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DVDEF

Spring Breakers

Critique
Synopsis/présentation
Présenté en compétition officielle pour le Lion d’or à la Mostra de Venise de 2012 d’abord et au Festival du Film de Toronto de la même année ensuite, Spring Breakers, long-métrage du cinéaste américain Harmony Korine, est une œuvre qui aura fait beaucoup jaser lors de sa sortie en 2013. Connu surtout pour son travail de scénariste, sur les films Kids et Ken Park de Larry Clark, et de réalisateur (Gummo, Julien Donkey-Boy, Mister Lonely), Korine est aussi producteur et acteur. Son nouveau film aura en effet diviser comme jamais la critique en plus de susciter la controverse. L’acteur James Franco se serait librement inspiré du rappeur Riff Raff pour composer son personnage qui, lui, aurait poursuivi les producteurs pour s'être servis de sa vie sans son autorisation…

Comme son titre l’indique, le film de Korine présente les quelques jours du Spring Break à travers les yeux de quatre amies collégiennes (Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson, Rachel Korine) qui décident de cambrioler un casse-croûte pour couvrir les frais de leur voyage en Floride. À destination, les filles profitent du soleil, de l’alcool, de la drogue et du sexe jusqu’à ce qu’elles soient arrêtées lors d’une fête. Après que l’incident les ait conduit directement en prison, les quatre étudiantes se font payer leur caution par Alien (Franco) un trafiquant de drogues qui les entraine à poursuivre cette semaine de relâche dans sa demeure.

Avec son casting de jeunes vedettes préfabriquées à l’usine Disney (Gomez, Hudgens) et ses airs d’American Pie trash, Spring Breakers est certainement vendu au mauvais public. Loin d’être le film d’adolescents typique qu’il prétend être, le film d’Harmony Korine est une œuvre foncièrement auteuriste pour public averti. Il faut avouer que la présence de Franco au générique pouvait également laisser ambivalent, l’acteur enchaînant dernièrement les projets ouvertement mercantiles (Rise of the Planet of the Apes, Oz the Great and Powerful) et les propositions plus aventureuses (The Broken Tower et As I Lay Dying, deux de ses réalisations). Non, le long-métrage présenté ici offre une vision unique, déstabilisante et pourtant si juste de la jeunesse américaine.

Épousant complètement ses quatre héroïnes, la caméra de Korine laisse toute la place aux banalités et aux plaisirs immédiats. Les séquences sur la plage se succèdent, les plans sur les jeunes femmes en bikini se multiplient, les manipulations d’arme à feu culminent vers un bain de sang ultime : tout est filmé comme un long vidéoclip. Cette esthétique léchée où la caméra est souvent au ralenti, où les actrices passent leur temps à moitié nues, où la trame sonore résonne à coup de morceaux de rap et de hip-hop, elle n’est que le reflet du vide qui hante la vie de ces quatre jeunes collégiennes. Des jeunes femmes qui trouvent leurs repères dans la culture populaire symbolisée ici par deux références à Britney Spears (dont une séquence d’anthologie où la ballade « Everytime » de la chanteuse sert à accompagner une tuerie).

Le film de Korine ne pose cependant jamais un regard condescendant sur cette jeunesse hédoniste. Le ton mélancolique qui baigne laisse croire que le cinéaste porte une réelle empathie pour ses quatre héroïnes. Les monologues en voix-off remplis de regrets et surtout le renversement des rôles particulièrement intéressant lors de la finale, où les jeunes filles deviennent des meurtrières indestructibles, suggèrent un parti-pris de la part du réalisateur.

Plusieurs ont accusé Spring Breakers de machisme ou encore de ne rien raconter et de célébrer l’hédonisme. Le long-métrage d’Harmony Korine, sous ses airs de « teen movie » est une proposition de cinéma radicale. Voué au statut de film culte, le film saura trouver ses admirateurs autant que ses détracteurs ce qui est très souvent, le propre d’une grande œuvre.
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Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après une résolution de 1080p.

