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DVDEF

Fringe (The Complete Third Season)

Critique
Synopsis/présentation
Crée en 2008 par J.J. Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci, un trio de notables du petit écran auxquels on doit, en autres, Alias, Lost, Hawai Five-0 et au grand écran la reprise de Star Trek, la série américaine Fringe met en scène une unité spéciale, principalement affiliée au FBI, à laquelle diverses agences confient les crimes et/ou phénomènes non expliqués qu’elles rencontrent. La division « Fringe » est formée autour d’Olivia Dunham (Anna Torv), une agente du FBI qui lors de l’épisode pilote se trouve confrontée pour la première fois au « Schéma » (The Pattern en anglais), une série d’occurrences étranges orchestrées par un mystérieux groupe de savants fous se faisant appelé ZFT (Zerstörung durch Fortschritte der Technologie ou Destruction par avancement technologique). Afin de réussir sa mission elle recrutera Walter Bishop (John Noble), un génie scientifique dont la stabilité mentale est plus que précaire et son fils, Peter Bishop (Joshua Jackson), brillant lui aussi mais surtout là pour stabiliser son père et souvent interpréter ses pérégrinations intellectuelles. L’équipe se complète par Astrid Farnsworth (Jasika Nicole), agente junior du FBI assignée comme assistante à Walter et Phillip Broyles (Lance Reddick), directeur de la division et agent du département de la Sécurité intérieure, le fameux « Homeland security ». Deux autres personnages notables, dont la contribution ne fera qu’augmenter au cours des saisons, sont l’ambivalente Nina Sharp (Blair Brown), directrice des opérations de Massive Dynamics, une société œuvrant dans la recherche technologique de pointe et son directeur général et créateur William Bell (Leonard Nimoy).


Malgré son excellent pédigrée et un fort support du réseau FOX, la série démarre avec un pilote assez mauvais et une première saison essentiellement bateau et formulaire. Il faudra en effet attendre le dernier tiers de la saison pour que le syndrome « mystère de la semaine » si cher aux séries américaines fasse place à un arc plus consistant et que la série se trouve une direction plus claire. Cependant ce n’est qu’au cours de la seconde saison que la série prendra véritablement son envol avec l’introduction d’un univers parallèle qui se révèlera l’origine des attaques subies par notre univers et de la raison derrière ces dernières. Le « Schéma » et l’affrontement entre Global Dynamics et ZFT prend tranquillement un rôle de plus en plus secondaire pour finir par essentiellement disparaitre au bénéfice d’un ennemi plus épique et des enjeux infiniment plus importants. La cellule de scientifiques terroristes préparant la fin du monde suivant les directives d’un livre « prophétique » écrit par Walter s’estompe pour faire place à une confrontation épique pour rien de moins que la survie de notre univers. Ce changement de direction apporte une meilleure cohérence à l’histoire et accroît les enjeux pour lesquels les personnages de la série se battent. Globalement la série y gagne en intérêt.

Au début de la troisième saison, celle qui nous intéresse ici, la situation est loin d’être idéale pour les héros. Peter, choqué par la révélation qu’il n’appartient pas à notre univers et que son père est en fait Walternate, le Walter Bishop de l’univers parallèle, prend ses distances avec celui qui s’est fait passer pour son père toute sa vie. De plus, Olivia est restée piégée dans l’univers parallèle et son alter ego dimensionnel, « Fauxlivia », a pris sa place au sein de la division Fringe de notre univers. La saison qui débute dans l’univers parallèle alternera les univers d’un épisode à l’autre nous permettant de comprendre les motivations des uns et des autres. Au niveau créatif, cette saison est sans conteste la meilleure pour le moment et se compare très favorablement à ce qui se fait de mieux au petit écran actuellement. Fringe est devenu un des rares programme capable de nous absorber complètement dès les premières minutes pour nous recracher exsangue à chaque fin d’épisode.

