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DVDEF

Behind Enemy Lines

Critique
Synopsis/présentation
John Moore, après avoir longtemps réalisé des commerciaux, signe ici son premier long-métrage. Signé est peut-être un choix de mot un peu fort, disons plutôt qu'il remplit sa première commande. Post 11 septembre oblige on croyait à la 20th Century Fox faire un maximum de profit avec ce film. Dans les faits on équilibre tout juste le budget; le film a couté 40 millions tandis que les revenus (marché des États-Unis) se sont élevés à tout près de 60 millions. Compte tenu des coûts de la campagne de publicité, le film fait tout juste ces frais. Behind Enemy Lines est une adaptation très libre d'un incident survenu au milieu des années quatre-vingt dix alors qu'un pilote américain (Scott O'Grady) avait dû s'éjecter et avait atteri en territoire Bosniaque. Ici le personnage principal, le lieutenant Chris Burnett, est un navigateur de la Navy un peu blasé de la routine et ne sachant qui sont les véritables ennemis. Les missions de reconnaissance au dessus de la Bosnie/Serbie ne sont pas pour lui une source de motivation, il a signé une lettre annonçant son départ de la Navy. La veille de noël, le lieutenant Chris Burnett et son pilote doivent effectuer une mission de reconnaisance. De leur propre chef, outrepassant les ordres, ils entrent dans l'espace aérien Serbe et prennent des clichés, leur avion sera abattu. Informé de la situation l'admiral Reigart (Gene Hackman) fera tout en son pouvoir afin de sauver les deux soldats pris en territoire ennemi.
On retient deux éléments de ce film. Il y a dans un premier temps une forme d'apprentissage, d'éveil, qui est fait par Chris Burnett (joué par Owen Wilson). Cet éveil est guidé par le personnage d'Hackman qui joue ici la commune figure patriarcale. Le patriarche est un accoucheur de conscience, celui qui fait renaître; rappelez-vous le personnage de d'Edward James Olmos dans Top Gun ou même celui deLawrence Fishburne dans The Matrix. Dans ce film, Chris Burnett, guidé par les mots d'Hackman et de son expérience sur le terrain, trouvera tout le sens des mots ¨servir sa patrie¨. L'expérience en territoire ennemi lui fait réaliser qu'il y a une logique aux interventions américaines dans un monde où la barbarie l'emporte plus souvent qu'autrement (au sens des Américains). Behind Enemy Lines lance un appel aux américains; dès que nous ne sommes plus sur notre territoire il faut être sur un pied de guerre (littéralement dit par le personnage d'Hackman!). Belle logique...
Mais ce film est vraiment pernitieux et tordu lorsqu'on examine les forces en présence et comment le conflit est résolu. L'admiral Reigart doit composer avec Piquet (Joaquim de Almeida) un commandant de l'OTAN à qui il doit rendre des comptes. Tout au long du récit l'OTAN est montrée comme une force qui empêche l'action, dans ce cas-ci l'organisation d'une mission de secours. L'OTAN est associée à une force politique, qui donc s'embête inévitablement de compromis. Lorsqu'on décide finalement d'envoyer une équipe de secours, dirigée par des Français, celle-ci, bien sûr, échoue; seuls des américains pourront réussir. C'est alors que se produit un des moments clé du film, Reigart fait fit des ordres de l'OTAN et organise lui même une mission de secours. Le discours sous-jacent laisse entendre que la résolution des problèmes ne peut venir que lorsque les États-Unis agissent de leur propre chef et par leur force militaire. C'est ce que Behind Enemy Lines cautionne comme logique.
La réalisation de John Moore est tout ce qu'il y a de plus convenu et prévisible. Les racines publicitaires du cinéaste sont plus qu'évidente; artifice photographique (ralentis, etc.) , montage rapide et syncopé. Les personnages manquent cruellement de profondeur, Hackman reprend essentiellement son rôle du capitaine Frank Ramsey dans Crimson Tide. On vous évite toute description des militaires Serbes tant il s'agit de caricatures...


Image
Behind Enemy Lines est présenté en format d'image original de 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé.
La définition de l'image varie de bonne à excellente. Dans l'ensemble le niveau de détails et le rendu des textures sont adéquats, seuls quelques plans manquent légèrement de précision. Volontairement le directeur photo et le réalisateur ont, pour plusieurs séquences, opté pour une palette de couleurs tamisées, toute en retenue. De plus, on a aussi réduit le contraste. Il faut donc être très prudent avant d'émettre un jugement final sur ce transfert, chose sûre la colorimétrie est constante et les tons de peau paraîssent naturels. Le niveau des noir est correctement ajusté et les dégradés offrent un niveau de détails satisfaisant.
Seul véritable problème de ce transfert; une sur-définition des contours pour le moins évidente.


