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DVDEF

xXx

Critique
Synopsis/présentation
Le film xXx est l'une des grandes réussites de l'année 2002. En effet, cette production nous aura prouvé que la meilleure campagne publicitaire peut parvenir à faire d'un film plutôt mauvais un très gros succès au box-office. La Columbia/Tristar aura donc réussi à faire croire à un public bien ciblé que xXx révolutionnait le film d'action et les histoires d'agents secrets, leurrant ainsi des millions de pauvres spectateurs vers les salles obscurs. Pourtant, les bandes-annonces du film ne laissaient présager rien de particulièrement bon ou original. Cependant, le message véhiculé par ces bandes-annonces et les publicités vendait le film comme étant quasi-révolutionnaire et décrivait le protagoniste du film comme l'incarnation d'une nouvelle race de d'agent secret. La curiosité des spectateurs/consommateurs aura réussie à engendrer plus de 130 Millions de dollars US au guichet. Que voilà donc l'exploit accompli par cette œuvre : faire des Millions avec un produit qui méritait autant d'intérêt qu'un film pornographique, auquel ce titre ne manque pas de nous faire penser…

Ce premier film (et malheureusement pas le dernier) mettant en vedette l'agent secret Xander Cage (Vin Diesel) raconte en fait deux histoires. Il y a tout d'abord la genèse de l'agent secret, puis sa première mission. Ni l'une ni l'autre de ces histoire ne mérite qu'on s'y attarde en détail, puisque tout le film est prétexte à une accumulation incessante de scènes d'action. Pour combler les vides entre ces scènes, le scénariste a tout simplement eu recours aux pires clichés du genre. Pourtant, xXx n'était-il pas supposé briser les conventions des films d'agent secret ? C'était peut-être là les objectif des auteurs, mais force est de constater que les similitudes entre xXx et James Bond sont nombreuses. La seule réelle différence se situe au niveau du héros lui-même, qui cette fois n'a ni le charisme, ni la personnalité d'un James Bond. Xander Cage est un voyou, un malabar froid et arrogant qui se complait dans les sports extrêmes et l'anarchie. Mis à part des adolescents en période pré-pubaire, qui diable voudrait s'identifier à un anti-héros aussi antipathique ? Encore aurait-il fallu que Cage ait des motivations et des intérêts autres que les jeux vidéos et les femmes objets…

En fait, ce n'est pas seulement le protagoniste du film qui est antipathique, primaire ou tout simplement immoral, mais c'est tout l'univers du film lui-même. Les motivations des vilains de service sont tout simplement risibles. Leur dessein est simple : détruire l'ordre mondial sous prétexte qu'il se répugne de la sois-disant emprise des gouvernements sur leur mode de vie. De toute évidence, on ne voulait pas déstabiliser l'auditoire cible avec un complot d'une complexité minimum. Il fallait faire dans la facilité et la grossièreté. Et bien mission accomplie dans ce registre, l'intrigue de xXx est encore plus simpliste que n'importe quelle aventure de James Bond. Parlant de James Bond, ceux et celles qui y déploraient une certaine misogynie seront abasourdis en visionnant xXx. Rarement aura-t-on vu un tel climat aussi misogyne. Les femmes du films sont toutes des "garces" sans aucune personnalité. Elles sont objets, elles ne servent qu'à assouvir les fantasmes des personnages masculins. Les dialogues sont sans équivoque : " je suis sa femme, mais si tu payes assez je serai ta femme aussi " ou encore " les femelles, venez ! ". Du reste, la pilule serait plus facile à avaler si le film en offrait réellement pour notre argent en ce qui concerne les scènes d'action. Mais tout ce que nous offre xXx sont des dérivés de cascades déjà vus dans plusieurs films hollywoodiens. Qui plus est, si la mise en scène est généralement efficace, à certaines occasions elle frise carrément l'amateurisme. Par exemple, remarquez la scène où Cage saute par-dessus un clôture avec sa motocyclette. Le plan change d'angle au moins cinq fois pendant le saut, de façon à montrer Vin Diesel sous toutes ses coutures. Franchement maladroit. Pis encore, Rob Cohen semble obsédé par les tatous de son personnage. Le nombre de scène débutant sur un gros plan de sa nuque est innombrable ! Franchement, le meilleur moment du film est probablement le générique de fin, qui nous offre une animation assez originale et dynamique, en plus d'annoncer la fin de ce supplice…


Image
Cette édition nous propose le film au format d'image respecté de 2.40:1, le tout d'après un transfert anamorphosé. À noter qu'une édition offrant l'image en format plein écran (4:3) est également disponible séparémment.

La définition de l'image est généralement de haut niveau, sans toutefois être de référence. Les détails et les textures sont rendus avec précision bien certains plans n'est pas toujours le mordant espéré. La colorimétrie est presque un sans faille. Que ce soient les couleurs riches des décors extérieurs ou bien les teintes sombres et stylisées des intérieurs, toutes sont parfaitement étalonnées. On n'observe aucun débordement. Seul petit bémol, un très subtil fourmillement (chroma noise) dans quelques teintes bleutées. La brillance (niveau des noirs) et les contrastes sont parfaitement ajustées et ne fluctuent jamais. Les parties sombres, quoique généralement bien détaillées, bloquent parfois. Quant aux noirs, ceux-ci sont intenses et urs.

Bien qu'une sur-définition des contours soit observable celle-ci n'est pas assez évidente pour gêner. Vous remarquerez peut-être d'avantage la présence de quelques macroblocs et un léger grain (imputable au matériel source).


