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DVDEF

Personal Velocity: Three Portraits

Critique
Synopsis/présentation
Comme l'indique son titre secondaire (Three Portraits), Personal Velocity trace le portrait de trois femmes troublées qui recherchent l'exutoire dans la fuite. Elles aspirent à une nouvelle vie en s'évadant de leur carcan quotidien, marqué par la violence conjugale, l'oppression, la pauvreté, la monotonie ou alors, le rejet. Et ces élans pressés en mi-parcours de vie sont inévitablement déclenchés par un élément commun: l'homme. Dans leurs rôles de pères, patrons, époux, amants, ces femmes tenteront de les fuir, de les aimer, de les comprendre. Bref, les utiliser comme tremplin à une remise en question, qu'elle soit salvatrice ou non.

Premier court-métrage de trois, la vie difficile de Delia (Kyra Sedgwick), travailleuse désabusé et surtout, abusé par son conjoint. Mère de trois enfants, Delia décide de le quitter en trombe avec sa marmaille, sans pour autant savoir où se réfugier. Sur des images de sa jeunesse nous la présentant comme une fille fonceuse et dépravée vivant avec un père incapable d'assumer son rôle, Delia apprendra à retrouver sa dignité et son pouvoir en tant que femme. Suit le second volet, celui de Greta (Parker Posey). Éditrice littéraire, Greta connaît une opportunité de carrière imprévisible avec un auteur prolifique. Face à se changement professionnel et supportant difficilement le rejet de son père, Greta sera contrainte à réévaluer son mariage, bonheur qu'elle considère à l'imparfait. Enfin, le troisième et dernier court-métrage présente la vie de Paula, sans équivoque le meilleur segment des trois. Ex-clocharde enceinte, Paula (Fairuza Balk) prend le large suite à une dispute avec son copain. Loin est-elle de se douter que sa vision de la vie sera complètement bouleversée lorsqu'elle fera la rencontre de deux hommes, l'un dans un bar, l'autre en auto-stop. Marquée psychologiquement par ces rencontres, Paula apprendra à mieux se connaître, découvrant ainsi sa capacité de sentiments, d'attention et de bonté.

Fille du dramaturge Arthur Miller, Rebecca Miller signe ici cette production riche en émotions. La force de Personal Velocity repose sur la mise en scène de personnages multidimensionnels. Chacune doit composer avec un passé qui les rattrape, un quotidien oppressant et un avenir incertain. Loin d'entretenir un propos moralisateur sur ces personnages, Miller les place en quête d'un inévitable apprentissage. La scénarisation et un jeu d'acteurs brillants donnent à ces personnages une densité peu commune.

La construction de Personal Velocity est particulière. Les entrées en matière sont abruptes et les conclusions inattendues. La photographie, signée Ellen Kuras, joue pour beaucoup dans ce concept. Caméra à l'épaule, Miller a opté pour un tournage en MiniDV ce qui ajoute au réalisme des personnages et crée une certaine intrusion, proche du voyeurisme, dans le quotidien de ces femmes. La recherche esthétique prend ici toute sa finesse dans des éclairages qui ne sont pas nécessairement flatteurs, des décors simplistes et de nombreux gros plans succédant des zooms grossiers. Le tournage en MiniDV, en plus d'être économique, permet ainsi à Miller et Kuras de se dissocier d'un aspect de «mise-en-scène» et de focusser principalement sur leurs personnages. Pas surprenant que le film se soit mériter le prix de la meilleure photographie pour une oeuvre dramatique au Festival de Sundance 2002.

La musique de Michael Rohatyn, ponctuée de quelques morceaux de piano de Schumann, est douce et tout en retenue. La trame-sonore, au lieu d'être dynamique ou agressante, ne fait que ponctuer, voir souligner le cheminement des trois femmes.

Personal Velocity jette un regard cru et direct sur la vie de trois femmes. Trois femmes différentes, mais unies l'une à l'autres par la quête perpétuelle du renouveau, chacune cheminant à sa façon. Les sujet parfois arides du film ne plairont pas à tous. Toutefois, la force et la beauté de cette réalisation vaut à coup sûr son visionnement. Le Grand Prix du Jury à Sundance 2002 était largement mérité...


Image
Cette édition de Personal Velocity offre deux transferts; l'un au format original (1.85:1/16:9), l'autre plein écran (1.33:1/P&S). A priori, il importe de se rappeler que le film fut tourné sur support numérique MiniDV. Il appert donc évident que le rendu visuel soit différent d'une production conventionelle sur pellicule.

