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DVDEF

Shark Tale (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Après Antz, qui faisait concurrence à A Bug's Life, les studios Dreamworks Animation ont tenté de concurrencer le duo Pixar/Disney avec ce Shark Tale dont l'environnement subaquatique fait immédiatement penser à Finding Nemo, sorti un an auparavant, et qui avait alors établi un record au box-office pour un film d'animation (record qui a depuis été battu par Shrek 2).

Shark Tale a été réalisé par un trio formé de Eric "Bibo" Bergeron (qui a participé à The Road to Eldorado comme co-réalisateur et à Astérix et le coup du menhir en tant qu'animateur, entre autres), Vick Jenson (co-réalisatrice de Shrek) et Rob Letterman, qui signe aussi le scénario de ce film avec Michael J. Wilson (scénariste de Ice Age). Avec une telle équipe, on aurait pu s'attendre au meilleur. Hélas, malgré cette belle réunion de talents et une distribution de rêve, ce film s'avère assez décevant.
L'affiche du film, qui met l'accent sur la distribution et le fait que Dreamworks est le studio qui a fait Shrek, démontre d'office qu'il ne s'agit pas là d'une oeuvre très inspirée. Les personnages sont immédiatement reconnaissables, ayant été dessinés et modélisés à la ressemblance des acteurs leur ayant prêté leur voix. Le plus bel exemple est le personnage de Sykes, qui ressemble à un poisson sur lequel on aurait greffé le visage de Martin Scorcese. Quand aux décors, là où Finding Nemo parvenait à nous faire croire à une vie urbaine dans un récif d'aspect naturel, le récif de Shark Tale ressemble tout simplement à New-York. Les poissons vivent dans des appartements, et la mafia des requins se réunit dans les salons de l'épave du Titanic.

L'histoire est la suivante : Oscar (Will Smith) est laveur de baleines dans l'établissement dirigé par Sykes (Martin Scorcese). Il rêve de devenir quelqu'un, d'habiter dans les plus hautes tours de la ville, et ne se rend pas compte que la belle Angie (Renée Zellweger), téléphoniste dans le même établissement, soupire après lui depuis toujours. Un beau jour, Don Lino (Robert de Niro), parrain de la mafia locale, impose une telle pression à Sykes que celui-ci se retourne contre Oscar qui lui doit 5000 palourdes. Angie sacrifie une perle héritée de sa grand-mère pour sortir Oscar du pétrin, mais celui-ci jour l'argent aux courses au lieu de payer Sykes. Celui-ci ordonne à ses hommes de main (des méduses rasta) de l'enterrer au plus profond de l'océan. Alors que les méduses sont en train de torturer Oscar, les deux fils de don Lino, Frankie et Lennie (Jack Black) passent par là. Frankie se fait tuer par une ancre, et Oscar, qui vient d'être libéré par Lennie le gentil requin, dont le véganisme (et les problèmes que cela lui pose en tant que requin) est une métaphore évidente de l'homosexualité, passe pour l'avoir tué... Il acquiert immédiatement un statut de superstar, ce qui attire l'attention de Lola (Angelina Jolie), la femelle poisson la plus superficielle qui soit. Oscar doit alors s'associer à Lennie pour garder son statut de légende vivante...
Le scénario est tellement convenu que même les acteurs, pourtant chevronnés, qui prêtent leurs voix aux personnages, manquent de conviction. L'inspiration hip-hop et disco funk du film, qui se retrouve aussi bien dans la trame sonore que dans la palette de couleurs et la plupart des accessoires, est manifestement destinée au public d'adolescents qui semble être le coeur de cible de ce produit. Ce public étant sensible aux clins d'oeil et autres références, Shark Tale n'en manque pas. Evidemment, les films sur la mafia, de The Godfather à Analyze This sont à l'honneur. Comme dans Shrek 2, de multiples marques (dont on peut supposer qu'elles ont participé au financement du film) voient leur logos parodiés avec des jeux de mots approximatifs.

Pour résumer, ce film semble être un pur produit de consommation qui doit plus au service marketing des studios Dreamworks qu'aux artisans qui l'ont façonné. S'il saura distraire les plus jeunes et ceux qui recherchent un divertissement constellé de célébrités, les cinéphiles exigeants risquent de s'ennuyer fermement.


