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DVDEF

Warm Bodies

Critique
Synopsis/présentation
Après une incursion dans le "feel-good movie" avec 50/50, le cinéaste Jonathan Levine revient à ses anciens amours, un film de genre, alors que l’on aurait pu s’attendre à une œuvre plus ouvertement commerciale de sa part après la consécration que lui a apportée son précédent film. Misant sur le succès des romances fantastiques entre vampires et loups garous, le quatrième long-métrage du réalisateur américain, Warm Bodies, raconte l’histoire d’amour entre une jeune femme et un mort-vivant.

À mille lieux des contes de fées pour adolescents à la Twilight, le film de Levine, malgré ses quelques bouleversements, ne trahit jamais le genre auquel il appartient. Il serait faux de prétendre que l’œuvre ne bouscule aucune règle. Tout comme il détournait jadis les conventions du "slasher" dans All the Boys Love Mandy Lane, ici Levine s’amuse à adapter le roman d’Isaac Marion en perturbant l’ordre du film de zombies. La transformation majeure est évidemment dans la mise en scène de R (Nicholas Hoult), son principal protagoniste, en tant que narrateur du récit. Corps conscient de sa propre mort, il erre dans les couloirs d’un aéroport en proposant quelques commentaires sur la race humaine. Lors d’une chasse à l’homme, il croise le regard de Julie (Teresa Palmer) duquel il tombe éperdument amoureux. Il s’enfuira avec elle sous ses bras et verra son corps revenir à la vie alors qu’il côtoie la belle. Ce pari extrêmement risqué demeure pourtant cohérent et crédible, même si le résultat risque d’être très probablement mal accepté par les puristes.

Outre les quelques codes qu’il ébranle, Warm Bodies témoigne néanmoins des traditionnels commentaires sociaux associés au genre de films. C’est d’ailleurs grâce au « réveil » de ce corps mort pas comme les autres que l’histoire d’amour entre R et Julie sert ainsi d’allégorie au besoin de communication entre les humains qui sont dans le contexte du film soit paranoïaques, froids ou guerriers. L’écho entre cette réalité et la nôtre où les nouvelles technologies (le film s’en permet d’ailleurs quelques accusations) creusent sans cesse le fossé entre les êtres se fait naturellement sentir.

Mais au-delà de cette légère subversion et de ces exposés politiques, le film de Jonathan Levine s’apprécie pleinement dans sa dimension de divertissement. Conçu à la fois pour un public fanatique du genre ainsi que pour les amateurs de films romantiques, l’œuvre est une histoire d’amour touchante et drôle. Trop mineur pour être un grand film, tant pour le genre que pour la filmographie du cinéaste, Warm Bodies demeure toutefois un morceau de cinéma savoureux.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 à une résolution de 1080p.

Puisque le film a été tourné en numérique, la définition générale de l’image est excellente. Les détails et les textures sont rendus avec finesse et précision. Le rendu des couleurs, même si celles-ci demeurent surtout dans des tons plus sombres ou de gris, est remarquable. Les quelques séquences où des couleurs plus chaudes sont présentes (des séquences de rêves, la finale) offrent des couleurs tout aussi riches et précises. Les tons de peaux demeurent naturels (pour les humains et les zombies !) alors que les contrastes sont plutôt bien gérés. Les dégradés sont fluides et des noirs sont purs et profonds offrant de solides parties sombres, ici assez présentes.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Deux bandes son sont offertes sur cette édition : la première au format DTS-HD Master Audio 7.1 en version originale anglaise et la deuxième au format Dolby Digital 5.1 en version française.

Bien que Warm Bodies soit un film qui s’articule surtout autour des dialogues, le mixage DTS-HD 7.1 procure une très intense immersion lors du visionnement. Les ouvertures frontale et latérale s’offrent pour la majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrière procurent une élégante profondeur. De nombreux effets d’ambiophonie apportent aussi un solide dynamisme à l’ensemble. Les dialogues demeurent naturellement toujours intelligibles alors que la trame sonore, surtout composée de morceaux de musique populaire – la trace de signature de Jonathan Levine, s’intègre parfaitement au mixage. Cette dernière profite du support des basses fréquences pour gronder pour puissamment. Il en va de même pour le canal d’extrêmes graves, plutôt efficace, même si peu sollicité.

