Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Damages (The Complete Third Season)

Critique
Synopsis/présentation
La télésérie Damages, créée par les frères Glenn et Todd Kessler et présentée en juillet 2007 sur la chaîne câblée FX, s’inscrit parfaitement dans cette tradition de peindre un milieu juridique nuancé. La série met en scène le personnage de Ellen Parsons (Rose Byrne) une jeune et prometteuse avocate qui est embauchée par la firme Hewes et Associates par la principale intéressée Patty Hewes (Glenn Close) une puissante et réputée avocate qui est prête à tout pour gagner une cause. Ellen accepte de travailler pour elle et devient ainsi la protégée de Hewes pour défendre une de ses causes les plus importantes, celle d’Arthur Frobisher (Ted Danson) un millionnaire accusé de fraude et d’avoir laissé ses quelques cinq milles employés sans le sou.

La structure narrative qui caractérise principalement Damages est le retour en arrière. Chaque début de saison nous annonce un drame dont les causes (et les conséquences) nous seront connues par l’entremise de flashbacks déballant habilement les rouages d’une intrigue ficelée dans les moindres de détails. Pourtant, ce sont les personnages qui sont les principaux attraits de la télé-série. L’affrontement entre la lionne Patty Hewes et sa jeune biche Ellen Parsons donne lieu à une subtile transformation (dans la saison 1), un délicieux affrontement (dans la deuxième saison) et enfin à une sorte … d’errance.

Car Damages est aussi la mise en scène classique de l’affrontement entre deux générations de femmes : la jeune avocate carriériste et ambitieuse contre celle qui a tout obtenu par des sacrifices (personnels et professionnels), une force de caractère lui permettant d’affronter et détrôner ses collègues masculins. Parce que si Damages expose plusieurs injustice sociales à travers ses épisodes, il dresse aussi et surtout le portrait d’un environnement masculin dominé (et convoité) par des femmes. Si pour Patty Hewes, il s’agit toujours de la même histoire (détruire une autorité masculine – dans le cas de la troisième saison, la tête pensante est une femme et le tout devient d’ailleurs beaucoup plus compliqué), Ellen s’intéresse plutôt à ruiner la vie de sa patronne.

Dans cette troisième saison, le personnage d’Ellen ne semble plus trop savoir ce qui l’importe. Alors que dans les saisons précédentes, elle était celle par qui s’articulait les principaux enjeux, elle laisse ici la place à Hewes qui devient celle par qui les débats moraux sont abordés. Mais, le principal reproche qui a été fait à cette troisième saison de Damages (et qui a poussé FX à abandonner la série, ça et les cotes d’écoute en chute libre…) est plutôt la mécanique dans laquelle la série s’est elle-même construite. La structure demeure la même, seules quelques variantes viennent brouiller les cartes. Pourtant, après trois saisons produites sous le même moule, il n’y a plus vraiment moyen de déjouer le spectateur. La séquence d’ouverture sert précisément à cette idée de fausses pistes et le spectateur n’est plus dupe. C’est pourquoi la première saison qui avait l’effet d’un véritable coup de poing fonctionne davantage pris dans son entièreté. Alors qu’ici Damages se savoure épisodiquement. Les sous-intrigues deviennent pratiquement plus intéressantes (et plus importantes) que le mystère principal et existent en dehors d’une ligne directrice déjà trop connue.

Cela n’excuse aucunement la décision de FX de suspendre Damages. Heureusement, la série continue d’exister sur DirecTv qui a accepté de diffuser les quatrième (qui est présentement en ondes) et cinquième saisons de la télésérie. Et heureusement, il y a toujours un public pour les téléséries de qualités qui, même si elles n’arrivent plus toujours à surprendre complètement ses spectateurs, continuent de tenter d’innover et de ne pas prendre son auditoire pour acquis.


Image
Les épisodes sont tous offerts au format d’image respecté de 1.78:1 d’après un transfert 16:9.

Comme la première saison, la télé-série fut tournée et diffusée en haute définition, donc elle ne nous est pas offerte dans sa qualité optimale. Il y a un effet de flou perceptible (probablement dû au fait que la série est tournée en numérique) à plusieurs reprises ce qui empêche d’observer un niveau précis de détails et de textures. Le rendu des couleurs est cependant irréprochable. Toujours comme ses première et deuxième saisons, la série est relatée sur deux temporalités différentes, les créateurs ont décidé d’utiliser une image granuleuse et filtrée pour les scènes qui se déroulent au moment présent et une image « normale » lors des retours en arrière. Tout ce travail de direction photo est impeccablement reproduit par des couleurs riches et précises. Les contrastes sont très bien gérés évitant tout effet de surbrillance. Quant aux dégradés, ils sont fluides et précis livrant de très belles parties sombres. Finalement, nous retrouvons des noirs purs et profonds.

