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DVDEF

Riding Giants (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Riding Giant est le second documentaire présenté au cinéma du réalisateur Stacy Peralta. Ce dernier avait chamboulé le monde du documentaire avec l’indispensable Dogtown and Z-boys (2002).
Ce dernier en plus de se voir récompensé de nombreux prix (dont celui du public et du meilleur réalisateur à Sundance) était réellement le premier documentaire de divertissement. En effet, son visionnement tout aussi agréable que n’importe quel fiction s’appuyait sur des événements réels et de très nombreuses scènes d’archives. Le fait que Stacy Peralta, homme d’affaire accompli notamment dans le milieu du skateboard, car lui même ancien membre des Dogtowns, se soit lancé de nouveau dans un documentaire à propos d’un sport « extrême » a placé les attentes et la barres assez haut.
Si Riding Giant ne réussit pas à renouer avec la magie de Dogtown and Z-boys, il n’en reste pas moins que le sujet, son traitement une fois encore très adroit donnent un résultat final de très bon niveau.

Riding Giant retrace l’histoire d’une branche du surf qui se spécialise dans le surf de très grosses vagues (les plus grosses du monde en fait). Contrairement au Skateboard dont l’histoire est très récente, le surf a une histoire très ancienne et si Dogtown se limitait a une quinzaine d’année, on traverse ici plus de 50 ans de l’histoire de ce sport.
Ce documentaire, s’articule autour de deux axes majeurs. Autour des figures les plus marquantes du sport, et autour des vagues. Les deux seules composantes de ce sport, au moins jusqu’à l’apparition du surf tracté par moyen motorisé. Dans l’ordre chronologique, ce documentaire s’articule autour de trois personnes. Greg Noll, Jeff Clark et pour finir Laird Hamilton. Ces trois personnages représentent trois étapes du surf de grosses vagues. Greg Noll, l’ainé et certainement le père spirituel de ce sport a été un des premiers a prendre les grosses vagues de la côte nord d’Ohau (là ou les vagues sont les plus grosses et dangereuses). Ce surf des années 60 avait toutes les apparences des premiers astronautes, se lançant avec du matériel très peu performant dans des vagues qui ont plus l’apparence de mangeuses d’hommes que de support de calendrier. De sa pratique, et par l’amélioration du matériel, ce sport s’est développé et de plus en plus de monde ce sont mis à pratiquer ces vagues (Waimea devenant le centre du monde).
Quittant les vagues des iles hawaïennes pour le spot de Mavericks en Californie du Nord, la rencontre avec Jeff Clark est une vraie révélation. Ce dernier, a surfé pendant quinze ans une vague énorme et d’une violence inouie. Ceci semblerait normal, hormis qu’il était le seul et unique durant toutes ces années à pratiquer cette vague. On est loin des magazines et des championnats du monde sur-commandités. Cet homme, par sa simplicité et son authenticité pourrait porter le film à lui seul. Le voir dans une eau à 10 degré, se jetter à corps perdu dans des vagues littéralement meurtrière redonne un sens à un sport galvaudé malgré ses origines profondes. En cela, Jeff Clark est le personnage central de ce film, donnant son authenticité à l’ensemble et permettant de sortir du stéréotype du surfer bronzé et musculeux sur les plages ensoleillée de Hawaï.

Le dernier personnage, que l’on peut considérer sans aucun doute comme le Michael Jordan du sport se nomme Laird Hamilton. On le retrouve de nouveau à Hawaï, mais si toutes les vagues rencontrées (qui allait jusque 20-30 pieds) semblaient énormes, c’est réellement lui qui a amené ce sport au niveau d’aujourd’hui. Le problème des très grosses vagues est de réussir à la prendre, à aller à une vitesse suffisante afin de pouvoir rester dans la pente avant la première descente (le take off). Hors pour réussir cela sur des vagues d’une certaine hauteur, il est nécessaire d’allonger les planches, ce qui les rends moins contrôlables. Laird Hamilton a développé le surf tracté, ou les surfers se font tirés par des moto marines afin d’atteindre la vitesse suffisante.

Dès lors, les plus grosses vagues du monde étaient entièrement à découvrir, et ce en s’éloignant progressivement des récifs cotiers pour se lancer dans l’exploration des vagues de hautes mer. On parle ici de vagues pouvant mesurer jusqu’à 50 pieds de haut, véritables cassures dans l’océan ou se concentre des énergies folles. C’est là que le reigne de la vague du spot « Jaws », haut fond de Oahu a prit toute son ampleur.
Mais c’est réellement en l’an 2000, en surfant une vague du spot de haute mer nommé Chogo (au large de Tahïti) que ce dernier a réellement transformé le sport. Les photos de cet exploit ont réellement fait le tour du monde, et on fait la première de tous les magazines de surf. C’est avec un immense plaisir et une réelle surprise qu’il nous est offert de voir ce moment, et d’admirer un des plus beaux moments de surf jamais photographiés et filmés.

