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DVDEF

Heat (2 Discs - Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
En 1995, au moment de la parution de Heat, toute la publicité entourant la distribution du film a misé sur l’affrontement entre Pacino et DeNiro, deux monstres sacrés du cinéma américain réunis pour la première fois à l’écran (hormis The Godfather II, dans lequel ils ne partageaient aucune scène… ni même la même époque d’ailleurs). Durant cette campagne de promotion, les origines de Heat n’ont jamais été dévoilé… Heat n’est pas une œuvre originale proprement dite. Il s’agit en fait d’un remake d’un téléfilm scénarisé et réalisé en 1989 par Michael Mann lui-même et intitulé L.A. Takedown. Comme l’idée de produire un remake d’un téléfilm raté et méconnu n’a rien de vendeur pour l’auditoire, les responsables de la promotion de Heat ont tout simplement négligé ce petit détail dans le dossier de presse… Pourtant, Mann n’avait pas nécessairement à avoir honte de son L.A. Takedown. Il s’agissait pour lui d’une opportunité qui ne s’est tout simplement pas avéré à la hauteur de ses ambitions. Le fait est que le cinéaste traînait avec lui le scénario de Heat depuis déjà une bonne dizaine d’années avant qu’un producteur se décide à le produire pour la télévision. Mann a saisit sa chance, mais les conventions télévisuelles l’ont empêché de mener son projet-chéri aussi loin qu’il l’aurait voulu. Le résultat est un téléfilm bâclé que le réalisateur a rapidement désavoué pour se consacrer à une adaptation digne de ses ambitions de son scénario. Trois ans plus tard, il réalisa The Last of the Mohicans, succès commercial et d’estime lui permettant une fois pour toute de mettre en chantier la production du film qui lui tenait tant à cœur.

Dix ans après sa sortie, Heat est déjà considéré par plusieurs comme étant un classique du cinéma policier. Et pour cause ! Rarement aura-t-on vu un film policier aussi dense, aussi épique et approfondi que Heat. À l’époque, on se souviendra que quelques critiques pisses-vinaigres ont reproché au film de Michael Mann sa trop longue durée, qualifiée de complaisante, par rapport à la simplicité de l’intrigue. Or, la grande réussite de Heat ne repose certainement pas sur son intrigue, somme toute classique et passe-partout, mais plutôt sur l’enrobage. À titre de scénariste, Mann s’est permis le luxe d’explorer très en profondeur la vie de ses personnages, autant les protagonistes que les antagonistes. Son intrigue est un prétexte, une occasion d’explorer l’existence de ces personnages qui incarnent les deux côtés de cette mince frontière qu’est le crime. Aucun d’entre eux n’est fondamentalement bon ni mauvais, ils nagent en pleine zone grise. Résultat : même les criminels provoquent chez le spectateur un sentiment d’empathie, ce qui n’est pas forcément courant dans ce genre de cinéma qui se contente généralement de conflits au premier degré entre le bien et le mal.

Évidemment, c’est surtout les performances de Pacino et DeNiro ainsi que la relation qui unit leurs personnages qui font la force du film. La séquence de leur conversation est le véritable point central du film autour duquel gravite les éléments du film. Par cette scène, Mann nous démontre quels sont les véritables enjeux du film tout en prouvant à quel point le protagoniste et l’antagoniste sont les deux facettes d’une même personne. Leur opposition n’est que la conséquence d’une série d’événements qui les font se confronter plutôt que de collaborer. Leur conflit n’est pas personnel ni émotionnel, au contraire. Ils se respectent mutuellement et vont même jusqu’à admirer leur détermination respective qui leur rappelle la leur. La séquence de la conversation dans le restaurant, qui repose entièrement sur les épaules des comédiens à qui Mann laisse toute la place (de par sa mise en scène d’une simplicité exemplaire) risque de laisser sa marque dans l’histoire du cinéma comme elle a laissé sa marque dans le film.

