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DVDEF

Queen of Versailles, The

Critique
Synopsis/présentation
Couronné du prix de la meilleure réalisation pour un film documentaire au Festival du film de Sundance de 2012, The Queen of Versailles de la cinéaste Lauren Greenfield arrive en sol québécois auréolé d’un succès critique unanime. Relatant les déboires du richissime couple formé de David et Jacqueline Siegel, le film nous présente lui, âgé de plus de soixante-dix ans et elle, tentant de camoufler sa jeune quarantaine. À eux deux, ils ont huit enfants et possèdent l’une des plus grandes fortunes américaines. Siegel est le propriétaire de la chaine hôtelière Westgate qui offre le principe du « timeshare » où les gens peuvent être propriétaires de façon périodique d’une des suites que l’homme et ses employés offrent.

La famille mène un train de vie luxueux; ils se déplacent en limousine ou en jet privé et ils organisent des soirées festives avec la classe politique (Siegel avouera même avoir joué un rôle dans l’élection de George W. Bush), et surtout où ils peuvent se faire construire la plus grande maison en Amérique : une réplique du château de Versailles. La construction de ce manoir, sorte de métaphore de la réussite et du rêve américain, est en quelque sorte ce que la réalisatrice Lauren Greenfield veut filmer, en plus de la surconsommation et de l’insouciance qu’engendre le mode de vie de la famille Siegel. Un événement imprévu viendra cependant donner une toute nouvelle tournure au projet : la déconfiture boursière de 2008.

Dès lors, toute la fortune des Siegel basée exclusivement sur la spéculation immobilière est profondément touchée par ce bouleversement. Rapidement, ils doivent mettre le château en vente pour 75 millions de dollars alors qu’il est toujours inachevé. Sans compter leur mode de vie qui devra changer drastiquement et auquel la plantureuse Jacqueline aura beaucoup de difficulté à s’adapter. C’est un peu à a cette désillusion du rêve américain que nous fait assister Greenfield. Ce qui pourrait presque être un cadeau du ciel pour son étude de caractère est cependant au cœur des tensions qui animent le couple Siegel.

Si dans les entretiens qu’elle a donnés, la réalisatrice voue une profonde admiration pour les deux êtres qu’elle filme, sa caméra expose complètement autre chose. Ex-mannequin et diplômée en ingénierie, Jackie Siegel est présentée comme une sorte de Paris Hilton vieillissante. Cachée derrière son rôle de mère et de ‘’bimbo’’, on tente néanmoins de prouver qu’elle est plus que cela. Pourtant, c’est bien le vieil homme qui détient les rennes. Et lorsque les évènements commencent à jouer contre lui, sa vraie nature désagréable se dessine. Même si les images que filme Greenfield ne jugent jamais le couple, la cinéaste est pleinement consciente que les actions et les paroles que livrent les deux à la caméra suffisent à elles-mêmes pour définir le genre de personnes que sont les Siegel. Il faut voir la séquence où Jacqueline magasine les cadeaux de ses enfants dans un Wal-Mart et réussit à remplir deux carrosses de jouets alors que son mari se dirige vers la faillite.

Si The Queen of Versailles est un documentaire divertissant et accessible de par ses deux êtres qui paraissent risibles et pathétiques, c’est aussi un portrait extrêmement déprimant de l’Amérique. En présentant ainsi la déchéance du rêve américain à travers le récit des Siegel, ce ne sont pas seulement eux qui sont pointés du doigt, mais bien une nation au grand complet.


Image
Le film est présenté au format d’image respecté de 1.78:1 à une résolution de 1080p.

Un très beau transfert qui reproduit fidèlement les intentions de la cinéaste. L’image affiche netteté et précision tant dans la reproduction des différents détails que les textures. Les couleurs sont riches et précises. Nous passons ainsi à des séquences dans la maison des Siegel à d’autres en extérieur, à des plans d’ensemble de Vegas, le tout toujours reproduit avec fidélité et précision. Le contraste est parfaitement géré alors que les dégradés sont fluides livrant des parties sombres riches et belles. Les noirs demeurent purs et profonds.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
La bande-son disponible sur cette édition est au format DTS-HD Master Audio en version originale anglaise.

Même si le film ne se prête pas à la base au potentiel d’un mixage DTS-HD, sa présence est certes la bienvenue. Laissant la majorité des éléments sonores se faire entendre par les ouvertures frontale et latérale, le mixage gagne énormément en dynamisme et en profondeur grâce à l’utilisation subtile et efficace des enceintes arrière. Servant en grande partie à appuyer les ambiances, elles procurent une belle immersion lors du visionnement. Les dialogues demeurent constamment intelligibles alors que les basses fréquences grondent à quelques occasions seulement, surtout pour appuyer la trame sonore. L’emploi du canal d’extrêmes graves est complètement anecdotique.

Des sous-titres anglais et espagnols sont disponibles.


Suppléments/menus
Seules une poignée de scènes supprimées d’un intérêt moyen (il est difficile de les resituer au cœur des évènements du film car elles ne sont pas mises en contexte) et la bande-annonce du film sont offertes en guise de suppléments.



Conclusion
Hilarant, pathétique et déprimant, The Queen of Versailles est un divertissant et fascinant documentaire sur la vie du couple formé de Jackie et David Siegel. Non seulement il expose l’inaccessibilité du rêve américain, mais il présente aussi deux personnages malgré tout touchants et humains.

L’édition est techniquement à la hauteur. Le transfert vidéo reproduit fidèlement les intentions de la réalisatrice alors que la présence d’un mixage DTS-HD n’était pas nécessaire, mais apporte une bien meilleure immersion. Avec les nombreuses entrevues qu’a données Lauren Greenfield, il est un peu étonnant de constater le peu de suppléments présents sur cette édition. Ce serait bouder son plaisir, car l’œuvre elle-même demeure une solide raison pour justifier un achat.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2012-12-23

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Queen of Versailles, The

Année de sortie:
2012

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):
-

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Mongrel Media

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Scènes-supprimées, bande-annonce

Date de parution:
2012-11-13

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