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DVDEF

Social Network, The

Critique
Synopsis/présentation
Film-événement de l’année s’il en est un, The Social Network a réussit, en 2010, à allier succès critique et public. Porté par un cinéaste américain qui en est à son huitième long-métrage, l’œuvre fait déjà monter les paris pour la course aux Oscars de 2011. Avec un sujet aussi chaud et brûlant d’actualité, il ne faut pas le cacher, The Social Network rencontrait déjà son public d’avance et avait gagner la presse critique par son esthétisme particulier. Il ne faut pas l’oublier non plus, David Fincher provient de l’univers du vidéoclip. Ses premières armes ont été les vidéoclips de Paula Abdul, George Michael et surtout Madonna (qui a oublié Vogue ou Express Yourself ?) . Et dès ces premiers pas, le réalisateur a su développer une esthétique très léchée qui s’est peaufinée avec le temps et les œuvres pour finalement devenir un style précis et bien particulier. Mais c’est aussi et surtout son goût pour la culture populaire qui semble s’être précisé à travers toutes ses années : d’abord une incursion dans le monde d’Alien, puis le mystère entourant ce tueur en série surnommé Zodiac. C’est pourquoi un scénario comme celui de The Social Network s’impose pratiquement de lui-même à la caméra maîtrisée et léchée de Fincher.

Contrairement à un The Curious Case of Benjamin Button qui semblait, à nos yeux, manquer d’un peu de fantaisie, le mise en scène de Fincher lui sied beaucoup plus dans The Social Network. En effet, plutôt que de s’intéresser au phénomène lui-même dont traite le film, la caméra de Fincher est braquée sur son héros (ou plutôt l’anti-héros) qu’est Mark Zuckerberg. Ce jeune étudiant d’Harvard qui, en 2004, allait révolutionner le monde du Web et des communications avec ce que l’on nomme aujourd’hui : Facebook. Grossièrement, on pourrait croire assister aux dessous du site Web et de sa conception. Mais The Social Network est bien plus que cela. Car excepté quelques références ici et là (une petite amie en rogne parce que le statut de son copain dit ‘’célibataire’’, la scène finale), le film n’explicite jamais le phénomène dont il traite et pose son jugement ailleurs. Et c’est dans la scène d’ouverture, magistrale, vers laquelle il faut se tourner pour comprendre les problèmes de communication que peut engendrer un médium comme Facebook : deux jeunes adultes discutant au beau milieu d’un bar. Lui, Zuckerberg et elle, sa petite amie. Ils sont au milieu de la foule et tentent de se parler. Lui, condescendant, naïf et bavard, et elle, tentant de le comprendre, impatiente et lui faisant voir une bonne dose de réalité. Incompatibilités, incompréhensions, malentendus, quiproquos, la séquence de cinq minutes nous expose toute la complexité des relations interpersonnelles, mais aussi celles encore plus complexes que nous tous internautes partageons sur la toile. C’est certainement la seule séquence, avec le dénouement, qui à nos yeux présente le propos du film sur le phénomène Facebook.

Parce que oui le film de Fincher, tout comme l’ensemble de son œuvre, s’est souvent intéressé aux (anti) héros aux prises avec un destin qu’ils n’ont pas choisi : Ripley et son enfant-monstre, Brad Pitt et un psychopathe l’ayant déjà devancé, Edward Norton et un certain Tyler Durden, Jodie Foster et les voleurs de sa Panic Room et enfin Benjamin Button et son inexplicable rajeunissement. Ici, le créateur de Facebook alias Zuckerberg est dépeint sans le moindre jugement (on laisse ça au spectateur). Comme les autres personnages chez Fincher, on le retrouve aux prises avec un phénomène qui le dépasse : Facebook, mais surtout les conséquences de sa création dans sa vie personnelle. C’est par le flashback que nous comprendrons comment il a réussit à se mettre à dos et à être poursuivi en justice par deux étudiants d’Harvard et son meilleur ami. Et c’est grâce à cette structure que le film de Fincher réussit à nous faire comprendre l’ironique constat sur son héros : un jeune homme aux relations interpersonnelles défaillantes (d’autres diront un mésadapté social) qui a réussit à élaborer le plus populaire et le plus grand réseau social au monde sur la toile.

