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DVDEF

Shawshank Redemption, The (2 Disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
The Shawshank Redemption (titre étrange traduit en Français par A l'Ombre de Shawshank au Québec et par Les Évadés en France) est une adaptation d'un livre de Stephen King, appelé Rita Hayworth and Shawshank Redemption, par le scénariste et réalisateur Frank Darabont, qui connaissait personnellement le célèbre auteur après avoir adapté une de ses nouvelles en court-métrage alors qu'il était étudiant. Le producteur et réalisateur Rob Reiner apprécia tellement le scénario de The Shawhank Redemption qu'il propopsa 2.5 millions de dollars pour en acquérir les droits. Darabont finit par refuser, sentant qu'il avait là l'occasion de réaliser lui-même un grand film. Lors de sa sortie au cinéma, le film fut un cuisant échec commercial. Mais dès l'année suivante, après avoir reçu 7 nominations aux Oscars et grâce au bouche-à-oreille, sa carrière sur le marché de la vidéo avait déjà décollé (ce fut la cassette la plus louée en 1995). Pour le dixième anniversaire de ce très populaire film (qui se trouve actuellement classé numéro 3, après l'avoir dominé quelques temps, au Top 250 du site de référence Internet Movie DataBase, après The Godfather et The Lord of the Rings : The Return of the King), Warner nous propose une nouvelle édition DVD, en deux disques, avec une foule de suppléments.

Tout comme The Green Mile, lui aussi adapté d'une oeuvre de Stephen King par Frank Darabont, The Shawshank Redemption est un film se déroulant dans le milieu carcéral. Il raconte la détention de Andy Dufresne (Tim Robbins), un banquier condamné à perpétuité pour le meurtre de sa femme et de l'amant de celle-ci, meurtre dont il est innocent. En arrivant au pénitencier de Shawshank, Dufresne fait la connaissance de Red (Morgan Freeman), le narrateur du film, un détenu impliqué dans toutes sortes de trafics (principalement de cigarettes, mais il eut obtenir presque n'importe quoi) qui va devenir son meilleur ami. Au cours des années, Dufresne va se faire une place dans le microcosme de Shawshank, en essayant d'aider aussi bien ses co-détenus que le personnel carcéral. Grâce à ses connaissances en comptabilité, il va se rendre indispensable aux gardiens et même au directeur de la prison, tenant une double-comptabilité concernant les travaux fournis par les détenus à l'extérieur pour ce dernier.

Malgré les conditions extrêmement difficiles de détention, qui sont empirées à la fois par la brutalité des gardiens, dirigés par le violent Capt. Byron Hadley (Clancy Brown), par le sadisme moral du directeur Samuel Norton (Bob Gunton) et par la perversion de certains co-détenus, Andy Dufresne refuse d'abandonner l'espoir, et, malgré les humiliations dont il est victime, va tout faire pour rester lui-même. Ce film montre à quel point la prison peut détruire quelqu'un, mais nous montre aussi que dans les pires conditions imaginables il est possible de garder la tête haute sans se laisser briser.

En plus d'un scénario extrêmement puissant et d'une réalisation à la hauteur (la photographie, les mouvements de caméra et le montage sont d'une grande efficacité), ce film est porté par une distribution incroyable, qui nous livre une interprétation d'une solidité à toute épreuve. Les deux acteurs principaux, Tim Robbins (Arlington Road, Mystic River) et Morgan Freeman (Se7en, Amistad) sont tout simplement à couper le souffle. Morgan Freeman fut d'ailleurs nominé aux Oscars pour sa performance extraordinaire dans le rôle du détenu Ellis Boyd Redding. Les autres acteurs sont d'un niveau tout à fait comparable. Les performances de Bob Gunton dans le rôle du directeur de la prison (un des meilleurs rôles de sa carrière) et de Clancy Brown (qui joue l'un des deux avatars dans la série Carnivàle sur HBO) dans le rôle du Capitaine des gardiens sont aussi particulièrement marquantes. Quand aux seconds rôles, aucun ne vient gâcher ce bel ensemble, d'une consistance rarement atteinte.