Bien sûr, on se souviendra aussi longtemps de Heat pour sa spectaculaire fusillade en plein centre-ville de Los Angeles. En fait, cette fantastique séquence d’action jumelée à la scène de la conversation font état de tout le talent de cinéaste de Michael Mann. Ceux qui oserait l’accuser de verser dans la sur-enchère se doivent d’analyser ces deux séquences qui vivent par la mise en scène et sans plus. Mann laisse respirer ses acteurs et son action sans les engloutir dans une musique pompeuse et des mouvements de caméras débiles. Rares sont les réalisateurs de nos jours qui se permettent de faire des films aussi langoureux que Mann, qui prends tout le temps nécessaire pour raconter son histoire, et il faut espérer qu’il poursuive dans cette vois encore longtemps.


Image
Le film est présenté au format respecté de 2.35:1 et d’après un transfert 16:9. Après vérification, nous avons constaté que ce transfert est en tout point identique à celui offert sur l’édition régulière à simple disque distribuée en juillet 1999. Il est dommage que la Warner n’ait pas à tout le moins pris la peine de corriger les terribles défauts que trahissait ce transfert…

L’interpositif employé pour le transfert était dans un état correct, mais sans plus. Les anomalies, telles que points blancs et égratignures, y sont relativement mineures mais récurrentes. Dans l’ensemble, la définition est plutôt bonne, sans nécessairement atteindre les niveaux d’excellences des transferts les plus récents. L’image est généralement nette, à l’exception de quelques arrières plans qui manquent légèrement de précision dans les détails et textures. Le rendu des couleurs est certainement l’élément le plus problématique de ce transfert. Vous remarquerez à quel point l’étalonnage n’est pas constant ou même conforme d’un plan à l’autre. Pis encore, à 54min28 dans le film, l’étalonnage change subitement dans un plan ! Difficile d’expliquer un tel défaut et encore plus de comprendre pourquoi il n’a pas été corrigé avec cette nouvelle édition. Évidemment, il résulte de ce problème une restitution parfois déficiente des couleurs. À tout le moins, la saturation est-elle bien ajustée et il n’y a aucun débordement à déplorer. Dans l’ensemble, les teintes de peau ont une apparence naturelle. Le contraste est fort bien géré et ne présente aucune fluctuation. La brillance est bien ajustée et présente des noirs profonds et de bon niveau. Ces derniers ne sont malheureusement pas exempts de fourmillement, et ce particulièrement dans les séquences nocturnes qui par ailleurs trahissent également un niveau de grain anormalement élevé.

La partie numérique du transfert, heureusement, apparaît sans problème majeur. La numérisation ne souffre d’aucune perte (drop) de rendu, et la compression ne laisse entrevoir aucun trace de macrobloc.


Son
Deux bandes-son Dolby Digital 5.1 nous sont proposées : l’une en anglais et l’autre en français. Avant que la question ne nous soit posée, mentionnons que le doublage français ici proposé est identique à celui offert sur l’édition DVD régulière offerte jadis. Il s’agit donc d’un doublage européen et non pas de la traduction produite au Québec telle qu’entendue en salles et sur vidéocassettes.

À l’instar du transfert, le mixage ici offert est identique à celui proposée sur l’édition DVD régulière. Il s’agit d’une bonne nouvelle considérant la grande qualité de ce mixage qui propose une dynamique à couper le souffle ainsi qu’une présence de très haut niveau. Le champ-sonore, qui se déploie avec une belle profondeur à travers l’ensemble des canaux, est immersif et bien vivant. Le positionnement des éléments sonores fait preuve d’une précision irréprochable. Les canaux ambiophoniques sont judicieusement et intelligemment sollicités pour créer une ambiance subtile et réaliste, mais aussi pour nous placer au cœur de l’action avec une vigueur peu commune dans les scènes d’action. Les effets localisés entendus lors de la séquence de la fusillade au centre-ville sont d’une efficacité redoutable autant dans leur exécution que dans la fidélité sonore. Les transitions stéréophoniques et avants-arrières sont efficaces et bien gérées.

