Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

I Confess

Critique
Synopsis/présentation
I Confess est un film singulier qui traite, de façon inhabituelle chez Hitchcock, de problèmes moraux liés à son éducation stricte et religieuse.
On y suit les errances morales du Père Logan (Montgomery Clift) après qu'un des employés de sa paroisse, Otto Keller (O.E Hasse), lui ait avoué en confession un meurtre .
Les règles strictes de l'église catholique font qu'un aveu en confession ne doit pas sortir du confessionnal et Otto en profite.
Le souci pour le père Logan est qu'il est lui-même lié à la personne assassinée et qu'il va donc être suspecté de ce meurtre.
Logan doit-il se protéger et révéler ce qu'il a entendu en confession, ou bien rester fidèle à sa foi dans le système dogmatique chrétien auquel il a décidé de consacrer sa vie.

Partant d'une pièce de théâtre française assez décriée, qui insistait beaucoup sur l'aspect transgressif et soap opéra (le prêtre avait un enfant, etc), Hitchcock a resséré l'intrigue.
Ainsi il a fait ce matériau de départ sien et on retrouve de nombreuses figures de style de son unviers habituel. Le père Logan a donc un passé caché et donc toutes les motivations nécessaires pour avoir commis ce meurtre.
Ce qui intéresse Hitchccok n'est évidemment pas la résolution de l'intrigue puisque l'identité du meurtrier est rapidement révélée, mais plutôt les problèmes moraux qui se dégagent de la position du père Logan.
Ainsi I Confess est un film sur la foi, sur la croyance mais non religieuse, sur la foi et la croyance en un système. Si le problème religieux était entré de plein pied dans le film, il ne fait nul doute que celui-ci aurait été plus timide et emprunté. Il est d'ailleurs courageux et intelligent de la part d'Hitchcock de ne quasiment jamais parler de Dieu et de mysticisme dans un film avec un sujet pareil, et de traiter le sujet du côté humain et purement moral.
Plusieurs autres personnages du film sont à un moment eux aussi confrontés à un problème qui les place face à leur confiance dans le système dans lequel ils ont choisi d'évoluer.
Ainsi Otto est certain que le père Logan ne parlera pas, l'avocat général harcèle littéralement un témoin de ses amis afin qu'il révèle un maximum de détails nécessaires au procès, ce même témoin féminin qui a eu une liaison avec le père Logan fait une déclaration mettant sa propre situation sociale et son avenir en danger, tentant de protéger un homme dont elle est persuadée de l'innocence, et enfin le policier qui a tellement foi en son travail d'enquêteur qu'à l'inverse des autres protagonistes, il n'a aucun mal à considérer la culpabilité du père Logan.

Ce film est plus simple dans son déroulement que d'autres oeuvres du maître et si ce n'était le long flash back qui occupe une place centrale dans le film, on pourrait même le qualifier de linéaire. Le mystère n'est plus le centre du film laissant place au suspense qui est toujours bien présent, mais cette fois-ci sur une question morale beaucoup plus sérieuse et importante que celle des intrigues représentatives de ce réalisateur.
Ainsi les amateurs puristes du cinéaste seront sans doute déconcertés par ce film qui les surprendra par une quasi absence d'humour et de second degré, qui caractérisent Hitchcock habituellement.
Mais ce sérieux colle parfaitement aux questions morales qui hantent le film et pour tout dire, la distanciation que n'aurait pas manqué d'imposer l'ironie traditionnelle d'Hitchcock en aurait sans doute amoindri l'impact.

A noter aussi une grosse différence stylistique en ce sens que le film est presque entièrement tourné en décors naturels, ce qui est des plus inhabituels chez Hitchcock.
Robert Burks a magnfiquement éclairé les rues de Quebec et Hitchcock a su exploiter idéalement le décor si particulier de cette ville mangifique et conférer ainsi une ambiance sombre et torturée à l'image de son héros.
Par ailleurs, il s'agit d'une oeuvre en mouvement quasi constant ce qui colle parfaitement avec la thématique de la foi. En effet, le père Logan, persuadé du bien fondé de sa démarche, avance en permanence et même si il doute et s'interroge parfois, son élan n'en est jamais affecté. Le personnage du policier est lui aussi celui d'un homme qui a foi et qui par conséquent avance énergiquement en permanence pour le bien de son devoir.

