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DVDEF

I Love You Phillip Morris

Critique
Synopsis/présentation
Présenté à Cannes il y a déjà deux ans, I Love You Philip Morris est une œuvre qui a bien failli ne jamais voir le jour des les salles québécoises (et américaines). Après s’être vu accorder une sortie limitée aux États-Unis, le film a pris l’affiche il y a quelques semaines au cinéma du Parc avec une seule représentation. Difficile de cerner ce qui a pu causer un tel ombrage au tableau : la thématique homosexuelle, le caractère « histoire vraie » du métrage ou encore la transposition de la vie du célèbre arnaqueur Steven Russell ?

Le film trace certes l’histoire d’amour entre deux détenus, l’un arnaqueur et l’autre s’étant trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, qui, en prison ont vu naître et grandir un amour aussi pur et nobles que les plus belles histoires. Mais aussi, c’est l’histoire de leur tentative d’une vie en dehors des barreaux et surtout celle de Steven qui arnaquera à la méthode Catch Me If You Can le plus de gens possibles afin de maintenir le mode de vie luxueux de son beau.

I Love You Philip Morris est un film sur le faux. Non seulement parce qu’il s’attarde aux escroqueries d’un homme qui veut arriver à ses fins et aux mensonges qu’il est prêt à invente pour garder son homme dans l’ignorance, mais aussi parce que la mise en scène du film pointe dans cette direction. Les personnages, aussi impeccablement rendus soient-ils – Jim Carrey en tête – sont de véritables caricatures : l’ex-femme chrétienne et pratiquante (jouée par Leslie Mann), le jeune boy-toy (premier amant de Russell incarné par Rodrigo Santoro), le petit ami blondasse et un peu folle (joué par Ewan McGregor), le gardien de prison noir, etc. Tous ces stéréotypes sont au service d’une intrigue visant à faire la promotion du mensonge et la fausseté comme révélateur de la vérité, une seule, celle de l’amour Steven Russell pour Philip Morris.

Mais lorsque viennent les aveux lors du dénouement, le spectateur, suite à un habile tour de passe-passe de la mise en scène, est pris devant le même constat que Philip Morris : la seule vérité concernant ce personnage qu’est Steven Russell est qu’il est constamment dans la tromperie, le faux et le mensonge. C’est ce qui le définit, ce qu’il y a de plus vrai en lui, sa fausseté. Et étrangement, c’est ce qui fait de ce (anti) héros sa singularité.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.78:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est bonne. Le matériel source a été conservé dans un état immaculé puisque aucune anomalie n’est perceptible. C’est avec précision que les détails et textures sont reproduits. Il en va de même pour le rendu des couleurs qui est tout à fait charmant. Ces dernières font preuve de richesse alors que les tons de peaux demeurent naturels. Les effets de surbrillance sont évités grâces à des contrastes généralement bien gérés. Les dégradés font preuve de fluidité et de précision offrant des parties sombres correctement détaillées. Ce sont finalement des noirs purs et profonds qui complètent ce transfert.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent (mis à part un très subtil fourmillement à peine visible).


Son
Deux bandes sons sont disponibles sur cette édition, toutes deux au format Dolby Digital 5.1. La première est disponible en version originale anglaise et la seconde en version française.

Le mixage 5.1 en version originale anglaise reproduit fidèlement l’ambiance du film. Puisque nous sommes en présence de ce qui se rapproche d’une comédie romantique, il ne faut pas s'attendre aux plus grandes prouesses sonores. Malgré tout, cette dernière fait preuve de présence et d'un dynamisme approprié. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon assez conventionnelle, c’est-à-dire que les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la grande majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrières servent à appuyer l’ambiance. On observera peut-être quelques effets d’ambiophonie à quelques reprises, mais rien de véritablement saisissant, même si ceux-ci sont réussis. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre subtilement au mixage. Les basses fréquences se manifestent à quelques occasions avec une belle profondeur alors que le canal d’extrêmes graves grondent avec efficacité à certaines reprises.

Des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles.


Suppléments/menus
Du côté des suppléments, nous retrouvons d’abord une piste de commentaires audio animée par les scénaristes et réalisateurs John Requa et Glenn Ficarra, les producteurs Andrew Lazar et Far Shariat, le chef opérateur Max Pomerleau et le directeur photo Xavier Perez Grobet. La piste, très informative et divertissante, s’attarde beaucoup sur des éléments techniques, le travail avec Jim Carrey et les intentions de livrer une histoire d’amour qui est « inspirée de faits réels ». Même s’il sont de nombreux intervenants, les deux réalisateurs demeurent assez en contrôle et communique une ambiance très amicale sentie tout au long des interventions.

Nous retrouvons ensuite un segment de scènes supprimées (16:47) qui consistent à s’attarder surtout sur le personnage de Steven. Nous noterons surtout les scènes qui nous droit de jeter un œil sur la relation que Steven et son premier petit ami joué par Rodrigo Santoro qui clairement aurait été très intéressante à intégrer dans le montage final.

Un documentaire « The Making of « I Love You Phillip Morris (11:52) » attire aussi notre attention. Il s’agit malheureusement du typique documentaire où artisans, producteurs, acteurs et réalisateurs s’adressent à la caméra pour mieux vanter le travail de chacun. On trouvera également quelques images du tournage, mais rien de bien excitant.

Enfin, nous retrouvons trois bandes-annonces du film : la « Red Band Internet Trailer », la « Red Band Theatrical Trailer » offrant les morceaux plus « croustillants » du métrage et la « Green Band Theatrical Trailer » version remaniée de la précédente pour un public plus « large ».



Conclusion
Pour un film qui se targue de vouloir présenter une histoire d’amour si « réelle » et « vraie » puisque inspirée de faits véridiques, I Love You, Phillip Morris fait plutôt l’éloge de la fausseté : des personnages, des situations, de la vie de Steven Russell. Seul son amour demeurera intacte et pourra être offert comme vrai. Au spectateur de se laisser toucher.

Une édition qui est techniquement à la hauteur : le transfert vidéo est de qualité alors que le mixage reproduit fidèlement l’univers sonore (limité) du film. Quant aux suppléments, leur présence en bon nombre et leur intérêt (la piste de commentaires audio plus particulièrement) sont justifiables, tout comme l’achat de cette édition !


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-05-14

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
I Love You Phillip Morris

Année de sortie:
2009

Pays:

Genre:

Durée:
98 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Vivafilm

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire portant sur le tournage, scènes supprimées, bandes-annonces

Date de parution:
2011-04-19

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