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DVDEF

Basic Instinct (Collector's Edition Packaging - Unrated)

Critique
Synopsis/présentation
Si on décrit Wolfgang Petersen comme le plus américain des réalisateurs allemands, la même analogie peut être sensiblement faites avec Paul Verhoeven, un cinéaste d'origine néerlandaise. Basic Instinct (1992) est le troisième film de Verhoeven produit dans le système des studios hollywoodiens, il avait auparavant réalisé Robocop (1987) et Total Recall (1990).
Nick Curran (Micheal Douglas) est un détective de San Francisco au passé trouble, deux touristes étant décédés accidentellement sous ses balles lors d'une fusillade. Curran est appellé a enquêter sur la mort d'une ancienne vedette rock brutalement tué à coup de pic à glace. Rapidement les soupçons se tournent vers Catherine Tramel (Sharon Stone), maitresse occasionelle de cette vedette rock. Par un curieux hasard, Catherine Tramel a aussi écrit un roman où une vedette de la musique était tué de manière identique. Alibi parfait ou masquarade? Rapidement l'enquète révèle le passé plutôt trouble des personnages impliqués jusqu'à un climax final qui fait encore jaser.
Les activistes homosexuels ont dénoncé, et dans une certaine mesure avec raison, comment les personnages gaie féminin étaient dépeints dans ce film (meurtrières, manipulatrice, violente, etc.). Mais au delà de ces assertions, ce sont toutes les relations hommes/femmes qui sont discutables dans ce film. Les rapports sexuels de Micheal Douglas avec les deux personnages féminins sont particulièrement significatifs, dans chacune des scènes celui-ci a un tempéramment agressif. La séquence en compagnie de sa psychologue (Jeanne Tripplehorn) est presque un viol... Cette représentation de la sexualité, comme un acte presque violent fut souvent dépeint dans le cinéma hollywoodien au début des années quatre-vingt dix. Que l'on songe entre autre à Disclosure (1994) et Sliver (1993).
Basic Instinct n'est pas le premier film de Verhoeven ou le thème de la homosexualité/meurtre est abordé. The Fourth Man présentait également un personnage féminin gaie impliquée dans une sombre histoire de meurtre. Au delà des visions du réalisateurs, il y a le scénariste a qui l'on doit se film: Joe Eszterhas. Ce scénariste (Sliver, Jade, Showgirls) semble incapable de dépeindre les femmes autrement que dans des personnages irrationels, voir violents. La mysoginie de ce scénariste est plus qu'évidente dans Basic Instinct.
Il reste au bout du compte un film qui somme toute manque de subtilité mais reste accrocheur. Un certain climat de mystère fait la plus grande force de cette réalisation. Notons que ce film fut mis en nomination aux Oscars pour la trame sonore (Jerry Goldsmith) et le montage (Frank J. Urioste).
Ce film connu lors de sa sortie un franc succès au guichet avec des recettes dépassant les cent millions de dollars. La machine hollywoodienne a tenté de capitaliser sur le succès de Basic Instinct en nous servant plusieurs films reprenant les mêmes thématiques (meurtrières, sexe, suspence): Body of Evidence (1993), Crush (1993), Sliver (1993), Color of Night (1994).


Image
Précisons en premier lieu qu'il ne s'agit pas de la première édition de Basic Instinct en format DVD. Le film était déjà paru une première fois en août 1997 dans un transfert non-anamorphique.
Cette nouvelle édition nous offre le film en format original (2.35:1) d'après un nouveau transfert anamorphique.
La définition générale sans être déficiente n'est pas optimale. Nombres de séquences manquent de piqué et n'ont pas la définition espérée. Les couleurs, bien qu'elles ne fluctuent pas, manquent quelques peu d'impact et de brillance. Les tons de peau versent, parfois, dans les tons d'orangées. La luminosité de ce transfert est juste et constante. Le contraste semble parfois légèrement accentué bloquant trop rapidement les parties sombres.
Quelques macroblocs sont visibles dans le générique d'ouverture. Des parasites visuels (points) entâchent à l'occasion l'image. Une sur-définition des contours est à l'occasion perceptible.
Sans être catastrophique, la qualité de l'image laisse perplexe. A-t-on utilisé le meilleur interpositif en vue de la réalisation de cette édition? Tout indique que non. Il aurait fallu soit se procurer un matériel source de meilleur qualité ou soit procédé à un nettoyage de la pellicule ayant servi au téléciné.


