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DVDEF

Last Castle, The

Critique
Synopsis/présentation
Président démissionaire du Broadcast Films Critics Association à Los Angeles et ancien critique de cinéma à la chaîne radiophonique KABC, Rod Lurie est depuis passé derière la caméra à titre de réalisateur. Fervent amateur de thrillers politiques (à forte conotation patriotique américaine), Lurie se forgea une réputation de cinéaste grâce à des films tels que Deterrence (1999) et The Contender (2000). En examinant ces premières oeuvres, il est clair que Lurie possède un sens aigu de la composition et qu'il maîtrise le language cinématographique. De plus, le cinéaste exploite allègrement les plans subjectifs et symboliques. Par exemple, Deterrence s'ouvre sur un décor achromatique; la couleur apparaît avec l'arrivée du président américain dans le casse-croûte... Dans le préambule du même film, deux clients du restaurant (de sexes opposés) s'affrontent aux échecs, une analogie sur l'intrigue du film.
Autre qualité de Rod Lurie, son attention aux développements psychologiques et émotifs des personnages, élément-clé de tous ces films. Lurie fait généralement appel à des comédiens d'expérience, notamment Kevin Pollack (Deterrence), Gary Oldman, Joan Allen et Jeff Bridges (The Contender). Cependant, un point négatif se dégage des oeuvres Lurie: son inexpérience quant à la ré-écriture de scénario, souvent découssu et truffé d'invraissemblances (Deterrence), et se concluant de façon décevante (The Contender). Sa derrière oeuvre, The Last Castle, paru tout discrètement en salles au mois d'octobre 2001, cristalise d'ailleurs ces forces et handicaps...

The Last Castle se résume en une lutte de pouvoir entre deux protagonistes, l'un ex-général ayant combattu dans les guerres du Golfe et de Bosnie, maintenant prisonnier militaire (Redford), et l'autre commandant de la prison et sentimentaliste sadique qui collectionne scrupuleusement les reliquats militaires des Grandes Guerres (Gandolfini). Alors que le colonel Winter (Gandolfini) dirige d'une main de fer la prison, les détenus, tous des anciens soldats ayant défendu outre-mers les vertus de leur patrie (...), voient en la personne du général Irwin (Redford) le meneur requis pour renverser la situation. Un combat à finir s'amorce ainsi lentement entre Winter et Irwin, le premier désirant demeurer maître des lieux, l'autre visant la destitution du commandant tyrannique afin que chaque détenu puisse purger dignement sa peine.

La lecture de ce synopsis suffit à comprendre les aspirations de chacun des personnages; Redford joue le bon et Gandolfini, le vilain. Bien que vrai, cette lecture fait toutefois abstraction d'une situation où les rôles sont cette fois-ci inversés. Le colonel Winter (Gandolfini) est un fervent patriote américain; son administration rigide a permis d'enrayer les attaques contre les gardiens, les évasions et toutes formes d'insubordination. Quant à Irwin (Redford), ses actions passés ayant entraîné dans la mort huit soldats entachent son rôle de héros en quête de liberté. En fait, les deux personnages principaux sont définis dans les subtilités psychologieques, les rendant l'un et l'autre à la fois coupable et anti-héros.

Malheureusement, The Last Castle aurait bénéficier d'un peu plus de cette subtilité. Les personnages secondaires sont parfois stéréotypés (tenter de deviner quel(s) personage(s) mourra (ont) sous les ordres du colonel Winter, facile...), alors que la conclusion sombre dans la facilité et le prévisible. Que dire de la visite de la fille du général Irwin à la prison, séquence servant à mettre en évidence l'imcompétence paternelle de ce dernier... Un moment inutile.

Une fois de plus, les performances de Redford et Gandolfini sont impressionantes. Robert Redford reste un rebelle efficace malgré ces soixante ans passée. Son approche désabusée, doublée d'un charisme naturel, vise juste. James Gandolfini, délaissant l'espace de quelques temps son personnage de mafieux du New-Jersey dans The Sopranos, nous offre ici un jeu d'acteur sans prétention où s'expriment les états émotifs et refoullés du général Winter.

The Last Castle est un pur divertissement américain, fait par des américains pour des américains. Ce qui agace peut-être le plus de Lurie est son patriotisme exacerbé typique à ce film et à ses autres ralisations, les dernières images du film en font foi. Si l'oeuvre n'est pas à la hauteur des dernières réalisations de Lurie (Deterrence et The Contender), The Last Castle est néanmoins bien mis en scène, en plus d'offrir des prestations surprenantes de Redford et Gandolfini.


Image
Cette édition de The Last Castle est présentée en format d'image originale, soit 2.40:1 d'après un transfert anamorphosée.

La définition générale est excellente, laissant ainsi deviner subtilement les détails et textures. Rod Lurie a choisi de filtrer plusieurs séquences (le blue domine, référant à la froideur du milieu carcéral); nous aurions pu nous attendre à une colorimétrie problématique. Il n'en est rien, puisque les couleurs sont reproduites avec fidélité et naturel. Les tons de peau sont justes, alors que les couleurs plus saturées (rares dans ce film) sont vibrantes, sans débordement ou sur-saturation.
La brillance et le contraste, demeurent sans fautes et adéquatement équilibrés. Les parties sombres offrent des dégradés subtils laissant percevoir un niveau de détail étonnant. Les noirs sont solides, intenses et purs.

