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DVDEF

Sinister

Critique
Synopsis/présentation
Après une décennie où les producteurs de cinéma d’horreur ont malicieusement refait à peu près tous les classiques et où le genre a revigoré la présence du gore (Hostel, Saw, etc.), les années 2010 ont vu renaître un cinéma d’horreur plus classique, misant sur des effets éculés mais toujours efficaces et sur des histoires de fantômes plutôt que de psychopathes sanguinaires. Insidious (James Wan, 2010) et The Woman in Black (James Watkins, 2012) sont quelques-uns des titres qui ont assurés cette nouvelle vague. Sinister, de Scott Derrickson, réalisateur de The Exorcism of Emily Rose (2005) et de The Day The Earth Stood Still (2008), entre précisément dans cette lignée.

Ellison Oswalt (Ethan Hawke) est un auteur qui a connu son quinze minutes de gloire il y a plusieurs années. Écrivant des livres qui retracent l’histoire de meurtres célèbres non résolus, il est désespéré d’écrire un nouveau roman qui lui assurera à nouveau succès. Il déménage avec sa femme (Juliet Rylance) et ses deux enfants dans une maison où un horrible meurtre a été commis il y a plusieurs années. Évidemment, Oswalt compte exploiter son environnement pour inspirer son nouveau livre tout en gardant dans l’ignorance sa famille concernant les origines véritables de leur nouvelle demeure.

Le long-métrage de Derrickson repose essentiellement sur l’ambiance. Bien avant les images chocs et les sursauts, c’est l’élaboration d’une tension constamment palpable qui distingue l’œuvre de ses semblables. La prémisse intrigante ainsi que l’obsession de l’écrivain engageante et inquiétante permettent d’installer un climat de terreur bien réussi. Même si le héros incarne un archétype très éculé (l’écrivain obsédé par son sujet), le personnage d’Ellison Oswalt est suffisamment exploré pour que le spectateur puisse y accorder une importance et un attachement certain.

Sinister c’est aussi le déchirement entre le passé et la modernité. Les indices nous sont révélés à partir de films Super 8 rappelant évidemment les "snuff movies" et les films d’épouvante des années 70. Entre hommage et appropriation, l’emploi de ces films maisons sont le véritable ressort du film et causent certainement la terreur la plus prenante. L’œuvre exprime aussi cette problématique de faire cohabiter deux époques en présentant un personnage principal fasciné par le passé, mais qui n’hésite pas deux secondes à utiliser les nouvelles technologies (Google et la vidéoconférence ainsi que la lumière sur son iPhone pour découvrir de nouveaux indices dans sa maison plongée dans la noirceur) afin de faire avancer son projet.

Drame familial, suspense policier et film d’horreur, le long-métrage de Scott Derrickson réussit à être tout cela, de façon efficace à défaut d’être innovateur. Le film prend cependant son plus grand risque dans la finale osée et dérangeante qui risque de ne pas faire l’unanimité. Malgré cela, Sinister peut fièrement prendre sa place aux côtés des Insidious comme œuvre transpirant une touchante nostalgie sans pour autant être l’énième reprise d’un "slasher" des années 1970 ou 1980.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 à une résolution de 1080p.

Tourné en numérique et en Super 8, cette édition offre un superbe transfert. Les parties sombres, composant la très grande majorité des séquences du film, sont reproduites avec précision. Les dégradés y sont fluides et les noirs d’une pureté admirable. La reproduction des couleurs est toute aussi remarquable présentant ces dernières avec richesses. Les détails et les textures finement reproduits affichent une image nette.

Les images en Super 8 présentent quant à elles un grain cinématographie prononcé et affichent un niveau de détails et de textures adéquat. Les couleurs y sont également reproduites avec fidélité.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Trois bandes sons sont offertes sur cette édition. La première au format DTS-HD Master Audio 7.1, la deuxième au format Dolby Surround 2.0, toutes deux en version originale anglaise, et la troisième en version française au format Dolby Digital 5.1.

Dès les premières minutes, nous avons droit à un mixage DTS-HD 7.1 extrêmement impressionnant. Fonctionnant à la fois dans une intense subtilité et dans une provocante efficacité, la bande son exploite à fond le potentiel du 7.1. Le déploiement du champ sonore est judicieux. La majorité des éléments sonores sont entendus par les ouvertures frontale et latérale, mais les enceintes arrière sont souvent employées pour collaborer à la création de cette ambiance inquiétante. Les effets d’ambiophonie sont fréquents et permettent une pleine immersion. Les dialogues demeurent clairs et intelligibles alors que la trame sonore dérangeante et tordue de Christopher Young est parfaitement intégrée au mixage. Elle profite d’ailleurs du potentiel multicanaux ainsi que des basses fréquences qui grondent profondément à plusieurs occasions. Le canal d’extrêmes graves sollicités dans les moments de sursauts et de tension est d’une efficacité redoutable.

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.


Suppléments/menus
Deux pistes de commentaires audio sont disponibles sur cette édition. La première animée par le réalisateur Scott Derrickson est parsemée d’interventions techniques, notamment sur les différentes utilisations des caméras, sur le tournage et d’anecdotes amusantes.

La deuxième piste est animée par Derrickson et le co-scénariste C. Robert Cargill. Annoncée comme un commentaire sur l’écriture, Derrickson finit malheureusement par revenir sur ton travail de cinéaste, preuve infaillible de sa véritable passion. Les interventions demeurent néanmoins sur les choix scénaristiques et leurs justifications qui demeurent intéressantes et pertinentes.

On retrouve ensuite deux documentaires : « True Crime Authors (9:17) » qui font un survol intéressant du genre « true crime ». Les interventions sont faites par des professionnels (des professeurs et des auteurs) ce qui donne un aspect plus crédible au segment. « Living in a House of Death (11:32) » présente un de ces « true crime », celui d’un meurtre commis dans un maison de l’Iowa en 1912.

Une série de scènes supprimées (4:56) d’un intérêt relatif est aussi offert. Le commentaire audio du cinéaste Scott Derrickson, intéressant et pertinent, est disponible en option.



Conclusion
Sans révolutionner le genre, Sinister est un film efficace qui mise sur l'ambiance plutôt que sur des effets gore ou des sursauts gratuits (qui sont pourtant présents, mais limités). Déclaration d’amour définitive aux films des années 1970 (avec l’emploi des films Super 8) s’inscrit dans une tendance rafraichissante de film d’horreur plus sobre et classique qui s’est amorcée depuis quelques années.

Techniquement près du sans faute, l’édition propose un transfert vidéo d’une justesse et d’une finesse admirables reproduisant à la fois le rendu vidéo et celui plus granuleux du Super 8 alors que le mixage DTS-HD 7.1 est à la fois subtil, immersif et dynamique rendant l’expérience du visionnement encore plus saisissante.
Les suppléments évidemment inégaux évitent cependant le piège du ton promotionnel et sont pour la plupart assez intéressants.


Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,6/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2013-03-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Sinister

Année de sortie:
2012

Pays:

Genre:

Durée:
110 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Studio/Editeur:
Alliance Vivafilm

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 7.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Anglais
Français

Suppéments:
Pistes de commentaires audio, documentaires, scènes supprimées

Date de parution:
2013-02-19

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