Son
Deux bandes sonores (anglaise uniquement) sont offertes sur cette édition: Dolby Digital 5.1 et 2.0 Surround
La bande sonore anglaise Dolby Digital 5.1 est un remixage fait en vue de cette édition DVD. Le dynamisme général est acceptable mais sans plus. Le champ sonore est d'une spatialité limitée et, ce qui est surement le plus décevant, a peu de profondeur. Quelques effets canaux à canaux (champ sonore avant) sont particulièrement bien intégrés. Bien que le son émane principalement des enceintes avants, quelques effets d'ambiophonie se font à l'occasion entendre, mais d'un impact limité. La trame-sonore de Jerry Goldsmith est l'élément sonore le mieux rendu de ce nouveau mixage; beaucoup de fidélité malgré un son qui manque parfois d'ouverture. Les dialogues sont reproduits avec naturalité et précis. Les extrêmes-graves (.1/LFE) sont utilisés modérémment, que pour appuyer l'intensité de quelques séquences.
Artisan n'offre aucun doublage français sur cette édition ce qui est regrettable. Bien sûr, on pourrait invoquer qu'il n'existe pas de doublage de ce montage. Toutefois il aurait été relativement facile d'offrir une bande sonore française et offrir une option de sous-titrage pour les parties qui n'on jamais été doulées.
En guise de consolation, il y a option de sous-titrage en français, anglais et espagnol.


Suppléments/menus
Artisan nous propose ici une édition dite spéciale. Premier élément distinctif un boîtier bleuté tranlucide qui imite de la glace; en guise de complément, on a inclu une réplique d'un pique à glace format réduit qui est, en fait, un stylo. Si ce boîtier a un certain style, l'ouvrir fût plutôt difficile, nous recommendons d'être patient et surtout très délicat.
Premier élément des suppléments une piste de commentaires audio animée par Paul Verhoeven (réalisateur) et Jan de Bont (directeur de la photographie). Les deux hommes sont particulièrement volubile, aucune pause ou temps morts ne caractérisent cette piste. Le commentaire est résolument technique, on se concentre majoritairement sur les éléments entourant la production du film au détriment des enjeux du film.
Une deuxième piste de commentaires audio accompagne cette édition, celle-ci est de Camille Paglia. Camille Paglia est une critique et auteure américaine qui nous offre une lecture féministe du film. Si il y a un seul supplément a ecouter, c'est résolument celui-ci. On peut partager ou non les opinions de cette critique, mais on ne peut repprocher à celle-ci de ne pas avoir une opinion. Trop souvent, on nous propose des pistes de commentaires audio aseptisées où personne n'osent se compromettre. Ici, il y a un point vue, des idées et des enjeux abordés. De plus, Camille Paglia semble possèder une excellente connaissance du cinéma hollywoodien et note toute les références auquelles Basic Instinc fait allusion. À écouter sans fautes.
Suit un documentaire réalisé en vue de cette édition nommée Blonde Poison. D'une durée de 24 minutes, ce documentaire nous présente des entrevues avec Paul Verhoeven (réalisateur), Jan De Bont (Directeur de la photographie), Alan Marshall (producteur), Frank Urioste (monteur), Gary Goldman (assistant à la scénarisation) , Jerry Goldsmith (compositeur) et deux activistes homosexuels (Jonathan Katz et Annette Gaudin). La première partie de ce documentaire fait place à la production du film; tout est abordé très sommairement ce qui est un peu dommage. La deuxième partie du documentaire, la plus interessante, aborde toute la contreverse qui à entouré la production et sortie du film. Les arguements des artisans de Basic Instinct sont confrontés à ceux d'activistes homosexuels. Il est dommage qu'aucun des acteurs et actrices ne participe à ce documentaire; entendre leurs opinions sur cette contreverse aurait été instructif.
Cleaning Up Basic Instinct nous montre comment les dialogues ont été adaptés en vue de la présentation du film à la télévision. Plusieurs séquences du film sont présentées, d'abord en version originale puis adaptées. Ce supplément dure environ cinq minutes. En deux minutes, on a saisi l'esprit de ce supplément... Pourquoi ne pas avoir présenté les séquences qui ont été censurées (visuellement) en vue de la présentation télévisuelle?
Suivent des comparatifs film/scénarimage. Le premier comparatif nous montre la séquence d'ouverture (Love scene), les scénarimages défilent au son de la trame-sonore du film. Les deux autres comparatifs, en plus de nous présenter les scénarimages (Car Chase et Elevator Murder) offrent en vignette la séquence finale tel que vu dans le film.
Complète finalement cette édition, une galerie d'images (principalement des photographies prisent sur le plateau), deux bandes-annonces (presentées coup sur coup), des notes biographiques (7 courtes biographies) et des notes de production (4 pages).



Conclusion
Une édition somme toute acceptable malgré quelques défauts techniques; il aurait été peut-être préférable de mettre la main sur un nouvel interpositif. Les suppléments sont généreux et assez complets. La piste de commentaires audio de Camille Paglia vaut absolument la peine d'être entendue. Une version censurée de ce film est aussi offerte.


Qualité vidéo:
3,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2001-09-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Basic Instinct

Année de sortie:
1992

Pays:

Genre:

Durée:
129 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Artisan

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Pistes de commentaires audio (2), documentaire, filmographies, notes de production, bandes-annonces (2), comparatif film/scénarimage, galerie d'images

Date de parution:
2001-09-18

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