Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Troy (format respecté)

Critique
Synopsis/présentation
Peu de temps avant la parution de Troy en format DVD, le vénérable acteur Peter O’Toole (Lawrence of Arabia) a fait une sortie pour le moins étonnante sur la place publique. O’Toole a condamné sans aucune gêne l’ineptie du film tout en qualifiant son réalisateur, Wolfgang Peterson (Das Boot), de clown ! Voilà un comédien et un cinéaste qui ne travailleront vraisemblablement plus jamais ensemble. Mais quelle mouche a bien pu piquer l’acteur plus de six mois après le séjour en salles de Troy pour qu’il tienne de tels propos à l’endroit du film ? Une chose est certaine, à son âge, Peter O’Toole n’a plus rien à prouver, ni même n’a-t-il quoi que ce soit à attendre du système hollywoodien. Il s’est probablement fait bien des ennemis en démolissant le film et son réalisateur de la sorte, mais il faut reconnaître une chose, O’Toole est loin d’avoir tort…

Très librement inspiré de l’Iliade, de Homère, Troy raconte comment la liaison du prince troyien Pâris et d’Hélène, l’épouse infidèle du roi de Sparte, entraîna la guerre de Troie. L’histoire est légendaire et connue de tous, les symboles du cheval de Troie ou du talon d’Achille ayant manifestement marqué l’imaginaire collectif. Mais voilà, le scénariste David Benioff et le réalisateur Wolfgang Peterson ont choisi d’écarter toute divinité propre à la mythologie grecque pour en faire un récit un peu plus terre à terre. L’idée n’était pas mauvaise du tout mais encore aurait-il fallu évacuer totalement la mythologie et non pas la diluer comme les auteurs l’ont fait. En effet, pourquoi diable les personnages font-ils sans cesse référence aux Dieux Grecs si ces derniers sont relégués aux oubliettes? Faute d’arriver à pondre des dialogues aussi édifiants que le récit lui-même, le scénariste est resté collé aux textes originaux qui n’avaient hélas plus du tout la même résonance une fois les divinités éliminées. Il en va de même pour certains mythes tel que le fameux talon d’Achille, réduit dans le film à une insignifiante bêtise prétexte à rappeler la légende.

En évacuant ainsi les mythes de ce récit, les auteurs ont du même coup sacrifié sa saveur, son identité. Tel quel, Troy ne fait qu’évoquer bêtement une guerre aux proportions titanesques mais dont les enjeux nous laissent de glace. Qui plus est, le récit est truffé d’un si grand nombre d’invraissemblances, que l’approche un peu plus historique espérée par les artisans tombe complètement à plat. Il nous reste donc un film qui s’assume très mal puisqu’il se retrouve à mi-chemin entre le drame historique et le conte mythique. En fait, Troy est un parfait exemple de film de commande racoleur dont la seule raison d’être est de capitaliser sur le regain de popularité des « péplums » (depuis le succès de Gladiator) et des autres drames épiques comme Lord of the Rings. D’ailleurs, toutes les scènes de combat semblent avoir été conçues pour rivaliser en ampleur avec celles de la trilogie de Peter Jackson, que Wolfgang Peterson a même plagié dans sa façon de filmer ses combats. Et si la magnitude des scènes de guerre dans Troy ne fait aucun doute, elles n’impressionnent pas pour autant. Il n’en ressort aucune véritable tension ni aucune émotion, et déjà tout cela sent le réchauffé. Trop tard, Peterson.

Si le film rate la cible, c’est également (et beaucoup) dû à l’exécrable performance de Brad Pitt. Jamais le comédien n’a été aussi mauvais. Il faut dire, pour sa défense, que les auteurs ont fait d’Achilles un personnage arrogant et antipathique qui n’inspire aucunement l’identification du spectateur. Livré à lui-même par un cinéaste plus préoccupé par ses cadrages que par la performance du comédien, Pitt ne fait que grimacer bêtement en bandant les muscles. On souhaite en vain que le personnage de Hector, interprété avec beaucoup plus d’aplond et de nuances par Eric Bana (qui représente la plus grande qualité du film… avec la photographie), lui foute une raclée dans le dernier tiers du film mais en vain… Achilles est le héros du film, pour notre plus grand malheur. Seul petit réconfort, sa mort est si humiliante qu’elle compense presque pour les maux de tête que provoquent chacune de ses apparitions. L’on pourrait évidemment s’éterniser sur les inepties du scénario comme l’amourette débile que vivent Achilles et une otage ou encore la stupidité avec laquelle les Troyens se laissent berner par le cheval de Troie, ou encore s’acharner sur l’insuportable trame-sonore composée par James Horner, mais nous préférons conclure sur une note plus positive... Notons que le combat entre Achilles et Hector est dynamique, bien chorégraphié et très excitant. Les décors sont également très réussis (la moindre des choses avec un tel budget) et la splendide photographie font également de Troy un film agréable à regarder. Pour autant qu’on puisse faire fi des innombrables défauts. Et pour en revenir aux propos de Peter O’Toole, Wolfgang Peterson est bel et bien un clown d’avoir basculé, après un début de carrière impeccable, dans les sottises qu’étaient Air Force One, The Perfect Storm et Troy. En voilà un dont on n’attend plus rien…


Image
Troy nous est présenté au format respecté de 2.35:1 et d’après un transfert 16:9. Si le film dans son ensemble laisse à désirer, il en est tout autrement de ce transfert qui rend parfaitement justice à la facture visuelle du film.