The Shawshank Redemption n'est pas un film facile. Loin de là. Ce que subissent certains des détenus (et notamment Andy Dufresne), que ce soit physiquement ou moralement (bastonnades, viols, longues périodes au trou, entre autres), risque d'amener les larmes aux yeux des spectateurs les plus endurcis. Mais cette dureté est nécessaire, car elle fait d'autant mieux ressortir les scènes positives du film, celles qui font renaître chez le spectateur, comme chez Andy Dufresne, l'espoir et la détermination de ne pas se laisser briser par l'adversité. Le message d'espoir délivré par ce film s'avère donc extrêmement puissant, ce qui explique d'autant mieux une appréciation qui ne se dément pas dix ans après sa sortie en salles.


Image
L'image est proposée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9. L'interpositif utilisé lors du télécinéma est d'une propreté impeccable, aucune poussière ou parasite ne vient gêner le visionnement.

La définition est excellente, l'image offrant des détails et des textures d'un niveau plus que satisfaisant, tout à fait dans les stadards actuels, avec un grain rès naturel et discret. Cette définition, ainsi que les couleurs, rendent parfaitement bien le travail impressionnant du Directeur de la Photographie Roger Deakins (qui a aussi signé la photographie d'un autre excellent film avec Tim Robbins sorti en 1994, The Hudsucker Proxy). Les couleurs sont parfois éteintes et parfois vives, participant activement à l'ambiance triste ou au contraire pleine d'espoir des différentes scènes du film. Aucun débordement n'est à déplorer de ce côté.

Les réglages de contraste de de brillance (niveau des noirs) sont impeccables. Les noirs ne sont jamais bouchés, et les blancs jamais brûlés. La différence apparente de contraste entre l'intérieur de la prison et les scènes d'extérieur correspond là encore à une volonté de la direction photo. Les scènes à l'intérieur du bloc de cellules, avec les rambardes et escaliers parfois en contre-jour, sont particulièrement bien rendues. Les parties sombres de l'image offrent des dégradés fluides et des noirs profonds, et un niveau de détail comparable au reste de l'image.

La partie purement numérique de ce transfert est au niveau du reste. Les parasites dûs à la compression sont trop rares pour distraire le visionnement, et aucun abus au niveau des filtres numériques de surdéfinition des contours ou d'adoucissement vertical (un filtre utilisé pour éviter les scintillements sur les téléviseurs entrelacés) ne vient gâcher l'excellente qualité d'image.


Son
Deux bandes-son (en plus du commentaire audio) sont proposées sur cette édition. La version originale est au format Dolby Digital 5.1, alors que le doublage Français (venant de France) est au fromat Dolby Surround 2.0. Des sous-titres en Anglais, Frannçais et Espagnol sont proposés. C'est la version orginale qui est le sujet de cette critique.

La dynamique de cette bande-son s'avère tout à fait satisfaisante, et concourt à lui offrir une présence très convaincante. Le film datant des débuts des formats multicanaux numériques, on est loin des exagérations que l'on peut entendre sur certains films d'action récents au niveau des canaux d'ambiophonie. Ceux-ci sont utilisés avec mesure et discernement, concourant au réalisme du champ sonore, qui s'en trouve être immersif sans s'avérer distrayant par excès d'effets inutiles. Les quelques effets de transition d'un canal à l'autre s'avèrent fluides et réalistes. La séparation des canaux est elle aussi tres satisfaisante.

Les différents éléments composant cette bande-son sont impeccablement intégrés dans un mixage subtil et réaliste. Les dialogues sont toujours parfaiement intelligibles. Les effets et les ambiances sont toujours réalistes, et la trame sonore fait preuve d'une profondeur et d'une fidélité de bon aloi, et se déploie parfois sur tous les canaux offerts par le format. Les basses fréquences du spectre sont utilisées avec parcimonie, proftant lorsque nécessaire de l'usage du canal d'infra-graves (LFE, le .1 de 5.1).

