Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

The Premiere Volume: Tom and Jerry Spotlight Collection

Critique
Synopsis/présentation
Qu'ont en commun Friz Freleng, Tex Avery et Chuck Jones à part d'être parmis les plus grands noms du dessin animé américains ? Ils ont tous à un moment ou un autre travaillé pour une création d'autres légendes, William Hanna and Joseph Barbera : Tom et Jerry.
Suite à quelques compilations (comme la plutôt décevante Greatest Chases, ou classic Collection volume 1) cette nouvelle édition intitulée Tom and Jerry Spotlight Collection présente 40 épisodes et enfin de nombreux suppléments relatifs à cette série culte pour les amateurs d'animation.

Le scénario est plutôt simple : Un chat (Tom) tente de capture la souris (Jerry), celle-ci oppose à la force brute sinon la même force, mais augmentée de l'intelligence qui fait malheureusement défaut au félin. La conclusion de ces courses poursuites hystériques est généralement abrupte et couvre l'intégralité des blessures que l'on peut infliger à quelqu'un. Mais dans l'univers si particulier du « cartoon », lors du plan suivant toute trace de douleur ou même de marque physique de la contusion/explosion/décapitation précédente est complètement oubliée.

Les aventures de ces deux héros est en soit une épopée, passant de studios en studios, de pays en pays (passage à Pragues sous la direction de Gen Deitch début des années 60), de retour avec Chuck Jones jusqu'en 67, pour reprendre en 1975 avec les créateurs originaux pour terminer dans les années 80 et plus récemment pour des long métrages plus ou moins réussis.
C'est toute l'histoire d'hollywood que l'on peut lire à travers ces épisodes de 8 minutes, des budgets saisissants du début (50,000 dollars en moyenne par épisodes entre 1940 et 1958) pour tomber à des montants de 3,000$ pour des 5 minutes (qui ont laissé d'ailleurs des traces en « inventant » la pratique de l'animation limitée (on garde le corps statique, et on anime les bras, les yeux et la bouche autour...). On passe des différents formats, du 4/3 au cinémascope, on croise les vedettes de leurs temps (Gene Kelly par exemple). Avec une carrière de plus de 60 ans, cette franchise appelée les « Gold Dust Twins » représente une grande partie de l'héritage hollywoodien.

C'est cette longévité, et surtout la qualité des premiers épisodes qui différencie réellement cette série de toutes autres séries. Près de 60 ans après sa naissance, on trouve encore régulièrement des adaptations, des rééditions des vieux épisodes, et une présence constante sur les écrans de la télé (un peu comme pour les Looney Tunes, Chuck Jones avait bien apprit la leçon). Car pour la majorité des adultes, Tom And Jerry lorsqu'ils étaient enfant étaient déjà de vieux cartoons que nous regardions avec joie, comme de joyeuses hystéries antiques, à côté des goldorak, Candy et autre Albator qui annonçaient déjà le déplacement du dessin animé des Etats-Unis vers le Japon.

Le plus fascinant en se replongeant dans cette série est de constater deux choses :
Les télédiffusions des épisodes sont généralement censurées.
Le discours récurrent de l'augmentation de la violence dans les dessins animés à la télévision est une immense blague.

En effet, les sentences répétitives infligées au chat Tom sont tout simplement terribles, des dents qui explosent à la tête coupée, des bleus et contusions par les coups de poings de Spike dans la tête aux passages de tondeuses de jardin sur le dos, la panoplie complète de ce qu'il ne faut pas faire à son voisin était la base du plaisir jubilatoire de ces courses poursuites. D'ailleurs, Itchy and Scratchy est très clairement l'hommage de Groenig à ses anciens héros, et quoique légérement plus poussé, je me vois maintenant sans problème à la place de Bart ou de Lisa. Ce qui nous amène directement au premier constat : Les épisodes ont été consciemment censurés pour leurs passages télés, les scènes violentes retirées, et après nous être documentés, la présence du seul humain, la grosse femme de ménage noire en bas et chausson elle aussi envoyée aux oubliettes sauf dans de très rares occasions. Cette édition présente les films avec toute la violence originale, mais il semble que les scènes considérées discriminatoires aient été encore supprimées. Il semblerait qu'une nouvelle édition soit en route qui sera intégralement fidèle à l'originale.

Sans vouloir rentrer dans ce qui fait que cette série fonctionne toujours aussi bien 50 ans après, on doit tout de même donner une mention spéciale à la musique. La série Tom and Jerry est quasi muette, et en plus des effets sonores la musique devient un personnage réellement à part entière. Et Quel personnage, capable de se donner de nombreuses nuances, capable de passer en quelques secondes d'un tempo sous amphétamine à une musique d'ambiance, pour repartir aussi rapidement pour marquer l'accélération de Jerry après avoir infligé une nouvelle charge contre Tom. La musique de Scott Bradley est et restera à jamais un réel tour de force. Après des années de travail, c'est tout un vocabulaire musical qu'il a développé, capable de suggérer et raconter des pans complets du dessin animé. La perfection de ce langage est telle que certains épisodes ont même été conçu autour de la musique. Un des plus célèbres reste naturellement « Cat Concerto », qui voit Tom en interprète de la seconde rhapsodie hongroise de Liszt. Cet épisode ou Tom dérange un Jerry qui a prit ses quartiers dans le corps du piano voit là une version complètement folle d'un classique, proche de l'original par moment, mais avec toujours des inclusions de ce fameux vocabulaire. Cette musique mise en image avec une virtuosité fabuleuse a valu à Tom et Jerry l'un de ses 7 Oscars (gagnés entre 1943 et 1953) et autant de nominations.

