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DVDEF

Battlestar Galactica (The Miniseries)

Critique
Synopsis/présentation
25 ans après sa diffusion originale « BattleStar Galactica » nous revient sous la forme d'une nouvelle série. Ce ne fut cependant pas une naissance facile. En 1997, Richard Hatch publie la première nouvelle d'une série de cinq. L'intérêt que suscite le roman convainc R. Hatch de proposer à Vivendi Universal l'idée d'un film « BattleStar Galactica : The second coming » qui ferait suite aux événements de la série classique de 1978 en oubliant ceux de la (ridicule) série de 1980. Vivendi Universal semble intéressé mais rien ne sortira des rencontres et le projet ne sera jamais approuvé. Pendant ce temps un projet concurrent semble prendre forme. Glen A. Larson, créateur de la série, et Todd Moyer, producteur de notamment « Virus » et « Wing Commander »... proposent dans un premier temps un film puis ensuite une production IMAX. Le projet disparaît subitement de la surface de la planète sans réelle explication.

Début 2001 un autre projet fait surface, poussé par Sci-Fi Channel et dirigé cette fois par Brian Singer (« Usual suspects », « X-Men ») et Tom DeSanto (« X-Men »). Singer quittera rapidement l'équipe pour réaliser « X2 », le projet stagnera et en avril 2002 l'idée de Singer/DeSanto sera définitivement mise à l'écart par Sci-Fi pour un autre projet proposé par David Eick (« Hercule ») et Ronald D. Moore (Star Trek TNG, DS9 et Voyager, Roswell, Carnivàle).
Cette nouvelle tentative sera la bonne, rapidement acceptée elle sera mise en production dès septembre 2002.

Le projet prévoit une mini-série qui ne sera pas une suite mais une « ré-imagination » du concept original. La réaction des fans ne se fait pas attendre et est pour le moins virulente, supporter la nouvelle production est considéré comme de l'hérésie et traité comme tel (empalement en place publique, supplice de la roue et bûcher, dans l'ordre). Les détails sur les changements à l'idée originale qui atteignent l'Internet ne font qu'attiser le feu. La polémique atteint un tel point qu'une pétition est faite pour changer l'orientation de la mini-série avant même que celle-ci ai commencé sa production.

Eick et Moore tiennent bon et la mini-série de 3 heures est achevée et diffusée en deux partie les 8 et 9 décembre 2003 sur Sci-Fi. Le succès est immédiat, les scores obtenus font partie des meilleurs du réseau à cette date. Encouragés par cette réussite les décideurs de Sci-Fi commandent une série de 13 épisodes qui sont produits en collaboration avec l'opérateur anglais Sky One. La série est diffusée en Angleterre entre le 18 Octobre 2004 et le 24 Janvier 2005, aux États Unis la série démarre le 14 janvier avec encore une fois de très bon résultats. Le niveau de qualité de l'oeuvre fera taire beaucoup de critiques et seuls les fans les plus irréductibles se feront encore entendre.

La mini-série, dont nous présentons ici l'édition DVD, doit être regardée plutôt comme un pilote de la série que comme une oeuvre complète. Elle reprend les événements généraux du pilote tripartite « Saga of a Star World » de la série originale.
Les Cylons, une race robotique créée par les humains des douze tribus reviennent 40 ans après leur rébellion. Sans crier gare, ils détruisent les douze colonies et seul un petit groupe de vaisseaux, avec en tête le BattleStar Galactica, parviendra à survivre à l'holocauste. Le vieux BattleStar qui était à la veille d'être transformé en musé est la dernière ligne de défense de la race humaine. La mini-série traite de l'attaque et des premiers jours de la fuite de la flotte de survivants menant à la recherche de la Terre, planète qui aurait été colonisée par la mythique treizième tribu.

