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DVDEF

Super Size Me

Critique
Synopsis/présentation
Qu’on aime ou pas Michael Moore, d’aucun ne pourra douter de son inestimable contribution pour la soudaine popularité des documentaires au cinéma. Avant Bowling For Columbine (et même Roger & Me, du même cinéaste), les documentaires souffraient du désintérêt général des cinéphiles. Les quelques rares documentaires qui avaient le privilège de bénéficier d’une distribution en salles ne se voyaient projetés que dans quelques cinémas spécialisés des grandes métropoles. Si la rentabilité de ces quelques œuvres n’a jamais été mise en doute de par leur petit budget, jamais un documentariste n’a-t-il espéré rapporter des millions de dollars avec son film… jusqu’à aujourd’hui. Plus que jamais auparavant des documentaires prennent le chemin des salles de cinéma et se permettent même de compétitionner directement avec de grosses productions hollywoodiennes. Le style bien personnel de Michael Moore fait déjà des petits puisque de plus en plus de cinéastes adoptent le ton humoristique et dérisoire de Moore. Qu’on pense notamment aux Outfoxed de Robert Greenwald ou, dans le cas présent, du Super Size Me de Morgan Spurlock. Parce que il ne faut pas se le cacher, la tendance est aux documentaires-chocs, dénonciateurs et engagés par les temps qui courent (et non pas aux reportages sur la reproduction de langoustes). La formule est à la mode, les sujets sont nombreux et le public, dans l’espoir d’assouvir une conscience sociale nouvelle, en redemandent.

Il est fort à parier que le sujet de Super Size Me vous est déjà familier tant la prémisse du film a fait l’objet d’une multitude de reportages écrits et télévisés depuis sa distribution en salles à l’été 2004. Qu’un documentariste s’attaque de plein front au géant McDonald avait de quoi réjouir (McDo a toujours paru intouchable par les plus cyniques), mais l’expérience extrême tenté par le cinéaste dans son film a de toute évidence marqué l’imaginaire des gens partout où le film fut projeté. En n’ingurgitant que du McDonald à raison de trois repas par jours pendant 30 jours consécutifs, le réalisateur Morgan Spurlock a voulu « prouver » les périls du fast-food et ainsi associer la consommation de malbouffe à l’épidémie d’obésité qui touche les États-Unis. Les résultats de cette expérience loufoque deviennent rapidement troublant et portent certainement à réfléchir, mais il serait quelque peu réducteur de ne retenir du film que cette expérimentation un peu débile. D’autant plus que le cinéaste arrive en réalité à prouver un secret de polichinelle : qui croyait vraiment que la malbouffe était bonne pour la santé ? Qui plus est lorsqu’elle est consommée avec un tel abus… En ce sens, l’expérience de Spurlock peut paraître un tantinet malhonnête puisque bon nombre de produit, aussi santés soient-ils, peuvent devenir nocifs lorsque consommées abusivement. Heureusement, le raisonnement du réalisateur ne s’arrête pas au simple fait de prouver que le fast-food est susceptible de conduire à des troubles de santés. Il tente en fait d’arriver à des résultats concrets en 30 jours pour illustrer ce qu’une consommation modérée mais étalée sur plusieurs mois ou années peuvent provoquer comme maux… Libre à vous d’adhérer à sa logique, mais de voir le cinéaste en parfaite santé (tel que prouvé par une série d’examens médicaux au début du film) dépérir de la sorte vous fera probablement remettre en question vos habitudes de vie. En ce sens, Spurlock réussis son parie haut la main.

Mais tel que nous l’avons mentionné plus haut, il serait dommage de ne retenir que cette expérience du long-métrage. En fait, plus intéressantes et fascinantes encore sont les portions fort bien documentés de type reportages qui complètent le film. Ces segments dressent un portrait alarmant des habitudes alimentaires de nos voisins du sud (et par extension, de nous-mêmes…).En outre, Spurlock s’est rendu dans bon nombre d’écoles primaires et secondaires pour y découvrir avec horreur ce qu’on y servait comme nourriture, tout en constatant que l’activité physique était dangereusement en baisse dans la majorité des écoles. Il s’attaque également aux méthodes déloyales employées par les lobbys de l’industrie alimentaire pour imposer leurs produits, peu importe leur valeur nutritive, auprès d’une masse à la fois naïve et mal informée. Sans ces reportages informatifs, Super Size Me ne serait peut-être qu’une vulgaire expérience à la limite du mauvais goût. Mais tel quel, et aussi grâce à un montage intelligent, imaginatif et voir percutant, ce documentaire en est un des plus efficacement révélateur. Spurlock démontre en outre un réel talent de conteur mais surtout de vulgarisateur, dont le ton joyeusement satyrique ne fait que donner plus de mordant à l’ensemble. À ne pas manquer.


Image
Le film est présenté dans le format respecté de 1.78:1 et ce, chose rare de nos jours, dans un transfert 4:3 seulement. On s’explique mal ce choix, quoique la qualité très moyenne des images (filmées en caméra MiniDV à 3CCD) n’aurait certainement pas bénéficié d’une anamorphose, au contraire même.