Si un défaut peut être souligné, il s'agit, encore une fois, d'une sur-définition des contours. Bien que visible ce défaut ne distrait pas. Toutefois, sans cela, nous aurions surement eu affaire à une image de très haute qualité, sinon de référence. Dommage...
Aucun parasites, signes de compressions ou fourmillements ne viennent entacher ce transfert.


Son
Comme ce qui est presque devenu une habitude, Dreamworks prit l'initiative d'inclure deux mixages anglais en format 5.1, l'un Dolby Digital et l'autre DTS. Il y également un mixage français Dolby Digital 5.1.

D'un dynamisme étonnant (la scène de l'hélicoptère vous en convaincra...), les deux bandes-son sont puissantes et énergiques. The Last Castle est une oeuvre alternant entre le drame (dialogues) et l'action (effets sonores). On peut dire, sans se tromper, que l'intégration des différents éléments sonores est réalisée de façon fluide et homogène. La trame sonore de Jerry Goldsmith est rendue avec fidélité et s'étale sur toute les fréquences. Les deux mixages font un usage sporadique des canaux arrières. Lors de la première partie du film, les canaux arrières servent en grande partie à créer un environnement sonore enveloppant, la trame sonore prenant vie et force. Dans la seconde partie, l'usage des canaux d'ambiophonie est plus agressif et soutenu (surveiller en particulier la scène de rébellion). C'est aussi, lors de cette deuxième partie, qu'on notera une utilisation plus présente du canal .1 (LFE).

À titre de comparatif, les deux mixages montrent peu de différences. Le mixage DTS est légèrement plus détaillé et les basses, mieux étalées.
Cette édition offre également une bande sonore française en format Dolby Digital 5.1, de même que des sous-titres anglais et espagnols. Contrairement à ce qui est mentionné à l'endos du boîtier, aucun sous-titrage français n'est offert.


Suppléments/menus
Premier supplément de cette édition, une piste de commentaires audio animé par Rod Lurie (option de sous-titrage en anglais). Lurie discute du choix des acteurs, des décors (dont celui de la prison), les techniques de mise en scène, le scénario, ainsi que des anecdotes de tournage. De toute évidence, Lurie est à l'aise et discute allègrement de son oeuvre. Une piste formelle mais efficace.

Suit ensuite, un documentaire de la HBO (série First Look) nommé Inside the Walls of the Last Castle. Étonnament, ce documentaire est informatif, ce qui n'est pas toujours le cas des productions de la chaîne HBO oü l'on est plus enclin à faire la promotion d'une oeuvre. Ce documentaire propose des extraits d'entrevues avec le cinéaste Rod Lurie, les acteurs James Gandolfini, Robert Redford, Mark Ruffalo, Paul Calderone, Steve Burton, le producteur Robert Lawrence et autres artisans du film, le tout entrecoupé d'extraits du film et de scènes filmées en coulisse. D'une durée de 15 minutes, Inside the Walls of the Last Castle traite de façon juste et précise des enfeux du film. À noter que ce documentaire est offert dans un format d'image 1.85:1 (anamorphosée). Cependant, certaines séquences présentent des problèmes de compression (effets de tremblement, voir l'ouverture du segment avec le plan en contre-plongée de la façade de la prison).

Suivent neuf scènes inédites. Ces scènes sont Colonel Winter, The Bookie, We're Square, Colonel's Workout, DOD Investigation, Shadows of Soldiers, Pruno, Triage et Makeshift Defibrilator. Ces scènes peuvent être écoutées une à une ou de façon continue, avec ou sans commentaires du réalisateur (format original, anamorphosée). Sans ajouter au fil scénaristique, ces scènes ont le mérite d'être d'un certain interêt, vennant ajouter à quelques séquences du film.

Finalement, cette édition de The Last Castle offre la bande-annonce du film, la biographie / filmographie de treize acteurs et de treize artisans du film, en plus de douze pages de notes de production.




Conclusion
Après Deterrence et The Contender, voilà que Rod Lurie s'éloigne du thriller politique pour nous offrir The Last Castle, une oeuvre qui dépeint la quête absolue de pouvoir sur fond de patriotisme américain. Cette édition de Dreamworks est techniquement solide; l'image est de qualité et les bandes-son solidement reproduites. Les suppléments sont d'une qualité honnête mais sans plus (pour une fois un documentaire de la HBO va un peu plus loin que la simple anecdote promotionelle).
Comparrant fréquemment ces films à une partie d'échecs, Rod Lurie ne fait peut-être pas échec-et-mat avec son film comme il le fit avec The Contender. Le réalisateur a toutefois placé ses pions assez intelligemment pour s'assurer un longue carrière de réalisateur à Hollywood.




Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2002-03-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Last Castle, The

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
133 minutes minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Dreamworks

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol
Anglais

Suppéments:
Pistes de commentaires, Scènes retranchées au montage, Documentaire, Bande-annonce.

Date de parution:
2002-02-26

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