Son
Deux bandes-son Dolby Digital 5.1 sont offertes avec cette édition, soit une en anglais et l'autre en français. Des sous-titres dans ces deux langues sont également offerts.

Ceux qui ont eu l'occasion d'entendre la bande-son du film The Fast and the Furious, le précédent film de Rob Cohen, se retrouveront réellement en terrain connu avec ce mixage. L'agressivité est donc de mise, et ce sans aucune modération ni finesse. Il va s'en dire que nous avons affaire ici à un son extrêmement dynamique. Le champ-sonore se déploie de toutes les canaux disponibles pour créer un espace vivant et articulé. L'usage des enceintes arrières est particulièrement soutenue avec des effets sonores localisés ainsi que de nombreuses transitions canaux à canaux. Les basses sont puissantes et profitent d'un étalement adéquat. L'usage du canal .1 (LFE) est, évidemment, très appuyé. La trame-sonore et la musique, omniprésent tout au long du film, sont efficacement intégrés à l'environnement sonore. Malgré tout le boucan qui sévit du début à la fin, les dialogues, aussi insipides soient-ils, sont toujours naturels et intelligibles (à défaut d'être intelligents…).

Certes, un peu plus de subtilité aurait été grandement apprécié quant à l'exécution de ce mixage. Mais comme le film lui-même ne se donne même pas la peine de jouer de finesse, fallait-il réellement s'attendre à autre chose de la part de cette bande-son ?!?


Suppléments/menus
C'est à titre de Special Edition que nous est offert xXx, un choix justifié considérant le nombre de suppléments qui sont offerts.

Vous retrouverez tout d'abord une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Rob Cohen. Fidèle à ses habitudes, ce dernier propose une piste assez dynamique grâce à son enthousiasme et sa générosité. L'homme explique ses décisions en tant que réalisateur ainsi que les difficultés de chacunes des scènes du film. Les propos sont plus souvent techniques qu'anecdotiques, ce qui est une bonne chose. Cependant, on pourrait déplorer chez le réalisateur une certaine attitude suffisante, ce qui finit par agacer. Après tout, Cohen n'a toujours pas réalisé de chef-d'œuvre…

Plus intéressant encore est un documentaire de 40 minutes intitulé A Filmaker's Diary. Divisé en deux parties (Pré-production et post-production), ce documentaire synthétise avec justesse les étapes du tournage du film. Le regard est intimiste, ce qui étonne considérant l'ampleur du projet. La caméra nous fait visiter toutes les étapes de la production de façon concise et pertinente, ne s'attardant pas uniquement à l'aspect technique mais également humain, ce qui est plutôt rafraîchissant. Certains passages nous font grincer des dents (comme par exemple le petit rituel religieux qu'impose Cohen à son équipe…), mais de façon général ce documentaire s'élève aisément au-dessus de la moyenne...

S'ensuit une multitude de courts documentaires techniques, soit sept en tout. Le premier, intitulé Building Speed : The vehicles of xXx (7 min.), s'intéresse à la conception des multiples véhicules présents dans le film. Designing the World of xXx (14 min) traite quant à lui de la direction artistique, des décors et des lieux de tournage. On explique les choix des artisans et leurs objectifs. Diesel Powered (6 min) est un regard absolument complaisant et prétentieux sur l'acteur Vin Diesel. Les artisans du film se succèdent pour féliciter l'immense talent de l'acteur. Franchement agaçant. Tout aussi agaçant est The GTO is back (3 min), qui n'est en fait qu'une vulgaire publicité déguisée faisant la promotion d'une nouvelle voiture de marque Pontiac. Finalement, vous retrouverez trois courtes vignettes d'une minute et demi montrant des exemples de création d'effets spéciaux. Ces vignettes peuvent être visionnées avec ou sans commentaires audio, mais les commentaires sont essentiels à la compréhension du processus de création de ces effets. Mis à part les deux documentaires promotionnels, tous ces segments sont intéressants et pertinents.

Il y a ensuite une série de 10 scènes inédites (et non pas 11, comme marqué sur le boîtier), tous d'un intérêt moyen sinon nul. Certaines scènes ont en effet le mérite de développer d'avantage certains personnages, d'autres offrent quelques blagues , tandis que plusieurs ne sont que le prolongement inutil de scènes déjà existantes. À nouveau, une piste de commentaires audio animée par le réalisateur est offerte en option.

Finalement, nous sont offerts un vidéoclip (la chanson Adrenaline, interprétée par Gavin Rossdale, chanteur de Bush), quelques bandes-annonces (xXx, Anger Management, Darkness Falls), des filmographies ainsi qu'une portion DVD-Rom incluant le scénario original.

À noter que le boîtier indique la présence de scénarimages et d'analyses scéniques, mais que nulle part nous ne les avons trouvés avec cette édition.



Conclusion
Si ce film risque de vous laisser totalement indifférent, ce n'est certes pas la faute de cette édition DVD ! La qualité d'image, sans être optimale, est tout à fait satisfaisante, tandis que la bande-son vous en mettra véritablement plein les oreilles. Les amateurs de mixage agressif en auront pour leur argent. Quant aux suppléments, leur quantité mais surtout leur qualité est certainement supérieure à la moyenne de ce qui est généralement offert sur le marché. Bref, une édition de qualité pour un film qui n'en méritait sans doute pas tant !


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-12-23

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
xXx

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
124 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, scènes coupées, vidéoclip et bande-annonce

Date de parution:
2002-12-31

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