La définition générale est pratiquement irréprochable. Les détails et textures sont reproduits avec toute la précision voulue. L’image est toujours nette et ne souffre d’aucun manque de piqué. Le rendu des couleurs est lui-aussi impeccable. La colorimétrie est parfaitement bien restituée et le cercle chromatique ne trahi aucun débordement. Les couleurs sont riches et naturelles, la saturation est parfaitement au point. Les tons de peau ont une apparence naturelle en tout temps. La brillance nous est apparue un tantinet trop élevée dans quelques scènes nocturnes, faisant paraître certains noirs légèrement grisâtre. Le défaut est cependant très rare et soyez assuré que la majeure partie du temps, les noirs sont profonds à souhait. Ces derniers sont également nets et purs, exempts de toute trace de fourmillement ou de dominante chromatique involontaire. Les parties denses offrent un niveau de détails impressionnant. Les dégradés sont toujours précis, et ce jusque dans les plus subtiles nuances. L’image est adéquatement contrastée, ce qui lui confère une belle profondeur.

La partie numérique est optimale. On ne remarque aucun défaut de compression, ni même de problème d’encodage. Nulle sur-accentuation des contours n’est à déplorer.


Son
Cette édition propose deux bandes-son : l’une en anglais (Dolby Digital 5.1) et l’autre en français (Dolby 2.0 Surround). Est-ce l’exception qui confirme la règle ? Une chose est certaine, la Warner a depuis longtemps l’habitude d’inclure des doublage français au format Dolby Digital 5.1, et cette exception est d’autant plus dérangeante qu’elle est injustifiable d’un point de vue technique. Qui plus est, Troy est exactement le genre de film à reposer sur un mixage agressif et spectaculaire, et le mixage français Dolby Surround n’est tout simplement pas à la hauteur du mixage multi-canal anglais. Dommage pour les consommateurs unilingues français… À tout le moins, des sous-titres français (ainsi qu’anglais et espagnols) sont disponibles.

Le mixage anglais fait montre d’une présence remarquable et d’une dynamique percutante. Le champ-sonore se déploie vigoureusement et avec profondeur à travers tous les canaux de façon à créer un environnement très spatial et immersif. Le positionnement des multiples éléments sonores est précis et très compétent. Les canaux d'ambiophonies sont employés de façon soutenue pour créer une ambiance cohérente et parfaitement immersive, mais aussi pour en mettre plein les oreilles durant les scènes de guerre avec ses effets sonores agressifs et parfaitement bien localisés. Les nombreuses transitions sonores, tant stéréophoniques que avant-arrière, sont fluides et crédibles.

Les dialogues sont intégrés de façon balancée au canal central avant. Il sont toujours naturels, nets et intelligibles. L’insupportale trame-sonore de James Horner est somme toute bien présentée, son intégration se fait en profondeur dans tous les canaux et la fidélité ne faut aucun doute. Les basses sont profondes et bien gérées, elles appuient non seulement les effets sonores mais également la trame-sonore avec beaucoup d’applond. Le canal .1 (LFE) est agressif à souhait et confère tout le mordant voulue aux scènes guerrières grâce à ses fréquences bien rondes et vrombissantes.


Suppléments/menus
Vous retrouverez sur cette édition un total de trois documentaires, une bande-annonce ainsi qu’un guide animé faisant la description de tous les Dieux grecs. Tous les suppléments de cette édition sont réunis sur le deuxième disque.

Le premier documentaire est intitulé In the Thick of Battle (17 mins). On y explique comment les scènes de combats ont été conçues, chorégraphiées, répétées puis tournées. Le contenu, composé d’entrevues avec les artisans et comédiens ainsi que de nombreuses images filmées en coulisses, est somme toute intéressant et toujours pertinent.

From Ruins to Reality (14 mins) s’attarde quant à lui à la conception des décors et à la direction artistique. Les artisans du film y expliquent comment, à partir de recherches exhaustives, ils ont tentés de recréer Troie pour être fidèle à l’Histoire tout en étant suffisamment grandiose pour les besoins du film. À nouveau, il s’agit d’un segment intéressant et bien construit.

Le dernier documentaire, An Effects Odyssey (10 mins), traite évidemment des nombreux effets spéciaux produits pour les besoins du film. Intelligemment monté, ce segment alterne entrevues, images filmées en coulisses et comparaisons en images séparées (split screens) de scènes du film avant et après l’inclusion d’effets numériques. Plus intéressant encore sont les dernières quatre minutes du documentaire qui s’attarde exclusivement sur les effets sonores, un univers tout à fait fascinant qui n’est que trop rarement abordé.

Finalement, vous retrouverez en plus de la bande-annonce vue en salles un très intéressant guide animée des Dieux grecs. En cliquant sur une statue de Dieu, un narrateur décrit le personnage en question et ses « exploits ».



Conclusion
Troy est un divertissement typiquement hollywoodien qui demande beaucoup trop d’indulgence de la part du spectateur pour être apprécié. Quoi qu’il en soit, ce film s’est mérité une édition DVD de tout premier ordre en ce qui concerne la partie technique. Le transfert est absolument éblouissant, tandis que le mixage sonore anglais est spectaculaire à souhait. Ces deux grandes qualités constituent le principal argument de vente de cette édition. Quant aux suppléments, ils sont peu nombreux mais à tout le moins sont-ils intéressants et pertinents.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2005-01-31

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Troy

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
162 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
3 documentaires, guide animé des divinités grecques, bande-annonce

Date de parution:
2005-01-04

Si vous avez aimé...