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DVDEF

Christine (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Christine est adapté du roman éponyme de Stephen King et cela se ressent dans la narration comme dans une alternance étrangement déséquilibrée entre des scènes de comédie et des moments effrayants et vraiment tendus.

On y suit la transformation psychologique d'Arnie Cunningham (Keith Gordon), un adolescent intelligent mais timide car opprimé par des parents très stricts (qui a dit Carrie ?) dès lors qu'il achète une vieille Plymouth Fury de 1957.
Il s'investit totalement dans la remise à neuf de cette voiture qui sera pour lui une sorte d'accomplissement, une façon de prouver sa valeur et d'être enfin reconnu socialement.
Cependant il finit par perdre de vue son meilleur et seul ami, Dennis (John Stockwell). Arnie devient plus assuré, quitte ses lunettes et finit par sortir avec la plus jolie fille de son collège. Ses ennemis comme son ami sont tous surpris. Sa métamorphose est consécutive à la remise en état de sa voiture mais sa petite amie, Leigh (Alexandra Paul), sent bien que quelque chose cloche avec cette voiture qui semble avoir une vraie présence et qu'Arnie appelle Christine.
Une bande qui ne supporte pas Arnie va venir détruire sa voiture et à partir de là, Arnie et Christine prendront véritablement leur essor.

Sur cette bien belle idée de départ forte de sous-texte psychanalitique, Carpenter est resté fidèle au livre de King qui peine malheureusement à tenir toutes ses promesses (à notre avis).
Heureusement Carpenter a l'image pour lui et les conventions du scénario sont vite oubliées devant la qualité de la mise en scène et des effets spéciaux qui constituent l'attrait majeur du film.
Ainsi Arnie nous paraît trop typé, que ce soit dans le sens de l'introversion et de l'extroversion, pour arriver à rester crédible. En tant que tel son personnage fonctionne bien mais la tension du film est souvent légèrement désamorcée par le caractère trop excessif des évolutions d'Arnie dans un environnement pourtant réaliste.
Le scénario paraît ainsi très proche de celui de Carrie, adapté à l'écran par Brian De Palma. Les deux films souffrent ainsi du même type de déséquilibres et ce malgré les styles très différents de leurs cinéastes respectifs.
Ainsi l'exposition du héros timide et renfermé passe par une humiliation publique. Puis ce même héros va prendre confiance en lui grâce à un élément extérieur (la télékinésie ou la voiture Christine). Mais une nouvelle désillusion les attend alors qu'ils vont se sentir acceptés, ce qui marquera le début du carnage dans les deux cas.
L'humour dans les deux films sert à poser l'ambiance des campus mais la caricature n'est pas forcément la méthode que nous préférons dans ce cas. Les débordements de violence qui suivront n'en paraîtront que plus outrés et grand guignol, perdant ainsi de l'efficacité sourde que leur ménageaient pourtant des idées remarquables dans le cas de ces deux films.

Carpenter comme De Palma compense heureusement un scénario assez moyen au final par une mise en scène absolument remarquable d'efficacité et de tension lors des moments les plus violents.
Ainsi chaque plan où Chrsitine est présente installe d'entrée une méfiance de la part du spectateur qui ne sait jamais quelles vont être les réactions de cette voiture que Carpenter a si habilement réussi à faire d'emblée accepter comme un personnage à part entière.
Pourtant à la première "vengeance" de la voiture, la surprise est complète et la sauvagerie de ces scènes renforce encore la peur du spectateur envers ce véhicule.
Ainsi grâce à son talent de conteur et sa maîtrise visuelle, Carpenter nous réserve quelques moments de frissons intenses tels ce final apocalyptique qui utilise des effets spéciaux absolument remarquables.
Il est évident que la vraie vedette du film est Christine mais que sans sa relation avec Arnie (pour ne pas dire sa possession), le public n'aurait certainement pas été accroché comme il l'est.

Christine est donc un film fantastique tout à fait intéressant et fort efficace même si à notre goût, il souffre de déséquilibres scénaristiques qui l'handicapent un peu.
Carpenter a déja réalisé des films plus impressionnants mais force est de reconnaître que Christine fait partie de ses oeuvres réussies qui font honneur au genre fantastique.


Image
L'image est proposée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est de bon niveau et constante. L'interpositif est très propre, laissant juste passer en de rares occasions quelques points et traits discrets. Hormis sur le générique, le grain est très discret tout au long du métrage, conférant à l'ensemble un rendu très cinéma.

