roi et son incroyable aisance naturelle font de lui une sorte de "parasite" non désiré absolument parfait au mariage de Tracy. Puis sa sensibilité finit par ressortir jusqu'à un final émouvant et très juste même si il nous a paru assez abrupt et rapidement expédié. Hepbrun est à nouveau radieuse, à la fois espiègle fofolle et femme qui grandit et évolue pour ce rôle qui lui permettra fort heureusement de relancer sa carrière de la meilleure façon qui soit. Les autres personnages ont des rôles assez limités qui peuvent à première vue passer pour des faire valoir, tel le futur mari de Tracy, George Kittredge (John Howard) qui se sort impeccablement d'un rôle assez ingrat mais finalement primordial pour le déroulement de l'intrigue et qui montre un personnage beaucoup plus écrit et fin qu'il n'y paraît au premier abord. Il en est de même pour Liz Imbrie, un personnage qui peut paraître le souffre douleur du film et qui pourtant se montre réellement adulte et consciente de sa propre place en contrepoint à celui de Tracy.

La mise en scène de Cukor est donc entièrement au service des personnages mais ne se cantonne jamais à un placement "à plat" de ceux-ci. Il joue habilement de la profondeur de champ et du hors champ sans pour autant en abuser. La longueur des scènes est réglée au couteau, ce qui fait que jamais un moment d'ennui ne vient distraire le spectateur et le tout sur un rythme assuré et maîtrisé. Un réalisateur qui sait s'effacer derrière ses personnages sans pour autant oublier son travail de metteur en scène a tout notre respect et Cukor avec ce film nous en montre un magnifique exemple.

Voici donc une comédie dont beaucoup de scénaristes et réalisteurs actuels du genre feraient bien de s'inspirer tant la recette en semble perdue depuis bien longtemps. Bien sur le contenu, le style et le rythme des comédies sentiementales évoluent constamment au fil des années mais il suffit de voir ce Philadelphia Story pour se rendre compte que, malgré ces changements culturels et sociaux, il est tout à fait possible de réaliser une comédie intemporelle. L'impression de légèreté, de justesse et la jubilation qui se dégagent du film sans que jamais le réalisateur ou son scénariste n'aient eu à tirer sur de grosses ficelles est l'une des nombreuses qualités de cette oeuvre décidément indispensable à tous les amateurs de comédies américaines classiques et à tous les cinéphiles par extension.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.33:1 d'après un transfert 4:3.

La définition générale est d'une qualité tout à fait acceptable pour un film de 1940, même si il ne s'agit d'un des bons transferts que nous ayons pu voir pour un film de cette époque. L'interpositif montre bien logiquement des signes d'âge (points, traits, rayures) mais ces défauts ne gênent jamais le plaisir du visionnage. Le grain est assez présent sans être distrayant et seul un ou deux traits persistants peuvent éventuellement distraire le spectateur pointilleux. Le contraste est bien géré et évite les brillances. Les scènes sombres sont bien rendues grâce à des noirs suffisamment purs et profonds. Le rendu de l'échelle des gris est tout à fait correct sans toutefois atteindre celui des plus beaux transferts en noir et blanc. Les défauts numériques sont limités au maximum mais quelques traces discrètes de surdéfinition, ainsi que quelques parasites sans grande conséquence, sont visibles pour un oeil entraîné.

Voici donc comme pour l'édition de Bringing up Baby un transfert qualitativement satisfaisant compte tenu de l'âge du film, même si il nous paraît assez évident qu'avec une restauration encore plus poussée les quelques défauts présents auraient pu être encore atténués.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby 1.0 mono).

Sa dynamique est bien évidemment très réduite mais dans des proportions tout à fait acceptables pour un film de cette époque. Il en va de même pour sa présence et sa spatialité. La musique est tout à fait correctement rendue malgré des limitations importantes dans le bas et le haut du spectre, inhérantes au format et à l'âge du film. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et des traces de distortion sont audibles lorsque l'on pousse le volume, mais cela est bien entendu déconseillé car inutile sur une telle oeuvre. Logiquement les basses fréquences sont inexistantes mais cela est aussi logique que les limitations précitées. Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Comme dans le cas de Bringing up Baby, la bande-son de The Philadelphia Story n'est pas la meilleure que nous ayons pu entendre pour un film de cette période mais s'avère tout à fait satisfaisante compte tenu des limitations inhérentes à l'époque de son tournage.