Le film de Fincher demeure néanmoins optimiste, du moins dans la forme, en ce qui à trait à cette idée de télécommunication. Depuis ses premières œuvres, le cinéaste a toujours su pousser les limites possibles des nouvelles techniques au cinéma (image composite dans Panic Room, le système panavision 65 dans Alien 3, l’avatar vieillissant de Brad Pitt dans The Curious Case of Benjamin Button). Mais il a surtout toujours réussit à intégrer ces effets spéciaux subtilement pour mieux servir son métrage. Dans The Social Network, ce sont les frères Winklevoss incarnés tous deux par le même acteur, Harmie Hammer, qui bénéficient des effets visuels (c’est le comédien Josh Pence qui se tenait aux côtés de Hammer. Le visage de Hammer a été ajouté sur celui de Pence numériquement). Du point de vue de la forme, le film de Fincher pointe vers un monde possible du cinéma dans lequel réalité et effet visuel pourraient coexister.

Pour tout cela, The Social Network est assurément une grande œuvre et une qui marquera son temps, ne serait-ce que pour ce que plusieurs croient à tort être l’objet du film, alors que nous le savons tous, c’est Mark Zuckerberg le sujet de l’œuvre. Sur lui et ses relations. D’ailleurs, le film se termine sur l’hypothétique retrouvaille virtuelle entre lui et son ex-copine. Ce dernier plan, terrible, laisse place à bien des interprétations. Mais à la vue de ce jeune homme, rafraîchissant systématiquement la page Web pour vérifier si la jeune fille veut « être son amie », nous ne pouvons qu’avoir froid dans le dos devant cet horrible constat (et le seul que le film fait sur le phénomène) et l'avenir que nous propose ce phénomène : dépendre (de l’approbation) d’une relation virtuelle pour déterminer ses relations interpersonnelles.


Image
Le film est présenté au format d’image respecté de 2.40:1 à une résolution de 1080p.

L’artillerie lourde a été déballée pour cette édition à commencer avec un transfert HD d’une qualité absolument remarquable. Tourné avec une caméra Red Code, le film présente est d’une clarté exemplaire. La définition générale de l’image en est donc excellente de même que les détails et les textures qui font preuve de détail et netteté.

Le rendu des couleurs est tout aussi admirable. Avec un travail aussi important sur les images et la photographie, les couleurs sont reproduites avec richesse et précision .Les tons de peaux demeurent naturels. Les dégradés sont impeccablement gérés évitant toute forme de surbrillance. Mais la véritable réussite de ce transfert réside dans le rendu des parties sombres et dans la fluidité et la précision absolument irréprochables des dégradés. Jamais des parties sombres n’auront parues aussi précises et nettes. Cela va sans dire que les noirs font preuve de profondeur et de pureté toutes aussi irréprochables.

La partie numérique se sauve, règle générale, de toute anomalie majeure.


Son
Deux bandes sons sont disponibles sur cette édition, toutes deux au format DTS-HD Master Audio 5.1, la première offerte en version originale anglaise et la seconde en version française doublée au Québec. Une version dite « audio descriptive » est également disponible en Dolby Surround. De plus, deux pistes de commentaires audio sont offertes : la première qui comprend les interventions du cinéaste David Fincher et la deuxième qui comprend les interventions du scénariste Aaron Sarkin et des acteurs Jesse Eisenberg, Andrew Garfield, Justin Timberlake, Armie Hammer et Josh Pence.

Même attention porté au mixage DTS-HD Master Audio 5.1 anglais (la version française n’a que pour différence majeure le doublage qui « enterre » une partie des effets d’ambiance) qui fait preuve d’un dynamisme très approprié. Même si le film est principalement constitué de dialogues (parfaitement reproduits), les sons d' ambiances profitent néanmoins du potentiel multicanaux avec le déploiement du champ sonore qui permet une belle profondeur et des effets d’ambiophonie particulièrement réussis. Mais c’est bien l’incroyable trame sonore composée par Trent Reznor et Atticus Ross qui bénéficie des bienfaits de ce mixage. En effet, les basses fréquences appuient avec profondeur et précision cette trame sonore alors que les extrêmes graves les supportent à quelques reprises. Vraiment, un mixage adéquatement dynamique qui appui l'ambiance du film.

Des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles.


