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DVDEF

Grissom Gang, The

Critique
Synopsis/présentation
Robert Aldrich signe avec The Grissom Gang l'une des meilleures adaptations des romans policiers du célèbre romancier britannique James Hadley Chase. En effet l'univers poisseux, excessif, moite et tordu de Chase s'adapte parfaitement à celui de Robert Aldrich, pour qui la violence (et le rapport à la violence), les personnages pervers sont des éléments clefs. Il s'adaptera à la sexualité ambiante chez Chase de façon surprenante, créant ainsi des scènes torrides graphiquement discrêtes mais psychologiquement troublantes.

Deux gangsters en pleine action se voient obligés d'enlever une jeune femme, Barbara Blandish (Kim Darby), alors que ce n'était pas dans leurs intentions. Ils se cachent alors ne savant que faire de cet otage bien encombrant. L'un des membres du clan Grissom les ayant repérés, le gang au complet va aller récupérer au prix de la vie des preneurs d'otage ce qui pourra s'avérer une manne substantielle. Slim Grissom (Scott Wilson), à la limite de la folie complète, tombe amoureux de la jeune fille otage ce qui va compliquer la situation. Surtout que Ma Grissom (Irene Dailey), la mère des rejetons Grissom mais aussi et surtout la tête pensante et dirigeante du gang, a des plans précis pour la jeune qui se révèle être la fille d'un riche entrepreneur. L'étrange relation qui va se nouer entre Slim et Barara va donner lieu à des développements surprenants.

Le scénario de Leon Griffiths à partir du roman de Chase a su reprendre tous les ingrédients du roman en les transposant habilement dans le contexte d'une histoire filmable. Ainsi l'ambiance poisseuse et délétère du roman est toujours très présente et prend même une importance primordiale, Aldrich accentuant au maximum la gouaille et l'amoralité des personnages, et insistant de façon plus qu'évidente sur leur transpiration quasi permanente. De même, il insiste sur la relation entre Barbara et Slim qui débutera de façon extrêmement malsaine sans pour autant que rien de graphique ne soit montré. Aldrich prend le temps d'installer ses personnages et insiste sur la folie imprévisible de Slim pourtant traité comme une personne quasi normale au sein de sa famille, qui fait davantage penser à une bande de dégénérés qu'à une réelle organisation criminelle. On sent chez lui de la sympathie et de l'amour pour ses personnages les plus fous et les plus excessifs. Ces "hors-normes" sont le coeur de son film qui pourra paraître parfois inutilement vulgaire tant Aldrich a décidé d'insister sur cet aspect de ses personnages. Même la jeune Barbara finira par être contaminée par cette atmosphère extravagante aux limites du délire.

Le personnage de Ma Grissom est joué avec une jubilation communicative par Irene Dailey, qui choisit la carte de l'interprétation baroque sans retenues (sans aucun doute demandée par Aldrich). Il s'agit d'un des personnages les plus extravagants et les plus subversifs que nous ayons vu sur un écran. Scott Wilson est absolument remarquable dans le rôle difficile de Slim, l'attardé vicieux qui va se transformer en découvrant l'amour. Le reste du casting est à l'unisson, roulant des yeux, transpirant comme jamais, riant de façon vulgaire. Cependant les personnages les plus glaçants et inquiétants du film se révèlent être du bon côté de la barrière (le père de Barbara, le déctective), le jeu froid et détaché des acteurs qui les incarne contrastant violemment avec les agités du clan Grissom.

Alrdich semble parfois manquer de constance dans le film, ainsi la narration est totalement cohotique apparaissant comme l'un dex éléments les plus faibles du film. La photographie de Joseph Biroc rend à merveille l'ambiance malsaine du film enfermant un peu plus le spectateur dans cet univers. Le montage souvent cahotique reflète certes l'esprit détraqué des personnages mais trahit également le manque de moyens et de temps d'Aldrich. Ainsi le film a un aspect parfois brouillon et trop outré pour vraiment en faire un chef d'oeuvre mais à nos yeux il est à ranger parmi les perles du genre, aux côtés de Bonnie and Clyde d'Arthur Penn. Le couple Slim/Barbara est à rapprocher de Clyde/Bonnie et comme dans le film d'Arthur Penn, une belle et tragique histoire sortira du cloaque qui précède.

Un film qui n'est donc pas à mettre devant tous les yeux et qui pourra choquer ou agacer certains spectateurs aventureux de par son côté vraiment "too much". Cependant pour les amateurs de la gouaille d'Aldrich et des romans de Chase, ce film est un pur régal à peine handicapé par ses problèmes de rythme.



Image
L'image est proposée au format respecté de 1.78:1 d'après un transfert 16/9.

La définition générale est assez fluctuante, passant de bonne (les scènes en intérieur) à à peine passable (les extérieurs). L'interpositif n'est malheureusement pas vraiment propre et de nombreux passages souffrent d'un grain excessif ou de poussières et traits, sans pour autant que cela ne devienne vraiment gênant du fait de la courte durée des passages abimés.
Les couleurs sont dans l'ensemble bien rendues, respectant bien la palette originale du film dans les ocres. Cependant la qualité du transfert variant d'une scène à l'autre, on arrive à des différences chromatiques assez importantes alors que deux scènes se suivent dans la même pièce avec le même type d'éclairage. Nous avons parfois eu l'impression que le transfert provient d'une copie recomposée tant les écarts sont visibles. Ceci dit, les couleurs sont justes et correctement saturées dans l'ensemble. Le contraste est correctement géré, évitant toutes les brillances. Les partie sombres du film sont correctement rendues mais les noirs manquent de profondeur et de pureté. La partie numérique est quasi exempte de tous reproches, si ce n'est des fourmillements intempestifs ne devenant toutefois jamais gênants.

Un transfert donc acceptable mais dont le rendu fluctuant est fort curieux même si assez peu gênant au final.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).

Sa dynamique est dans la norme de ce que l'on est en droit d'attendre d'une bande-son monophonique de 1971 non remixée. Sa présence et sa spatialisation subissent les mêmes remarques. La musique est correctement rendue en prenant en compte les limitations du format mais aussi des conditions de productions. De plus, elle est parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de distortions ou parasites sont limitées au maximum, même si audibles lorsque l'on monte le volume. Les basses fréquences sont limitées et il est certain que la bande-son parfois agitée du film (fusillades) aurait gagné à être mieux lotie de ce côté-là. Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son qui remplit son office et ne vient jamais gâcher le plaisir du visionnage mais aurait gagné à être remixée ou au pire "dépoussiérée"


Suppléments/menus
Le vide total, que dire de plus !!



Conclusion
Une édition en demi-teinte qui propose un transfert vidéo et une bande-son de qualité standard mais qui auraient pu être améliorés très aisément et aucun supplément quelqu'il soit n'est inclus.

Ce film vous surprendra à coup sur par le fait que bien que peu de violence ou de sexualité explicites soit à l'écran, il en transpire une sensation de malaise quasiment unique. Cet aspect très présent dans les romans de Chase est ici remarquablement mis en images par Aldrich, qui n'oublie pas de dépeindre des personnages à la limite de la caricature mais qui sont bien dans l'esprit des romans. Un film à ne pas mettre devant tous les yeux et qui malgré ses défauts comblera aisément les amateurs de polar poisseux et les inconditionnels du "gros Bob".


Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-12-06

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Grissom Gang, The

Année de sortie:
1971

Pays:

Genre:

Durée:
128 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Aucun

Date de parution:
2004-11-02

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