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DVDEF

Criss Cross

Critique
Synopsis/présentation
Criss Cross nous propose de suivre l'itinéraire complexe de Steve Thompson (Burt Lancaster) alors que pour les beaux yeux de son ex-femme, Anna (Yvonne de Carlo), il va mettre en péril sa vie et son avenir.
Après avoir quitté sa ville natale pendant de nombreuses années, il y revient sous un faux prétexte, ne tenant plus de revoir son ex-femme qu'il n'a jamais réussi à oublier vraiment. Celle-ci s'est remariée entre temps avec un gangster. Il va se retrouver embringué dans une histoire dangereuse et tarabiscottée pour les beaux yeux de Anna.

Il est difficile de pouvoir résumer de façon satisfaisante ce film dont le schéma narratif en flash-backs complexes apporte beaucoup à l'ambiance générale du fait même de cette construction.
Siodmak a su doser les divers ingrédients d'un film noir classique avec justesse et parcimonie, ce qui fait que malgré un certain classicisme dans les éléments, ce film est plus original que bien des oeuvres du genre.
En effet, les personnages ont une réelle épaisseur (du moins les deux héros) et sont profondément humains en ce sens qu'ils sont tous un peu antipathiques et désagréables, gentils ou méchants.
Le manichéisme ou la noirceur absolue ont donc été évités, rendant le sort des deux héros d'autant plus intéressant qu'on ne peut jamais vraiment savoir ce qui va leur arriver ou quelle va être leur réaction. Le sens du tragique et de la fatalité, si chers aux films de ce genre, est bien présent, trouvant même écho dans de nombreuses scènes. Les deux héros ont été mariés et cela aussi change la donne car nous ne sommes du coup plus en présence de deux fauves à l'affût mais bien de deux anciens amants qui sont irrésistiblement attirés l'un vers l'autre en dépit des dangers. Ainsi leur relation n'est pas simplement celle de la séduction, mais le passé a aussi son mot à dire ainsi que la famille de Steve, qui va même devenir un élément pivot de leur relation.

Yvonne de Carlo a souvent été accusée de ne pas avoir l'étoffe d'une femme fatale dans ce film, mais c'est pour la bonne et simple raison que son personnage n'est pas une manipulatrice, à certains moments certes mais au final elle est davantage une femme mariée qui regrette d'avoir quitté son mari qu'autre chose. Elle joue son personnage à la perfection, apportant une touche de fragilité et de sensibilité non feintes.
Face à elle, Burt Lancaster compose un Steve étonnant, constamment en balance entre une colère à fleur de peau et une gentillesse naturelle. Il est loin d'être aussi monolithique que bien des héros de polar et demontre l'étendue de son jeu aussi bien que la largeur de ses épaules.

La mise en scène de Siodmak est très fluide, collant parfaitement à la structure complexe mais coulée de son scénario. Il sait utiliser à la perfection la plastique de ses acteurs et les décors qui ont été mis à sa disposition, comme ce bar tout en longueur où les passages les plus importants ont lieu. Il a de plus su éviter les poncifs les plus lourds du genre Noir tout en restant fidèle à ses principes, et nous évite ainsi tout une galerie de personnages secondaires souvent fastidieux.

A noter que Steven Soderbergh a réalisé un excellent remake de Criss Cross avec The Underneath, dans lequel il modernise les thèmes du film, éclaire certaines zones d'ombres laissées par la version de Siodmak et reconstruit certaines scènes avec le talent qui le caractérise. Le passage à la couleur est aussi pour lui l'occasion d'un travail très prégnant dans ce domaine.

Criss Cross est donc un modèle de film noir qui mérite amplement une réhabilitation, non qu'il ait été vraiment décrié mais plutôt oublié. A l'instar de Dark Passage, un autre grand film passé sous silence, nous vous invitons à redécouvrir cette oeuvre passionnante.


Image
L'image est présentée au format de 1.33:1 d'après un transfert 4:3.

La défintion générale est de bonne qualité et seuls quelques rares passages font preuve d'une qualité légèrement moindre. L'interpositif est très propre et les discrètes rayures et points encore présents ne viennent jamais perturber le plaisir du visionnage. La finesse des détails est étonnante et permet de redécouvrir ce film dans des conditions quasi idéales.
Le contraste est bien géré, limitant les brillances à leur strict minimum.
Les scènes sombres du film sont impeccablement rendues grâce à des noirs purs et profonds, absolument indispensables pour le bon rendu d'un film "noir". La qualité de reproduction de l'échelle des gris est satisfaisante et permet d'apprécier au mieux la superbe photographie de Frank Planer.
La partie numérique est tout à fait à la hauteur et seuls quelques légers défauts de compression font leur apparition sur la fumée durant la scène du hold-up.
Un transfert d'excellente qualité pour une oeuvre qui n'en méritait pas moins.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).

Sa dynamique est dans la moyenne de ce qu'on est en droit d'attendre d'une oeuvre de cette époque. Sa présence et sa spatialité sont elles aussi tout à fait standards pour un tel film.
La musique est bien rendue, sans limitations particulières autres que celles de son format, et est parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et d'éventuels parasites ou distortions ne sont audibles qu'à très fort volume, ce qui est déconseillé pour une telle oeuvre.
Les basses fréquences sont bien évidemment anecdotiques, n'apportant qu'un léger surplus d'assise lors de la scène du hold-up.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.
Une bande-son tout à fait standard, sans défauts ni qualités particulières, qui vient intelligemment supporter la belle qualité de l'image.


Suppléments/menus
Une section malheureusement vide à l'exception d'une bande-annonce de qualité très moyenne, qui révèle beaucoup trop sur l'intrigue. Le tarif de vente explique en partie l'absence de suppléments mais il reste dommage de ne trouver aucun documentaire sur Robert Siodmak ou sur le dyptique que ce film forme avec The Killers.




Conclusion
Une édition simple mais de qualité audio et vidéo tout à fait corrects.

Tous les amateurs de films noir doivent impérativement se jeter sur ce film en tous points remarquable. Siodmak et Lancaster confirment, après The Killers, qu'ils forment un duo de tout premier plan. Criss Cross, de par sa structure éclatée, son sens du tragique et l'humanité de ses personnages fait partie des tous meilleurs films noirs et cette édition est une occasion de découvrir ce film tragique et poignant dans d'excellentes conditions.


Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-08-26

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Criss Cross

Année de sortie:
1948

Pays:

Genre:

Durée:
88 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD+CD

Nombre de disque:

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2004-08-03

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