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DVDEF

Deadwood (The Complete First Season)

Critique
Synopsis/présentation
1876 - Les États-Unis se remettaient tant bien que mal de la Guerre de Sécession (1861-1865) et la pauvreté frappait durement le pays. Le territoire connu aujourd’hui sous le nom de Dakota du Sud était à l’époque la propriété légale et reconnue des Sioux, et nul homme blanc n’avait le droit d’y pénétrer sans raison valable. Le gouvernement américain avait même promis aux premières nations d’intervenir si quiconque pénétrait illégalement sur leurs terres. Après avoir rompu une première fois sa promesse en 1860 pour laisser passer des chemins de fer un peu partout sur les territoires autochtones, il abandonna les premières nations à leur sort en 1875 quand une quantité importante d’or fut trouvée par hasard sur le territoire du Dakota du Sud. Il en résultat la dernière grande ruée vers l’or de l’histoire nord-américaine, quand près d’une dizaine de milliers d’américains se précipitèrent sur ce territoire sioux en l’espace de quelques mois seulement pour y faire fortune et ainsi renverser la vague de pauvreté qui accablait la population. Ces « immigrés » fondèrent la ville de Deadwood, une ville qui n’était régie par aucune loi étant donné son emplacement sur un territoire hostile appartenant aux Sioux. C’est dans cette ville de prospecteurs que se réunissent la multitude de personnages colorés de cette série.

Ceux qui sont familiers avec les productions de cette chaîne payante américaine savent qu’ils n’ont pas l’habitude de financer des sous-produits. Forte d’une réputation très enviable en ce quant à la qualité de leurs séries télévisées (The Sopranos et Six Feet Under par exemple), la HBO semble résolue à produire les séries les plus luxueuses et coûteuses du petit écran. Une chose est certaine, l’ambitieux (et onéreux) Deadwood aurait difficilement pu voir le jour dans une autre chaîne. Tout d’abord, il faut bien admettre que les Westerns ne sont pas particulièrement à la mode par les temps qui courent. Qui plus est, dans Deadwood, la violence est sale et réaliste, le langage est ordurier au possible (bien pire encore que dans n’importe quel film de Quentin Tarantino, ce qui n’est pas peu dire !) et le rythme de la série est franchement laborieux, surtout lorsque comparé à des séries d’action comme 24 ou Alias. Tout ceci est réunis dans un emballage de luxe composé de décors imposants et réalistes, de costumes d’époques crédibles et d’une facture visuelle riche et soignée. Voilà qui fait changement des séries traditionnelles aux formules éprouvées proposées années après années dans les chaînes publiques.

Ce qui fait le charme de Deadwood, c’est sa propension à explorer les personnalités complexes de ses personnages. En fait, on se rend compte rapidement que l’action est bien secondaire et que les péripéties sont prétextes à faire évoluer les personnages dans divers contextes. Il a été dit que le créateur de la série David Milch (NYPD Blue) n’hésitait pas à changer régulièrement des intrigues pour se donner la chance d’explorer une nouvelle facette d’un protagoniste. Il en résulte d’ailleurs quelques épisodes un peu plus vide en terme de péripéties (et donc un peu plus laborieux) mais ô combien intéressant quant au développement des personnages. Rarement avons-nous eu la chance de voir, au cinéma comme à la télé, des personnalités aussi complexes et approfondis. À Deadwood, rien n’est noir ou blanc. Le méchant Al Swearengen (brillamment interprété par Ian McShane, récompensé pour son rôle au dernier gala des Golden Globes) développe des contradictions et une conscience qui le rendent beaucoup plus humain que le premier épisode nous aurait laissé croire. Le justicier Seth Bullock (Timothy Olyphant, très charismatique), quant à lui, ne s’avère pas aussi noble et équilibré qu’on l’aurait souhaité. Pour le spectateur, il est difficile de s’identifier à l’un ou à l’autre des protagonistes, mais l’exercice n’en est que plus stimulant et enrichissant.