Ce succès hollywoodien est d'ailleurs le reflet d'un succès international. Comme le disait un des créateurs, la simple vision d'une souris et d'un chat dans la même pièce inspire forcément la poursuite, et ce quelque soit l'endroit du monde ou cela est vu. C’est donc sur cette base universelle que s’est contruite cette histoire, prouvant une fois de plus que l’universalité d’un concept est porteur de longévité et de diffusion. C’est certainement là que la plus grande différence d’avec l’animation Japonaise provient. La majorité de l’animation est culturellement très forte au japon, et c’est pourquoi les subfans de la majorité des séries incluent des descriptifs d’objets ou de faits culturels permettant de mieux comprendre le dynamisme d’une scène. On est donc loin des thèmes très simples mis en avant dans les productions du genre de Tom and Jerry (rajoutons aussi que l’absence quasi systématique de dialogues a permit d’exporter les films d’autant plus facilement).

En attendant désespérément que l’œuvre de Tex Avery finisse par être offerte au format DVD en Amérique du Nord, Cette édition Tom and Jerry Spotlight Collection permet en 40 épisodes de se refaire une idée de ce qu’était nos plaisirs de jeunesses, et de se rendre compte que l’universalité des thèmes présentés fonctionne encore à merveille sur les plus jeunes. Si parfois des séries vieillissent mal, il nous a été possible de voir que l’attrait des courses poursuites de ces deux antagonistes fascine toujours autant les enfants de 5 ans, rare moment ou la nostalgie rejoint l’émerveillement de la découverte.



Image
Tom et Jerry ont suivi l’histoire de Hollywood, et ainsi aussi l’histoire des formats utilisés. On retrouve donc au milieu des 37 épisodes au format respecté de 1.33:1 trois épisodes aux formats eux même respectés de 1.85:1 (Touché pussycat; The Flying Sorceress et Blue Cat Blues) .
Malgré qu’il soit vanté sur cette édition que les épisodes ont été restaurés, il convient de dire que globalement la qualité fait montre de l’âge de ces épisodes. Ces films, très vieux pour certains (on parle de près de 70 ans pour certains) présentent ainsi de très nombreux problèmes. La qualité globale de l’image est plutôt moyenne à mauvaise pour certains épisodes (Yankee doodle Mouse par exemple) mais sait se montrer étonnement précise et rafinée pour les trois épisodes en format rectangulaire. En effet, il semble que ces derniers aient soit bénéficié d’une meilleure conservation, ou d’un travail supplémentaire de restauration. Sur ces derniers, aucun des points blancs et rayures de l’ interpositif (ou cheveux mêmes) ne se retrouvent.

Tout comme pour la qualité générale, les couleurs souffrent d’une légère dé-saturation donnant à l’ensemble un petit air suranné qui, s’il convient parfaitement aux souvenirs d’un adulte et permettent d’instiller une autre couche de nostalgie, peut paraître un peu désuet pour les plus jeunes, habitués à certaines productions réellement impeccables qui sortent en ce moment (Last Exile ou Haibane renmei par exemple). La brillance et les contrastes sont plutôit correctement rendu, et malgré des noirs qui tendent le plus souvent vers le gris sombre, interdisant ainsi des niveaux de détails élevés, l’ensemble se regarde plutôt correctement.
Si cette édition ne brille pas par la qualité de son image, la partie numérique est quant à elle de bonne qualité. La présence d’une légère surdéfinition des contours est ici bienvenue, réussissant même à corriger la douceur générale de l’ensemble, un mal moindre masquant un autre mal. Aucun artefact de compression n’a été constaté, et ce même dans l’hystérie de poursuites les plus effrénés.
Bien qu’on aurait aimé une restauration de très haute qualité, les faiblesses du côté de l’image ne savent absolument géné ceux qui prendront cette édition warner pour leurs propres souvenirs télévisuels. Les défauts sont certainement moindre que ceux auxquels nous étions habitués sur des téléviseurs de très mauvaise qualité et dans des conditions de réception hertzienne plutôt médiocres. Il faut néanmoins noter que le travail sur les épisodes au format optimsé pour les téléviseurs 16 :9 sont d’une qualité tout à fait satisfaisante.



