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DVDEF

Piranha

Critique
Synopsis/présentation
Depuis 2003, le cinéaste français Alexandre Aja connaît une belle histoire. Suite au succès international de son hommage efficace et vibrant au cinéma d’horreur des années 1970 mieux connu sous le nom de Haute Tension, le réalisateur a retenu l’attention de quelques producteurs américains. En effet, malgré un premier film ayant passé complètement sous le radar Furia paru en 1999 et mettant en vedette Marion Cotillard et une finale à se frapper la tête pour son fameux Haute Tension, nos voisins du Sud ont cru bon employer les services d’Aja et de son scénariste Gregory Levasseur pour la revisite sauvage de The Hills Have Eyes de Wes Craven. Suite à un succès critique et public relativement favorable, Aja s’est confortablement installé dans la zone « remake » en refaisant, en 2008, Geoul Sokeuro. Ainsi donc, Mirrors, adaptation ratée et puant le studio à plein nez a fait perdre à bien des fans toute foi en le cinéaste et en son potentiel en sol américain. Voilà qu’en 2010, Aja nous revient avec un nouveau « remake », soit celui du celui du Pirahna de Joe Danto paru en 1978.

Première constatation : il s’agit du premier film dans la filmographie d’Alexandre Aja où l’auto-dérision est présente. Il faut l’avouer, avec un concept aussi stupide (des piranhas sont relâchés dans les eaux d’un lac après un tremblement de terre), l’avenue plus sérieuse très présente dans la filmographie du réalisateur français n’était ce qui s’imposait le plus ici. Et il ne faut pas plus que quelques minutes au film pour nous faire comprendre que nous sommes ici en présence d’une bonne grosse comédie d’horreur où chaque corps est présenté afin de se faire d’abord exhibé puis ensuite déchiqueter. Au menu, donc, seins, sang et rires. À ce niveau, le film est une réussite absolue et le plaisir du visionnement complètement jouissif. Cependant, et là est tout l’intérêt du film, Piranha peut être lu dans un deuxième degré. Contrairement au reste de la filmographie d’Aja, le film propose quelques propos sur la culture populaire et voire même sur le conflit des générations.

Fidèle à la tradition, Piranha présente une horde (il faudrait plutôt parler de quelques centaines) d’adolescents insouciants et intéressés uniquement aux plaisirs charnels et à l’alcool. Réunis dans cette petite ville du Lake Victoria, ces jeunes ont pour principale préoccupation de se déhancher en maillot de bains (pour les jeunes filles) et d’observer la gente féminine effectuer ces dits déhanchements (pour les jeunes hommes). Certains autres préfèrent traîner sur un bateau à tourner un film de la trempe de « Girls Gone Wild » et à boire de la téquila. Un portrait très peu flatteur de ces jeunes qui paieront le prix de leur irresponsabilité et de leur insouciance lorsque les piranhas se feront un plaisir d’en faire leur repas, eux qui n’ont pas eu de chair fraiche depuis plusieurs millions d’années. Le film respecte ainsi à la lettre la règle du genre voulant que celui qui commet le plus de vices (sexe, alcool, drogue, etc.) est celui qui périra le plus vite. Ici, ce n’est pas nécessairement rapide que la mort viendra, mais plutôt violente elle sera.

Piranha fascine aussi pour sa distribution d’acteurs. Parce que chacun des acteurs semble beaucoup plus avoir été employé pour sa valeur dans la culture populaire que pour son talent (mais nous ne sommes pas ici pour discuter de cela). Ainsi, Christopher Lloyd incarne un vieux scientifique paranoïaque, Elisabeth Shue, après s’être jouée d'elle-même en has-been dans Hamlet 2, tente désespérément de se faire respecter et de se tailler une place en se prenant au sérieux au milieu de cette bande de jeunes, Kelly Brook discute de ses seins avec une jeune fille prépubère, Eli Roth dirige un concours de « wet t-shirts » et enfin et surtout, Richard Dreyfuss, symbolisant ici le film de monstres des années 1970 (Jaws), est anéanti dans la scène d’ouverture, bière à la main. En le faisant disparaître dès les premières minutes du métrage, le film ne fait pas seulement détruire une icône, mais il se débarrasse aussi d’une génération pour faire place à une nouvelle. Une génération qui sera punie par la nature et qui ne peut (veut) visiblement co-habiter avec les autres générations (ils ne veulent rien attendre lorsqu’on les prévient du danger). Et le constat que fait le film est terrible : cette nouvelle génération qui vit dans l’excès, le vice, l’insouciance (est-il possible d’y voir un pamphet pro-écologique ?) devra un jour payer le prix.