Des sous-titres anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Une piste de commentaires audio animée par le réalisateur le réalisateur Jonathan Levine et les acteurs Nicholas Hoult et Teresa Palmer est offerte. Le cinéaste est toujours agréable et pertinent à entendre d’autant plus ici qu’il interagit avec sincérité et camaraderie avec les deux jeunes acteurs. Les informations sont souvent techniques ou liées au tournage et sont toujours intéressantes.

Une série de documentaires s’ajoutent à cela : d’abord, « Boy Meets, Er, Doesn’t Eat Girl : Novel and Film Development (9:50) » qui s’attarde au processus d’adaptation du film. Les informations concernent le livre original, l’auteurs et évidemment le travail de scénariste de Levine pour adapter le tout à l’écran. Ensuite, « R&J : Nick and Teresa (16:21) est un conventionnel, mais intéressant segment qui contient les interventions des deux principaux acteurs sur leur intérêt par rapport au projet. « A Little Less Dead : The Acting Ensemble (16:41) s’intéresse au reste de la distribution, dont John Malkovich et la star montante Dave Franco. « Extreme Zombie Makeover! Makeup Effects (10:11) se concentre sur le travail de maquillage de Adrien Morot pour la transformation de R. « A Wreck in Progress : Product Design and Montreal (14:59) sera certainement le segment le plus divertissant pour le public québécois qui reconnaîtra les lieux de tournage : l’aéroport de Mirabel, le stade Olympique, etc. « Bustin Caps : Weapons / Stunts (10:09) » fait un tour d’horizon sur les armes employées dans le film et sur comment elles sont essentielles à l’univers du film de zombie. « Beware the Boneys : Visual Effects (7:04) jette un (trop) bref regard sur la conception des « Boneys » une entité qui est le résultat d’un zombie qui a perdu toute son humanité et qui fait partie de la nouvelle mythologie créée par le film. « Whisical Sweetness : Teresa Palmer’s Warm Bodies Home Movie (12:38) est un montage de séquences captées par le iPhone de l’actrice dans les coulisses du tournage. « Zombie Acting Tips with Rob Corddry (4:43) » est un très drôle et malheureusement très court épisode de la série Screen Junkies où Corddry nous apprend comment jouer un zombie.

Un montage de scènes supprimées (11:11) est aussi disponible. Leur intérêt est évidemment variable, mais le commentaire optionnel du cinéaste rend le visionnement beaucoup plus intéressant et pertinent.

Enfin, un bêtisier (5:07) et la bande-annonce du film complètent cette section.



Conclusion
Drôle et attachant, le nouveau film du cinéaste Jonathan Levine déstabilise les codes du film de zombies en proposant quelques variantes intéressantes dans son histoire d’amour impossible entre une jeune femme et un mort-vivant. Le talent du réalisateur américain n’est certes plus à prouver alors qu’il démontre avec Warm Bodies son aisance à jongler avec les genres et à mettre en scène des personnages attachants. Il ne reste qu’à attendre impatiemment son « grand » film.

L’édition est techniquement excellente. Le transfert vidéo reproduit fidèlement les intentions du cinéaste ainsi que la direction photo grise et froide du film tandis que le mixage 7.1 procure une expérience immersive et dynamique même si le film est surtout axé sur les dialogues. L’édition est aussi garnie en suppléments variés, divertissants et relativement intéressants.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,4/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2013-06-16

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Warm Bodies

Année de sortie:
2013

Pays:

Genre:

Durée:
98 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray + DVD

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 7.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Anglais (CC)

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, segments, scènes supprimées, bande-annonce.

Date de parution:
2013-06-04

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