En plus de ces trois personnages centraux, de nombreux autres grands noms du surf font leur apparition, et un montage aussi habile qu’efficace permet de se transporter dans le temps et l’espace d’une manière toujours efficace. C’est dans ces déplacements que ce film brille réellement, autant que par des images de surf vraiment magnifiques. Ce film n’est d’ailleurs pas réservé aux seuls amateurs du sport mais permettra aux néophytes de découvrir d’une certaine manière ce que peut être l’esprit de ce sport. Néanmoins, quand Dogtown définissait une culture urbaine et très proche de la majorité d’entre nous, Riding Giant reste « exotique » et s’il réussit à divertir reste tout de même un peu plus loin de nos réalités.
De même que le film Endless Summer a présenté dans les années 70 ce qu’était une certaine forme de réalité du sport, Riding Giant sera le film qui représentera le surf actuel. Cette contemporanéité est d’ailleurs très perceptible dans le discours de Peralta, dénonçant d’un côté la « perversion » du circuit international de surf, mais de l’autre côté s’associant à certains sponsors qui ont été à la base même de cette marcdhandisation (tout comme l’affaire des souliers « vans » avait déchiré l’équipe des Z-boys lors de la sortie du premier film de Peralta). De la même manière, un des suppléments présente la première du film, et l’on est plus proche de l’esprit Beverly Hills que de Mavericks.

Si cette dualité ne corrompt pas l’esprit central du film, elle réussit néanmoins à diluer le message de « l’esprit » surf et déconnecte un peu du discours sous-jacent.
Riding Giant reste alors une superbe succession d’images et de rencontres et un moment très agréable à passer en très bonne compagnie.



Image
Riding Giant est présenté au format respecté de 1.85 :1 d'après un transfert 16:9.

Constitué d’un mélange d’images d’archives, d’images récentes et d’interviews, la qualité des éléments bien que dépendante de l’âge des extraits reste d’un bon niveau. Hormis pour les segments les plus vieux, aucun problème lié au matériel source n’a été constaté. L’image présenté dans les segments les plus récents est d’une définition excellente, offrant des détails nombreux et précis. L’eau, toujours en mouvement et omniprésente est toujours rendu de manière aussi réaliste que détailée. Néanmoins, un grain semble parfois voiler l’image, et ressemble réellement au grain obtenu afin de compenser un manque de lumière sur des caméras numériques.
Les couleurs sont rendues de manière très satisfaisante, qu’il s’agisse des différentes couleurs de l’eau (du bleu translucide de Chogo au gris de mavericks) et des tenus de ces différents surfers. Généralement constante pour les éléments d’une même période, la saturation des couleurs est convenable et aucun débordement n’a été constaté.
La brillance et les contrastes sont d’un niveau convenable et étalonnés convenablemant sur tout la durée du programme. Bien que peu nombreux, les parties sombres sont bien détaillées et les noirs savent être profond et immaculés.

Aucun problème concernant le transfert n’ont été constatés et, si l’on met de côté les variations de sources, l’image offerte est tout à fait aux normes des productions récentes les mieux réalisées.



Son
Une seule bande son est proposée, au format Dolby Digital 5.1. Cette bande son anglaise est accompagnée de sous-titres en Français et en Anglais.
Si les sources vidéos sont de qualités différentes, le son quant à lui est d’une qualité tout à fait honorable, même si l’évidence de remixage afin de dynamiser les images d’archives se fait sentir (comme l’utilisation du canal d’infrabasse pour renforcer l’effet massif de ces vagues qui s’écrasent).

Profitant pleinement de toutes les enceintes disponibles, cette bande brille par son dynamisme et une très bonne immersion. La trame sonore, tout comme pour Dogtown, prend une large place et est parfaitement intégrée. Les 5 enceintes sont ainsi pleinement utilisées et le champ sonore se déploie sur 360 degrés. Cet environnement permet de beaux effets de transitions entre les différentes enceintes, et un positionnement plutôt précis des différents effets. Les arrières sont utilisées de façon soutenus, tant pour la trame sonore que pour les effets, et les transitions se font de manière très fluide.
Les dialogues, naturellement au centre du genre documentaire, sont toujours adéquatement en avant et ne souffrent à aucun moment d’inintelligibilité. Si la voix du narrateur (Peralta en l’occurrence) reste très agréable, la spontanéité et la douceur de la narration de Z-boys par Sean Penn reste néanmoins la référence dans le genre.
Les basses sont rendues de manière très satisfaisante, et le canal d’infrabasse est mis à contribution de manière efficace afin de marquer l’énormité des masses d’eau projetées,
Dans l’ensemble, malgré les effets peut-être un peu trop marqué sur les images d’archives (qui rendent certaines images un peu « fausses » tant le son est net face à une image visiblement âgée), cette bande sonore est d’un niveau excellent, et considérant le genre documentaire, se place dans les sélections de tout premier choix.