Suppléments/menus
Sur le premier disque, nous retrouvons deux pistes de commentaires audio. La première animée par le réalisateur David Fincher est particulièrement intéressante ne serait-ce que pour entendre le cinéaste commentée son film de façon relativement négative. En effet, à plusieurs reprises, il avoue que le film contient certains défauts et il est plutôt rafraîchissant d’entendre un cinéaste qui ne porte pas un regard masturbatoire sur son œuvre. La majeure partie de ses interventions concerne des éléments techniques et de tournage du film. La deuxième piste de commentaires audio est animée par les interventions de Aaron Sarkin, le scénariste du film ainsi que de Jesse Eisenberg, Andrew Garfield, Justin Timberlake, Armie Hammer et Josh Pence. Beaucoup moins technique que la précédente, elle nous fait entendre des interventions sur le rapport des acteurs avec Fincher ainsi que l’interprétation des acteurs par rapport à leur personnage et au film.

Sur le deuxième disque, nous retrouvons un impressionnant documentaire « How Did They Ever Make a Movie of Facebook (1 :32 :43) » d’une durée de plus de quatre-vingt-dix minutes présenté en quatre parties et qui touche la quasi-totalité des éléments entourant le film (casting, tournage, etc.). Le plus riche des segments présenté ici. Vient ensuite le segment « David Fincher and Jeff Cronenweth on the Visuals (7:48) » qui, comme son nom le dit, présente le directeur photo et le cinéaste qui s’entretiennent sur les effets visuels du film, notamment sur comment ils ont réussis à intégrer dans le même plan le même acteur jouant des frères jumeaux. « Angus Wall, Kirk Baster and Ren Klyce on Post (17:24) » présente des informations somme toute pertinentes sur la postproduction du film. La trame sonore nous est justifiée et racontée par les compositeurs Trent Reznor et Atticus Ross et le réalisateur David Fincher dans « Trent Reznor, Atticus Ross and David Fincher on the Score (18:55)». Les interventions s’attardent plus particulièrement sur la séquence du concours de canot et l’utilisation de la pièce « In the Hall of the Mountain King ». Nous retrouvons également « Ruby Skye VIP Room : Multi-Angle Scene Breakdown » qui se veut être un regard interactif de quatre angles différents sur la scène du bar entre Jesse Eisenberg et Justin Timberlake. Bien que relaté auparavant dans les commentaires du cinéaste, le tout est ici audiovisualisé avec clarté, pertinence et plaisir. Enfin, les deux derniers segments concernent encore une fois la séquence de « In the Hall of the Mountain King ». Le premier « In the Hall of the Mountain King : Music Exploration » présente des comparaisons de la scène de compétition de canots. De la première version à la version finale. Et le second, « Swarmatron (4 :28) » présente Reznor qui utilise un instrument bien particulier pour la création de la trame sonore.



Conclusion
Bien plus qu’un film sur le phénomène Facebook, The Social Network est une long-métrage qui relate la montée en flèche d’un jeune surdoué et la descente aux enfers de son univers social. Triste constat certes, mais il en résulte une œuvre techniquement aboutie et maîtrisée de bout en bout par le cinéaste David Fincher qui a ici trouvé un sujet pouvant épouser son amour pour les images léchées et la culture populaire. Certains trouveront certainement à dire que le film est surestimé. Peut-être, mais The Social Network demeure pour nous une œuvre grand public (il ne faut pas l’oublier) d’une grande qualité qui jette un regard sans jugement et sans complaisance sur son héros.

Tout a été mis en œuvre pour livrer une édition colossale pour une œuvre qui risque fort grandement de faire la course pour la statuette dorée. Ainsi, un transfert HD magnifique et une trame sonore dynamique et agressive (merci au rendu de la trame sonore de Reznor et Ross) en plus d’une série de suppléments nombreux, riches, pertinents, divertissants et intéressants, cette édition risque de rencontrer bien des acheteurs. Et il ne faudrait pas leur en vouloir, car il y a pratiquement aucune raison de ne pas justifier l’achat de cette très belle (première) édition …


Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
4,4/5

Rapport qualité/prix:
4,5/5

Note finale:
4,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-01-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Social Network, The

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
120 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Sony Pictures Home Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
2 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Pistes de commentaires audio, documentaires, segment interactif.

Date de parution:
2011-01-11

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