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Gantz: Perfect Answer

Critique
Synopsis/présentation
Publié dans le l’hebdomadaire japonais « Young Jump » depuis octobre 2000, Gantz est un des mangas les plus populaires de cette dernière décade. Vendue à plus de 18 millions de copies à travers le monde, l’œuvre de Oku Hiroya est une des pierres angulaire du Seinen, un genre mal compris jusqu’à récemment en occident. Par rapport aux titres Shônen, le genre le plus connu et le mieux distribué chez nous avec des titre comme Dragon Ball Z ou Bleach, les Seinen sont destinés non pas à un public adolescent mais ciblé vers le public masculin de jeunes adultes et d’adulte, principalement entre 18 et 30 ans. Certains titres ciblent même un public mature de professionnels au-delà de la quarantaine. Le style se caractérise par un plus grand réalisme ainsi qu’une emphase mise sur l’histoire et le développement des personnages. Le genre peut s’enorgueillir d’œuvres telles que le légendaire Akira, le dérangeant Battle Royal ou encore les plus légers Chobits et Twin Spica. La réputation de littérature violente et graphiquement explicite que le manga japonais a chez les adultes occidentaux provient essentiellement du fait que chez nous les comics sont traditionnellement destinés à être lu par des adolescents et pré-adolescents et les titres Seinen ont donc été ciblés de façon inappropriée vers ces derniers en l’absence d’un public plus mature. Le marché occidental commence tout juste à se former et on assiste ces dernières années à l’apparition d’un vrai public pour le Seinen japonais ce qui permet de mettre ces œuvres souvent profondes mais aussi plus lourdes intellectuellement et surtout plus choquantes dans les mains d’un public à même d’apprécier les différents niveaux de lectures et les thèmes souvent complexes qu’elles proposent.

Les studios japonais n’ont pas attendu la mode hollywoodienne des adaptations de tous poils pour décliner les mangas à travers les différents types de médias. Au pays du soleil levant, il est une pratique courante depuis déjà plusieurs décennies d’accompagner les œuvres populaires d’une version animée sérialisé ou cinématographique et souvent de jeux vidéo. Ces dernières années on constate un renforcement de ce modèle avec l’apparition de plus en plus courante d’adaptation en série télévisée dite « live action » ou même en film de certaines œuvres, particulièrement des Shôjô, un genre destiné aux jeunes filles. Des séries comme Boys overs Flowers ou Nodame Cantabile ont connu un succès mondial incomparable et leur transfert au cinéma ont chapeauté le box-office de plusieurs pays asiatiques pendant des semaines. La très forte baisse des coûts de production entrainée par l’utilisation de plus en plus courante des technologies de synthèse d’image a entrainé l’apparition ces deux ou trois dernières années de toute une série d’adaptation de mangas fantastiques. Ces deux dernières années ont été particulièrement bénies avec les très attendus Space Battleship Yamato fin 2010, Gantz et sa suite, l’œuvre qui nous intéresse ici, Gantz : perfect answer l’année dernière.

En effet, suite au succès télévisuel de l’adaptation du manga en deux séries animées, Gantz : First Stage et Gantz : Second Stage, une adaptation cinématographique « live-action » est décidée et la production de deux films est mise en branle avec un budget final estimé à 50 millions de dollars pour les deux films. Le premier volet Gantz sera lancé sur les écrans japonais en janvier 2011, rapidement suivi par la conclusion de la saga Gantz : Perfect Answer en Avril.
La saga débute avec la mort des deux personnages principaux, Kurono Kei et Kat!3; Masaru deux étudiants de 17 ans. Écrasés par une rame de métro tokyoïte lors de leur intervention pour prévenir une tentative de suicide, les deux protagonistes se voient matérialisés dans un appartement où se trouve une mystérieuse sphère noire contenant un être humanoïde sous respirateur artificiel d’origine indéfinie. La sphère annonce aux « ressuscités » que leur vie est maintenant en sa possession et leur assigne des missions d’élimination de ce qui semble être des envahisseurs extra-terrestres.

L’histoire du manga est organisée en trois phases. Les deux premières phases ont déjà été publiées et la troisième est actuellement en cours. Aucune date n’a été annoncée pour la fin du manga et aucune réelle information n’a filtrée quant aux conclusions envisagées. Si ce n’était pas un problème pour le premier film, Gantz suit d’assez près l’œuvre papier, il n’en est pas de même pour le second et dernier film de la série. Les créateurs ont essentiellement deux choix lorsqu’on parle d’adapter une œuvre inachevée : suivre l’histoire existante et laisser l’action en suspend ou bien créer de toute pièce une conclusion inédite. C’est cette deuxième direction que l’équipe de Gantz : Perfect Answer a préféré emprunter. Le premier film a essentiellement posé les bases de l’univers et présenté les personnages. Les critiques en ont d’ailleurs souvent noté le rythme un peu lent malgré son côté addictif. Perfect Answer prend une toute autre direction. Se situant quelques mois après les événements du premier volet et libéré de l’obligation de la mise en place des éléments de Gantz, le rythme en est définitivement plus soutenu et consiste en essentiellement deux heures d’action quasi non-stop avec quelques développement au niveau des personnages principaux. Kei (Kazunari Ninomiya) partage son existence entre les missions de Gantz, son travail et sa compagne introduite lors du premier volet, Tae Kojima (Yuriko Yoshitaka). L’équipe de survivants est maintenant bien rodée et s’occupe avec brio de protéger et d’entrainer les nouvelles recrues à survivre aux carnages commandés par la sphère tout en s’approchant rapidement des 100 points fatidiques (voir le premier opus pour plus de détails. Les dévoiler ici serait le meilleur moyen de gâcher le plaisir du visionnement pour les deux films). Parallèlement, Gantz utilise un mannequin célèbre, Eriko Ayukawa (jouée par Ito Ayumi) pour retrouver une sphère noire miniature de nature inconnue avant que ce qui apparait comme une copie de Kato (Ken'ichi Matsuyama) s’en empare.