Suppléments/menus
Cette édition spéciale se compose d’un unique disque sur lequel on retrouve en plus du programme principal deux bandes sonores de commentaires.

La première, mettant en avant Stacy Peralta et la personne du montage (Paul Crowder, déjà responsable de Dogtown) ne nous a malheureusement pas réellement convaincu. Si on sent la passion et le travail acharné qui a été nécessaire à cette réalisation, la forme documentaire archiviste limite un peu les possibilités de découverte. Une fois les techniques de montage ou la manière de monter ce genre de films exposées, ne reste que des anecdotes qui peuvent devenir assez vite répétitives.
La seconde bande sonore de commentaires met quant à elle en avant les différents surfers présentés (Noll, Hamilton and Clark). Cette bande sonore nous a semblé être l’élément le plus intéressant car réellement porteur de ce que l’esprit surf peut-être. Les anecdotes deviennent des aventures, et l’on sent réellement la passion transpirer de leurs discussions. En plus des surfers, l’addition de Sam George, co-écrivain du script permet de mieux comprendre les choix qui ont été fait. Bien que manquant de rythme, l’ensemble reste très convaincant, et c’est un réel plaisir que de passer 100 minutes avec eux.

Un segment de 29 minutes intitulé « The making of Riding Giants » présente la génèse de ce documentaire. On y apprend comment Peralta a décidé de le réaliser suite à sa rencontre avec Greg Noll, mais aussi comment ce genre cinématographique est réalisé. À travers le travail purement journalistique des interviews, ainsi que de la gestion des archives et images, on voit comment le tout est arrimé afin de réaliser un produit fini. Le passage obligatoire par la salle de montage nous montre un Paul Crowder vraiment passionné et dont la virtuosité et l’ingéniosité sont réellement au centre du succès de ces documentaires. On regrette néanmoins qu’aucune section n’ait été consacré aux images faites elles mêmes. En effet, filmer dans les conditions extrêmes que sont ces vagues est un challenge qu’il nous aurait tenté de découvrir.
Fuel TV’S Blue Carpet special est un segment promotionnel de 20 minutes qui provient de la télé. Sans réel intérêt hormis de dévalorisé l’esprit surf qui est instillé dans le documentaire, ce segment relate la première du film et propose en majorité des images du film entrecoupées par de très courtes interviews. Sans réel intérêt.
Cinq scènes retirées du film nous sont proposées, et sont plutôt des arrangements différents de scènes existantes (hormis pour le segment fort heureusement supprimé ou les personnes interrogés font un effort de « parler en surfer »). La présentation en mode texte, détaillant la musique prévue et les motifs de suppression sont par contre une très bonne idée que nous espérons revoir bientôt.

Pour finir, Peralta nous incite à acheter le disque de la bande originale du film, juste avant de nous présenter un segment de trente secondes à la gloire d’une de ces marques qui ont justement donné au surf l’image qu’il a maintenant (au grand damn du réalisateur).
Des bandes annonces sont proposées, de wild Surf (film indigeste sur le surf des années 60) à la gloire du « surf bum » hollywoodien. De la même manière, « Gidget goes hawaiian » nous rappelle ce qu’hollywood a donné comme image de ce sport dans les années 60.
Ce qui pourrait être une très bonne idée nous a néanmoins paru un peu étrange, car suivi des bandes annonces beaucoup moins surf, et beaucoup plus promotionnelles de « The fifth Element », « the forgotten » ainsi que de « Godzilla millenium ».
Des suppléments très inégaux et parfois même desservant l’intention du film n’ont pas réllement su retenir notre attention, néanmoins, la bande sonore de commentaire des trois piliers de ce sport nous ont agréablement surpris.




Conclusion
Bien que n’atteignant pas les sommets de Dogtown and Z-boys, Peralta nous offre ici un très bon documentaire sur le surf. Cette édition distribuée par Columbia tristar est d’un niveau technique tout à fait dans les normes des productions récentes, et offrira un spectacle de bonne qualité. On regrette par contre la faiblesse des suppléments, qui pour des films de ce genre nous ferait plutôt pencher vers l’édition toute récente de « Step into Liquid » et son édition double disque.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2005-02-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Riding Giants

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
105 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):
-

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Français
Anglais

Suppéments:
-

Date de parution:
2005-01-04

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