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DVDEF

Never Let Me Go

Critique
Synopsis/présentation
Adaptation du populaire roman du même nom de Kazuo Ishiguro (The Remains of the Day), scénarisée par le fidèle de Danny Boyle, Alex Garland, Never Let Me Go est malheureusement un film vendu pour son histoire d’amour. Le film de Mark Romanek (qui nous avait offert il y a quelques années One Hour Photo avec Robin Williams) raconte en effet les déboires d’un triangle amoureux composé de trois jeunes enfants, Kathy, Tommy et Ruth, qui seront élevés dans un couvant, puis relâchés dans leur vie adulte pour accomplir leur destinée : donner leurs organes. Ils sont en fait des clones conçus et élevés spécialement pour permettre la (sur)vie plus longue d’individus pour lesquels ils sont « porteurs ». Si, effectivement, la présence d’un conflit amoureux entre les trois protagonistes caractérise le film, ce sera davantage son contexte qui nous bouleversera. Une toile de fond digne des films de science-fiction et se rapprochant de films d’Andrew Nicol, par exemple Gattaca.

Never Let Me Go, c’est donc The Island de Michael Bay, sans les effets spéciaux, sans les explosions, sans les plans au ralenti et sans les « flairs » présents dans la photographie orangée du célèbre cinéaste américain. Non, l’œuvre ici en question est lisse, très lisse, d’une monotonie somptueuse réussissant néanmoins à faire passer une certaine émotion et à pousser à la réflexion. En effet, la mise en scène de Romanek est très froide, à l’image de l’univers dans lequel évoluent nos trois personnages. Un univers qui dans leur couvant est régulé, conditionné et où ils sont tenus dans la terreur face à l’extérieur. Pas étonnant qu’ils ne cherchent à se rebeller ou à s’enfuir lorsqu’une enseignante leur annonce la véritable et seule raison de leur existence et lorsqu’ils sont jetés dans le vrai monde à l’âge adulte. Ces jeunes acceptent plutôt leur triste destinée en tentant de laisser une trace dans ce monde. C’est pourquoi c’est à travers leurs relations (amoureuses) qu’ils se définiront. Si Tommy et Ruth forment un couple depuis la tendre enfance au détriment d’une Kathy amoureuse du jeune homme dans le plus noble sens du terme, Ruth tentera de racheter sa manipulation et sa jalousie en faisant se réunir (beaucoup trop tard) les deux tourtereaux. Le personnage de Ruth devient ainsi emblématique de ce que la (courte) vie réserve à ces jeunes : se préparer à la mort.

Qualifier l’œuvre de dépressive serait donc juste, mais ce serait aussi sous-estimer tout son pouvoir émotionnel (le film raconte tout de même une histoire d’amour sincèrement intemporel) et de réflexion (quelle est la valeur de la vie de ces clones ?). Et c’est dans cette émotion pure, l’amour, que nos deux héros se réfugient, voulant prouver qu’ils sont réellement amoureux et ainsi bénéficier de quelques années supplémentaires avant d’être « complété » (jamais le terme « mort » n’est prononcé une fois durant le film). Car en effet, ces jeunes élevés comme de simples corps (l’idée du corps est exploité aussi même dans le choix et le jeu des acteurs) se révèlent finalement à être des êtres humains à part entièere. Et le film ne tente pas de poser un débat manichéen sur le « mal » de leur priver de la vie. Même si le tout est subtilement lancé lorsque les jeunes se rendent en ville pour surprendre le « double » de Ruth, cette dernière émet la probable hypothèse qu’ils servent des gens « trash ».

L’œuvre de Mark Romanek est plutôt un film sur l’identité. Sachant qu’ils sont les clones d’autres gens, et que leur fin est imminente, les protagonistes n’ont d’autre choix que d’apprendre à se définir. Comme en témoigne le dénouement du film où Kathy se tient près d’un champ de ruines, ces jeunes ont vieillis beaucoup trop vite. Et comme le traduit si bien ce titre si dur et si beau à la fois, ce sont des jeunes qui, amoureux de la vie, ne désiraient que plus de temps.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 à une résolution de 1080p.