La série stimule également par son acuité historique. Deadwood n’est pas une fable, ce qui y est raconté est généralement basé sur des faits et des personnages bien réels. Les apparitions de Wild Bill Hickock et Calamity Jane dans la série n’est donc pas gratuite mais reflète au contraire la réalité. Bien entendu, les événements ont été romancés et plusieurs personnages fictifs ont été greffés à l’Histoire, mais il reste que le contenu est éducatif et des plus pertinent. Jamais la série ne sombre-t-elle dans rebondissements débiles et gratuits ou dans des fusillades irréalistes typiques aux Western. Aussi, le contexte social et politique qui caractérise cette époque (comme la création de nouveaux états aux États-Unis) est judicieusement intégré à l’intrigue pour lui donner un peu plus de résonance.

Au-delà de la grande qualité de son écriture, la série est un véritable bijou de réalisation et de mise-en-scène. Chaque plan apparaît minutieusement étudié. Les cadrages sont toujours magnifiquement composés et tirent le maximum des décors. La direction d’acteurs est impeccable, et la mise en scène s’avère particulièrement attentive aux personnages. La photographie est léchée à souhait, tandis que la trame-sonore sert toujours parfaitement les images. Franchement, Deadwood est un véritable bijou de télésérie qui mérite une écoute attentive pour saisir toutes ses subtilités. On attend la suite avec impatience.


Image
La série Deadwood est offerte au format respecté de 1.78:1, et ce d’après un transfert 16:9.

À l’instar de la plupart des séries américaines bénéficiant d’un budget digne de ce nom, Deadwood a été filmée sur pellicule 35mm pour ensuite profiter d’une post-production en vidéo HD.  Tout indique que la source de ce transfert est numérique, ce qui n’a nécessitée aucune manipulation d’interpositif et n’a provoqué aucune perte. Le résultat, considérant qu’il s’agit d’une série télévisée, est impressionnant. La définition générale est franchement excellente. L’image est nette et précise. Elle rend justice aux somptueux détails des décors et de la photographie, laquelle n’était pas sans poser un défi de tailles aux artisans de ce transfert. La poussière omniprésente, la finesse du sable et la fumée sont tous reproduits sans aucun problème de piqué. L’étalonnement des couleurs est irréprochable. La saturation est bien gérée et respecte l’apparence un peu terne des couleurs voulue par la réalisation. La restitution est impeccable, le cercle chromatique ne trahi aucun débordement ni aucune dominante involontaire. Les teintes de peau ont une apparence naturelle. Le niveau des noirs (brillance) est correctement ajusté et ne présente aucune fluctuation involontaire. Il en résulte des noirs toujours profonds et bien contrastés. Un très subtil fourmillement y fait une apparition sporadique et rarement distrayante. Seule une séquence, dans le dernier épisode de la saison, affiche des noirs qui fourmillent anormalement. Étrange… Les parties denses présentent des dégradés subtils et précis qui ne bloquent jamais.

La numérisation du transfert est optimale. On ne remarque aucune perte de rendu (drop) ni même de bruit vidéo. La compression est généralement sans problème du fait qu’à peine deux ou trois épisodes seulement sont réunis sur chaque disque. Le taux d’encodage (bitrate) est élevé et constant, ce qui se traduit par un transfert exempt de toute anomalie de compression.


Son
Pas moins de quatre bandes-son différentes sont disponibles : deux en anglais (Dolby Digital 5.1 / 2.0 Surround), une en français (Dolby Surround 2.0) et la dernière en espagnol (Dolby Surround 2.0). Des sous-titrages dans les trois mêmes langues sont également offerts. Pour cette critique, nous avons analysé le mixage multi-canal anglais.

Ce mixage s’avère tout à fait honnête considérant qu’il s’agit d’une série télévisée. D’une dynamique d'un très bon niveau, la bande-son manifeste également une profondeur et une présence surprenante. Seule la spatialité fait un peu défaut, résultat d’un champ-sonore qui se déploie un peu trop au niveau des enceintes avants. L'usage des canaux arrières ne sont de toute évidence pas assez soutenus, que ce soit pour créer l’ambiance ou pour intégrer des effets localisés. C’est plutôt dommage, puisque l’immersion sonore en souffre. Heureusement, la séparation des canaux est précise et fluide.

L’intégration des divers éléments sonores apparaît réussi parce que précis et savamment dosé. Les dialogues sont naturels et intelligibles. Les effets sonores sont nets et efficaces. La trame-sonore est intégrée avec profondeur et fidélité, cependant une utilisation plus soutenue des canaux arrières aurait été appréciée. Les basses sont rondes, profondes et bien gérées. Le canal .1 (LFE) se fait un peu trop discret et aurait mérité une intégration plus agressive. Les fréquences d’extrême-graves y sont cependant très bien senties.