Sinon, Piranha se savoure tout autant dans ce qu’il a à offrir dans sa simplicité : une intrigue quasi-inexistante, des filles aux seins nus, un massacre d’une violence et d’un gore excessifs, une tension bien soutenue, et un plaisir absolu dans le visionnement du tout. Il s’agit sans aucun doute de la plus grosse surprise dans la filmographie d’Alexandre Aja (et certainement son meilleur film), surprise qui nous fait retrouver foi en le talent de ce cinéaste.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 d’après un transfert 16:9.

Fait à noter : Piranha est une production qui a été également présentée en version 3D dans les salles. C’est donc pourquoi une édition Blu-ray, mais aussi Blu-ray en 3D sont aussi disponibles.

À ce titre, il faut avouer que malgré l’absence des effets 3D (gore, seins – oui ! oui !, violence, etc.), la définition générale de l’image de l’édition DVD est excellente. Si les séquences qui étaient originellement en 3D se font sentir à l’image, ce n’est pas dû à des problèmes de transfert, mais bien a un « défaut » de l’image qui trahit la tridimensionnalité originelle de ces images. Ainsi, donc le transfert présente des détails et des textures reproduits avec clarté, précision et netteté. Le rendu des couleurs est aussi irréprochable offrant des couleurs pleinement saturées et ne souffrant d’aucun problème de débordement, donc riches et précises. Les tons de peaux (et elles sont nombreuses !) sont reproduites avec naturel. Le contraste est parfaitement géré et évite toute forme de surbrillance alors que les parties sombres profitent de précis et fluides dégradés.

Numérique, le transfert se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Nous retrouvons ici deux bandes sons toutes deux offertes au format Dolby Digital 5.1, l’une en version originale anglaise et la deuxième en version française.

Le mixage anglais 5.1 livre ici la marchandise. Le film étant déjà très « actif » du point de vue sonore, il n’est pas étonnant d’admirer son dynamisme et sa présence que l’on qualifiera d’excitants. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon précise. Les ouvertures frontale et latérale servent naturellement à faire entendre la majorité des éléments sonores, mais les enceintes arrière apportent profondeur au mixage en plus de permettre plusieurs effets d’ambiophonie particulièrement réussis. L’immersion du spectateur n’en est donc que plus réussie. Les dialogues (certains parleront de cris ou de hurlements) sont constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre aussi parfaitement au mixage bénéficiant d’un support adéquat de la part des basses fréquences. Ces dernières grondent d’ailleurs avec profondeur et efficacité alors que le canal d’extrêmes graves fera vibrer votre plancher à plusieurs moments opportuns.

Des sous-titres anglais et espagnols sont disponibles sur cette édition.


Suppléments/menus
Sur cette édition, nous retrouvons d’abord une piste de commentaires audio. Elle contient les interventions du réalisateur Alexandre Aja, du co-scénariste Gregory Levasseur et de la productrice Alix Taylor. Outre l’horrible accent anglais d’Aja, ce que l’on retiendra de cette très divertissante piste de commentaires audio ce sont les remarques souvent déplacées des deux scénaristes, mais surtout leur chimie évidente. Le ton des commentaires va donc dans le même sens que le ton du film, pour notre plus grand plaisir. Les interventions de Taylor sont malheureusement plus rares. Ce qui est dommage puisque seule voix féminine (et anglophone) de la piste de commentaires, ses opinions auraient été intéressantes sur le sujet.

Nous retrouvons ensuite un documentaire de plus de deux heures (deux et neuf minutes pour être exact) divisé en cinq parties : « Aja, Cast and Story », « Lake Victoria », « Spring Break », « Blood & Gore », « Special FX & Stunts ». Ce documentaire nous offre un tour d’horizon plutôt complet sur la production du film. Ce que l’on retiendra cependant ce sont l’effort, l’énergie, le temps et le travail investis dans un film qui paraît, à prime abord, aussi stupide. Mais aussi les histoires et anecdotes de tournage ainsi que la perspective intéressante d’Alexandre Aja qui, en tant qu’européen, voit en la fête du « Spring Break » une « métaphore de l’Amérique ».

Nous retrouvons finalement une poignée de bandes-annonces.



Conclusion
Piranha version 2010 revampé par le cinéaste français Alexandre Aja, est un cadeau tombé du ciel pour les fans de film d’horreur. Véritable petit bijou (en son genre, nous devons le préciser) il présente un divertissement de qualité où sang, seins et comédie forment un tout où le plaisir est maître. En plus, l’œuvre présente une seconde lecture, plus sérieuse, où il est possible de voir poindre un début de réflexion sur la jeunesse américaine et son conflit avec le passé. Pour tout cela, et pas seulement pour son concept ridicule, Piranha est savoureux.

L’édition DVD rend justice au film. Le transfert vidéo est admirable et même s’il trahit les séquences originalement présentées en 3D. Le mixage est tout aussi excitant et permet une immersion assez jouissive du spectateur. Et à défaut d’être nombreux, les suppléments sont consistants et divertissants.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,9/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-02-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Piranha

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
88 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, bandes-annonces

Date de parution:
2011-01-11

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