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DVDEF

Cheap Thrills

Critique
Synopsis/présentation
Présenté en première mondiale au Festival South by Southwest en mars 2013 et reparti avec le prix du meilleur premier film au Festival Fantasia la même année, Cheap Thrills de E.L. Katz est une première œuvre culotée, sombre et à l’humour très noir. Le film s’intéresse à Craig (Pat Healy) mari et père qui vient tout juste de perdre son emploi de garagiste. Il rencontre le soir même un vieil ami, Vince (Ethan Embry), dans un bar. Ils y font la connaissance d’un étranger (David Koeschner) et de sa mystérieuse copine (Sara Paxton). Le couple leur propose une soirée où les deux hommes devront accomplir différentes épreuves en échange de montants d’argent. Évidemment, ce qui s’annonçait comme une soirée amusante devient vite une nuit où les paris deviennent de plus en plus pervers.

Le concept du film est d’une simplicité déconcertante et d’une efficacité diaboliquement redoutable. Les paris plus innocents des premières minutes laissent lentement place à aux jeux beaucoup plus dangereux de la dernière partie et pour ce faire, le cinéaste réussit à installer une tension constamment soutenue alors que le film flirte tantôt avec la comédie noire, tantôt avec le suspence sans jamais que les changements de ton ne viennent briser le rythme du récit. Il va sans dire que la relation entre les deux amis, adversaires lors de ces affrontements, est rapidement mise en place et exploitée comme puissant filon dramatique au fil des évènements.

Évidemment, le commentaire socio-économique percutant à défaut d’être fin ajoute aussi un niveau de lecture plutôt intéressant à l’œuvre. Katz, captant l’ironie profonde du titre grâce à un brillant dernier plan, effectue un pied de nez à une société hantée par le capitalisme, mais renvoie surtout à notre propre hypocrisie en choisissant de faire triompher la trahison au profit de l’amitié sincère. Le couple d’étrangers bourré de fric dont la profonde motivation n’est jamais explicitée contribue non seulement à caractériser le pouvoir aveuglant et infini que permet le capital, mais concrétise la fascination dérangeante d’une société avide du spectacle, qui se nourrit aux sensations fortes et aux limites toujours possibles à repousser.

E.L.Katz fait ainsi son entrée avec une première œuvre divertissante, forte et sans prétention. Sa caméra nerveuse et son style sombre annoncent une signature certainement à surveiller. Il réussit ici, avec les moyens et l’étiquette du film indépendant, à offrir une œuvre drôle, dérangeante et franchement pertinente.


Image
Le film est offert à un format d’image respectée de 2:35:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est excellente. Avec un film tourné en numérique qui se déroule presque exclusivement durant la nuit, les détails et les textures sont reproduits avec une grande fidélité et une belle précision. Le rendu des couleurs est tout aussi excellent reproduisant parfaitement le travail évident sur la photographie. Ces dernières demeurent riches et précises alors que les tons de peaux demeurent naturels. Quant aux effets de surbrillance, ils sont évités grâce à des contrastes généralement bien gérés. Comme mentionné, les nombreuses parties sombres sont impeccablement reproduites grâce à des noirs purs et profonds et à des dégradés fluides et précis.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Deux bandes sons au format Dolby Digital 5.1 sont offertes sur édition, l’une en version originale anglaise et l’autre en version française doublée au Québec.

Le mixage 5.1 ne laisse jamais transparaître le budget limité du film. Bien au contraire, c’est par son dynamisme qu’elle se distingue. Naturellement, les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la majorité des éléments sonores alors les enceintes arrière appuient subtilement les ambiances. Ce sont surtout les effets d’ambiophonie très réussis et plutôt saisissants (dépendant de l’épreuve à subir pour les deux participants) qui apportent profondeur au mixage et un plus grand plaisir lors du visionnement. Sans surprise, les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles tandis que la trame sonore signée par Mads Heldtberg s’intègre parfaitement au mixage. Les morceaux de musique plus populaires intégrés profitent même d’un solide et intense support des basses fréquences et des extrêmes graves à plusieurs occasions.

Il n’y a aucune option de sous-titrage disponible.


Suppléments/menus
Malheureusement, aucun supplément n’est offert sur cette édition.



Conclusion
Cheap Thrills est un petit film fort distrayant et particulièrement dérangeant. Avec un budget modeste, le cinéaste E.L. Katz arrive à créer une œuvre à l’ambiance très malsaine et à insuffler son récit d’un humour noir qui fait mouche et d’un commentaire social percutant à défaut d’être subtil. Il est décidément une voix à surveiller dans le monde du cinéma de genre.

L’édition est techniquement très satisfaisante. Le transfert vidéo reproduit avec fidélité et une étonnante précision l’univers visuel du film (le film se déroule presque toujours durant la nuit). Le mixage 5.1 est aussi excitant et sert au plaisir du visionnement. Une mention spéciale à la présence d’une piste sonore francophone à défaut d’offrir quelques suppléments à se mettre sous la dent.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2014-07-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Cheap Thrills

Année de sortie:
2013

Pays:

Genre:

Durée:
85 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Distribution Sélect

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
-

Suppéments:
-

Date de parution:
2014-05-27

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