Suppléments/menus
Cette édition est sans contredis l’une des plus complète que la HBO ait jamais offerte en ce qui concerne la quantité de suppléments.

Vous retrouverez tout d’abord un total de 4 pistes de commentaires audio. La première piste est offerte sur le premier épisode (Deadwood) et est animée par le créateur David Milch. Il s’agit certainement de la piste la plus intéressante du lot. Milch est un homme articulé et intelligent, donc très stimulant à écouter. Il y va d’une multitude d’informations historiques entourant le récit de la série, tout en expliquant comment il s’y est pris pour romancer le tout. Très intéressant, malgré qu’on remarque plusieurs redondances entre ses propos et les informations révélées dans les documentaires offerts sur le sixième disque…

La deuxième piste est animée par les comédiens Molly Parker et Keith Carradine sur le quatrième épisode (Here Was a Man). Les deux intervenants manifestent un enthousiasme contagieux quand ils partagent leur affection pour l’émission, mais le contenu ne va guère plus loin que leur appréciation des tournages.

L'épisode cinq (The Trial of Jack McCall) propose une piste animée par les acteurs Brad Dourif et Robin Weigert. Dourif à lui-seul mérite d’être entendu. Il s’agit d’un commentateur passionné par son boulot qui partage avec générosité et éloquence les particularités de son travail sur Deadwood. Fort intéressant.

Finalement, une piste animée par les acteurs Timothy Olyphant et Ian McShane est disponible sur le tout dernier épisode (Sold Under Sin). Cette piste ne propose absolument rien de pertinent, mais la camaraderie qui unie les deux hommes donne lieu à quelques gags amusants lorsque l’un et l’autre se moque respectivement de leur travail. Amusant, sans plus.

Tous les autres suppléments sont réunis sur le sixième disque de cette édition. Vous y retrouverez un total de quatre documentaires totalisant plus d’une heure et demi de métrage. Le premier segment est intitulé Making Deadwood (13 mins). Il s’agit du moins pertinent des quatre documentaires. Ce n’est ni plus ni moins qu’un simple segment promotionnel qui gaspille son temps à nous résumer les intrigues qu’à expliquer les enjeux de la série ou encore démontrer les facettes du tournage. Quelques images filmées en coulisses méritent le coup d’œil par contre.

Beaucoup plus intéressant est The Real Deadwood (25 mins), un documentaire qui nous expose les faits historiques qui ont inspirés la série. Composé d’entrevues avec des historiens ainsi que de matériel d’archive pertinent, ce segment est fascinant qui prouve à quel point la série se rapproche de la vérité. À ne pas manquer.

The New Language of the Old West (30 mins) est une discussion entre le créateur de la série David Milch et l’acteur Keith Carradine (Wild Bill). Les deux hommes décrivent les particularités des dialogues et comment ceux-ci reflètent bel et bien la réalité de 1876. Très intéressant.

An Imaginative Reality (28 mins) est une autre discussion entre Carradine et Milch. Cette fois, les deux hommes conversent nous démarquent la réalité de la fiction dans la série, et Milch explique la nécessité d’incorporer la fiction pour accentuer les faits historiques. Fascinant.



Conclusion
La seule et unique chose qui devrait vous empêcher de vous procurer cette série (si vous êtes amateur du genre à tout le moins) est son prix. À plus de 90$ CA, l’achat représente un luxe. Mais quand diable la HBO se rendra-t-elle à l’évidence que ses séries sont beaucoup trop dispendieuses, surtout lorsque comparé aux séries offertes par la Fox ou la Warner qui offrent le double d’épisodes pour presque la moitié du prix. Quoi qu’il en soit, une location est à tout le moins de mise puisque Deadwood est une véritable réussite en son genre. Techniquement, cette édition est sans conteste de haut niveau. Le transfert est presque irréprochable et les suppléments sont relativement nombreux et surtout très intéressants. Quant au mixage sonore, il est tout ce qu’il y a de plus honnête considérant qu’il s’agit d’une série télévisée. À ne pas manquer !


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2005-03-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Deadwood

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
720 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
HBO

Produit:
DVD

Nombre de disque:
6 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
4 pistes de commentaires audio, 4 documentaires

Date de parution:
2005-02-08

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