La trame-sonore, un élément très marquant du film, est ici particulièrement bien intégrée. Sa fidélité ne fait aucun doute, et son intégration profite fait preuve d’une profondeur de même qu’une subtilité toute à son honneur. Les dialogues sont en tout temps naturels et intelligibles. Les basses sont profondes et vigoureuses et appuient les effets sonores aux moments opportuns. L’utilisation du canal .1 (LFE) est conséquente à l’action vue à l’écran, c’est à dire soutenue durant les scènes d’action et retenue en d’autres temps. Que demander de plus ?


Suppléments/menus
Si la précédente édition nous laissait carrément sur notre appétit de par l’absence de suppléments autres que des bandes-annonces, cette nouvelle édition double-disque corrige quelque peu le tir en proposant quelques éléments relativement intéressants.

Le premier disque de l’édition comporte trois bandes-annonces ainsi qu’une très bonne piste de commentaires audio. Jusqu’à tout récemment, Michael Mann refusait de se prêter à l’exercice des commentaires audio. Heureusement pour les cinéphiles, le cinéaste a changé son fusil d’épaule. En plus d’être un cinéaste en pleine possession de ses moyens, Mann est un homme intelligent et articulé qui s’avère être particulièrement fascinant à écouter. Il nous offre une analyse pertinente de son film plutôt que de s’embourber dans des anecdotes futiles, tout en expliquant les principales technicalités derrières le tournage. Si son ton un peu trop décontracté risque d’en lasser plusieurs, les plus curieux seront sans doute rassasiés par la quantité d’information dévoilée.

Le reste des suppléments est accessible sur le deuxième disque. Vous retrouverez tout d’abord un documentaire de près d’une heure simplement intitulé The Making of Heat. Séparé en trois parties, ce documentaire est quelque peu décevant. Son contenu est souvent très intéressant et pertinent, mais sa structure est aléatoire et confuse. Le montage passe d’une intervention à une autre sans rigueur aucune, ce qui à tôt fait de nous déstabiliser et, ultimement, de nous lasser. Dommage, que voilà une belle opportunité gâchée par un amateurisme flagrant dans le montage. Ce documentaire raconte comme l’histoire du film est née (il s’agit de la partie la plus intéressante) puis s’attarde à la production même du film.

Pacino and DeNiro : The Conversation (10 mins) est une analyse assez fascinante de cette scène clé du film. Mann explique le niveau de difficulté entourant l’écriture puis la réalisation d’une telle scène, tandis qu’une poignée d’intervenants analyse son importance dans le film et même dans l’histoire du cinéma. Très intéressant, malgré le fait que plus du tiers de ce segment ne fait que montrer la scène elle-même sans justification. Quel gaspillage de temps…

Return to the Scene of the Crime (12 mins) est une sorte de visite guidée des principaux lieux de tournages du film. Deux artisans du film nous amènent d’un endroit à l’autre en expliquant pourquoi chaque lieu a été choisi par Michael Mann. Très intéressant.

Finalement, vous retrouverez un total de onze scènes coupées. Aucune de ces scènes n’est particulièrement intéressante, mais les amateurs du film verront leur curiosité comblée.



Conclusion
À peine dix ans après sa parution, il ne faut aucun doute que Heat est d’ores et déjà un classique du cinéma policier. À coup sûr ce film se doit de figurer dans les vidéothèques des amateurs du genre. Cependant, si vous possédez déjà l’édition DVD antérieure du film, sachez que le transfert et les mixages sont identiques à ceux de cette nouvelle édition. Ainsi donc, n’achetez cette édition double-disque que si vous tenez absolument à vous procurer les suppléments.


Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
4,4/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2005-03-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Heat

Année de sortie:
1995

Pays:

Genre:

Durée:
172 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, 11 scènes coupées, documentaire (1hre) en trois partie et deux segments aditionnels

Date de parution:
2005-02-22

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