Image
Comme il s'agit d'un film animé en images de synthèse 3D, le transfert est purement numérique. Et comme pour la plupart des films du genre, on approche des limites de ce que peut offrir le support en matière de qualité d'image. Ce transfert au format respecté de 1.85:1 (optimisé 16:9) est donc de très grande classe.

La définition est fantastique, les textures et les détails sont rendus avec une qualité rarement atteinte sur un support à définition standard. On s'approche de la qualité offerte par la haute définition. Si le rendu des matériaux est assez réussi, on est tout de même loin de la classe qu'on a pu admirer dans des films comme Shrek 2 ou Monsters, Inc.. Les simulations de fluide (spécialité de Dreamworks depuis les développements spécifiques sur Shrek) sont par contre impeccables.
Les couleurs douteuses (parfois pastel, parfois criardes) composant la palette du film sont impeccablement rendues, la palette très riche (peut-être même un peu trop) du film étant respectée sans qu'aucun débordement ne soit à déplorer. La brillance (niveau des noirs) et le contraste sont impeccablement réglés, et ne varient aucunement sur toute la longueur du film. Les parties sombres de l'image sont impeccablement rendues, avec des noirs profonds, des dégradés sans blocage et un niveau de détail digne du reste de l'image.

Au niveau purement numérique, il n'y a absolument rien à redire. Aucun filtre de retraitement de l'image, comme une surdéfinition des contours ou un anti-scintillement exagéré, ne semble avoir été employé. La compression est parfaitement maîtrisée. Les fourmillements sont assez rares pour être invisibles, et aucun effet de macro-bloc ne vient gêner les textures. Quelques bandes de Mach (discontinuités dans les dégradés) sont parfois visibles, mais sans que cela gêne le visionnement.


Son
Comme de coutume chez Dreamworks animation, quatres bandes-son sont proposées sur cette édition. La version original anglaise est offerte aux formats Dolby Digital 5.1 et 2.0 Surround, la version française en Dolby Digital 5.1 et la version espagnole en Dolby 2.0 Surround. Des sous-titre anglais, français et espagnols sont proposés, et ce aussi bien sur le film que sur les suppléments. C'est la version originale en 5.1 qui est le sujet de cette critique.

La dynamique dont fait preuve cette bande-son est très bonne, et la présence est elle aussi d'un bon niveau. Le champ sonore s'avère convaincant et assez immersif (un minimum pour un film subaquatique), grâce notamment à une utilisation judicieuse des canaux d'ambiophonie, notamment pour les effets d'ambiance. La séparation des canaux est tout à fait excellente, et les effets de transition d'un canal à l'autre sont fort bien gérés, plusieurs scènes assez démonstratives permettent de bien en profiter.
L'intégration des éléments composant cette bande sonore est impeccable. La trame sonore, composée principalement de musiques hip-hop et funk, fait preuve d'une fidélité tout à fait adéquate.
Les dialogues sont toujours très intelligibles, même lorsqu'un personnage se déplace dans le champ sonore, passant d'un canal à l'autre. Les effets sonores, enfin, s'avèrent impressionnants. L'utilisation des basses fréquences est évidemment assez intensive, que ce soit dans la musique, ou dans les effets sonores, qui profitent d'une utilisation judicieuse et musclée du canal LFE (.1). Le bruit de l'ancre tombant sur le malheureux Frankie en est un exemple particulièrement saisissant.



Suppléments/menus
Comme c'était déjà le cas sur l'édition de Shrek 2, Dreamworks animation abuse du contrôle de la navigation, en mettant deux bandes-annonces obligatoires (pas moyen d'appuyer sur Menu ou Chapitre Suivant, le seul moyen de les abréger est d'accélérer), une pour Madagascar (un peu moins pénible que celle qu'on a subi sur le DVD de Shrek 2 et une pour le long-métrage Wallace & Gromit, qui est en même temps une sorte de mini making-of s'adressant manifestement à un public ne connaissant pas les héros légendaires du studio Aardman. il est infiniment irritant de se voir ainsi imposer des publicités à l'insertion du disque sans avoir de possibilité simple de sauter par-dessus.

Le supplément le plus important est sans doute Club Oscar (3:36), un court-métrage dansant qui joue automatiquement à la fin du générique du programme principal. Une option Get Your Groove On ! permet d'accéder à des cours de danse expliquant comment pratiquer les pas exécutés par les poissons et autres crustacés dans le court-métrage.

