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DVDEF

Barefoot Contessa, The (Vintage Classics)

Critique
Synopsis/présentation
Joseph Mankievicz (1909 - 1993) est un réalisateur incontournable pour les cinéphiles qui aiment les grands classiques. Sa production cinématographique couvre tous les genres, du drame au fantastique en passant par le film d'espionnage et le western. Américain d'origine polonaise d'une très grande érudition, Mankievicz est diplômé de l'Université de Columbia en lettres et en langues vivantes. Il a vécu en Allemagne et en France avant d'amorcer sa carrière comme dialoguiste.
Ses rapports avec la capitale américaine du cinéma ont été pour le moins problématiques : Mankievicz trouvait la société hollywoodienne particulièrement étroite d'esprit et un peu stupide. Cela ne l'a pas empêché d'en profiter et de donner à cette industrie du rêve, produisant des films souvent conventionnels et stéréotypés, ses plus belles œuvres. On pense, entre autres, à No Way Out, All About Eve, Five Fingers et Sleuth. Le cinéma de Mankievicz est intelligent et toujours empreint de critique sociale. Spécialiste du flashback, il maîtrise à la perfection les narrations fondées sur des points de vue multiples. Son langage cinématographique est d'une grande richesse et les dialogues sont d'une très grandes beautés. Il en fait une remarquable démonstration dans Barefoot Contessa.
Ce film raconte les déboires amoureux et la fin tragique de Maria Vargas (Ava Gardner), danseuse dans un cabaret de Madrid, devenue vedette à Hollywood malgré elle par le bon vouloir d'un producteur (Kirk Edwards, interprété par Warren Stevens) et le talent d'un réalisateur (Harry Dawes, interprété par Humphrey Bogart). Le succès sera pour elle une expérience désastreuse et la cause de l'échec de sa vie sentimentale.
En plus d'offrir une vision cauchemardesque du mythe de Cendrillon et un tableau critique de la société des nantis, ce film propose une remarquable réflexion sur le regard que portent les hommes sur la femme. À titre d'exemple, citons la scène du cabaret de Madrid où danse Maria : le cinéaste refuse de nous montrer la performance de l'artiste et choisit plutôt de s'attarder sur les hommes hypnotisés par la danseuse.
À travers Maria, Mankievicz brosse un portrait peu reluisant du genre masculin : les hommes sont violents, égocentriques ou impuissants, à commencer par le producteur, un parvenu ignorant et possessif, convaincu que tous lui appartiennent. Vient ensuite un faux noble qui s'avère être un individu violent et abject se plaisant à traîner Maria dans la boue. Le dernier à entrer en scène est le comte Torlato-Favrini, un prince charmant impotent. Incapable de révéler son impuissance sexuelle à Maria avant le mariage, il lui dévoile ce problème le soir des noces. Torlato-Favrini finira par assassiner sa séduisante épouse...
Bogart est la personnification de Mankievicz lui-même, son rôle de confident lui confère une image paternelle. Il sera le seul à comprendre vraiment les causes de la fin horrible de Maria. Bogart se tire superbement bien de ce rôle à contre emploi. Ava Gardner joue ici l'un de ses plus grands rôles : sa composition de Maria est sauvage et passionnée et s'avère être une des interprétations marquantes du cinéma hollywoodien.



Image
Compte tenu de l'âge du film, le niveau de conservation de l'interpositif est plus qu'acceptable. Il y a peu de traces de poussière et de points blancs. Le visionnement de l'oeuvre n'est alors jamais vraiment distrayant.
L'image de format de 1.33 est naturellement non anamorphique. On mentionne sur le boîtier que le format d'image a été modifié, qu'il ne s'agirait donc pas ici du format original du film. En fait le format de la pellicule originale était de 1.37:1, mais une partie de l'espace servait à loger bande sonore magnétique. Le format original de l'image (uniquement) est bien plus près de 1.33:1 que de 1.37:1.
Sans être remarquable, l'image est nette et bien définie. Les couleurs sont riches et bien reproduites, quoique elles non pas la stabilité voulue. De plus, le procédé technicolor de l'époque leur donne un aspect un peu vieillot : cela fait partie du cachet des films du début de l'ère de la couleur, mais peut déranger une collectionneur exigeant. Les noirs ou le contraste ne présentent aucun problème.


Son
Cette édition propose trois bandes sonores: anglaise, française et espagnole, toutes monophoniques. On remarque ici de la bonne "mono" des années cinquante, même si le son est un peu métallique et la bande passante n'a pas la largeur voulue pour une reproduction fidèle de la trame-sonore. L'ensemble reste toujours très audible et les amateurs de films de cette époque oublieront vite les défauts de la bande sonore.



Suppléments/menus
Ce film aurait mérité une édition spéciale, mais la MGM, voulant économiser sur les moyens, n'inclut que la bande annonce originale. Pour en savoir plus sur The Barefoot Contessa, il faudra malheureusement chercher ailleurs...




Conclusion
The Barefoot Contessa est une oeuvre incontournable pour quiquonque apprécie les grands classiques du cinéma américain. Les collectionneurs à la recherche de transfert de référence risquent d'être un peu déçus car les qualités techniques du DVD sont acceptables mais sans plus. Notons que cette oeuvre ne fait pas partie des 100 plus grands films du cinéma américain, tel que sélectionnés récemment par l'American Film Institute : on se demande vraiment pourquoi...


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,5/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2001-08-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Toshiba 32 pouces, Récepteur Sony STR-DE945, Lecteur DVD Sony DVP-S360, enceintes Energy, câbles Cable Accoustic Research

Le film

Titre original:
Barefoot Contessa, The

Année de sortie:
1954

Pays:

Genre:

Durée:
130 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2001-06-19

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