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DVDEF

Sky Captain and the World of Tomorrow

Critique
Synopsis/présentation
Sky Captain and the World of Tomorrow est un de ces films dont l’existence même est une histoire, tellement il est atypique.
Sky Captain est le rêve d’un homme. Kerry Conran a pendant 5 années modelé un court-métrage, mélange d’images de synthèse, de jeu d’acteur (ses amis, les parents de ses amis) jusqu’à la réalisation complète de ce court métrage très audacieux.

Ce court métrage de 6 minutes s’inspirait énormément de l’univers des années 60, un genre de retro-futurisme qui fait indéniablement penser au genre steampunk. Tout est fait pour rappeler cet âge, un traitement graphique parfois à la limite des sépias ou d’un noir et blanc un peu usé, des costumes et des avions résolument d’époque et surtout, une stylisation des éléments les plus liés à la fiction qui rappelle sans jamais s’embéter de discrétion des vieilles bandes dessinées de l’époque telles Buck Rogers.

Ce petit film va passer de mains en mains, et finira par trouver un écho positif à Hollywood ou tant des producteurs que des acteurs vont tenter de porter ce film court sur grand écran. Au titre des acteurs, Jude Law, Gwyneth Paltrow et Angelina Jolie vont tomber sous le charme et accepter de tourner dans des conditions très spéciales, et pour des cachets très raisonnables. Ce tournage est spécial, car hormis quelques plans, l’intégralité du film a été tourné sur écran bleu. Les quelques rares morceaux de vrais décors se comptant sur la main. Les cachets « Raisonnables » sont liés à un financement très restreint et serré afin de mener l’aventure à terme. D’ailleurs, l’ensemble du « Render Farm » utilisé pour donner vie à ce film a été acheté d’occasion, s’accaparant l’intégralité du système d’air climatisé du hangar ou l’équipe de post production était entassée. Car Malgré la débauche d’effets spéciaux (le film au complet est un effet spécial en ce sens), la force de Sky captain est d’être resté un film d’artisans. Du réalisateur tout d’abord qui en est à sa première expérience et dont la maladresse et la timidité sur le plateau sont un régal à voir (ainsi que de voir comment Jude Law et Paltrow l’aide très professionnellement). L’équipe des effets spéciaux aussi, tous très jeunes et réellement « bricolleuse », et qui ont réussis de véritables tours de force considérant les conditions, le temps et le budget.
Sky Captain est quelque chose d’assez extra-terrestre, de la très haute technologie « artisanale », et cela se voit dans le résultat. La créativité est au centre de chaques plans, les références sont un vrai bonheur de « geek » et l’apparence globale de l’ensemble, un véritable hommage à un genre disparu, le film de héro pur et dur, croisement entre le flegme d’un James Bond, l’humanité d’un Indiana Jones, et la surréalité d’un Buck Rogers (pas la série télévisée ringarde, mais bel et bien les bandes dessinées des années 40-60).

Ce dernier est d’ailleurs rappelé plusieurs fois, puisqu’à différentes reprises on met le héro dans des situations similaires, allant même jusqu’à mettre dans un plan une bande dessinée de ce dernier (à ce propos, regarder ce film est un bonheur pour les amateurs de références, de très nombreuses scènes offrent des clins d’œils à différents classiques, de King kong à Buck et à plusieurs autres). C’est d’ailleurs dans cette référence constante à l’univers de Buck Rogers que se tient la magie du film. Sky Captain and the World of Tomorrow possède un scénario qui soutiendrait effectivement une bande dessinée pour enfant. Narration très linéaire, personnages hyper-stéréotypés, conclusion attendue et sans surprise… Mais n’est-ce pas là ce qui fait la caractéristique même et l’attrait de ces Bandes Dessinées ? On a beaucoup reproché à ce film la faiblesse de son scénario, alors qu’.à notre avis, cette faiblesse fonctionne admirablement bien avec l’esthétique générale du film. Sky Captain est une bande dessinée, et non pas un 12 volumes, mais un petit Buck Rogers.

Dans ce sens, le scénario remplit toutes ses promesses, on passe de la grande ville avec poursuites en avion entre les buildings à l’Himalaya, en passant par la jungle et les cavernes. Les héros et les situations sont elles aussi d’un classique stupéfiant, de Joseph Sullivan (Jude Law) justicier intouchable à sa compagne de force, la trop belle et ambitieuse Polly Perkins (Gwyneth Paltrow) ou à l’ingénieur Dex (Giovanni Ribisi) surdoué technologique version Fisher Price. Ces « caricatures » sont plongées dans des situations convenues, du tas de dynamite avec la mèche qui diminue rapidement, l’amante trop belle et qui sauve la vie du capitaine et tant d’autres scènes. Effectivement on peut reprocher au scénario de nous offrir des scènes ou 5 personnes normalement constituées ne voient pas une base de la taille de l’étoile Noire avant qu’ils ne se retournent.
Ce scénario nous semble ne pas s’embéter des artifices médiocres de certains cinéma d’action hollywoodien. Les choses sont claires, on est là pour assister aux exploits de Sky Captain, et c’est tout ce qui importe.