Bien que quelques clins d'oeil soient fait à la série originale force est de constater que malgré des synopsis très similaires les deux oeuvres ont bien peu de choses en commun. La nouvelle série se veut plus réaliste, ce n'est plus le space opera au ton léger qu'était la première incarnation du concept. Le chien mécanique, le casino et les blagues douteuses de la première série n'ont aucune place ici, l'ambiance est désespérée, ce qui semble bien naturel lorsque votre population vient de passer de plusieurs dizaines de milliards à quelques dizaines de milliers d'individus en l'espace de quelques heures.
La photographie est très dure avec une image crue. L'absence de sons dans l'espace et les techniques cinématographiques utilisées donne une qualité documentaire au film, notamment dans les scènes extérieures où la mise au point, toujours un peu en retard sur l'action, et l'instabilité de l'image donne un rendu très réaliste. Les opérations au sein de Galactica ressemble d'ailleurs plus à celles d'un porte-avions que d'une forteresse spatiale, même la technologie n'y serait pas déplacée. On est beaucoup plus proche de l'univers du défunt Firefly que de ceux extra futuristes et stérilisés de Starwars ou de Star Trek.

Cependant, même si l'oeuvre est visuellement très belle, ce n'est pas son intérêt principal, BattleStar Galactica 2003 parle essentiellement de l'humanité, des personnages, de leurs relations et de leurs réactions fassent à la situation extrême dans laquelle ils sont plongés. On peux détecter trois groupes principaux de personnages présentant trois perspectives et rassemblés dans trois endroits différents. Le groupe du BattleStar Galactica représente, bien sur, la crise militaire, la survie de la l'espèce en elle-même, celui de « Colonial One » la crise politique et la survie de la société que les douze tribus ont créée, un troisième groupe localisé sur la planète Caprica représente la crise individuelle, ce qu'être humain signifie. Ce dernier groupe n'est que suggéré ici et ne prendra vraiment vie que dans la série subséquente.
Par rapport à l'original de nombreuses modifications ont été faites au niveau des personnages. Les prénoms originaux, un peu ridicules il faut l'avouer, deviennent les surnoms attribués aux pilotes : Capt. Lee 'Apollo' Adama (Jamie Bamber), Lt. Kara 'Starbuck' Thrace (Kathee Sackhoff), Lt. Sharon 'Boomer' Valerii (Grace Park), une vieille tradition aéronavale.
Les changements de sexe de 'Boomer' et surtout de 'Starbuck' ont été très fortement récriés par les fans de la série originale, pourtant bien que surprenantes et inattendues ces modifications sont une excellente touche de style des auteurs. Une chose est certaine, ces personnages n'ont jamais eu autant de substance à l'écran.

Le jeu politique entre William Adama (Edward James Olmos), commandant militaire de la flotte, et Laura Roslin (Mary McDonnell), ancienne institutrice devenue Présidente de ce qui reste des colonies, est bien plus subtil et intelligent que le lassant « Adama : bon, Conseil des douze : mauvais » de l'ancienne série. L'archétypal traître Gaius Baltar (James Callis) de l'original reçoit ici un bien meilleur traitement, le personnage est narcissique et profondément lâche, les Cylons ont su le piéger en tirant profit de ses défauts de caractère. Baltar n'est cependant pas le seul à faire des erreurs et tous les personnages ont leurs imperfections plus ou moins sévères.
Un bon mouvement des créateurs aura été d'introduire les agents Cylons d'apparence humaine. En plus de baisser les coûts de production (moins d'effets spéciaux, travail des acteurs plus facile etc.) cela donne un champs créatif plus large aux auteurs, un ennemi indétectable est bien plus inquiétant et les motivations des Cylons humains sont bien plus complexes que celles de simple robots.

Les aspects religieux et mystiques de la série originale sont toujours présents, ce sont les écritures qui donnent à Adama l'idée de partir à la recherche de la terre. L'antagonisme Cylons/Humains se retrouve même à ce niveau, les Cylons possèdent une religion monothéiste alors que les colons sont polythéistes. On se demandera d'ailleurs par moment si ce n'est pas la raison principale du conflit, le discours de six (Tricia Helfer) est souvent teinté de références religieuses assez déroutantes lorsqu'elles viennent d'un être artificiel.