Son
Précisons d'emblé que deux éditions ont été produites pour le marché Nord-Américain; la première destinée aux États-Unis offre des bandes-son anglaise (Dolby Digital 5.1 et DTS) et espagnole (Dolby 2.0 Surround). L'autre édition, destinée au marché canadien, offre les mêmes bande-son anglaises on a toutefois substitué au doublage espagnol un doublage français (Dolby 2.0 Surround).
Les mixages anglais multicanaux (Dolby Digital 5.1/DTS) sont les plus intéressants mais manquent de raffinement. Comme c'est le cas dans ce genre de production on nous sert un mixage très dynamique voir par moment agressif. Si le montage sonore est par moment efficace (effets d'ambiophonie localisés) l'intégration des éléments manque de subtilité. De plus l'espace sonore n'a pas toute la profondeur souhaitée. Il est évident à l'écoute de ce mixage qu'un important travail de post-synchronisation a été fait; le résultat n'est pas toujours heureux notamment au niveau des voix qui paraîssent ADR (Automatic Dialogue Replacement). Néanmoins cette bande-son offre quelques beaux moments d'ambiophonie et certaines transitions particulièrement réussies. Les basses ont une belle présence mais encore là inconsistante.
Comme c'est toujours le cas chez Fox il n'y a option de sous-titrage qu'en anglais et espagnol.


Suppléments/menus
On ne retrouve pas une mais bien deux pistes de commentaires audio. La première est animée par John Moore (réalisateur) et Paul Martin Smith (monteur), tous deux affectés par un rhume (ce qui excuse les tons de voix un peu empâtés) . C'est surtout le réalisateur qui nous fait part de ces impressions sur le tournage de ce film. Le propos est technique et s'attarde à la mise en scène des différentes séquences. Volontairement ou non on n'aborde pas les enjeux politiques du film.
La deuxieme piste de commentaires audio est animée par les producteurs du film John Davis et Wyck Godfrey . Cette piste n'est pas toujours des plus captivante, toutefois, les deux hommes ont l'important mérite d'aborder les enjeux de leurs propre point de vue, en tant que producteurs. Ils expliquent, entre autre, comment ils ont dû négocier avec la Navy afin d'obtenir accès aux équipements militaires, leurs relations avec le réalisateur, le studio et tous les aléas reliés à la production d'un film. A ce point du vue cette piste de commentaires audio vaut la peine.
Premier élément audio-visuel; un documentaire promotionnel (Behind The Scenes) d'un peu moins de sept minutes. Il y a peu à retirer de ce supplément, c'est une longue bande-annonce entrecoupée de segments filmés en coulisse, de commentaires et séquences du film.
Plus intéressant suivent des scènes inédites ou dans des montages différents. Au nombre de sept ces scènes ne sont pas toutes d'un égal intérêt et certaines justifiaient pleinement leur retrait. Par contre on se demande vraiment pourquoi la séquence d'ouverture originale n'a pas été conservée telle quelle, c'était peut-être le seul moment où une quelquonque émotion se dégageait du film. Nous vous suggérons vivement d'opter pour la piste commentaires audio (John Moore/Paul Martin Smith) lors de l'écoute de ces scènes inédites.
Suit un court segment d'environ cinq minutes (Pre-Vis Ejection Sequence) où un montage préparatoire, fait à l'aide de scénarimages et d'animations, permet de voir toute la conceptualisation d'une des séquences d'action les plus impressionnantes du film. Là encore il y a option de commentaires audio (John Moore/Paul Martin Smith).
Bizarrement on ne retrouve pas la bande-annonce originale du film toutefois il y a celle de Minority Report (film de Steven Speilberg, été 2002).



Conclusion
Behind Enemy Lines est un film qui parle énormément; derrière l'apparent divertisement se cache une oeuvre révélatrice d'une vision du monde où seul les États-Unis sont en mesure de solutionner les conflits. Cette édition DVD est, techniquement, d'une facture honnête. Parmi le matériel supplémentaire seule la piste de commentaires audio des producteurs vaut réellement la peine.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2002-04-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Behind Enemy Lines

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
123 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Anglaise DTS
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, galerie d'images, notes, bandes-annonces

Date de parution:
2002-04-23

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