La distribution du film est remarquable par l’inclusion de nombreuses jeunes étoiles montantes du paysage audiovisuel nippon mais aussi de vétérans respectés comme Tomorowo Taguchi. Les trois jeunes acteurs principaux sont très connus au Japon, particulièrement Kazunari Ninomiya depuis son magnifique rôle dans Letters from Iwo Jima et Yuriko Yoshitaka dont le rôle dans la série Mioka a impressionné à plus d’un titre. Cette dernière se fait d’ailleurs omniprésente sur les affichages nippons depuis deux ans. On notera aussi pour les non-initiés aux célébrités japonaises que Kazunari Ninomiya et Yuriko Yoshitaka sont deux acteurs nippons qui dégagent une aura particulière de décalage complet lors qu’ils apparaissent à l’écran, que l’apparition soit scriptée ou non. Leurs entrevues sont souvent des plus bizarres. Un choix parfait pour la saga.

Au niveau technique, à part les effets digitaux d’une partie de la grande course poursuite au milieu du film qui sont un d’une qualité discutable, on ne trouvera rien à redire à la valeur de la production de ce film surtout avec un budget qui ne peut qu’être qualifié que de très raisonnable par rapport aux coûts pharaoniques des productions Hollywoodiennes. Un film Hollywoodien de série B, comme Battle Los Angeles par exemple, avec somme toute assez peu d’effets spéciaux « coute » 70 millions de dollars et The Muppets aura couté 45 millions. Si l’on compare au 50 millions dépensés EN TOUT pour les deux films, on se rendra rapidement compte de l’efficacité des productions asiatiques en générale et Japonaises en particulier. On notera de plus que les coûts de production Japonais sont probablement les plus élevés en Asie…

Bien entendu, le fait que le second film de la franchise ne suive pas la narration originale a déclenché les foudres des fans de l’édition papier. On avouera que, pour ce qu’on peut en dire en attendant la conclusion « officielle », le fossé entre les deux versions est conséquent mais la conclusion proposée ici est très intéressante. Bien que ficelant un peu trop proprement l’histoire dans un produit facilement digérable elle propose une interprétation intrigante de l’histoire à priori racontée par la saga. La fin amène subtilement des questionnements sur la liberté de choix, le pouvoir et les conséquences collatérales de son utilisation sans jugement. Nous avouerons que globalement nous avons aimé cette fin qui nous semble plus subtile que la direction décidemment chaotique et ultraviolente que le manga a pris dans sa troisième phase. La réflexion induite par les films est définitivement différente mais loin d’être quelconque.

Au final Gantz : Perfect Answer est, malgré quelques défauts, une excellente conclusion à l’adaptation cinématographique de la saga d’Oku Hiroya et un parfait exemple de la qualité de la production fantastique japonaise. Il est à espérer que le public québécois aura de plus en plus accès à des productions de cette qualité en provenance du pays du soleil levant dans le futur. Ce n’est pas le matériel qui manque, la balle est dans le camp des distributeurs.


Image
L’édition ici présenté nous offre un transfert 1080p à une cadence classique de 24 image/secondes encodé au format AVC et au format respecté de 1.85:1.

Le moins qu’on puisse dire est que la qualité de l’image est maitrisée, très maitrisée. La photographie est particulièrement propre. En fait, on ne trouvera qu’un grain minimal comme si l’œuvre avait été tournée avec des caméras numériques. On retrouve un filtrage colorimétrique important dans toutes les œuvres visuelles japonaises, que ce soit un film pour le grand écran ou une série télévisée standard. Gants : Perfect Answer ne fait pas exception, la colorimétrie est parfaitement contrôlée avec des tons nettement tirée vers des couleurs bleuâtres et grises qui augmente l’ambiance lugubre du film. Un effet secondaire de cette manipulation de l’image et aussi probablement du budget est une perte de détails dans les zones sombres. Un état de fait un peu dommage si l’on prend en compte qu’une grande partie du film se déroule de nuit ou dans la pénombre. Ce qui n’est pas touché par contre est le niveau impressionnant de détail des textures et des effets spéciaux, exacerbé par la clarté inhabituelle de l’image. On avouera qu’on se passe très bien de l’important grain qui est souvent l’apanage d’une immense majorité de films et que beaucoup de « cinéphiles » considèrent comme essentiel à la qualité photographique d’une œuvre cinématographique. On ne le répètera jamais assez, les mouvements saccadés et les images bruitées ne sont que des vestiges imposés par les limitations des vieilles technologies de capture d’image.