Super Size Me est un documentaire à petit budget, filmé avec une spontanéité évidente. Les cadrages, tout comme l’éclairage, sont souvent aléatoires. En considérant ceci en plus du fait que la MiniDV est loin d’offrir un niveau de détail aussi élevé que la pellicule ou même de la Betacam, il va de sois que la qualité d’image est somme toute ordinaire. Heureusement, le matériel source était dans un état respectable qui ne trahi aucun véritable défaut. Seules les images d’archives (tirés de sources analogues) employées en complément montrent des signes de vieillissement évidents mais faut-ils vraiment blâmer qui que ce soit ? La définition tire le meilleur des images filmées, qui apparaissent généralement nettes à défaut d’offrir une précision digne de ce nom. Dans l’ensemble, les couleurs sont malheureusement ternes au possible. Un travail de correction aurait été de mise en post-production. Les couleurs manquent de saturation et la restitution est tout juste correcte. On remarque également de nombreux débordements. Les contrastes auraient également eu intérêt à être accentués en post-production, ne serait-ce qu’en écrasant quelque peu le niveau des noirs qui, tel quel, nous est apparu un peu mou. Il en résulte des noirs parfois grisâtres qui manquent de profondeur mais qui, à tout le moins, sont généralement nets et exempts de fourmillement. Les parties denses proposent des dégradés acceptables dans les circonstances.

La partie numérique du transfert est heureusement irréprochable et ne souffre d’aucun défaut de compression ou de numérisation.


Son
Une seule et unique bande-son est offerte avec cette édition, à savoir un mixage anglais de format Dolby 2.0 Stéréo. Des sous-titres sont disponibles en français seulement.

Considérant la nature du film, une bande-son multi-canal n’était certes pas indispensables pour apprécier ce film (elle aurait même été superflu). Ce mixage stéréophonique est fonctionnel tout au plus. La spatialité, tout comme la dynamique d’ailleurs, est réduite au minimum. La profondeur du mixage varie d’une séquences à l’autre. Par exemple, la trame-sonore profite en d'une certaine profondeur, tandis que les scènes d’entrevues n’en manifeste aucune.
La narration, principale qualité de ce mixage avec la trame-sonore, est à tout le moins de qualité. La voix hors-champ est naturelle, nette et toujours parfaitement intelligible. La prise de son a été de qualité puisque la voix est franche et n’est obstrué d’aucun bruit sonore (noise). Les basses sont bien gérées, surtout évidente pour la trame-sonore.


Suppléments/menus
Cette édition offre quelques suppléments digne d’intérêt, à commencer par une très bonne piste de commentaires animée par le réalisateur Morgan Spurlock (que la jaquette du DVD qualifie d’hilarante… faudrait quand même pas exagérer…). Spurlock, un orateur articulé et intelligent, commente le tournage du documentaire, les réactions qu’il a suscité ainsi que les effets de son « gavage » sur son corps après le tournage. Sa conjointe y va également de quelques commentaires ça et là, dont on n’aurait pu se passer…

Vous retrouverez ensuite une série d’entrevues supplémentaires qui dans certains cas ont été retirées du montage final et dans d’autres ont été filmées après la distribution du film, comme par exemple l’excellente entrevue avec l’auteur du livre Fast Food Nation, Erick Schosser. D’une durée de 25 minutes, cette entrevue constitue un complément d’information essentiel au film. Les cinq autres entrevues dont la durée varie de trois à sept minutes, sont moins intéressantes et ont été retirées du montage final pour des raisons évidentes puisqu’elles n’apportaient rien de plus au contenu.

S’ensuit une série de quatre scènes coupées assez amusantes (exception faite de cette séance de glouton anonyme, qui est plutôt pathétique et troublante… à ne pas manquer) qui ont cependant été coupées du montage à cause de leur superficialité évidente.

Finalement, The Smoking Fry est un segment étrange nous montrant une expérience tentée par le réalisateur. On vous épargne les détails, mais disons que l’exercice consiste à entreposer de la nourriture dans des vases pour observer leur état de décomposition semaine après semaine… Essentiellement une scène coupée, il semble que ce segment ait été produit à titre promotionnel puisqu’il a été diffusé sur les ondes de CNN à quelques reprises depuis la distribution du film.



Conclusion
Si techniquement cette édition est de niveau très moyen, cela ne devrait en rien rebuter un achat ou du moins une location. Super Size Me est un autre de ces documentaires engagés qui se doit d’être vu par le plus grand nombre possible tellement son contenu est pertinent. Qu’importe si la qualité d’image est très moyenne et que le mixage est minimaliste. À tout le moins les suppléments offrent-ils un complément d’information des plus valable.


Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
3,3/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,1/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-10-20

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Super Size Me

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):
-

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, scènes coupées, entrevues supplémentaires

Date de parution:
2004-09-28

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