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DVDEF

Thunderbirds (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Après « Supercar », « Fireball XL5 » et « Stingray », Gerry Anderson créé, en 1964, une nouvelle série : « Thunderbirds » - aka « Les Sentinelles de l'air » en Français. Quatrième série tournée en « Supermaronation », technique qui allie l'animation par marionnettes et les effets spéciaux, elle sera celle qui connaîtra le plus de succès.

L'action de situe en 2065 où lorsque les moyens conventionnels de sauvetage sont insuffisants et que des vies sont en danger la « Sécurité Internationale » intervient. Cette organisation créée par Jeff Tracy, un ex-astronaute milliardaire, possède un QG secret sur une île du pacifique qui est aussi la base de lancement des « Thunderbirds », engins utilisés par l'équipe dans leurs sauvetages périlleux. Les cinq fils de Jeff Tracy pilotent ces machines fabuleuses et plusieurs agents secrets répartis autour du monde les aident dans leur tâche. Le plus proéminent est Lady Pénélope, agent londonien toujours accompagnée de son valet Parker au passé criminel. Cette intrépide équipe se découvre bientôt un ennemi juré en « Hood », personnage maléfique possédant des pouvoirs psychiques issues de la méditation et des pratiques vaudou.
Diffusée un peu partout dans le monde, avec la notable exception des États-Unis jusque récemment, cette série aura bercée de nombreuses jeunesses et est devenue une icône des programmes pour enfants. Elle a su, par son rythme et ses images spectaculaires pour l'époque, faire rêver aussi bien les petits que les grands et reste encore de nos jours un programme passionnant à visionner.

Les vieilles séries cultes des années 60/70 semblent être une source d'inspiration sans fond pour la production cinématographique hollywoodienne. Après « Chapeau Melon et bottes de cuir », « Starsky et Hutch », « Le Saint », « Mission Impossible » et bien d'autres, voici le tour de « Thunderbirds » d'être adapté au grand écran. Autant le dire tout de suite cette adaptation subira, à juste titre, le sort de la plupart de ses homologues et sera un flop. Le film n'a tout simplement aucun des éléments qui fait le charme de la série originale.

Alan, le plus jeune fils de Jeff Tracy toujours au collège, rêve de faire partie de l'équipe de sauveteurs internationaux constitués par son père et ses quatre frères. Après un sauvetage spectaculaire, l'un des engins est marqué par un homme de main de « Hood » permettant à ce dernier de situer l'emplacement du quartier général secret des « Thunderbirds ». Celui-ci sera investi après que l'équipe complète se trouve piégée en orbite dans un Thunderbird 5 au bord de la destruction et que les adultes de l'île soient fait prisonniers. Seuls les trois adolescents Alan, Tin-Tin et Fermat restent en position de sauver l'organisation.

Ce scénario n'est pas des plus heureux. En effet, adapter « Thunderbirds » en éliminant ces derniers de l'équation dans les premières minutes de film mène immanquablement à un piètre résultat. Seul l'introduction et la fin du film rappelleront vaguement la série dont il est tiré, le reste n'étant qu'un pâle ersatz de « Spy Kids ». Jonathan Frakes nous livre ici une oeuvre sans saveur dans le moule parfait du film hollywoodien pour enfants de moins de dix ans.

Les acteurs n'en sortent pas grandis, loin s'en faut. Bill Paxton nous offre une performance de Tracy très monolithique alors que Ben Kingsley ne se force visiblement pas beaucoup dans son rôle de « Hood ». Le pauvre Anthony Edwards n'aidera certainement pas sa carrière avec un « Brains » affligé d'un bégaiement ridicule qui vire rapidement à la moquerie, travers dans lequel la série n'est jamais tombé. Le personnage de Fermat, son fils, est affligé des exactes mêmes caractéristiques ce qui frise l'injure. Il en va de même de Tin-Tin qui hérite des pouvoirs télékinésiques de son Oncle « Hood ». Comment ces pouvoirs n'ont jamais été détectés par l'équipe restera un mystère. Alan est l'archétype du jeune héros, blonds aux yeux bleus atteint du classique problème avec l'autorité.