Au final c'est une oeuvre complexe et sombre que nous offrent David Eick et Ronald D. Moore. Elle plaira aussi bien aux anciens fans, s'ils gardent l'esprit ouvert, qu'à un public non initié à la franchise, le pari réaliste de la série est très réussi.
Le rôle du pilote d'une série est de donner envie à ses spectateurs d'en voir plus et celui-ci remplit sa mission avec brio. Le final de la mini-série laisse le public avec beaucoup de questions et il sera bien difficile de ne pas visionner la série pour tenter d'obtenir quelques-unes des réponses. Vivement conseillé à tous fans de science-fiction.



Image
Le film est présenté au format d’image respecté de 1.78:1 d’après un transfert 16:9.

C'est un animal bien étrange que nous avons ici et le travail de compression n'a pas du être simple. L'image de Galactica 2003 est très bruitée, de nombreux fourmillements sont notables dans toutes les scènes sauf celles avec effets spéciaux. Une très nette surexposition est remarquable, les blancs sont brûlés et les noirs compressés donnant une qualité presque monochromatique à l'image. Ce ne sont pas des défauts de transfert mais bien une volonté de la production afin de créer une image réaliste.

Malgré cela l'interpositif est d'excellente qualité avec une image de bonne définition et des textures rendues avec beaucoup de détails, il suffit de regarder le visage parcheminé de E.J. Olmos pour s'en rendre compte. Seules une ou deux scènes avec effets spéciaux ressortent un peu plus floues que les autres. Les couleurs (celles conservées dans la palette) restent bien saturées et stables, le niveau de noir et le contraste sont parfaitement ajustés. Un peu de blocage des dégradés a pu être remarqué dans quelques très rares scènes, spécialement une avec deux chasseurs Cylons dans un contre jour assez extrême, mais cela reste très marginal et n'est pas distrayant. C'est somme toute, une image de très bonne qualité qui nous est présentée ici.
Une légère sur définition de contours est perceptible autour des personnages lorsque pris en contre jour. Aucun artefact de compression n'a été remarqué.

Le travail fait sur ce transfert numérique est rien de moins qu'admirable. Le grain important de l'image, la caméra constamment en mouvement et la longueur du film sont autant d'obstacles que l'équipe en charge du transfert a eu à gérer et un choix facile aurait été de tronçonner l'oeuvre en deux, heureusement pour nous ils ont pris la route la plus longue.


Son
Cette édition nous propose trois bandes sons Dolby Digital, anglaise et française en 5.1 et espagnole en 2.0, ainsi que les sous-titres en français et en espagnol, la piste pour sourds et malentendants (CC) anglaise est aussi présente.

Le format 5.1 est bien utilisé mais l'origine télévisuelle du film se fait cependant sentir. La dynamique est correcte sans être époustouflante, le champ sonore est cependant très spacieux grâce à une utilisation subtile des canaux d'ambiance, les bruits de fond du pont du Galactica et le constant ronflement de la machinerie sont par exemple très présents et améliorent l'immersion dans l'univers sombre de Galactica. Le mixage n'est pas « plein la figure » mais très spartiate avec des canaux ambiophoniques qui servent essentiellement à créer... l'ambiance. Durant les escarmouches spatiales le mixage est monté d'un cran et se retrouve au niveau de n'importe qu'elle grande production actuelle, avec la subtilité en plus. Les inversions de champs sonores très rapides qui accompagnent les manoeuvres des chasseurs Viper sont particulièrement impressionnantes.
La volonté de réalisme si bien réussie avec l'image aura été menée peut-être un peu loin dans la bande sons, en effet il est possible de constater une trop grande compression du son qui rend les dialogues peu clairs par moment comme dans le cadre d'un documentaire. Cela renforce le réalisme mais au détriment de la clarté, il est difficile de se faire un avis sur l'à propos de la technique. Les basses sont, par conséquence, peu présentes et le caisson d'extrêmes basses ne fonctionnera que pendant les scènes de batailles et là encore bien peu car les seuls sons qui sont reproduits sont ceux que l'atmosphère des cockpits transmettent, une manière élégante de contourner l'absence de sons dans l'espace.