Nous parlerons un peu plus bas des qualités de la signature graphique, mais pour les amateurs de jeux comme Crimson Skies (jeu vidéo ou de plateau) et de l’esthétique retro-futuriste à base de gros boulons, tout le monde devrait trouver son compte. L’ensemble de cette œuvre est cohérent, l’image, le style, le scénario, et l’on sent bien que le réalisateur « tenait » son projet. C’est une œuvre qui malgré ses emprunts (ou plutôt ses références) est d’une fraîcheur indéniable dans la prépondérance ultra futuriste version Ipod, ou Gothique Flamboyant qui servent en ce moment respectivement les genres Science Fiction et Fantastique.

Bien que les critiques aient été assez mitigée, il nous semble que ce film, et l’édition DVD qui nous est offerte maintenant par la Paramount, mérite amplement sa place dans toute bonne vidéothèque. Véritable travail artistique à bien des égards, percée technologique à d’autre, et divertissement simple mais efficace, c’est très certainement ce que la majorité des productions hollywoodiennes aimeraient être, sans jamais réellement y réussir.



Image
Cette édition DVD de Sky Captain and the World of Tomorrow nous est offerte au format original de 1 :85.1 dans un transfert 16:9.

Avant d’aller plus loin, il convient de signaler que cette critique de l’image ne peut réellement se coller sur les critères conventionnels. Tout d’abord, les couleurs du film sont totalement désaturées et tendent même parfois vers du sépia. De plus, l’ensemble de cette œuvre baigne dans une sorte de « halo » lumineux, adoucissant les lignes de contour, et donnant une aura toute particulière aux éléments mis en avant.
Une fois cette précision faite, il convient de dire que ce transfert est tout simplement magnifique. Basé sur un mélange constant d’images CG et de vrais acteurs, le mélange, rendu en format tout numérique est présenté ici à son meilleur. La définition générae est tout simplement magnifique, et ce malgré (ou grâce) à la présence du halo. Ce dernier, loin de rendre « Flou » les éléments comme le ferait un grain incertain permet d’adoucir l’image et les contours tout en accentuant certains autres éléments visuels. L’effet est très plaisant, donne un cachet « vieille bande » mais conserve toute la dynamique et la précision des œuvres les plus récentes.

Les couleurs, bien que très travaillée parraissent toujours appropriée et d’une constance exemplaire prouvant un étalonnage très précis. La brillance et les contrastes sont d’un très bon niveau, néanmoins afin de profiter au mieux des micros détails, nous avons lors du second visionnement augmenté un peu la brillance de notre moniteur.
Les parties sombres présentent des dégradés tout en finesse, avec au bout du spectre des noirs profonds et immaculés.
Aucun problème lié au transfert n’a été constaté, prouvant une compression toute en finesse et parfaitement maitrisée.
Cette édition de Sky Captain offre une qualité d’image tout a fait dans les normes des productions standards. Néanmoins le type d’image et son rendu sont tels que cette édition pourra trouver une place de choix dans votre vidéothèque. Le rendu très particulier des couleurs et des textures, restituées ici avec précision et maestria, en feront un disque aussi original que performant pour vous faire plaisir aux yeux.



Son
Cette édition de la Paramount offre deux bandes sonores. La première est une bande au format Dolby Digital 5.1 Anglaise, la seconde en français Dolby 2.0 Surround. La version mutlicanale anglaise est ici critiquée.

Comme de bien enntendu pour ce genre de matériel, la bande sonore est d’un dynamisme assez percutant, et d’une précision tout à fait dans les normes. Le champ sonore très vaste se déploie sur 360° et si le cliquetis d’un rouage se fait entendre, c’est probablement en prévision d’une explosion majeure à venir. En cela, les dynamiques sont de très bon niveau, capables de passer du chuchotement au tonerre de manière aussi fluide qu’efficace.
Les différents éléments sonores sont parfaitements intégrés, et sont parfaitement répartis sur tous les canaux, capables de transitions avant arrières, gauche/droite tout à fait convaincantes. A noter que l’attaque de la base de Sky Captain, dans un déploiement aérien de multiples appareils, saura mettre votre système de son dans tous ses états. Les transitions mutliples et simultanées sauront vous faire tourner la tête. Le mixage sonore est d’ailleurs, que ce soit au niveau des effets ou du mix bande sonore/trame sonore d’un niveau tout a fait satisfaisant.

Tout comme pour le mixage dans son intégralité, les dialogues sont bien intégrés, toujours intelligibles, naturels et présentés bien en avant. À noter que le doublage français nous a semblé un peu faible tant dans la qualité de l’interprétation que de la contextualisation des voix (notemment les voix du couple dans le cockpit…).
Les basses sont naturellement à la hauteur d’un super héro d’aviation qui combat des robots géants. D’une profondeur abyssale et d’un punch indéniable, elle sauront mettre vos enceintes à l’épreuve, tout comme votre enceinte d’infrabasses. Ces dernières bien qu’utilisées très adéquatement sont néanmoins très présente (l’action du film le justifie amplement) et sauront vous écraser dans votre sofa à quelques reprises (l’attaque Initiale de NY saura vous en convaincre).