Les suppléments se trouvent dans deux sous-menus accessibles à partir du menu principal du disque.
Le premier, Special Features, est celui qui nous intéresse le plus. Il permet d'accéder à plusieurs segments et au commentaire audio des réalisateurs. Ce commentaire, très complaisant, s'avère d'un intérêt relativement limité pour cette raison, mais on y apprend tout de même des anecdotes amusantes. On notera que des sous-titres anglais, français et espagnols sont proposés pour cette piste de commentaire, comme d'ailleurs pour la totalité des suppléments, ce qui est un très bon point.
Rough Water (1:42) est un segment présentant les résultats d'erreurs informatiques. Sans intérêt.
Star Fish (11:25) est un documentaire promotionnel attirant l'attention, comme l'affiche et la bande-annonce du film, sur les multiples stars qui ont prêté leus voix aux personnages de ce film.
The Music of Shark Tale (4:24) est comme son nom l'indique un segment, là encore promotionnel, mettant en avant les stars qui ont fait la musique du film.
A Fishified World (5:48) nous explique à quel point c'est amusant de mélanger les genres urbains et mafieux, et de tout transposer sous l'eau.
Gigi the Whale (1:18) est un segment animé où l'on apprend que Gigi the Whale est inspiré d'un personnage réel qui est surnommé Gigi the Whale. Passionnant.
A Tour You Can't Reef-Use ! est un ensemble de galeries d'art conceptuel, centrées autour des différents lieux où se déroule l'action. Sans doute un des meilleurs suppléments du disque.
Previews permet d'admirer la bande-annonce des DVD de Shrek 2, Balto et The Land Before Time.
Cast et Filmmakers sont des ensembles de biographies, des acteurs et réalisateurs/producteurs respectivement.

Le second sous-menu, Dreamworks Kids, s'adresse aux plus jeunes. En plus d'un raccourci supplémentaire vers Club Oscar, on a droit à plusieurs autres options.
Fin-Filled Scenes, un ensemble de raccourcis vers les scènes les plus amusantes du film.
Rock The Reef offre deux choix, Le premier, Syke's Jukebox, est un ensemble de raccourcis vers les scènes musicales du film. Le second est la vidéo musicale de Car Wash (3:53), chanson phare du film (grâce aux noms des interprètes Christina Aguilera et Missy Elliott).
Enfin, Must-Sea Games est un ensemble de trois jeux interactifs dont le seul présentant un quelconque intérêt est Fish Eat Fish, qui s'avère au moins un peu éducatif.

On notera que le menu principal permet à ceux qui n'ont pas vu ou qui ont aimé les bandes-annonces obligatoires jouant dès l'insertion du disque de les (re)voir.

Le bilan de ces suppléments est donc franchement mitigé. Entre les segments complètement publicitaires, le commentaire complaisant, tout cela fleure bon, comme le film d'ailleurs, le produit purement commercial.



Conclusion
Shark Tale, comme l'indiquait son affiche et sa bande-annonce, est un produit purement commercial qui brille plus par l'impressionnante liste de stars qui ont participé au projet que par l'originalité de son scénario ou la créativité déployée dans le graphisme du film. Ce titre DVD correspond bien à cet état de fait. Si techniquement cette édition est irréprochable (mis à part l'irritant contrôle de navigation qui rend presque obligatoire la vision de deux bandes-annonces à l'insertion du disque), les suppléments s'avèrent relativement consternants dans l'ensemble.

Si ce produit risque de plaire aux public plus jeune (enfants et adolescents), la cible plus adulte et cinéphile généralement visée par Dreamworks se tiendra à distance, car il y a presque de quoi se sentir insulté par l'aspect purement commercial de l'entreprise.


Qualité vidéo:
4,7/5

Qualité audio:
4,3/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2005-03-07

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Panasonic PT-L500U, écran fait maison screen Goo, Lecteur DVD LG DV7832NXC, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research / PC avec GeForce et WinDVD, moniteur 21'' Compaq P110

Le film

Titre original:
Shark Tale

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
90 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Dreamworks

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Court-métrage, raccourcis, jeux interactifs, cours de danse, piste DVD-ROM

Date de parution:
2005-02-08

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