Même si les personnages d'ados sont plutôt mieux joués et moins énervants que dans la moyenne des productions de ce type il n'en reste pas moins que leurs aventures n'arrivent pas à éveiller le moindre intérêts chez le spectateur. La réalisation rigide de J. Frakes ne fait rien pour améliorer un tout bien décevant qui frise souvent le pathétique. Aucun stéréotype ne manque à l'appel, les méchants sont couverts de boue verdâtre ou tombent dans la piscine, l'éternel coup dans les parties sensibles du colosse est bien entendu présent lui aussi, le film va jusqu'à utiliser les bruitages de vieux dessins animés, BOINGS et autres PAF sont entendus pendant les bagarres.

Tout n'est cependant pas négatif. Le design sensiblement mis à jour des « Thunderbirds » est excellent, les engins sont majestueux et instantanement reconnaisables. Les (rares) scènes de sauvetage manque un peu de suspens mais sont très belles et bien rythmées. Les quelques clins d'oeil et hommages clairsemés tout au long du film raviront les fans de la série, on retiendra notemment un plan où une main retenue par les célèbres ficelles qui faisait le charme de la série peux être aperçue dans la pénombre du cockpit au décollage de « Thunderbird 1 ». Les personnages de Lady Penelope et Parker sont magnifiquement campés par Sophia Myles et Ron Cook qui nous offrent une interprétration croustillante. Ces deux acteurs sont un véritable plaisir à regarder, ils possèdent une aisance et une maîtrise de leurs rôles réspectifs qui sont bien rafraichissantes.

C'est malgré tout un film bien terne que nous obtenons à l'arrivée. Quarante ans après leur première diffusion les « Thunderbirds » auraient mérité un bien meilleur traitement.

5...4...3...2...1... Ils sont partis. Espérons que ce ne soit pas pour de bon.


Image
L'image de cette édition est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9. Provenant d'un matériel récent la qualité de l'interpositif est excellente, aucun défaut n'a été remarqué. L'image est très nette avec une très bonne définition générale et des textures bien détaillées.

La palette de couleurs du film tire fortement vers les couleurs primaires et secondaires, très vibrante. Le rendu est dans l'ensemble très bon, les couleurs sont bien vives et saturées. Un léger fourmillement et débordement sera cependant visible sur les rouges de quelques scènes, un peu distrayant sans être vraiment ennuyeux. Le film possède un très haut niveau lumineux et des contrastes élevés, ce n'est pas un problème de transfert mais un choix artistique, une sorte d'hommage à la série classique. L'image garde un très bon niveau de détails sans blocage dans les dégradés, les noirs sont profonds et bien constants.

Une légère surdéfinition de contours est décelable sans être vraiment distrayante. On remarquera une perte de définition importante dans quelques scènes, ce n'est cependant pas un problème de transfert mais plutôt une mauvaise qualité des effets spéciaux, ce qui est étonnant pour une production d'un budget de 50 millions de dollars US...


Son
Les bandes son anglaise ainsi que les doublages français et espagnol nous sont proposées, tous au format Dolby Digital 5.1. On pourra aussi trouver les sous-titres en français et en espagnol ainsi que le sous-titrage pour malentendants (close captioning) en anglais.

La bande sonore anglaise, que nous commenterons ici, est très dynamique. Le champ sonore est spacieux et tire pleinement partie du format 5.1. Les dialogues sont bien intelligibles mais perdent un peu de clareté lors des scènes d'actions.
Les canaux d'ambiophonies sont très utilisés aussi bien dans les scènes d'actions où les machines nous passent au dessus de la tête que pour l'environnement général qui est riche en détails sonores. Les différents élements sont bien situés dans l'espace mais on notera un certain manque de subtilié dans le mixe qui nuit un peu à l'immersion, le placement est en effet un peu trop précis par moment ce qui a un effet distrayant. C'est sans contestation les enfants qui sont ciblés par ce type de mixage. Les basses et le canal de fréquence extrême graves sont puissament mis en action lors des décollages et vols des “Thunderbirds” qui feront trembler votre siège.