Un mot enfin sur la performance absolument fascinante de Montgomery Clift, qui compose un père Logan totalement crédible et fait passer une quantité incroyable d'émotions à travers son seul regard, qu'Hitchcock sut magnifier et utiliser à la perfection par le biais de gros plans si typiques de sa conception du cinéma.

Une oeuvre que nous vous conseillons donc vivement, surtout pour ceux qui souhaitent être surpris par Hitchcock et voir un film distrayant, profond, intelligent et qui les marquera sans doute longtemps.



Image
L'image est proposée au format respecté de 1.33:1 d'après un transfert 4:3.

La définition générale est d'un bon niveau surtout compte tenu de l'année de sortie du film. L'interpositif est propre, les traits et points sont limités au maximum ainsi que le grain. La finesse des détails est vraiment de qualité, permettant un rendu très cinéma.
Le contraste est fort bien géré, évitant toutes les brillances. Les parties sombres sont bien rendues grâce à des noirs suffisamment profonds qui présentent néanmoins des effets de pompage qui ne s'avèrent néanmoins jamais vraiment gênants. L'échelle des gris est remarquablement rendue, permettant de profiter au mieux de la superbe photographie de Robert Burks.

La partie numérique du DVD ne montre aucun problème d'importance.
Un transfert de superbe qualité qui restitue donc les moindres nuances de l'image. Les éventuels passages à la definition plus douce ou les ambiances éthérées sont une volonté artistique et non un éventuel défaut du transfert.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).

Sa dynamique est dans la moyenne de ce que l'on est en droit d'attendre d'un film de cette époque. Sa présence et sa spatialité sont également standards pour l'époque et donc satisfaisantes.
La musique est correctement rendue malgré des limitations parfois évidentes dans le haut du spectre qui ne sont jamais vraiment gênantes. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de parasites ou distortions sont limitées au minimum.
Les basses fréquences sont logiquement anecdotiques, mais le rendu sonore n'en pâtit pourtant jamais du fait de la nature du film.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Espagnol.



Suppléments/menus
Une section assez réduite mais qui offre néanmoins un segment de qualité.

Il s'agit d'un documentaire de Laurent Bouzzereau appelé : "Hitchcock's Confession : A Look at I Confess" (20 mins). Il consiste en une alternance bien rythmée d'interviews de passionnants spécialistes d'Hitchcock (Bogdanovitch, Krohn, Schickel) et d'un acteur, proche ami de Clift. L'ensemble est assez court mais malgré quelques passages un peu trop dythirambiques, il se révèle vraiment intéressant, les intervenants proposant d'excellentes pistes de décryptage du film.
Sont également offerts un reportage très court sur la première du film et une bande-annonce bien construite et de qualité technique appréciable.

Un ensemble donc un peu léger mais qui remplit son office de belle façon et dont nous remercions la Warner, même si l'on espère un jour voir un traitement plus complet (à l'image de celui d'autres films de Hitchcock) appliqué à ce film sousestimé qui le mérite amplement.



Conclusion
Un édition aux qualités audio et vidéo d'un bon niveau.

Un film à part dans la filmographie d'Hitchcock et qui prouve que cet immense réalisateur était vraiment un génie. Visuellement comme thématiquement, le film est en effet bien différent et l'absence d'humour que le réalisateur regrette dans ses interviews nous semble au contraire servir totalement l'histoire et la question du dilemme moral qui hante le film.
Une oeuvre donc à la fois totalement hitchcockienne dans son efficacité et dans ses thématiques, mais qui offre également un renouvellement esthétique et stylistique des plus plaisants.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-10-07

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
I Confess

Année de sortie:
1953

Pays:

Genre:

Durée:
94 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaire, première du film, bande-annonce

Date de parution:
2004-09-07

Si vous avez aimé...