Dans le monde réel, la situation n’est cependant pas des meilleures. La survie d’une série n’a malheureusement qu’un lien tenu avec sa qualité scénaristique, si ce n’était pas le cas Firefly entamerait sa dixième saison et American Idol n’aurait jamais vue le jour, et Fringe n’est pas une exception. Probablement dû à des côtes d’écoutes décevantes, la série se verra déplacée du Mardi au Jeudi soir dans un premier temps puis, en 2011, dans le créneau horaire de la mort chez FOX : Le vendredi soir. On notera d’ailleurs le titre du premier épisode diffusé à cette heure : « The Firefly », un clin d’œil probable à Firefly, une des plus célèbre série diffusée à cet horaire et annulée après seulement une poignée d’épisodes. La série qui avait débutée avec plus de 9 millions d’auditeurs n’en rassemble plus qu’un peu plus de 3 millions en fin de troisième saison. Heureusement ces 3 millions sont un cœur d’audience solide et vocal qui permet en fin de compte à la série d’être renouvelée pour une quatrième saison 2011-2012. Il est fort probable que cette saison sera la dernière et nous espérons que les créateurs en sont eux aussi conscient. Il serait dommage de se retrouver avec une série inachevée de plus. Surtout qu’ici l’annulation est très prévisible…

Malgré ses déboires et quelques faiblesses de démarrage, Fringe est une série qu’on ne peut que recommander. Son abord rugueux n’en fera jamais un succès populaire mais elle a su se trouver une niche dans un créneau horaire difficile où nombre de ses prédécesseurs n’ont pas réussies à se créer un public suffisant. Tout comme Lost ou BSG, c’est une série inconfortable, à la photographie souvent distordue et sale qui dérange et fascine. Le visionnement en est souvent malaisé mais au combien gratifiant sur la longueur.


Image
Le coffret nous offre l’ensemble des épisodes de la troisième saison de Fringe au format 1.78:1 encodé au format AVC d’une résolution de 1080p et une cadence d’image de 24 image/sec.

Tournée et diffusée en HD, la série offre de base une excellente qualité d’image lors des télédiffusions mais l’édition blu-ray va une côche au-delà. En effet, c’est un véritable 1080p qui nous est offert ici et la différence avec la « HD » archi compressée des diffusions, que celles-ci soient câbles, satellites ou, dans une moindre mesure, aériennes, est tout de suite notable. L’image est d’une qualité étonnante pour une série télé. Les textures et la netteté générale sont du niveau d’un film grand écran. Les couleurs sont glorieuses et parfaitement saturées. Les niveaux sont très bien réglés si ce n’est l’habituelle petite poussée de brillance des disques nord-américains. On trouvera un niveau de détail impressionnant dans les parties sombres de l’image avec des noirs profonds et exempts artéfacts.

Si nous n’avons pu discerner aucun problème notable de compression ou de traitement indésirable il faut cependant noter un certain manque de constance dans la qualité d’image, souvent au sein d’un même épisode. Certains passages sont un peu flous et d’autres présentent un niveau de bruits vidéo élevé. Bien que l’équipe de Warner ait décidé, certainement pour des raisons économiques, d’entasser un peu trop d’épisodes sur chaque disque (jusqu’à 6 épisodes sur certains disques), il ne semble pas que le phénomène soit dû à l’encodage mais plus probablement à des variations dans les conditions de tournage. Quoi qu’il en soit le coffret offre une très bonne image qui met bien en valeur l’excellente photographie de la série.


Son
Les bandes sons anglaise et portugaise sont présentes. Comme toujours le choix des doublages présent dans une édition défie toute logique. L’intérêt du doublage portugais pour la vente au Canada en général et au Québec en particulier sera au mieux douteux… Le choix de sous-titre est plus convaincant avec l’anglais pour malentendant, le français, l’espagnol, le portugais ainsi qu’une sélection complète et exhaustive de langue nord-européennes.

