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DVDEF

Zoolander

Critique
Synopsis/présentation
Le monde biscornu de la mode masculine semble une cible facile. Si Christopher Guest (réalisateur de Waiting for Guffman, Best in Show) aurait choisi cette univers comme sujet de son prochain film, ce dernier y serait probablement aller de dérisions, d'humour à double sens et de subtilités afin de dépeindre ce monde empreint de superficialité. Cependant, ce fut plutôt Ben Stiller qui prit les rênes d'un tel projet (en tant que co-auteur et réalisateur). Et ses armes principales: l'humour premier-niveau, la répétition de gags, les références et sous-entendus, un montage rapide, le tout dans un enrobage survolté. Tel un bonbon trop sucré, les blagues sur le Q.I. des mannequins, leur personnalité artificielle, leur boulémie, leur homosexualité, leur corps découpé, et surtout leur amour propre en viennent à lever le coeur à la longue. Ni subtil, et très cliché...
Le scénario de Zoolander n'est qu'un prétexte à la rigolade. Élu mannequin de l'année depuis déjà trois ans, Derek Zoolander (Ben Stiller) se fait ravir son titre par Hansel, son rival (Owen Wilson parodiant le style surfer californien). Poussé par son agent (Jerry Stiller, le père de Ben) à poursuivre sa carrière, Zoolander est recruté par le ténor de la mode masculine, l'excentrique Mutagu (Will Ferrell). En réalité, Mutagu choisit Zoolander non pas pour ses qualités de modèle, mais plutôt pour sa personalité ingénue, le faissant le candidat de choix pour assassiner le président de la Malaisie en croisade contre l'exploitation des enfants dans les usines à textiles. À ce filet scénaristique, se greffe une ravissante journaliste ayant découvert les manigances sordides de Mutagu (Christine Taylor) et tentant de sauver le pauvre Zoolander des griffes du designer fou.
Malheureusement, à trop vouloir faire des clins-d'oeil, on en devient aveugle. Clin-d'oeil aux mannequins masculins, clin-d'oeil à la publicité, clin-d'oeil au jet-set, clin-d'oeil à des icônes populaires, clin-d'oeil à des classiques cinématographiques... Que dire de la scène où Zoolander et Hansel, mystifiés devant la mise en marche d'un i-mac orange, se mettent à le tabasser, un fémur à la main, sous la musique d'ouverture de 2001, Odyssée de l'Espace. Ou lors d'une discussion serrée entre deux personnages sur fond de trompette mélancolique, référence ridicule à Godfather.
Bien qu'aucunement prétentieux, le film ne semble qu'un simple sous-produit du phénomène Austin Powers, sans toutefois en posséder la verve et la subtilité. Un personnage idiot, imbu de lui-même, multipliant les imbroglios et s'opposant aux forces démentielles d'un vilain mégalomane; n'est-ce pas du déjà vu? Et les apparitions suprises d'une pléïade de vedettes ne réussissent pas à sauver la mise, dont, entre autres, Jon Voight, Vince Vaugh, Donald Trump, Christian Slater, David Duchovny, Cuba Gooding Jr., Lenny Kravitz, David Bowie, Stephen Dorff et Milla Jovovich.
Heureusement, et peut-être ce qui extirpe ce film d'un complet naufrage, les acteurs semblent prendre grand plaisir à exécuter leur cabotinage. La palme va d'ailleurs à Will Ferrell qui offre, une fois de plus, un personnage complétement loufoque et saugrenu.
En somme, que retenir de Zoolander? Peu, trop peu...


Image
Cette édition DVD de Zoolander offre le film en format originale de 2.35:1 (format peu fréquent pour une comédie) et d'après un transfert anamorphosé. Pour tout dire, la facture visuelle de Zoolander est excellente et quasi-irréprochable. L'image est nette, les détails et textures finement reproduits, ceci principalement dû à la qualité de l'interpositif utilisé. Les couleurs éclatantes de la photographie sont justement balancées, naturelles et constantes. Il n'y a ni débordement ou sur-saturation. Les tons de peau sont également bien rendus. La brillance et le contraste demeurent sans faute. Les parties sombres, quant à elles, se détaillent subtilement, alors que les noirs sont solides et purs.
Aucun parasite, signe de compression ou fourmillement ne vient entacher ce transfert, quoique certaines scènes laissent voir une légère sur-définition des contours.