Les couleurs de la photographie de Donald Morgan sont superbement rendues notamment lors des scènes lumineuses. Elles sont naturelles, constantes et bien saturées.
Le contraste est impeccablement géré et les brillances évitées.
Le rendu des scènes sombres est de très bonne qualité grâce à des noirs suffisamment purs et profonds. La qualité des dégradés n'est pas en reste et ajoute une belle touche à la qualité générale de ce transfert.

La partie numérique est, comme il est heureusement de plus en plus de coutume, exempte de reproches, créant aucun défaut artificiel notable.





Son
Les quatres bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby 2.0 Surround), Français (Dolby 2.0 stéréo), Espagnol (1.0 mono) et Portugais (1.0 mono).

La dynamique de la bande-son anglaise est d'un niveau tout juste satisfaisant. Sa présence et sa spatialité sont appréciables mais limitées par le format Dolby 2.0 Surround.
La musique est bien rendue mais manque cruellement de dynamique ainsi que d'un canal dédié aux basses fréquences. Elle est cependant parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont fréquemment utilisées et généralement de manière efficace malgré les limitations imposées par le format. Cependant, certains effets sont tout de même curieusement répartis sans que cela ne soit vraiment gênant.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucunes traces de parasites ou distortions ne sont audibles et ce même à fort volume.
Les basses fréquences sont par contre quasi inexistantes et cela s'avère fort dommage surtout sur un tel film. L'impact de nombreuses scènes s'en trouve ainsi diminué. Le résultat final reste appréciable mais comme anémié.
La bande-son en Français est clairement en dessous de l'anglaise et les deux restantes en mono sont évidemment bien plus limitées de par leur format.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Espagnol, Portugais, Chinois et Thaïlandais.

Malheureusement le son n'est pas à la hauteur de l'image. Cette bande-son n'est pas mauvaise pour autant mais même en tenant compte des limitations du format, sa dynamique et ses basses fréquences trop faibles pénalisent légèrement le rendu.
En cette époque de remixages sauvages, il est curieux qu'un film comme Christine, qui semble fait pour une bande-son multicanal, n'ait pas fait l'objet d'un remixage complet surtout dans le cadre d'une édition spéciale.


Suppléments/menus
Une ensemble assez complet et qui malgré un découpage anarchique, comblera à coup sur l'amateur de ce film aussi bien que celui qui le découvre.

Le commentaire audio de John Carpenter et Keith Gordon est très attachant, les deux hommes ayant visiblement un grand plaisir à se revoir et à redécouvrir le film ensemble. Leurs souvenirs sont encore bons et ils nous abreuvent en anecdotes croustillantes et de détails sur le tournage et leurs intentions.
Les trois documentaires qui, de par leur durée respective, auraient aussi bien pu être rassemblés en un seul sont à compter parmi ceux qui apportent un plus certain au visionnage.
Il faut cependant faire attention à les regarder dans le bon ordre puisque sur le disque DVD, ils sont classés dans le désordre. Ainsi nous vous conseillons de regarder d'abord Ignition (12 mins) puis Fast and Furious (29 mins) et enfin Finish Line (16 min 17).
La plupart des comédiens et des techniciens font des interventions souvent très pertinentes même si à quelques moments l'aspect promotionnel l'emporte sur l'intérêt (dans des proportions peu gênantes).

Sont également disponibles 20 scènes coupées qui montrent à quel point Carpenter a épuré son film, renforçant son impact grâce à ce resserrement dramatique.

Enfin sont offerts quatre bandes-annonce de qualité qui n'ont rien en commun avec le film de Carpenter.

Un ensemble qualité qui démontre que la Columbia sait faire du bon boulot en la matière. Ceci dit, il nous faut cependant souligner l'incroyable laideur des menus et l'agencement trompeur des différentes featurettes qu'un peu plus de sérieux dans ce domaine aurait pu éviter.



Conclusion
Une édition aux performances vidéo excellentes mais l'audio a du mal à suivre et manque clairement d'un remixage en règle. Les suppléments sont de qualité et le prix de vente raisonnable.

Christine est un film diablement efficace même si à notre goût il ne fait pas partie des plus grandes réussites de John Carpenter. Il s'agit d'un film fantastique rondement mené qui profite de l'excellente idée de départ du roman de King mais fait parfois retomber la tension par un aspect grand guignol, qui contraste avec la tension d'autres scènes vraiment angoissantes.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
4,2/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-09-30

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Christine

Année de sortie:
1983

Pays:

Genre:

Durée:
110 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround
Polonaise Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais
Chinois
Thailandais

Suppéments:
Commentaire audio, trois documentaires, 20 scènes coupées, bandes annonces

Date de parution:
2004-09-28

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