On remarquera quelques signes de compression (artéfacts) à quelques moments ici et là, mais rien de bien précis pour gâcher le plaisir du visionnement.


Son
Une seule bande son est disponible sur cette édition et elle est offerte en version originale anglaise au format Dolby Digital 5.1.

Même si Damages est basée souvent que sur les dialogues, la bande-son fait preuve d’une présence appuyée et d’un dynamisme approprié. Les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la grande majorité des éléments sonores (les dialogues) alors que les enceintes arrière sont employées presque exclusivement à des fins d’ambiance. Les effets d’ambiophonie sont plutôt rares, mais la profondeur que permet le multicanal 5.1 permet une meilleure immersion. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement clairs et précis alors que la trame sonore s’intègre subtilement au mixage. Elle est d’ailleurs appuyée par des basses fréquences qui grondent convenablement aux quelques occasions où elles sont sollicitées. L’emploi du canal d’extrêmes graves est plutôt rare, mais lorsqu’il est sollicité, il se manifeste avec une certaine efficacité.

Mystérieusement, il n’y a qu’option de sous-titrage en espagnol (comme c’était aussi le cas pour la deuxième saison) alors que la première saison de la série offrait des sous-titres français !


Suppléments/menus
Les suppléments de cette édition sont répartis sur les deuxième et troisième disque. Dans le premier cas, nous retrouvons d’abord une piste de commentaires audio pour l’épisode « You Haven’t Replaced Me » animée par Martin Short, les créateurs Glenn Kessler et Todd A. Kessler et le réalisateur Daniel Zelman. Divertissante sans plus, cette piste de commentaires audio nous apprend que Short est un excellent orateur. Viennent ensuite cinq scène supprimées dont l’intérêt est plutôt moindre. Elles n’apportent effectivement rien ou presque au montage final. Nous retrouvons aussi un avant-goût de la saison 3 « Season 3 Teaser (6:24) qui est un segment promotionnel où les créateurs et les artisans ne font que vanter la saison en question.

Sur le troisième disque, la piste de commentaire audio pour l’épisode « The Next One’ Gonna Go In Your Throat » est offerte. Elle contient les interventions de Rose Byrne, Tate Donovan, Glenn Kessler, Todd A. Kessler et Daniel Zelman. D’un intérêt relativement égal à la précédente, cette piste de commentaires audio nous en apprend très peu excepté que Rose Byrne a conservé son accent australien. Six scènes supprimées sont aussi disponibles. Elles n’apportent rien de vraiment pertinent au montage final, mais se laissent regarder, comme c’était le cas précédemment. « Directing Damages (5:53) » est le seul documentaire présent et propose de s’attarder au travail de la réalisation sur la série. On y aborde notamment l’arrivée de Daniel Zelman comme nouveau réalisateur. Par contre, les interventions des artisans demeurent trop superficielles pour que le segment soit réellement prix au sérieux. « Sometimes You Just Get Damaged (7:10) » est un montage de prises ratées alors que « Damages Season 3 : A Look Back (2 :42) » est un autre segment promotionnel visant exclusivement à vanter cette troisième saison.

Finalement, il y a option d’une introduction aux épisodes par les producteurs et créateurs de la série et ce, pour chacun des 13 épisodes.



Conclusion
L’effet de surprise en moins, Damages demeure néanmoins une télésérie de qualité qui offre toujours son lot de surprises et qui ne méritait certainement pas d’être menacée de disparaître. Heureusement, la chaine DirecTv a repris les choses en main et nous a promis une quatrième (présentement diffusée) et une cinquième saison. La relation complexe (et le mot est faible) entre Patty Hewes et Ellen Parsons pourra peut-être s’inscrire définitivement dans l’histoire télévisuelle américaine.

Une édition techniquement un peu en dessous des normes. Alors que le transfert vidéo présente quelques défauts (principalement dus à la méthode de tournage de la série), on ne peut s’empêcher de s’imaginer ce qu’aurait été Damages en haute définition. Le mixage 5,1 est par contre irréprochable. Dynamique et appuyé, la bande son reproduit fidèlement l’univers sonore de la série. On regrettera par contre l’absence totale de francisation alors que la première saison contenait des sous-titres français ! Les suppléments sont plutôt inégales. Si plusieurs sont totalement dispensables, d’autres sont divertissants et intéressants, mais rien de particulièrement pertinent. Une édition pour les fans de la série et les autres curieux qui n’auraient encore pas découvert Damages.


Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-09-12

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Damages

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
573 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Sony Pictures Home Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
3 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Espagnol

Suppéments:
Pistes de commentaires audio, documentaire, scènes supprimées, bêtisier, segments promotionnels, introduction aux épisodes

Date de parution:
2011-07-12

Si vous avez aimé...