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DVDEF

Kaboom

Critique
Synopsis/présentation
Le cinéaste Gregg Araki a souvent sinon toujours été mésestimé dans le paysage du cinéma indépendant américain. Dressant le portrait d’une jeune Amérique qui se perd dans les plaisirs sexuels et de drogues, les films du cinéaste américain ont su également créer un univers bien particulier, psychédélique et disjoncté où les règles de la logique ne sont pas nécessairement respectées. Nowhere, Totally Fucked Up et The Doom Generation sont ici les plus marquants de sa filmographie illustrant parfaitement bien ces adolescents mal dans leurs peaux qui trouvent dans les drogues et le sexe un refuge, formant ainsi sa célèbre « Teenage Apocalypse Trilogy ». Si ses comédies décalés portent bien sa marque, Araki prendra tout le monde par surprise en 2004 avec Mysterious Skin un drame intimiste qui relate un thème difficile : la pédophilie. Le film s’attarde encore une fois à deux jeunes adolescents dont un drame commun lié à une période de leur enfance les a profondément marqué.

Après un oubliable Smiley Face en 2007, le cinéaste nous revient avec certainement une de ses comédies les fortes et les plus emblématiques de son cinéma. Présenté au Festival de Cannes en 2010 en sélection officielle où il a remporté le premier prix « Queer Palm » et en terre québécoise au Festival Nouveau Cinéma la même année, Kaboom met en scène une poignée de jeunes adolescents à l’aube de l’âge adulte pris avec les angoisses collégiales : le sexe. En effet, ces jeunes, Smith et sa meilleure amie Stella en tête, ne pensent qu’à baiser. En plus de fantasmer sur son colocataire surfer, Smith passe son temps libre avec dans le lit de London, une jeune fille allumée et déterminer à prendre son pied dans la chambre à coucher, alors que Stella s’est amourachée de la mystérieuse et séduisante Lorelei. Pourtant, lorsque « Le Messiah » viendra lui annoncer que la fin du monde est proche et surtout lorsqu’une mystérieuse rouquine sera portée disparue, Smith découvrira lentement une conspiration qui s’élabore autour de lui.

Sous ses airs de Donnie Darko (James Duval incarnant ici « The Messiah » était aussi le lapin qui annonçait la fin du monde à Jake Gyllenhaal dans ledit film), le film s’intéresse d’abord et avant tout, avec un humour contagieux, à l’adolescence. Lorsqu’on voit les jeunes de Kaboom, on pense à ceux de Nowhere et The Doom Generation. Certes, avec Duval annonçant la fin de monde et incarnant cette génération passée de « Teenage Apocalypse Trilogy » du cinéma d’Araki qui aurait appris de ses erreurs, le tout ne peut sonner que comme un présage. On pense également à ces jeunes du passé pour leur insouciance et leur penchant pour le sexe, mais aussi pour leur façon de vivre le moment présent sans se préoccuper de ce qui les entoure. Le portrait qu’en dressaient les films d’Araki dans les années 1990 avait de quoi étonner et même faire rire (qui a oublié le dénouement de Nowhere ?), mais ici le cinéaste n’entend pas à rire. Du moins on se le demande. Si le spectateur s’esclaffe devant autant de situations impossibles et de répliques aussi mordantes que cultes, lorsque la dernière partie du film s’enclenche (dénouement que l’on taira ici), le portrait que le film dresse de ses jeunes se noircit dangereusement. À un point tel que la seule issue possible est un pessimisme radical démontrant que ces jeunes sont si centrés sur des plaisirs immédiats (le sexe) et ignorent autant de leur environnement (ici incarné par la mystérieuse conspiration) que ça ne peut mener qu’à leur perte.

Heureusement, Kaboom a trop de culot pour qu’on soit alourdi par un propos aussi apocalyptique. Oui, Kaboom, tout comme ses jeunes, se fout des conséquences et ne pense qu’au moment présent, qu’au plaisir. Il ne consent aucunement à suivre les règles que toute comédie pour adolescents saurait dicter (on pensera simplement au choix d’un héros bisexuel) et plonge tête première dans une absurdité complètement assumée et qui réussit à ne jamais détonner avec l’univers établi. À ce titre, la finale aussi jouissive et qu'improbable restera gravée dans bien des mémoires. Kaboom est donc ce film-là d’abord et avant tout, celui de la décadence, de la rébellion et de la désobéissance. Celui qui, à l’image de Smith qui visionne Un chien andalou, nous rappelle le pouvoir qu'a le cinéma.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

Le transfert offert ici est de qualité. Tourné en vidéo avec la caméra Red One, Kaboom affiche une facture visuelle digne de ce genre de productions et le transfert rend ces caractéristiques (quelques flous dans les mouvements de caméra sont perceptibles). Sinon, la définition générale de l’image est excellente faisant preuve de précision et de finesse quant à la reproduction des détails et des textures. Les couleurs sont aussi reproduites avec richesse et précision. Les tons de peaux demeurent également naturels en tout temps. Aucun effet de surbrillance n’est à signaler alors que les dégradés sont fluides. Les parties sombres sont ainsi reproduites avec précision. Des noirs purs et intenses sont finalement à noter avec ce transfert.

Aucun défaut numérique majeur n’est apparent et heureusement puisque le film seul est disponible sur cette disque.


Son
Deux bandes sons sont disponibles sur cette édition : toutes deux offertes au format Dolby Digital 5.1 et disponibles en versions originale anglaise et française.

Même si le film ne se porte aux plus grandes prouesses sonores, la bande son originale anglaise 5.1 fait néanmoins preuve de présence ainsi que d’un dynamisme approprié. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon conventionnelle. Les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrière servent presque exclusivement à mieux appuyer les ambiances. Seulement à quelques moments, il est possible de déceler quelques effets d’ambiophonie, notamment dans les séquences plus mouvementées. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre parfaitement au mixage. D’ailleurs, c’est surtout elle qui profite des basses fréquences qui grondent particulièrement pour mieux la supporter. Elles se manifestent également pour mieux appuyer l’action à quelques reprises alors que le canal d’extrêmes graves se manifeste de façon anecdotique.

Il y a option de sous-titrage en anglais et en français.


Suppléments/menus
On ne retrouve malheureusement aucun supplément sur cette édition.



Conclusion
L'œuvre de Gregg Araki a toujours été fascinante et Kaboom est un aboutissement particulièrement intéressant de sa trilogie « Teenage Apocalypse ». Si sous ces airs de farce apocalyptique le film semble décrier une nouvelle génération de jeunes adolescents insouciants, le long-métrage du cinéaste américain est surtout une célébration de la différence, du hors-norme, des plaisirs immédiats et des possibilités infinies du cinéma.

L'édition présentée ici offre un transfert vidéo et un mixage qui servent très bien l'œuvre en question. Par contre, même s'il est très facile de déplorer l'absence totale de suppléments, on ne peut que se réjouir de la simple disponibilité de cette œuvre sur une édition DVD au Québec alors qu'il y a moins d'un an, Kaboom n'avait aucun distributeur au Canada … À se procurer d'urgence !


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-06-05

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Kaboom

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
86 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)

Suppéments:
-

Date de parution:
2011-05-31

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