Son
Naturellement, on est loin de l’extravagance d’une bande son en 5.1, les années font que seul un format mono est disponible, mais ici au moins traité au format Dolby Digital.
Ce qui est intéressant avec cette édition, c’est de constater que malgré que la qualité générale de la bande sonore oscille entre le médiocre et le moyen, ses qualités intrinsèques en terme de narration, de marques rythmiques et mélodiques, font complètement oublier la non audiophilie de l’ensemble.
La compression sur ces bandes sons est telle qu’il semble que les violons du MGM Orchestra ne semble avoir que les deux cordes centrales. Le haut et le bas du registre sont superbement tronqués, donnant à l’ensemble des qualités de restitution tout juste supérieures à celles du phonographe à aiguille.
Aucune transition et une présence très approximative marque cette bande son, qui souffre de son âge et des moyens d’enregistrement de l’époque.
Mais comme nous le disions auparavant, ces limitations ne gênent absolument pas le visionnement. On se rend compte, dans cette quête effrénée à la restitution parfaite, aux infra basses percutantes, qu’une trame sonore est avant tout de la musique, et qu’une bonne musique peut s’apprécier dans toutes les conditions. C’est exactement ce que ces visionnements nous ont rappelé; que la trame sonore est capable de jouer un personnage à part entière, et très certainement le rôle d’un narrateur.

Bien que nous n’espérions que peu voir ces trames musicales réenregistrées, ce serait néanmoins là un vrai cadeau à offrir à l‘histoire de l’animation. Peu de séries ont eu une musique aussi bien écrite, et surtout, un vocabulaire sonore aussi bien imaginé (et qui s’est retrouvé dans la majorité de ce genre de productions après coup).
Bien que ces courts soient tous majoritairement exempt de dialogues, des sous titrages en Français, Anglais et Espagnol sont offert.



Suppléments/menus
Cette édition de Tom & Jerry est offerte sur deux disques DVD-9, dans un coffret très coloré tout à fait dans le ton de la série.

Les suppléments se situent sur les deux disques, bien que les épisodes commentés par l’historien de l’animation Jerry Beck se trouvent seulement sur le premier. Ces commentaires couvrent trois épisodes, The Zoot Cat, Kitty Foiled et Heavenly Puss. Ces commentaires sont plutôt intéressants et permettent tout autant de resituer l’histoire dans son contexte historique que d’Aborder des détails relatifs à la productions des épisodes, que ce soit pour l’épisode spécifique ou pour la production en général. Pour les plus aficionados, la chaîne publique américaine PBS avait fait tout un reportage autour de Zoot Cat ,justement à propos de la mode vestimentaire « zoot » dans les années 40.
Toujours sur ce premier disque un segment de 27 minutes intitulés How Bill and Joe met Tom and Jerry propose de décrire, à travers l’histoire des créateurs, de montrer la genèse du duo du chat et de la souris. C’est avec grand plaisir que l’on retrouve l’hsitoire des grands studios et de que l’on comprend un peu mieux sinon les créateurs, mais l’environnement qui a vu naitre ces personnages. Toujours sur ce premier disque, un segment ou l’on voit Gene Kelly donner un cours de claquette à Jerry dans une mise en scène qui ne manquera pas de rappeler Roger Rabbit (le monde des toons).

Sur le second disque, un segment d’une vingtaine de minutes est réellement la pièce centrale de cette édition. Behind the tunes : The MGM Orchestra. Ce segment propose de remettre en valeur le travail autour de la musique, de sa composition à son évolution. Cette approche permet de comprendre comment un vrai vocabulaire musical a pu se mettre en place au fil du temps, et combien la musique est importante pour cette série.
Tout comme pour le premier disque, un segment mettant en scène un personnage animé avec un personnage filmé est proposé à travers un extrait de « Dangerous when Wet » with Esther Williams. Tout comme pour le cours de claquette, cette séquence permet de voir comment Tom and Jerry faisait intégralement parti de l’univers d’hollywood de ces années.

Les suppléments proposés bien que peu nombreux sont plutôt intéressants. Le segment sur la musique, bien réalisé et documenté nous semble une réelle opportunité de découvrir ce classique de l’animation sous un autre angle, et probablement, de regarder les différents épisodes avec l’oreille en avant.




Conclusion
C’est avec un immense plaisir que l’on redécouvre ces classiques de l’animation. Pour les plus vieux, cela saura rappeler de bons souvenirs, mais cela saura surtout remettre en perspective le discours alarmiste autour de la violence. Si des limites doivent être de mise et à part quelques exceptions (Fist of the North Star ou Dead Leaves par exemple), les dessins animés étaient déjà très violents. Malgré la censure, cette édition permet un magnifique tour de l’aventure Tom and Jerry et, grâce aux thèmes abordés saura réjouir un nouvel auditoire. On regrette néanmoins que la restauration vidéo et audio ne soit pas réellement à la hauteur des productions les plus récentes, mais cela loin d’handicaper le visionnement nous place plutôt au centre d’une douce mélancolie.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
2,5/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2005-01-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
The Premiere Volume: Tom and Jerry Spotlight Collection

Année de sortie:
1940

Pays:

Genre:

Durée:
332 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):
-

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1 et 1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
2 extraits de films, reportage sur la musique; reportages sur la génèse des personnages, 3 pistes de commentaires

Date de parution:
2004-10-26

Si vous avez aimé...