Cette bande sonore est donc d’un niveau tout à fait dans les normes des productions actuelles. Le volume et le type d’action fait par contre de cette bande sonore un petit bijou très original, oscillant entre un Star Wars pour les effets les plus technos, et un Mars Attack pour le plus rétro…
A noter la présence de sous-titres en Anglais et en Espagnol.



Suppléments/menus
Cette édition se compose d’un unique disque au format DVD 9.
Les suppléments bien que peu nombreux sont d’une qualité tout à fait satisfaisante même s’il ne s’agit des segments les plus originaux jamais vus.

Une piste de commentaires audio réunissant l’écrivain réalisateur Kerry Conran, le directeur artistique Kevin Conran le directeur de l’animation et des effets numériques Steve Yamamoto et du responsable des effets numériques Darin Hallings.
Cette piste de commentaire va de paire avec les segments sur ce film, nous offrant des commentaires passionnés d’artisants qui ont porté ce film. Bien que parfois assez technique (voir « geek ») cette piste de commentaire est très agréable et très instructive sur la complexité de certains plans, les challenge techniques et d’Acteurs, ainsi que des petits indices sur les nombreuses références plus ou moins cachées qui ont été placées dans le programme.
Un reportage divisé en deux sections et intitulé « Brave New World » est réellement le plat de résistance de ces suppléments. La première partie, d’une durée de 30 minutes se propose de faire un genre de récapitulatif des origines de film. On y découvre toute la génèse, de vidéos du temps ou le réalisateur travaillait sur son court, à la création artistique et à sa rencontre avec les producteurs.
La seconde partie, d’une durée de 26 minutes, est plus orientée vers la réalisation en elle-même. On y découvre les acteurs et le jeu qu’ils doivent palcer tout en évoluant dans un bleu complet, ainsi que les équipes d’effets visuels. Comme nous le disions en introduction, bien qu’hyper technologique, ce film conserve un vrai côté artisanal, clairement révélé dans ces deux documentaires. On y découvre aussi un réalisateur passionné, quelque part dépassé par les événements mais qui garde le contrôle… A noter le moment particulièrement unique de voir un homme qui a travaillé dans son grenier, seul, pendant des années, se rendre sur un plateau avec 40 techniciens pour donner des directives à des acteurs très connus… Scène très incongrue, particulièrement rare et précieuse.

Un segment de 9 minutes intitulé « The Art of World of Tomorrow » nous présente les influences et le travail monumental qui a été réalisé par Kevin Conran depuis les premières heures du court métrage jusqu’à la réalisation complète de ce fim. Là encore, les notions de passion et d’artisanat sont au centre du segment, et considérant l’approche visuelle très particulière du film, on passe là un très agrable moment.
En plus de deux scènes coupées au montage (une finalisée avec les effets, l’autre à l’état de PreViz) d’un intérêt justifiant qu’elles soient coupées, une petite série de scène manquées est offferte. Fort heureusement, l’accent a été mis sur les acteurs, qui paraissent au demeurant fort sympathique.
Pour finir, le court métrage original de 6 minutes nous est offert, et en le regardant, on comprend parfaitement que ce produit, fait par un homme dans son grenier, ait pu lever assez d’enthousiasme pour en faire un film complet. Il est aussi intéressant de constater comment la vision du créateur a été respectée. Sky Captain, en tant qu’entité filmée a budget est la continuité individuelle directe de ce court métrage, et l’on se doit de saluer la cohérence de la vision de l’Auteur/réalisateur Kerry Conran.

Dans l’ensemble, bien que ne révolutionnant pas le genre, cette édition DVD offre des suppléments très convaincant qui sans nous apprendre les fins fonds de la programmation en 3D réussit le pari de rendre le film encore plus attachant à travers les hommes qui l’ont créé. Satisfaisant.




Conclusion
Bien qu’écorché par les critiques, Sky Captain and the World of tomorrow reste un très bon film « popcorn ». Un excellent divertissement, aux qualités visuelles indéniables, et au scénario rappelant sans aucun doute ces petites bandes dessinées qui se lisaient en 20 minutes.
Cette édition de la Paramount est tout à fait à la hauteur des productions actuelles, et conformant la forme au fond qui nous semble excellent, en fait une édition qui trouvera très certainement sa place dans une vidéothèque de films de genre, ce dernier correspondant au genre : science-fiction artisanale et divertissante.



Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2005-04-11

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Sky Captain and the World of Tomorrow

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
"Brave new world": deux segments sur la création du film, segment sur la création artisitique, court métrage original, Scènes supprimées, scènes manquées

Date de parution:
2005-01-25

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