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DVDEF

Three Seasons

Critique
Synopsis/présentation
Avec ce premier long-métrage, Tony Bui montre qu'il a l'étoffe d'un réalisateur. Ce cinéaste de 29 ans, d'origine vietnamienne, est promis à un brillant avenir dans le monde du cinéma, mais peut-être pas à Hollywood. Bui a bénéficié du soutient du Sundance Institute et de celui de Harvey Keitel qui a agi à titre de directeur exécutif de la production du film. Three Seasons, premier film américain à être tourné au Viet Nam depuis la guerre, nous présente une autre image de ce pays.
Le film raconte le destin de trois personnes vivant à Saigon. Il y a Hai, le conducteur de cyclo-pousse est amoureux d'une jeune prostituée. Puis, vient Kien An, une cueilleuse de lotus qui, le soir, écrit sous la dictée les poèmes du maître de la plantation souffrant de la lèpre. Le dernier est un l'enfant de la rue nommé Woody. La nuit, Woody fait le commerce des cigarettes autour des hôtels et des bars.
Au centre de ces histoires, il y a James (Harvey Keitel), un G. I. américain à la recherche de sa fille abandonnée pendant le conflit. Au fil de leurs tâches respectives, tous ces personnages s'entrecroisent au même carrefour et, chacun à sa façon, réalisera ses aspirations.
Le scénario de Three Seasons a été coécrit avec son frère Timothy. Tel que mentionné plus haut, le film a été parrainé par le Sundance Institute, qui l'a choisi pour son Writer's Lab (labo d'écriture) et son Director's Lab (labo de réalisation). Le scénario est un très bel exemple de retenue et d'économie : les dialogues sont simples et particulièrement justes. Le récit repose sur la vie quotidienne de gens ordinaires. L'intrigue est minimaliste, ce qui tient presque du miracle dans le contexte actuel de production américain.
Dans une entrevue accordée à Film In Rewiews, Bui résume bien l'idée sous-jacente au titre du film. Pour Bui, chaque personnage représente une saison. L'histoire de Hai est l'été chaud qui symbolise l'amour. L'histoire de Woody représente la saison des pluies, synonyme de de solitude, et celle de Kien An ressemble au printemps avec sa renaissance et sa poésie.
Sans être innovateur, Bui démontre, avec Three Seasons, qu'il maîtrise bien le langage cinématographique. Il fait preuve d'un bon sens de la composition, accompagné d'une belle rigueur. Visiblement, le jeune réalisateur aime faire parler les images. Le résultat est probant et la sobriété est le maître mot de sa mise en scène.
Malgré quelques moments cousus de fil blanc, en particulier le happy end qui pêche un peu par excès d'optimisme, Three Season mérite largement les trois récompenses reçues du Sundance Film Festival, dont le grand prix du jury. Notons cependant que ce film ne plaira pas à tous car il est à l'opposé des productions hollywoodiennes avec leur festival pyrotechnique d'effets spéciaux. Seuls les amateurs de cinéma indépendant y trouveront leur compte.


Image
La copie évaluée pour cette critique présente un problème de pressage qui occasionne quelques défauts de lecture à la plage 6 du disque, ce qui résulte en une importante distorsion qui dure quelques secondes. Il est malheureusement impossible de savoir les autres disques en vente sur le marché sont aussi imparfaits. Hormis ce défaut, l'interpositif ne pose aucun problème.
Le transfert numérique présente le film format original de 1.66:1 et n'est pas anamorphique. On note une certaine confusion au sujet du format de l'image. Le format d'image de la bande annonce est de 1.85:1 et les informations techniques sur film révèlent que le format original est 1.85:1. De plus, l'édition en France par Studio Canal + a un ratio de 1:85:1. Si cela se confirme, cette situation est vraiment déplorable et déçoit de la part de l'éditeur.
Nous n'avons pas droit à un transfert d'exception : la photographie de Lisa Rinzer est correctement reproduite, sans toutefois se distinguer. Le rendu des couleurs est satisfaisant, même s'il y a un léger excédent de jaune qui contamine les blancs dans certaines séquences. Dans l'ensemble, les couleurs sont nuancés et biens saturées. Les teintes de la peau des personnages ont tendance à tirer légèrement vers l'orangé. Ce n'est pas catastrophique, mais ce défaut enlève du naturel au teint des personnages.
La définition est adéquate et l'image offre une bonne netteté. Le contraste ne révolutionne pas le monde du DVD, mais il est suffisament équilibré pour donner un relief acceptable. Le principal problème vient des scènes de nuit qui auraient gagné à être plus soignées. Les noirs manquent un peu de profondeur et l'image perd du relief. Hormis cette petite restriction, l'image de cette édition pourra satisfaire un large public.


Son
La Séville offre deux bandes sonores en Dolby Digital 2.0 stéréophonique. La première est vietnamienne et la seconde est française. Glissons un mot sur les incongruités linguistiques retrouvées sur la version française. Premièrement, comme sur la bande en vietnamien, les sous-titres anglais sont obligatoires. La Seville n'a pas jugé bon de le mentionner sur la jaquette. Mais le pire est que la version française n'offre aucune traduction en français des magnifiques chants vietnamiens interprétés par les acteurs. De plus, lorsque Harvey Keitel parle en anglais, les sous-titres disparaissent, tout simplement. Tout ceci prive le spectateur francophone d'une partie non négligeable de cette oeuvre.
Cette compagnie est loin d'offrir un produit véritablement satisfaisant pour les francophones. Il est à souhaiter qu'en plus de la version française, les éditeurs pensent à offrir la possibilité de sous-titrage en français. Encore une fois, il ne faudrait pas oublier que ce film est destiné à un public averti et qui sait lire.
La bande sonore vietnamienne est très agréable à écouter. Le son, qui se concentre sur les enceintes avant, offre une scène stéréophonique naturelle et honnête. Elle demeure dans les limites des films à petit budget, ce qui fait qu'on ne peut évidemment pas la comparer à celle des grandes productions hollywoodiennes. Le mixage est très soigné et offre un beau niveau de détails avec des dialogues s'intégrant parfaitement à l'environnement sonore. Donc, voici une bande sonore rafraîchissante en accord avec les choix esthétiques du réalisateur.
La version française est sensiblement de même facture, à la différence près que les dialogues prennent un peu le devant de la scène. Naturellement, le synchronisme des lèvres laisse un peu à désirer : il ne faut pas oublier que le vietnamien est très différent du français.



Suppléments/menus
Les suppléments sont peu nombreux et pas très intéressants. Il y a de courtes notes sur le réalisateur et les acteurs. Viennent ensuite la traditionnelle bande-annonce du film et du matériel publicitaire composé des bandes-annonces de The Mood for Love, Eat Drink Man Woman et Chinese Box.




Conclusion
À cause de ses incohérences linguistiques, de ses défauts de pressage, de la minceur des suppléments et des informations incomplètes sur la jaquette, la présente édition de Three Seasons décoit quelque peu. Cet état de chose est malheureux, car nous sommes nombreux en zone 1 à attendre un catalogue plus volumineux de films indépendants. La Seville devrait corriger la situation dans les plus brefs délais.


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2002-01-27

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Toshiba 32 pouces, Récepteur Sony STR-DE945, Lecteur DVD Sony DVP-S360, enceintes Energy, câbles Cable Accoustic Research

Le film

Titre original:
Three Seasons

Année de sortie:
1999

Pays:

Genre:

Durée:
110 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Dolby 2.0 stéréo
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Notes biographiques, bande-annonce, publicité

Date de parution:
2002-01-22

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