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DVDEF

Fearless Vampire Killers, The

Critique
Synopsis/présentation
Roman Polanski s'essaya à la comédie d'horreur en 1966 avec The Fearless Vampire Killers, ironiquement sous-titré "Or : pardon me but your teeth are in my neck". Le film connut un succès phénoménal à l'époque et il semble que sa réputation soit toujours aussi solide malgré les années.

On y suit les aventures rocambolesques du Pr Abronsius (Jack MacGowran) et son assistant Alfred (Roman Polanski). Ils parcourent la Transylvanie à la recherche de signes de l'existence de Vampires. Le Pr Abronsius est un spécialiste de la question mais ses collègues le prennent pour un farfelu car aucune preuve tangible de leur existence n'a été rapportée. En s'arrêtant dans une auberge, le Pr remarque la présence de gousses d'ail en nombre alors qu'Alfred, lui, n'a d'yeux que pour la belle Sarah (Sharon Tate). Le Pr a donc trouvé ce qu'il attendait tant : la preuve de l'existence des vampires. Lorsque le Comte Von Krolock (Ferdy Maine) vient à l'auberge et vampirise le tenancier Shagal (Alfie Bass) et enlève sa fille Sarah, il en a confirmation de la présence d'au moins un Vampire non loin. Il décide alors d'aller en compagnie d'Alfred se rendre au château du Comte, chacun pour des raisons différentes, sans se douter de la surprise qui les y attend.

Polanski et Brach ont clairement mis sur pied un scénario parodique qui pourtant se teinte d'éléments disparates souvent en désaccord les uns avec les autres. Autant certaines scènes jouent sur l'aspect envoûtant du Vampire (l'enlèvement de Sarah), autant d'autres font de lui un personnage pathétique et ridicule (le "coup du dentier" et le vampire gay). Cette alternance de moments réussis et d'autres très hasardeux pour ne pas dire ratés (Shagal vampirisé et ses coucheries avec la servante de l'auberge), font que le film a finalement assez mal vieilli au point de vue scénaristique du fait de son placement hasardeux. Les films de la Hammer (dont The Fearless Vampire Killers s'inspire et qu'il parodie ouvertement) ont eux très bien vieilli grâce au talent de Terence Fisher, Roy Ward Baker ou John Gilling, de leurs acteurs géniaux, des scénaristes maisons, des décorateurs hors pair, des partitions enflammées de James Bernard. La rigueur de leur scénarios et de tous leurs techniciens fait que la qualité est constante et cette cohésion qui fait défaut au film de Polanski assure leur pérénité. Il faut bien avouer que si tout jeune Le Bal des Vampires nous avait fait "mourir de rire et de frayeur", il n'en est pas de même lors de ce revisionnage. Bien sur nous sommes conscients de l'apsect très subjectif de cette appréciation, mais de nombreux éléments du film ont très mal supporté le poids des ans. Même si dans l'ensemble le film se tient toujours, il distille maintenant (en ce qui nous concerne) un ennui poli. Le jeu de Roman Polanski lui-même est très hésitant, insistant souvent beaucoup trop sur l'ingénuité d'Alfred et ne lui donnant jamais une réelle épaisseur. Ainsi le personnage réferrent du spectateur est un incapable à la limite de la stupidité, pour lequel il est difficile de ressentir une quelconque empathie. Le personnage du Pr Abronsius est joué avec la dose de folie sympathique nécessaire par l'excellent Jack MacGowran, cependant il n'évolue jamais et nous devons bien avouer que nous avons été bien déçu par l'absence d'une confrontation directe avec le Comte Von Korlock.

Tous les autres personnages soufrent plus ou moins du même problème de manque cruel de caractérisation qui fait que l'on suit leurs prégrinations sans jamais s'attacher à eux (sinon à le beauté éclatante de Sharon Tate). De même, les enjeux du scénario ne sont jamais vraiment clairs hormis la trame principale décrite plus haut. Une fois Alfred et le Pr arrivés au chateau du Comte, le spectateur est raisonnablement en droit de s'attendre à quelque chose de plus stimulant qu'une première partie entièrement située dans une auberge sans grand intérêt. Et pourtant à nouveau une certaine déception est là puisque les décors sont beaux mais loins d'être aussi flamboyants ou envoûtants que dans n'importe quel Dracula de la Hammer (même si ils sont tous loins d'être bons). De même, le thème surprenant de la colonie de Vampires n'est qu'effleuré, servant juste de prétexte à la scène clou du film. Son aspect inquiétant pourtant fort réussi est gâché par le cabotinage des acteurs, qui plutôt que d'introduire leurs doutes par touches humoristiques légères, transforment cette scène pourtant a priori envoûtante en une vaste farce qui finit par tomber à plat. En effet, la faiblesse assez incroyable des vampires repoussés par les "trucs" du Pr ne plaide pas en la faveur du film. En effet, la sortie de tombe de tous les participants au bal était pourtant réussie et instaurait un climat pesant que Polanski désamorce une fois de plus par un humour trop potache.