Le transfert HD est d’une excellente qualité. Le travail particulier et précis et l’image est impeccablement rendu : un grain cinématographique est perceptible et les détails ainsi que les textures sont reproduits avec précision et finesse. Le travail de direction artistique assurée par Benoît Debie est aussi justement reproduit grâce à une palette de couleurs qui demeurent riches, précises et toujours juste. Les maillots, les séquences au soleil, la séquence finale est son côté « fluo », tout demeure dans l’esprit de resituer les intentions du cinéaste. Les tons de peaux ici très dénudées demeurent naturels alors que le niveau des noirs est parfaitement géré. Les parties sombres font preuve de fluidité et de précision alors que les noirs demeurent purs et intenses.

Quelques signes de compression sont perceptibles durant les parties sombres, mais rien qui puisse gâcher le visionnement.


Son
Deux bandes son au format Dolby TrueHD 5.1 sont offertes sur cette édition : la première en version originale anglaise et la deuxième en version française.

Le mixage anglais est particulièrement dynamique. Même si les ouvertures frontale et latérale jouent un rôle prépondérant dans le déploiement du champ sonore, les enceintes arrière appuient subtilement les ambiances et surtout, les basses fréquences supportent avec profondeur et efficacité la trame sonore presque omniprésente signée par Cliff Martinez et Skrillex. Les effets d’ambiophonie ainsi que les moments musicaux apportent profondeur et immersion au visionnement. Les dialogues réussissent à demeurer parfaitement et constamment intelligibles alors que le canal d’extrêmes graves se manifestent à quelques occasions avec efficacité.

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.


Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord une piste de commentaires audio animée par le scénariste et réalisateur Harmony Korine. Ses interventions demeurent informatives et très pertinentes. Il précise notamment ses intentions, raconte quelques anecdotes de tournage, explicite certaines façons de filmer et surtout revient constamment sur le but ultime d’offrir au spectateur une expérience cinématographique.

Le documentaire « Behind the Scenes (22:01) » est disponible en trois segments. Même s’il épouse la forme du documentaire promotionnel, les interventions des artisans, des acteurs et surtout du cinéaste sont particulièrement intéressantes. « Special Featurettes with Vice Magazine (1:01:05) », pouvant aussi être visionné en différents segments, propose en première partie des interventions de Harmony Korine sur le choix de ses acteurs et de ses actrices. Puis, en deuxième, troisième et quatrième parties sont offerts trois documentaires (The ATL Twin Zone, The Redneck Riviera, Dirtona Beach) qui jettent un œil sur le phénomène culturel qu’est le Spring Break sous ses divers aspects. Également, est disponible le segment « Insighful Look at the Music of Spring Breakers (7:23) » qui, comme son nom l’indique, propose de s’attarder au choix et à la composition de la musique par Cliff Martinez et Skrillex.

Nous retrouvons enfin un montage comprenant une scène supprimée et un bêtisier (8:39).



Conclusion
Œuvre expérimentale et visionnaire et bien que plus qu’un simple « teen movie », Spring Breakers est loin de faire l’unanimité. Le style d’Harmony Korine perçu comme vide et machiste épouse en fait la génération et la culture qu’il dépeint avec empathie et cynisme. Étonnamment mal reçue par le public et la critique, le long-métrage saura, nous l’espérons très fort, trouver son public.

L’édition est techniquement très bien. Le transfert vidéo bien que perfectible au point de vue numérique reproduit avec précision les intentions du cinéaste et le travail visuel très riche fait sur le film. Le mixage entre dans la même lignée en laissant toute la place à la trame sonore offrant dynamisme et immersion. Les suppléments sont nombreux, pertinents et intéressants faisant de cette édition un choix tout à fait recommandable.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2013-08-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Spring Breakers

Année de sortie:
2012

Pays:

Genre:

Durée:
94 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
VVS Films

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby TrueHD 5.1
Française Dolby TrueHD 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, segments, scène supprimée, bêtisier

Date de parution:
2013-07-09

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