La bande son est très efficace et bien adaptée au type de film et au public visé, même si parfois elle manque un peu de subtilité.


Suppléments/menus
L'édition contient 5 documentaires, une vidéo musicale, une partie DVD-ROM que nous ne commenterons pas ici et le commentaire de Jonathan Frake, réalisateur du film.

Le commentaire est informatif, intéressant et facile à écouter. J. Frakes n'est cependant, ici, pas des plus enjoués et reste assez monocorde. Certaines des remarques faites pendant l'animation font ressortir une certaine frustration avec la production. Les mentions aux multiples visionnements tests, coupures et exigence du studio, toujours pour le bien du film, bien sur, on ne crache pas dans la soupe, donnent par moment une drôle d'ambiance au commentaire. J. Frakes se qualifie lui même de « réalisateur allégué ».

Le premier documentaire, « Creating the action », donne une vue d'ensemble de la production centrée sur la séquence du pont de Londres. Les différentes phases de création sont très rapidement abordées sans rentrer dans les détails. La plupart des intervenants semblent épuisés et la bonne humeur forcée générale donne, comme pour le commentaire, un sentiment de fausseté qui échappera certainement aux plus jeunes mais soulignera aux plus vieux la main lourde que le studio a eu sur le film.

Vient ensuite « Tracy island revealed » qui s'intéresse au processus de création de l'île de la famille Tracy. La mise à jour de l'apparence des bâtiments et le choix d'une îles des Seychelles sont abordés par un directeur artistique manifestement fatigué et frustré.
« Lady P and Parker : Fun and Stunt » examine la préparation et l'entraînement qui ont été requis pour le combat prenant place à l'arrivée de Lady P et Parker. Les acteurs se sont visiblement bien amusés pour cette séquence et le documentaire est certainement le plus plaisant du lot.

« FAB1 : more than a car » se penche sur la création de la voiture de Lady Penelope par Ford, Rolls Royce ayant décliné d'être associé au film...
« Lady Penelope's pink world » se concentre sur le personnage de Lady Penelope. La garde robe, les gadgets, le personnage et bien sur Parker sont évoqués. Ce documentaire ravira les jeunes filles.
La vidéo musicale de « Thunderbirds are go » par Busted est... une vidéo musicale. On aime ou pas. Une longue bande annonce du film complète l'offre.

Les suppléments présents sur ce disque s'adressent essentiellement aux jeunes enfants et sont assez courts, 3-5 minutes. Il est à noter que ceux-ci sont tous présentés au format 1.77:1 la plupart du temps anamorphique, c'est un effort rare qu'il serait agréable de voir plus souvent, bravo à Universal.



Conclusion
Cette adaptation cinématographique de la série culte « Thunderbirds » tombe malheureusement bien à plat. On ne peux s'empêcher de se dire que ce film aurait pu être beaucoup plus qu'un simple film d'action pour enfant. Cependant tout le monde y trouvera un petit morceau de plaisir et même si ce n'est que pour les performances de Sophia Myles et Ron Cook le film reste un bon moment à passer en famille. Le DVD qui nous est offert ici est honnête et bien produit. L'image et le son sont d'un très bon niveau, les suppléments sont agréables mais d'une valeur ajoutée faible. Un produit moyen pour un film moyen, le leitmotiv Hollywoodien moderne.


Qualité vidéo:
4,3/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Pascal Cauden

Date de publication: 2005-01-24

Système utilisé pour cette critique: TéléviseurToshiba 50HX70, Amplificateur Denon 3801, Enceinte Energy XL-26(x2), XL-C, XL-R (x4), caisson d'extrêmes graves Klipsch KSW 12, HTPC

Le film

Titre original:
Thunderbirds

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
95 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
5 Documentaires, commentaire du réalisateur, bande annonce, vidéo musicale, DVD-ROM

Date de parution:
2004-12-21

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