Un magnifique transfert. La définition générale de l’image est absolument excellente. Le matériel source était dans un état immaculé puisque l’image affiche netteté, précision et finesse à tous les niveaux (détails et textures). Le rendu des couleurs est irréprochable. Le travail impressionnant sur la photographie très froide de l’image est reproduit par des couleurs qui sont correctement étalonnées, précises et nettes. Les tons de peaux demeurent naturels alors que les effets de surbrillance sont évités par une gestion du contraste parfaitement maitrisée. Les dégradés sont d’une très grande précision et fluidité offrant de belles parties sombres. Profondeur et intensité caractérisent les noirs de ce très beau transfert.

Numérique, le transfert se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Quatre bandes sons sont proposées sur cette édition. La première en version originale anglaise est disponible au format DTS-HD Master Audio, les trois autres en version espagnole, française et portugaise au format Dolby Digital 5.1

Même si le film repose sur la lenteur et le silence, le mixage DTS-HD Master Audio reproduit parfaitement l’ambiance subtile et presque aérienne du film. Le déploiement du champ sonore s’effectue majoritairement à partir des ouvertures frontale et latérale laissant le soin aux enceintes arrière de supporter les ambiances et d’apporter une profondeur grâce à quelques effets d’ambiophonie subtils. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles. La trame sonore (quelques fois appuyée) s’intègre superbement au mixage. Les basses fréquences sont très peu sollicitées, mais lorsque c’est le cas, elles grondent avec discrétion et pour mieux appuyer quelques scènes plus mouvementées. Inutile de mentionner que la manifestation du canal d’extrêmes graves est d’autant plus rare.

Des sous-titres anglais, espagnols, portugais, mandarins et cantonais sont disponibles sur cette édition.


Suppléments/menus
Nous retrouvons en premier lieu le typique documentaire sur le tournage du film, « The Secrets of Never Let Me Go (30:10). Il comprend quelques séquences de tournage ainsi que des entrevues avec les artisans et les acteurs du film. Classique et très peu novateur, le documentaire fait néanmoins un intéressant tour d’horizon, mais demeure dans un ton assez promotionnel. La partie la plus intéressante concerne le cinéaste Mark Romanek, l’auteur Kazuo Ishiguro, le scénariste Alex Garland et leurs interventions concernant leurs intentions par rapport au film.

Trois segments sont aussi présents : le premier, « Director Mark Romanek’s On-Set Photography (3:13) est un montage de photographies en noir et blanc prises par le réalisateur durant le tournage. Le second « Tommy’s Art (2:35) est aussi un montage de dessins faits par le personnage de Tommy et que l’on peut apercevoir dans le film. Le troisième « National Donor Programme & Hailsham Campaign Graphics (1:58) » et le plus intéressant des trois est un montage de fausses affiches faisant la promotion de l’organisme qui gère la campagne de don d’organes dans le métrage.

Enfin, la bande-annonce du film clôt cette maigre section qui nous laisse un peu sur notre faim.



Conclusion
Never Let Me Go est une œuvre hantée par un pessimisme qui peut devenir lourd. C’est aussi un film romantique sous fond de science-fiction qui présente une subtile réflexion sur le passage sur Terre. Sans être provocant ou racoleur, le long-métrage du réalisateur Mark Romanek évoque quelques questions philosophiques sans toutefois les exploiter pleinement. Il s’agit néanmoins d’un film très beau où l’émotion se laisse poindre en toute subtilité.

L’édition présentée est ici techniquement admirable. Le transfert haute définition est absolument remarquable, voire même d’une beauté exceptionnelle nous laissant le plaisir d’admirer le travail de photographie effectué sur le film. Le mixage DTS-HD saura, quant à lui, reproduire l’environnement sonore discret du film. En ce qui concerne les suppléments, on se retrouve un peu comme Kathy à la fin du film qui aurait souhaité avoir plus de temps; nous aurions aimé en avoir plus (en terme de substance aussi!).


Qualité vidéo:
4,7/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
4,3/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-03-04

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Never Let Me Go

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
104 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1
Portugaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol
Portugais
Mandarin
Cantonais

Suppéments:
Documentaire, segments, bande-annonce

Date de parution:
2011-02-01

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