Suppléments/menus
Une section de qualité et qui plus est bien fournie même si certains segments ne semblent là que pour du "remplissage".

Sur le premier disque sont disponibles un commentaire audio et une galerie de bandes-annonces. Le commentaire de Jeannine Basinger est passionnant et rempli d'anecdotes et d'observations bien senties, malgré un ton parfois un peu trop académique et scolaire qui ne plombe pas pour autant l'écoute. La galerie de bandes-annonces de 10 films de George Cukor comprend : "Dinner at Eight," "Little Women," "Gaslight," "Adam's Rib," "The Women," "Pat and Mike," "A Star Is Born," "Les Girls," "My Fair Lady," et "The Philadelphia Story". Cette galerie permet à ceux qui découvriraient l'oeuvre du réalisateur à travers ce film d'avoir une idée d'ensemble sur la carrière de Cukor.

Sur le second disque sont disponibles deux documentaires, deux enregistrements audio de la piéce ainsi qu'un court métrage et un cartoon. Le premier documentaire "Katharine Hepburn : All About Me, A Self-Portrait" de 70 minutes où l'actrice nous conte elle même toutes les aventures qu'elle a connues lors de sa longue et prolifique carrière, le tout avec une honnêteté et un franc parler fort agréables et malheureusement trop rares dans ce genre d'exercice. Le second, "The Men Who Made the Movies : George Cukor" de 55 minutes nous est présenté par Sydney Pollack et sa voix très agréable. L'ensemble est moins réussi que l'autre documentaire sur Hawks de la même série (présent sur le DVD de Bringinig up Baby testé récemment), mais reste tout de même intéressant. Son principal défaut est d'être une compilation de divers documents (dont de trop rares interviews de Cukor lui-même) reliés entre eux par les interventions de Pollack. L'ensemble est moins analytique que prévu mais permet de se faire une bonne idée d'ensemble de la carrière de Cukor une fois combiné avec la galerie de bandes-annonces du premier disque. Sont aussi offerts deux segments audio proposant deux versions différentes de la pièce de théâtre enregsitrés pour la radio. Les trois stars rejouent donc la pièce avec le même entrain mais si la qualité audio est acceptable, voici clairement un segment réservé aux acharnés de cette même pièce. Enfin sont présents un court métrage "That Inferior Feeling" (9 mins) et un dessin animé "The Homeless Flea" (7 mins) de qualité très moyenne et qui n'ont surtout aucun rapport direct avec le film.

Voici donc à nouveau un ensemble excellent qui à la fois nous permet d'en savoir plus sur l'oeuvre elle-même mais aussi sur ses créateurs, et c'est bien là tout ce que le cinéphile recherche. Nous espérons que la Warner va appliquer la même politique sur ses autres titres de la collection.



Conclusion
Une édition à la hauteur de la qualité du film et ce aussi bien techniquement qu'au niveau des suppléments. Nous recommandons donc vivement l'achat de cette édition à tous les cinéphiles, d'autant plus que son prix vente est tout à fait raisonnable au vu des prestations offertes. The Philadelphia Story est un modèle de comédie romantique grâce à un scénario solide et intelligent tiré d'une pièce de théatre à succès. George Cukor a su adapter toutes les qualités d'écriture (scénario, dialogues) de cette pièce de théâtre pour en faire un film de cinéma à part entière et non du "théâtre filmé", comme c'est trop souvent le cas lors d'adaptions cinématographiques d'une oeuvre théâtrale. De plus, il a su diriger à merveille les acteurs exceptionnels qu'il a eus à sa disposition et nous offrir cette merveilleuse comédie, fraîche comme la rosée et revigorante pour le moral, sans se noyer dans des sentiments et thèmes convenus.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
4,1/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-05-02

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Philadelphia Story

Année de sortie:
1940

Pays:

Genre:

Durée:
112 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires; galerie de bandes-annonces, court métrage et dessin animé, 2 adaptations radio de la pièce

Date de parution:
2005-03-01

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