Mais c'est surtout au niveau de l'amour du film de genre que The Fearless Vampire Killers déçoit ses amateurs en ne réduisant le mythe vampirique qu'à une succession de clichés éculés. Dans son Frankenstein Junior (1974), Mel Brooks pousse certes l'humour référentiel et potache très loin mais fait preuve d'une connaissance, d'un amour et d'un respect de ce mythe ainsi que des grands classiques du cinéma fantastique qui semblent cruellement absents du film de Polanski.

Ceci dit, que notre commentaire assez négatif il est vrai ne vous dissuade pas pour autant de découvrir The Fearless Vampire Killers qui reste toujours un film agréable à regarder, distrayant et souvent hilarant (surtout pour les plus jeunes). Nous exprimons une déception par rapport à une oeuvre dévenue mythique pour nous et qui en perdant ce statut à nos yeux de spectateurs actuels, dégringole dans notre échelle de valeur. Polanski est un très grand cinéaste dont de façon évidente ce film n'est pas son oeuvre la plus réussie ou la plus intéressante, mais que tout amateur du cinéaste se doit d'avoir vu. Ces limitations du film rappellent simplement que malgré les apparences, la parodie n'est pas une exercice aisé et il y a fort à parier que nombres de projets actuels très opportunistes et référentiels (Scary Movie, à des centaines de lieues du film de Polanski) auront perdu tout intérêt même aux yeux de leurs défenseurs les plus acharnés d'ici très peu de temps. Malgré ses faiblesses qui se sont révélées avec le temps (pour ne pas dire que le film a "vieilli", notion trop vague à nos yeux), The Fearless Vampire Killers reste l'oeuvre d'un vrai cinéaste et non le pur produit commercial d'opportunistes en manque de succès rapide.



Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est d'un bon niveau, surtout pour un film de cette époque. L'interpositif est assez propre dans l'ensemble mais son rendu est parasité par des points blancs quasi permanents qui finissent par devenir gênants. Quelques scènes montrent un grain assez prononcé mais rien de bien ennnuyeux. Les couleurs sont bien rendues et servent bien l'étrange photographie du film. Elles sont justes, constantes et relativement bien saturées, mais manque de "mordant". Le contraste est bien géré, évitant toutes les brillances. Les parties sombres du film sont dans l'ensemble correctement restituées grâce à des noirs suffisamment profonds, même si certains passages ont un rendu plus "passé". La partie numérique est de qualité et seuls quelques passages montrent de la surdéfintion mais toujours dans des proportions acceptables.

Un transfert de qualité qui permet de redécouvrir le film dans d'excellentes conditions. Mais il est toutefois dommage que la Warner n'ait jugé bon de nettoyer un interpositif de qualité mais truffé de points blancs, qui empêchent ce transfert d'atteindre le niveau qu'il aurait du.


Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono) et Français (Dolby Digital 1.0 mono).

La dynamique de la bande-son anglaise est limitée de par son format et son époque mais reste dans les standards. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité. La musique est correctement rendue même si des limitations dans le haut du spectre sont clairement audibles. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles mais des distortions et parasites sont également audibles et ce même à volume raisonnable. L'enregistrement proposant un niveau sonore faible, il est nécessaire de monter le volume pour arriver à un niveau confortable mais cela a pour effet de rendre les défauts du haut du spectre beaucoup plus présents. Les basses fréquences sont logiquement anecdotiques mais cela n'est pas vraiment préjudiciable au rendu général. La bande-son française est nettement plus étouffée et force est de reconnaître que les voix des doubleurs sont vraiment "à côté de la plaque".

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol. Une bande-son tout à fait correcte mais qui aurait tout de même bien supporté un remixage en stéréo et un bon "dépoussiérage".



Suppléments/menus
Une section bien décevante à nouveau. Est donc disponible uun curieux segment appelé " Vampire 101 " tourné à la manière d'un film parodiant le film de Polanski qui est déja une parodie. Le résultat est donc déconcertant et au final totalement inintéressant. La qualité video est par contre au rendez-vous. Puis une bande-annonce de bonne qualité est offerte. Celle-ci trompe néanmoins le spectateur sur la marchandise en lui faisant croire qu'il va voir une comédie au rythme effréné alors qu'il n'en est rien.

A noter que les menus du DVD dénotent un effort certain qui n'est malheureusement pas toujours des plus heureux.

Un ensemble donc très léger pour une oeuvre dont la réputation aurait pourtant pu inciter la Warner à faire plus d'efforts.




Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo tout à fait acceptables même si l'on se serait attendu à plus d'efforts de la part de la Warner sur un tel titre.

Nous devons avouer une certaine déception au revisionnage de The Fearless Vampire Killers, qui nous a semblé une comédie parodique assez inégale. L'humour (notion éminemment subjective s'il en est) nous a paru souvent poussif, le rythme vraiment lent et les gags souvent peu respectueux de la légende des films de vampire. Cependant, certains passages sont proprement hilarants et si Roman Polanski n'est pas un acteur remarquable, son accolyte Jack McGowran compose un personnage très attachant de par sa maladresse et son incompétence qui n'est toutefois qu'apparente.


Qualité vidéo:
3,2/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-11-01

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Fearless Vampire Killers, The

Année de sortie:
1966

Pays:

Genre:

Durée:
107 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Document promotionnel

Date de parution:
2004-10-05

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