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DVDEF

Orgazmo (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Joe Young (Trey Parker), jeune mormon naïf et prosélyte, et son compagnon Robert White (Stan G. Sawicki) tentent de diffuser la bonne parole divine aux habitants de Los Angeles, une porte à la fois. Ils frappent à celle de la résidence où Maxxx Orbison (Michael Dean Jacobs), magnat local de l'industrie pornographique, tourne sa dernière production. Déjà affligé d'un acteur des plus pathétiques (même pour un acteur pornographique), Maxxx est fortement contrarié lorsque les deux missionnaires interrompent une prise de vue, il ordonne à ces gorilles de leur donner une leçon. Robert s'enfuit lâchement. Contre toute attente Joe, qui est expert en arts martiaux (quoi de plus normal pour un missionnaire mormon ?), vient facilement à bout des hommes de main. Impressionné par la prestance du jeune mormon, Maxxx lui propose un cachet de 20 000$ pour reprendre le rôle principal dans son film : « Orgazmo ». En manque d'argent pour son proche mariage avec sa fiancée Lisa (Robyn Lynne Raab) et après avoir été assuré qu'une « doublure de pénis » le remplacera pendant les scènes de sexe, Joe accepte la proposition malgré une nette réprobation divine. Il interprétera le « capitaine Orgazmo », un super-héros érotique qui combat le crime sexuel avec son « Orgazmorator », une arme qui neutralise ses opposants en leur donnant un orgasme foudroyant. Il est aidé dans sa mission par « Choda Boy » (Dian Bachar) et ses armes inspirées de gadgets sexuels.

Tout n'est cependant pas rose dans l'univers du porno californien et rapidement Joe et sa co-star Ben Chapleski (Dian Bashar) n'ont d'autre choix que de se transformer en réels redresseurs de torts pour venir en aide à G-Fresh (Masao Maki) le chef sushi rappeur dont ils fréquentent le restaurant.

Écrit et réalisé par Trey Parker (avec l'aide de Matt Stone qui n'est crédité que comme producteur) « Orgazmo » est une de ces gemmes comiques que l'on découvre, par hasard, au détour d'un changement de chaîne intempestif, tard dans la nuit, à la recherche du nirvana télévisuel, ou d'une simple titillation nocturne, sur l'une ou l'autre des chaînes spécialisées. Le co-créateur de « South Park » nous livre ici une oeuvre décalée et irrévérencieuse à souhait. Jetons un coup d'oeil à un extrait de la grille d'évaluation :
- Violence gratuite. Oui.
- Scènes de sexes gratuites. Oui.
- Scène lesbienne. Non.
- Nudité féminine partielle gratuite (seins, fesses peu importe). Non.
- Jolies filles en bikini ou peu vêtues. Oui.
- Sublimation du complexe d'un des personnages principaux à un moment crucial. Oui.
- Vilain stéréotypé, très très vilain qui perd à la fin. Oui.
- Héros stéréotypé, innocent, très très gentil et qui est le plus fort à la fin. Oui.
- Explosions impressionnantes de maquettes pas chères en carton. Oui.
(-) Démembrement, décapitation ou éviscèration. Non.
(-) Poursuite à grande vitesse dans un dédale quelconque. Non.
(Les deux derniers points concernent essentiellement les blockbuster hollywoodiens et ne sont mentionnés que pour comparaison).

On remarquera immédiatement l'absence de scène lesbienne ou de nudité féminine, une profonde déception que, au grand soulagement de certains de nos critique, T. Parker rattrape brillamment avec une multitude de fessées auto-infligées sur des postérieurs poilus masculins.
Presque tout les ingrédients du film culte de fin de nuit (et incidemment de beaucoup de films à succès hollywoodiens...) sont présents, mais à la sauce Trey Parker. « Orgazmo » est une satyre du milieu pornographique ainsi qu'une parodie des films de Kung-Fu bien sur mais aussi un camouflet pour beaucoup de soi-disant film pour adolescents (les vulgaires Scary Movie par exemple) ou de comédies sentimentales à 2 sous (les insipides Adam Sandler). T. Parker (et M. Stone) à su faire un film drôle et intelligent à partir d'un humour potache qui par définition ne l'est pas (intelligent en tout cas, drôle ça se discute).
L'interprétation est globalement très supérieure à la moyenne du genre. Le regard innocent et l'air parfaitement niais de Trey Parker, dans le rôle de Joe, est un véritable plaisir. Dian Bachar crève littéralement l'écran dans le rôle de Ben Chapleski/Choda boy, acteur X doublé d'un génie scientifique qui inventera le véritable Orgazmorator. Il est rare de voir un acteur muni d'un tel talent passer une bonne moitié de son temps d'écran avec un godemiché (de fort bon calibre) sur la tête. Son jeu est tout simplement hilarant. Ron Jeremy est excellent dans le rôle de Clark, T. Parker sait ici très bien tirer parti de son statut de légende du X. Le regarder faire des mouvements de Kung-Fu vaut certainement le détour. R. Jeremy n'est d'ailleurs pas la seule star du X dans ce film les connaisseurs reconnaîtront aussi Julie Ashton, Chassey Lain et Shalya Laveaux. Matt Stone est absolument royal dans le rôle de Dave, un photographe pour le moins délirant. Les autres acteurs ne sont pas en reste et participent tous à la réussite de ce film.
Le ton est donné dès le générique avec la chanson « Now you're a man » de DVDA (non ça ne veut pas dire DVD-Audio...), un groupe créé par Trey Parker. Les gags fusent de toutes parts, les dialogues sont tordants, les situations extravagantes sont sur-jouées à souhait, tout cela sans aucune perte de rythme du début jusqu'à la fin. On en ressort essoufflé, un grand sourire dans la tête. « Orgazmo » est une réussite totale.
Il est évident que le financement de ce film n'a pas été facile à trouver, le thème, le traitement proposé et la simple juxtaposition de l'industrie pornographique avec la religion doit représenter le pire cauchemar du producteur hollywoodien moyen. Pourtant Trey Parker trouvera les 1,6 millions de dollars (c'est « peu » pour Hollywood...) et tournera le film début 1997. Ce ne sera cependant pas la fin des difficultés pour « Orgazmo ». Le MPAA classera le film NC-17, ce qui correspond à un enterrement pur et simple du film. En effet, ce n'est que fin 1998 que le film trouvera un distributeur et ne sera montré que dans une centaine de salles en tout et pour tout. Il est très probable que seul le succès phénoménal de « South Park » a permis la distribution de « Orgazmo ».

