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DVDEF

All the Boys Love Mandy Lane

Critique
Synopsis/présentation
Réalisé en 2006, All the Boys Love Mandy Lane a connu un parcours rocambolesque avant de parvenir à nous en format DVD. Après quelques projections notamment au Festival de Film de Toronto et au Festival Fantasia, le premier film de Jonathan Levine a connu un triste destin se voyant conférer à un inexplicable oubli. Les fanatiques du cinéma de genre devaient, s’ils voulaient (re) voir l’œuvre, se référer à des éditions mexicaines ou européennes.

Suite à la reconnaissance de Levine par ses pairs et par l’industrie (grâce aux rayonnements et aux succès de 50/50 (2011) et Warm Bodies (2013), ce sont les frères Weinstein qui ont acheté les droits et en quelque sorte sauvé le film du gouffre en le distribuant dans les salles en octobre 2013. C’est sept ans après sa production qu’All the Boys Love Mandy Lane nous parvient en sol québécois.

La période sombre du film de Levine demeure plutôt étrange. En effet, la prémisse du long-métrage reprend une recette éculée, celle du "slasher", avec ses ingrédients habituels: sexe, alcool, chalet reculé. Peut-être est-ce d’ailleurs ce qui explique l’indifférence passée pour le projet. Ce serait cependant sous-estimer toute la richesse et le pouvoir de l’œuvre du cinéaste américain.

Mandy c’est la fille dont tout le monde rêve. Elle est jeune, belle, désirable. Tous les garçons du lycée veulent la posséder et toutes les filles veulent lui ressembler. Lors d’une soirée qui tourne mal, Mandy et son meilleur ami Emmett cessent de traîner ensemble. Un an plus tard, la jeune pucelle a joint les rangs de la clique la plus populaire de l’école. Pour une fin de semaine, les adolescents se rendent dans un chalet reculé à la campagne. Mais un mystérieux assassin se chargera de punir chacun d’entre eux pour avoir voulu réchauffer les ardeurs de l’innocente Mandy.

Derrière le réchauffé que sent ce scénario, se dessine bel et bien un film qui tente de déjouer quelques règles bien ancrées du cinéma d’épouvante. Sans rien révéler de l’intrigue et de ses ressorts, disons simplement que le coup de théâtre final, bien qu’il ne soit pas très subtil, renverse complètement la tradition établie par les Laurie Strode et Sidney Prescott de ce monde. Jouée par Amber Heard, qui était jadis à l’aube de sa carrière, l’héroïne incarne un mélange savoureux et plutôt subversif de sensualité érotique et de rage sournoisement enfouie. La caméra de Levine épouse d’ailleurs le corps de son actrice en le magnifiant par des ralentis ou encore en exagérant les reflets de lumière aveuglant les personnages et le spectateur par la beauté quasi-mythique du personnage.

Le style de Levine pourrait aussi en rebuter certains. Plutôt que d’opter pour une réalisation plus classique, le cinéaste instaure, par une lenteur et des plans assez contemplatifs, une tension plus subtile moins racoleuse que la plupart des films d’horreur contemporains. Malgré une prémisse familière, il en résulte une œuvre bien à part dégageant une étrange mélancolie. Il serait même possible de lire à travers cette boucherie une métaphore sur la fin de l’adolescence. La vie adulte qui attend ces jeunes, dont Mandy, est évidemment cruelle, douloureuse, mais aussi complexe et définie par le regard des autres.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est excellente. Le matériel source a été conservé dans un état impeccable puisqu’aucune anomalie n’est perceptible. Un grain cinématographique plutôt prononcé ainsi qu’un rendu « oldie » rappelant les films d’horreur des années 70 et 80 sont ainsi des choix stylistiques admirablement reproduits ici. Les couleurs sont riches et précises alors que les tons de peaux demeurent naturels. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes correctement bien géré. Des noirs purs et intenses ainsi que des dégradés d’un fluidité exemplaire génèrent des parties sombres en tout point superbes.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent


Son
Deux bandes son au format Dolby Digital 5.1 sont offertes en version originale anglaise et en version française.

Malgré un environnement sonore qui se déploie plus subtilement que le traitement classique du genre, le mixage anglais procure une expérience immersive. Le déploiement du champ sonore s’effectue d’élégante façon en laissant entendre la majorité des éléments sonores par les ouvertures frontale et latérale tandis que les enceintes arrière appuient convenablement les ambiances (particulièrement dans les séquences d’extérieur à la campagne). Les effets d’ambiophonie très réussis procurent une belle profondeur au mixage. La trame sonore profite de l’intensité des basses fréquences qui se manifeste à plusieurs occasions, notamment lors des séquences d’action (surtout lors du dénouement). Le canal d’extrêmes graves est aussi plus discrètement sollicité lors de ce mêmes moments.

Il y a option de sous-titrage en anglais et en espagnol.


Suppléments/menus
Nous retrouvons une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Jonathan Levine. Fait amusant : les interventions ont été enregistrées sept ans après les premières projections du long-métrage. Outre la présence exceptionnelle de cette piste de commentaires, Levine demeure pertinent, divertissant et intéressant. Le recul que lui procure le tournage passé du film lui permet de critiquer son travail avec un œil honnête. Ses observations précisent notamment des anecdotiques de tournage, les choix musicaux pour la trame sonore et le choix des caractères pour le générique d’ouverture.



Conclusion
''Slasher'' à la fois consensuel et subversif, All the Boys Love Mandy Lane est le premier film mal-aimé du cinéaste Jonathan Levine qui fera son entrée dans le circuit hollywoodien plus tard grâce aux succès de 50/50 et Warm Bodies. L’intérêt des frères Weinstein pour acheter le long-métrage et le distribuer en Amérique du Nord pourrait être lié à la montée soudaine du réalisateur. Pourtant, l’indifférence aussi longue envers une telle œuvre demeure à nos yeux encore aujourd’hui inexplicable. Pour tout amateur de films de genre, Mandy Lane est une héroïne qu’il faut admirer, non parce que son physique est magnifié, mais parce qu’elle bouscule les conventions du film d’épouvante avec aplomb, sensualité et singularité.

Elle ne s’en laisse pas imposer par la petite histoire du film qui pourrait lui voler la vedette. Sept ans après sa sortie, le film nous est offert dans une édition honnête : le transfert vidéo reproduit avec fidélité la facture visuelle « oldie » rappelant les films d’horreur des années 70 et 80, et le mixage 5.1 offre une immersive expérience du film. La présence de la piste de commentaires audio de Jonathan Levine, enregistrée sept ans après les premières projections du film, est évidemment la bienvenue grâce à sa pertinence et à un intérêt constant.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2014-01-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
All the Boys Love Mandy Lane

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
90 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Vivafilm

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio du réalisateur Jonathan Levine

Date de parution:
2013-12-03

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