Son
L'édition de Zoolander ici évaluée offre des bandes-son anglaises Dolby Digital 5.1/ 2.0 Surround et française Dolby 2.0 Surround.
La bande-son 5.1 fait preuve d'un bon dynamisme, de présence et d'une spatialité adéquate sans être totalement immersive. Le champ sonore se déploie principalement des enceintes avants, bien que quelques effets d'ambiophonie se font entendre. Cependant, l'utilisation des canaux arrières se limitent, en majeure partie, à créer un environnement musical homogène. Les dialogues sont nets et intelligibles. La trame-sonore profite de basses fréquences (trame sonore techno oblige...) solides et bien appuyés. Le canal .1 (LFE) est fréquemment utilisé, encore là pour mieux appuyer la trame-sonore.
Une bande-son française est également offerte avec cette édition (Dolby Digital 2.0 Surround), tout comme des sous-titres anglais.


Suppléments/menus
Définie comme une Special Collector's Edition, voyons si cette édition de Zoolander a de quoi tenir la route...
La section des suppléments s'ouvre avec une piste de commentaires du réalisateur/co-auteur/acteur Ben Stiller, ce dernier étant accompagné du co-auteur et co-scénariste Drake Sather, ainsi que de John Hamburg (co-scénariste). Plus ou moins informative, cette piste survolle plutôt le film en nous abreuvant d'anecdotes et de blagues. Vous en apprendrez peu sur la production, mais vous rirez probablement en écoutant les badinages de Stiller et compagnie. Cette approche toute légère pour cette piste de commmentaires semble donc adéquate compte tenu des nombreuses faiblesses du film.
Suivent cinq scènes inédites, soit Additional VH1 Interviews, Hansel and Winona, Moomba, Additional Mine Montage, Zoolander Center, celles-ci pouvant être visionnées avec ou sans commentaires de Ben Stiller. Typiques au reste du film, ces scènes parviendront peut-être, et tout au plus, à vous faire sourire.
Également offerte, cinq séquences dans des montages différents: Opening Interview, Earth To, Matilda and Archie, Alternate Brainwash, Walk-Off Elvis/Fosse. Ces séquences sont également proposées avec ou sans commentaires de Stiller. Moins intéressantes que les scènes inédites, seuls les plus fervents amateurs prendront surement plaisir à visionner la version complète de ces séquences.
Un segment de près de sept minutes de prises ratées (outtakes) est également disponible avec cette édition. Répétitifs, ces extraits ne vous feront pas plus rire que les scènes réussies...
À l'origine du film, deux segments présentés aux VH-1/Vogue Fashion Award de 1996 et 1997 s'ajoutent à la liste des suppléments. Ces courts-métrages sont humoristiques et amusants, établissant ainsi les prémices du film.
Brièvement, la liste des suppléments se poursuit avec un vidéo-clip de Wiseguy (Start the Commotion), les bande-annonces télé de Zoolander (portion la plus distrayante des suppléments) regroupées en trois sections (Public Service Announcements, MTV Cribs et Interstitials), ainsi qu'une galerie de photographies. Suit finalement le supplément Alternate End Title Sequence, version originale de la fin du film avant l'amorce du générique.
Enfin, mentionnons que cette édition propose des menus avec commentaires audio de Ben Stiller, semblables à ceux de This is Spinal Taps! (édition MGM).
Au Québec et Canada, Paramount y va d'un de ses premiers boîtiers bilingues. Contrairement à certains studios qui modifient drastiquement les jacquettes originales (Universal et Alliance-Atlantis pour ne pas les nommer), Paramount n'a pas altèré la partie frontispice de la jacquette qui garde une nomenclature anglaise. Au recto de la jacquette, on retrouve une traduction française du synopsis et des suppléments. La bande latérale du boîtier présente également le titre original du film. Paramount propose un contenu bilingue sans toutefois altèrer le travail artistique de la partie frontispice, une idée tout à fait interessante lorsque que deux boîteirs distincts (anglais/français) ne sont pas produits. Enfin, la section supplément camoufle un oeuf de Pâques... À vous de le repérer...



Conclusion
Zoolander est une oeuvre insipide et édulcoré, se moquant du milieu de la mode masculine. Une approche plus sarcastique (et incisive) à la Christopher Guest aurait probablement été plus souhaitable, la facilité dans laquelle baigne l'oeuvre de Ben Stiller laisse pantois. Le cachet tape-à-l'oeil de Zoolander tentent vainement de cacher l'anorexie d'un scénario déficient.
Mince consolation, la présente édition de Zoolander offre une superbe qualité d'image, tandis que le mixage original à l'impact nécessaire. En tenant compte du coût relativement élevé de l'édition (une trentaine de dollars), une location serait peut-être de mise...


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2002-03-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Zoolander

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
89 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires, Scènes supprimées au montage, Scènes prolongées, Prises ratées, Bande-annonces télé.

Date de parution:
2002-03-12

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