Ce coffret représente une petite révolution chez Warner Bros. En effet, ils nous offrent pour la première fois des bandes sonores dans un format audio haute-définition sans perte DTS-HD master audio. Ce format audio offre normalement une nette amélioration par rapport aux formats précédemment disponibles mais ici l’encodage est fait à une fréquence de 48hz avec une profondeur de 16 bits qui est tout à fait comparable à ce qu’on trouve sur n’importe quelle édition DVD. La qualité « lossless » de l’encodage sera appréciable bien entendu mais on est toujours loin d’un format audio HD.

Pour ce qu’il en est de la qualité sonore de la version originale anglaise on n’aura toutefois rien à redire. Le punch des saisons précédentes est toujours présent et se fait sentir tout au long de l'écoute. La bande son principale est puissante. Malgré la définition de l’enregistrement utilisé, l’apport du DTS-HD se fait nettement sentir dans la précision du placement sonore et un dynamisme impressionnant qui semble exempt de compression. Les dialogues sont clairement audibles et l’intégration globale des éléments sonores créée un vaste champ sonore qui favorise l’immersion dans l’univers tordu de Fringe. Les basses sont superbes et utilisées à bon escient.


Suppléments/menus
Les 22 épisodes et le matériel supplémentaire sont rassemblés sur 4 disques blu-ray BD50 avec la majorité des suppléments stockés sur le quatrième avec les 5 derniers épisodes de la saison. Le boitier est classique en plastique transparent bleu, les disques étant montés sur des supports pivotants à double face. Le tout est empaqueté dans une jaquette carton donnant un air plus noble à l’ensemble. Rien de très révolutionnaire ici, mais nous préférons ce type de paquet hybride plastique/carton qui est plus solide et probablement plus durable que le tout carton souvent utilisé, entre autre, par Universal.

Une caractéristique intéressante qui saute tout de suite aux yeux est le menu « pop-up » unique pour l’ensemble du coffret. Celui-ci présente l’ensemble du contenu quel que soit le disque actuellement en lecture. Si vous sélectionnez une option présente sur un autre disque le lecteur vous demandera de changer le disque et démarrera le programme sélectionné sans repasser par le menu une fois la manipulation effectuée. C’est un détail mais cette petite touche finale améliore notablement le confort d’utilisation et permet d’avoir à tout moment une vision globale du contenu offert.

La quantité de suppléments disponibles dans cette édition est en légère baisse par rapport aux saisons précédentes, notamment au niveau des commentaires qui sont réduits de moitié. Cependant l’offre reste correcte pour ce type de produit. Comme noté précédemment le plus gros des suppléments se trouvent sur le dernier disque, le reste étant le contenu spécifique à certains épisodes et que l’on trouvera sur le disque correspondant. En plus des habituels clips promotionnels, les suppléments sont :
Duality of world (disque 4) : Un documentaire de production en 4 parties présentant différents aspects de la production de la saison. Ce supplémentent est assez brouillon et semble un peu manquer de focus. L’idée est bonne mais les informations sont spartiates et souvent inintéressantes. La partie 1, The Other you (9 :04), présente le point de vue des acteurs et d’une partie de l’équipe de production sur le travail et les difficultés qu’a représenté l’introduction des alter egos de l’univers parallèle. Visualizing the Alternate World (8:22) tente de nous intéresser aux détails minutes entre les deux univers sans jamais vraiment y parvenir. Si vous n’aviez pas vu cela vous-même lors du visionnement de la saison on ne peut que vous conseiller de consulter un spécialiste. Vient ensuite A Machine of Destiny (4:16), qui tourne autour de la machine liée à Peter. Là encore, rien de bien passionnant. Et finalement, The Psychology of Duality (8:31). Rien de très engageant sans être ennuyeux. Un supplément plutôt quelconque.