Le classement de ce film est absurde et incompréhensible, surtout si on regarde la vulgarité quasi institutionnelle du reste de ce type de production. La violence ne joue ici qu'un rôle comique et le peu de nudité est réservé aux fesses masculines. T. Parker tentera bien de combattre la décision mais en vain, le poids d'un réalisateur indépendant n'est pas suffisant pour faire bouger l'inerte machinerie du MPAA, T. Parker considérera d'ailleurs ce classement comme une forme de censure, un moyen pour la toute puissante association d'imposer une certaine morale au public. Il est décevant de voir que même ici, au Canada, « Orgazmo » reste classé R pour contenu sexuel explicite. Certainement pas plus explicite que 99,69% des films mais bon, ils doivent savoir de quoi ils parlent...
L'édition spéciale nous propose deux versions du film, la version cinéma et une version non classée plus longue d'environ 2 minutes. Il est peu clair pourquoi la version cinéma est proposée car, bien sur, tout le monde va se jeter sur l'autre version, même si celle-ci n'apporte rien de bien nouveau. Peut-être est ce une blague dans le genre de la version étendue super spéciale de « Holy Grail » des Monthy Python, plus longue de 24 secondes !
Si vous ne connaissez pas encore « Orgazmo », faites vous une faveur, courez l'acheter ou le louer vous ne le regretterez pas. Ce film est très certainement un culte dans sa catégorie.


Image
Présenté au format respecté de 1.85:1 dans un transfert 16:9, le film possède une image étonnement belle pour son origine modeste.

L'interpositif est très bon avec cependant un grain assez marqué tout au long du film, provenant sans doute de la pellicule originale. Sans atteindre des sommets, la définition de l'image est bonne, généralement très nette à l'exception d'une ou deux scènes qui sont un peu plus floues. Le niveau de détails est bon sans être exceptionnel. Les couleurs sont très stables, sans débordement, bien saturées ce qui faire ressortir le coté outrageux des décors.
Les noirs sont profonds et la luminosité est dans l'ensemble parfaitement réglée, on constatera cependant quelques scènes qui paraîtront un peu délavées.
La compression à été faites dans les règles de l'art, aucun défaut n'est apparent et la sur définition des contours brille par une absence très agréable à constater.

C'est un très bon transfert, faisant honneur au film, qui nous est proposé dans cette édition. Un très bon travail qui dépasse ce qu'on aurait pu attendre pour une si petite production.


Son
Seule la bande son originale anglaise Dolby Surround 2.0 est présente. Les sous-titres en français et espagnol sont disponibles, ainsi que le doublage pour sourd et mal-entendant en Anglais. Rien de bien extraordinaire donc sur le front de la bande sonore.

La bande-son Dolby 2.0 Surround est solide, efficace pour le film. Le dynamisme est tout à fait correct, avec une spatialité très décente. Le champ sonore est très bon sans, bien sur, atteindre la qualité d'un mixage Dolby Digital 5.1. Les effets ambiophoniques sont réduits à leur minimum sans que cela ne soit vraiment un problème majeur pour le film. Les basses sont bonnes et les fréquences extrêmes basse absentes ce qui n'est pas vraiment étonnant pour ce type de production.

Globalement la bande son est suffisante pour « Orgazmo » mais nous aurions aimé qu'un effort soit fait pour l'édition spéciale, surtout que la musique est une partie non négligeable des effets comiques dans ce film.



Suppléments/menus
Répartis sur les deux disques de l'édition, les suppléments comprennent sur le premier disque pas moins de trois commentaires audios et deux versions du film.
Les deux versions sont très peu différentes et l'intérêt en est assez restreint, mais elles sont là et on ne s'en plaindra pas.