Au final c’est un excellent transfert que nous avons ici même s’il n’est pas parfait.


Son
L’édition nord-américaine vient avec deux options sonores, la bande originale japonaise et le doublage anglais, toutes deux en DTS-HD master audio 5.1. L’encodage à 48Khz/16bits choisi ici ne pourra cependant pas être considéré comme HD.

Nous vous conseillerons de passer sans vous arrêter devant le doublage anglais qui est tout simplement une horreur. Les voix sont minables, la traduction est aberrante et la notion de synchronisation avec l’image ne fait pas partie du vocabulaire des gens qui ont fait ce pitoyable « travail ».

Par contre la bande son DTS-HD Master Audio originale est tout simplement fabuleuse. La qualité du son remportera l’approbation des cinéphiles qui ont une sensibilité audiophile. Les aigus sont clairs sans être criards, les basses sont puissantes et bien définies et le reste du spectre ne contient aucune faiblesse discernable. Le champ sonore est vaste avec une dynamique impressionnante et des dialogues toujours parfaitement audibles. Vos caissons de grave auront intérêt à être bien attaché car ils vont subir une sévère séance d’aérobie. Le .1 de la bande son est en effet très fournie et devient par moment extrêmement intense. Pour lier l’ensemble, les canaux ambiophoniques ne seront pas délaissés. Tout au long du film la bande son créée un univers profondément immersif avec une myriade de détails sonores urbains et un étourdissant tapis de vibration.

Gantz : Perfect Answer est un véritable plaisir auditif.


Suppléments/menus
L’édition se présente dans le boitier plastique bleu maintenant classique. On y trouvera trois disques, un Blu-ray contenant le film et ses suppléments et deux DVD. L’un renfermant la version DVD qui pourra aller grossir la collection de votre grand-mère et l’autre renfermant les suppléments.

Cette partie est la plus faible de l’édition. Comparée aux différentes éditions disponibles au Japon c’est même pathétique. On ne trouve qu’une poignée de suppléments très standards, le tout en simple définition puisqu’ils se trouvent rassemblés sur le deuxième DVD. La liste sera rapide :

- Une série de bandes annonces en japonais pour Gantz (4:04)

- une courte entrevue avec le réalisateur (22:01) qui est somme toute assez intéressante et instructive sans être phénoménale cependant. On peut y voir quelques moments avec Kazunari Ninomiya et Yuriko Yoshitaka qui permettront de s’apercevoir de l’étrangeté de ces deux jeunes acteurs.

- Une série de profiles des acteurs. Ce supplément n’est pas interactif. Il s’agit juste d’une simple vidéo qui présente des images statiques. On avait presque oublié ce genre de format…

- Les inévitables promotions pour les autres produits distribués par New People, là encore présenté dans une forme séquentielle (7:28).

On ne pourra malheureusement que se désoler en regardant la courte énumération ci-dessus.



Conclusion
L’éternelle question se pose, l’œuvre en vaut-elle la peine et le prix de l’édition est-il en mesure avec la valeur offerte? Pour ce qui est du film nous dirons que oui, il vaut la peine. Même si les auteurs ont dévié de manière conséquente de l’histoire originale, le film qui est présenté ici gagne à être visionné, ne serait-ce par son attrait visuel et le niveau d’action qu’il offre. L’univers et les personnages sont parfaitement respectés et les nouveaux questionnements laissés par la fin inédite plairont aux initiés qui auront fait l’effort de garder l’esprit ouvert. Malheureusement la seconde partie de l’équation n’est pas aussi favorable.

L’édition est très chère pour le peu qu’elle offre. Ce sera une sortie à réserver aux fans, comme souvent quand on parle d’importation en provenance du Japon. C’est bien dommage car ça génère une barrière pécuniaire à l’accessibilité du grand public aux merveilles audiovisuelles asiatiques.


Qualité vidéo:
4,7/5

Qualité audio:
4,9/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Pascal Cauden

Date de publication: 2012-04-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LED Samsung UN55D6420, Amplificateur Denon AVR-991, Enceintes Energy XL-26(x2), XL-C, XL-R (x4), Caisson d'extrêmes graves Klipsch KSW 12, HTPC media portal et lecteur Samsung BD-D5500.

Le film

Titre original:
Gantz: Perfect Answer

Année de sortie:
2011

Pays:

Genre:

Durée:
142 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
Blu-ray + DVD

Nombre de disque:
3 BD-50

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Japonaise DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Bandes annonces en japonais pour Gantz, entrevue avec le réalisateur, profiles des acteurs, promotions

Date de parution:
2012-01-17

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