C'est un mixage plaisant, qui sera peut être trop réaliste au goût de certains mais là encore la minutie de la production ne peut être prise en défaut.


Suppléments/menus
Le DVD double face ne contient que peu de suppléments. La première face accompagne le film d'un commentaire du réalisateur Michael Rymer et des producteurs executifs David Eick et Ron Moore. Sur la deuxième face on trouvera un documentaire de production ainsi d'une douzaine de scènes coupées.

Le commentaire est instructif et garde l'auditeur intéressé pendant la totalité des trois heures, ce qui en soi est un exploit. Ce commentaire peu technique ravira les auditeurs à la recherche de renseignements sur la raison de certains des choix de la production et nous donne une vue intérieure de la difficulté de gérer les fans par moment.
Le documentaire de production intitulé « Battlestar Galactica : The Lowdown » rassemble de nombreux extraits d'interviews des membres de la distribution ainsi que du réalisateur et des producteurs. Instructif et jamais ennuyeux il n'en reste pas moins peu original. Quelques passages sont cependant marquants : La rencontre entre Katee Sackhoff et Dirk Benedict dans un Starbuck Coffee est très drôle, les interventions à répétitions de Richard Hatch se lamentant sur la nouvelle série sont hilarantes (c'est terrible, vraiment terrible, je ne serais jamais capable de la regarder blabla...) surtout quand on sait que l'acteur prendra un rôle récurrent dans la série qu'il dénigre de si bon coeur.
Les scènes coupées illustrent bien le fait que le montage original faisait quatre heures et qu'un douloureux processus de coupure à du prendre place. La plupart de la douzaine de scènes ont des effets non finis mais restent instructives et auraient pu être finies et réintégrées dans le film.

Il faut cependant faire une remarque technique, la deuxième face est présentée en 1.78:1 d'après un transfert 4:3 ! Il est vraiment temps que les studios arrêtent de nous présenter les suppléments en transfert 4:3, c'est extrêmement pénible. Ce n'est pourtant pas un effort surhumain que de transférer dans le même format que le film.

Globalement c'est peu. Les gens d'Universal se réserveraient ils pour le coffret de la première saison ?



Conclusion
Il faut bien l'avouer ce ne sera pas le titre DVD du siècle, ni même du mois mais en ces temps de disette télévisuelle le démarrage d'une bonne série est toujours une excellente nouvelle. Galactica est une excellente série et le pilote que nous avons présenté ici est la porte d'entrée de cet univers sombre et désespéré. Le DVD ne contient que peu de suppléments mais ceux-ci sont instructifs et agréables à visionner malgré l'exécrable transfert 4:3.

Le prix est correct pour un film de trois heures et techniquement la face 1 du DVD est impeccable. Il est facile de recommander l'achat de ce produit, surtout si vous prévoyez de suivre la série que Scifi Channel vient tout juste de reconduire pour une deuxième saison.


Qualité vidéo:
4,3/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,3/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Pascal Cauden

Date de publication: 2005-02-24

Système utilisé pour cette critique: TéléviseurToshiba 50HX70, Amplificateur Denon 3801, Enceinte Energy XL-26(x2), XL-C, XL-R (x4), caisson d'extrêmes graves Klipsch KSW 12, HTPC (composantes 540p. Lecteur: ZoomPlayer/decodeur mpeg2 et audio : Dscaler 5)

Le film

Titre original:
Battlestar Galactica

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
183 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-14 (double face, simple couche/double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol
Français

Suppéments:
Commentaire audio, documentaire de production, scènes coupées.

Date de parution:
2004-12-28

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