Les commentaires ressemblent à une expérimentation en suppléments pour DVD. Le premier commentaire est le « Drunken Commentary », avec Trey Parker, Matt Stone, Dian Bachar, Jason Hugh (Producteur), Andy Kemler (Acteur – Rodgers), Stan Sawicki (Acteur – Robert White) ainsi que le vrai Dave (joué par Matt Stone dans le film) et sa petite amie ! Le principe de l'expérience est simple : chaque fois que les mots « Jesus », « Evenly father » ou « Orgazmo » sont prononcés durant le film les commentateurs boivent (et c'est pas de l'eau). Malgré un état d'éthylisme déjà bien avancé au début du film, le commentaire reste informatif et il faut l'avouer hilarant. Il n'y a pas vraiment de moments ennuyeux et la bande de joyeux lurons s'en donne à coeur joie pour commenter le film, pas toujours de manière constructive ni même politiquement correcte. L'enregistrement est totalement amateur ce qui, en fait, renforce le coté outrageux des remarques. Un commentaire très divertissant.
Le deuxième commentaire est celui des acteurs. Maki San, David Dunn, Robyn Raab, Jason McHugh, Lloyd Kaufman, Farrell Timlake, Matt Potter et Shayla LaVeaux, entres autres sont présents. Moins divertissant, ce commentaire reste quand même informatif et a le mérite d'avoir des commentateurs sobres et plus clairs, sauf peut-être dans le cas de Maki San qui possède un accent venu d'une autre galaxie.
Le troisième est le commentaire « sauvage ». De nombreuses célébrités passent (et trépassent) et offrent leurs anecdotes sur Trey et Matt, mais aussi le temps, le dernier match de foot ou tout autre sujet n'ayant rien à voir avec le film. Bizarre et quelque peu déconcertant, ce commentaire n'aura un intérêt que très limité.

Le deuxième disque n'est pas en reste et nous propose un menu impressionnant de suppléments. On y trouve un peu moins de 30 minutes de scènes coupées accompagnées d'un commentaire de ce qui semble être la même équipe que le premier commentaire. A priori, il a été enregistré après le « Drunken commentary » car les commentateurs, Trey et Matt en tête, sont passablement secoués. Trey passe une bonne partie du commentaire à se demander pourquoi il a coupé ceci ou cela. Très drôle et divertissant malgré ce qu'on pourrait croire.
« The book of Orgazmo » : ce documentaire de 39 minutes, revient sur les films précédents de T. Parker (Timewarped, Cannibal ! The musical) avant de plonger dans le monde d'Orgazmo. De nombreuses interviews traitent de sujets cruciaux comme la tête d'orgasme de différents protagonistes, le choix d'un super pouvoir sexuel, pourquoi les acteurs ont accepté un rôle dans Orgazmo, le fait que Ron Jeremy fut le premier à se raser le sexe dans les films X, et... urine. Par moment très drôle, ce documentaire est aussi très informatif.
On trouvera aussi l'interview en direct que Trey Parker a faite aux fans à la convention de « Dragon Con ». Malgré de nombreux problèmes sonores, quasiment une encyclopédie des problèmes de sons possibles, l'interview est très drôle.
Deux bandes annonces sont disponibles : la « Red Band » qui est la bande annonce officielle du film, sans surprise. L'autre est la bande annonce originale faite pour trouver l'argent nécessaire à la production. S'attendre à un choc et une bonne crise de rire.
Un peu moins de 42 minutes de scènes ratées sont disponibles, allant du répétitif ennuyant au franchement tordant.
Un documentaire de 18 minutes sur les coulisses du tournage rend, classiquement, hommage au travail qui a été fourni pendant le tournage.
Tout cela est arrondi par 8 minutes d'interviews classiques, c'est à dire sérieuses et non alcoolisées, avec Trey Parker, Matt stone, Dian Bachar et Juli Ashton, ainsi qu'une gallery d'une quarantaine de photos.

C'est un ensemble très solide, absolument pas sérieux et bien en phase avec le film. Des suppléments tout à fait dignes d'une édition spéciale d'Orgazmo.



Conclusion
Outrageux, politiquement incorrect, cabotin et par dessus tout follement drôle, Orgazmo mérite bien son statut de film culte, obtenu au corps défendant de la machine hollywoodienne.

L'édition présentée ici est tout ce qu'il y a de plus complète. C'est un rêve de fan devenu réalité qui pour une fois mérite bien son nom d'édition spéciale.
Si vous ne le connaissez pas encore faites vous une faveur en vous le procurant, les autres, qui connaissent déjà, n'auront décemment pas d'autres choix que de se précipiter chez leur revendeur préféré afin d'acquérir cette édition toutes affaires cessantes. « Orgazmo Unrated special edition » est un excellent achat.


Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
4,7/5

Rapport qualité/prix:
4,7/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Pascal Cauden

Date de publication: 2005-05-24

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Orgazmo

Année de sortie:
1997

Pays:

Genre:

Durée:
95 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, prises ratées, scènes coupées, bandes-annonces, gallerie de photos

Date de parution:
2005-03-29

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