Constructing an Extra-Sensory Soundscape (disque 4 – 7:08) : Ce documentaire nous fait découvrir la production sonore, le rôle de la musique, les différents thèmes et leur sens ainsi que les sons créés spécifiquement pour la série.

Secret of Fringe (disque 4 – 2:04) : Un documentaire, probablement d’une origine simple définition, sur les directions qu’aurait pu ou pourrait prendre la série.

Scènes ratées (disque 4 – 3:13) : Ce supplément ne s’intègre pas du tout dans l’ambiance de la série. C’est inutile. Le matériel n’est pas grand-chose de plus qu’une suite de bip sans aucun intérêt.

Animating “The Lysergic Acid Diethylamide” (disque 4 – 7:33) : La saison contenant un épisode spécial en partie animé il était prévisible qu’un documentaire lui serait consacré. Malgré son origine définitivement simple définition, le supplément est intéressant et bourré de petites informations qui fera le plaisir des fans.


Au niveau des commentaires c’est plutôt la misère. On en compte seulement deux, The Plateau (disque 1) et Lysergic Acid Diethylamide (disque 4). Aucun ne met en vedette un membre de la distribution. C’est informatif mais souvent pas très intéressant. Les producteurs connaissent leur sujet mais la présence d’acteurs apporte souvent plus d’énergie et une perspective différente qui est ce que le spectateur recherche dans les commentaires audio… C’est maigre et très décevant.

La fonction BD-Live est toujours aussi longue à charger et totalement hors de propos dans le cadre de Fringe. Ce n’est qu’un bête catalogue de produits avec quelques extraits en mis en ligne. Ne perdez pas votre temps avec.


Cependant ce n’est pas terminé, nous avons gardé le meilleur pour la fin. Le troisième disque contient le supplément le plus intéressant de l’ensemble. Maximum Episode Mode: Glimmer to the Other Side est associé à l’épisode Os (symbole chimique de l’Osmium) et présente une série d’entrevues, documents, extraits de tournage, des vues cotés scènes et une multitude de petites capsules pendant le visionnement de l’épisode. À certains moments, le spectateur se voit offrir le choix d’aller plus loin dans certain aspect du tournage ou de la vision d’un acteur. Le mélange de commentaires, d’image dans l’image et de branchement est un délice absolu dont on ne se lasse pas. Si ça ne tenait qu’à nous, on laisserait tomber le format classique des documentaires de production et on augmenterait l’offre de Maximum Episode Mode dans les coffrets saisonniers. L’idée est excellente et, ici, l’exécution parfaite.



Conclusion
La troisième saison de Fringe est sans conteste la meilleure saison de la série à ce jour. L’alternance entre les deux univers et leurs protagonistes respectifs nous apporte une perspective plus nuancée que le simple eux vs nous qui était la marque de la série jusque-là. Le final choquant promet une saison 4 pleine de rebondissements. Le coffret Blu-ray présente quelques nouveautés intéressantes et une très bonne qualité globale. Malgré la subtile baisse de matériel supplémentaire c’est définitivement le produit à acquérir pour ceux qui souhaite voir ou revoir cette intrigante série.


Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,7/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,5/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: Pascal Cauden

Date de publication: 2011-10-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LED Samsung UN55D6420, Amplificateur Denon AVR-991, Enceintes Energy XL-26(x2), XL-C, XL-R (x4), Caisson d'extrêmes graves Klipsch KSW 12, HTPC media portal et lecteur Samsung BD-D5500.

Le film

Titre original:
Fringe

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
968 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
4 BD-50

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Portugaise Dolby 2.0 Stéréo

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais

Suppéments:
Segments (Duality of Worlds: Four featurettes exploring The Other You, Visualizing an Alternate World, A Machine of Destiny and The Psychology of Duality Animating the "Lysergic Acid Diethylamide" Episode), pistes de commentaires audio pour deux des épisodes et prises ratées

Date de parution:
2011-09-06

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