La version française, avec son format multiplexé nettement inférieur, s'avère moins immersive que la version originale, la séparation des canaux n'ayant bien évidemment rien à voir avec le Dolby Digital 5.1 offert par la version originale.


Suppléments/menus
Le premier disquede cette édition, celui où se trouve le film, propose une piste de comentaire audio du scénariste et réalisateur Frank Darabont. Ce commentaire, enregistré spécialement pour cette nouvelle édition, s'avère informatif, intéressant et truffé d'anecdotes. Il s'agit là de la première fois que Frank Darabont se livre à cet exercice, et on ressent qu'il y a pris un certain plaisir.

En plus du comentaire audio, on trouve aussi sur ce premier disque la bande-annonce du film (2:10).

Le second disque contient évidemment le gros des suppléments offerts sur cette édition.

Hope Springs Eternal : A Look Back at "The Shawshank Redemption" (31:00) est un documentaire réalisé spécialement pour cette édition. Il s'agit d'extraits d'entrevues récentes avec entre autres les acteurs, le réalisateur, la productrice, et Stephen King lui-même. Comme son nom l'indique, les sujets abordés sont les souvenirs de l'écriture, du tournage, et de la façon dont le film a été reçu, à sa sortie et par la suite. On y aprend notamment, ô surprise, que le principal handicap du film fut ... son titre, incompréhensible et imprononçable.

Shawshank : The Redeeming Feature (48:15) est un documentaire réalisé en 2001 par la chaîne britannique Channel 4. Tout comme le précédent, il analyse autant le film lui-même que l'imact que celui-ci a pu avoir par la suite. Les deux documentaires sont cependant complémentaires, leurs tons étant bien différents, et de nombreux intervenants du second n'apparaissant pas dans le premier.

The Charlie Rose Show with Frank Darabont, Tim Robbins and Morgan Freeman (42:17) est une édition de la célèbre et très New-Yorkaise émission de cinéma enregistrée récemment à l'occasion du dixième anniversaire du film. Cette entrevue du réalisateur et des deux stars du film, qui porte sur le travail de chacun, leurs influences et l'impact du film 10 ans après, s'avère assez animée pour maintenr l'intérêt jusqu'au bout.

The Sharktank Redemption (24:45) est une parodie qui remplace le milieu carcéral par celui, pas forcément plus enviable, d'une agence d'artistes à Hollywood, les cubicules remplaçant les cellules de la prison. Certaines des scènes marquantes de l'original y snt reprises de façon astucieuse et efficace.

Galleries and Storyboards permet d'accéder à 5 galeries de photos et aux scénarimages de deux scènes du film.

Shawshank Collectibles est une publicité pour un livre d'illustrations vendu par la société Sideshow Collectibles.

Les suppléments offerts sur cette édition forment un ensemble consistant et complet. L'absence de documentaire making-of est largement compensée par l'excellent commentaire audio de Frank Darabont.



Conclusion
Cet excellent film, considéré par beaucoup comme un des meilleurs de tous les temps, bénéficie ici d'une édition d'un excellent niveau pour son dixième anniversaire. La qualité technique est au rendez-vous, avec une image superbe et définie et une bande-son qui, si elle ne risque pas vraiment de servir de matériel de démonstration, brille par son réalisme et sa subtilité. Les suppléments sont nombreux et d'un très bon niveau. Les cinéphiles ne possédant pas la précédente édition du film peuvent se précipiter sur celle-ci en toute confiance. Même ceux qui possèdent l'ancienne riquent d'être tentés d'acheter cette nouvelle édition.


Qualité vidéo:
4,3/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,3/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-10-28

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur 36'' NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E, Lecteurs DVD Panasonic S25 et LG DV7832NXC, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research / PC avec GeForce et WinDVD, moniteur 21'' Compaq P110

Le film

Titre original:
Shawshank Redemption, The

Année de sortie:
1994

Pays:

Genre:

Durée:
142 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Commentaire du scénariste/réalisateur, 2 documentaires su l'impact du film, émission "the Charlie Rose Show", court-métrage parodique, galerie, scénarimages, piste DVD-ROM

Date de parution:
2004-10-05

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