L'image présente quelques lacunes, dont notamment un manque visible de piqué. L'image semble un molle; les textures et détails n'ont pas toujours le précision voulue. Le rendu des couleurs ne pose heureusement aucun problème. Celles-ci sont justes, naturelles et constantes. Tout débordement ou sursaturation sont évités. La brillance (le niveau des noirs) est correctement ajusté offrant conséquemment des parties sombres bien détaillées. Les noirs sont purs, intenses et donnent une solide base à l'image.

Du côté numérique, on observe rapidement des difficultés dans le rendu des diagonales (effet d'escalier), de même qu'un fourmillement parfois agaçant. Bénéfice non-négligeable d'un tournage en numérique, l'image ne présente aucun parasites (égratignures, taches ou grain).



Son
Cette édition de Personal Velocity n'offre qu'une seule bande sonore, soit le mixage d'origine anglais (Dolby Digital 5.1).

La bande-son de Personal Velocity est d'un dynamisme et une présence limités. Cela est toutefois logique puisque l'oeuvre repose surtout sur des dialogues et, dans une moindre mesure, une trame-sonore. L'essentiel du son se déploie donc de l'enceinte centrale avant et, parfois, des enceintes avant gauche et droite. Le timbre des voix est naturel, tandis que les dialogues sont nets et toujours intelligibles. La trame-sonore est parfaitement intégré (notamment en regard de la narration) et sa reproduction, fidèle. Les basses ou fréquences d'extrêmes sont anecdotiques.

Il y a option de sous-titrage en anglais, français, espagnol et portuguais.



Suppléments/menus
Avant toute chose, mentionnons la présence de la nouvelle bande-annonce «MGM-DVD» du studio en ouverture. Et malgré de nombreuses critiques et commentaires négatifs concernant la puissance sonore de ces dernières, MGM persifle et signe avec une autre amorce tonitruante et agressive, obligeant le spectateur à réduire momentanément le volume sonore...

Cette édition de Personal Velocity offre quatre suppléments d'importance, à commencer par deux pistes de commentaires audio, l'une animée par la réalisatrice Rebecca Miller, l'autre par la directrice-photo Ellen Kuras et le chef-électricien (gaffer) John Nadeau. Dans le premier cas, la réalisatrice nous propose de visionner l'oeuvre en la ponctuant de commentaires sur la réalisation, l'écriture et les défis et enjeux relevés par le film. Malheureusement, Miller commente d'une voix timide et monotone. De plus, cette piste est entrecoupée de longs silences. Pour les plus fervent amateurs seulement...
La seconde piste de commentaires, est quant à elle, plus vivante, puisqu'il s'agit d'un échange entre la directrice-photo et le chef-électricien. Kuras témoigne des choix artistiques (par exemple, le tournage en MiniDV) et de la composition visuelle des scènes, alors que Nadeau complète avec des précisions sur l'éclairage, la densité de l'image et le contraste des scènes. Une piste dynamique, ponctuée de rires, qui met en perspective les fonctions d'un directeur-photo. D'ailleurs, le propos est proche du style très technique du magazine American Cinematographer.

Deux documentaires sont également proposés avec de cette édition. Le premier, intitulé In Conversation: Rebecca Miller and Cast et d'une durée de trente minutes, se veut un échange entre la réalisatrice et les comédiennes Posey et Balk au sujet des principaux personnages, de leur perception du film, et de leur opinion personnelle sur les enjeux du film. On y discute du tournage, des scènes les plus délicates et des choix artistiques. Interessant!

Deuxième documentaire, un segment en coulisses de quinze minutes, sans narration. Les scènes présentées sont ici croquées sur le vif, en plein tournage. On y voit l'équipe de production à l'oeuvre, et on prend plaisir à assister à un tournage numérique caméra à l'épaule. Un collage amusant quoique peu informatif.

Enfin, la liste des suppléments se conclut par la traditionnelle bande-annonce (offerte au choix en format plein écran ou respecté), de même que celles (promotionnelles) pour les éditions DVD de When Harry Met Sally, The Silence of the Lambs et 007 Collector's Box Set.




Conclusion
L'image n'est pas toujours à la hauteur et un peu plus de soin aurait été de mise. La bande-son est tout à fait appropriée au ton du film. Les suppléments ne sont pas tous d'une égale valeur, mais on le mérite d'être nombreux, ce qui n'est pas toujours la norme dans le cas de films indépendants.

Personal Velocity dépeints très justement l'univers de trois femmes. Une scénarisation exceptionnelle et des interprètes hors-pair font de ce film de Rebecca Miller, récipiendaire du Grand Prix du Jury au dernier festival de Sundance, un incontournable.




Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2003-03-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Personal Velocity: Three Portraits

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
85 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais

Suppéments:
Deux pistes de commentaires, deux documentaires, bandes-annonce.

Date de parution:
2003-03-25

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